Vannes et le cyclisme
Parmi les nombreux enfants de Vannes à avoir disputé le Tour, la « gueule cassée » Robert Asse, sévèrement blessé lors de la Première Guerre mondiale, a disputé dix éditions et tout particulièrement celle de 1925, lorsque l’épreuve a fait étape pour la première fois dans le golfe du Morbihan. Plus récemment, l’équipe BMC Racing Team a filé à plus de 52 km/h de moyenne pour remporter le chrono entre Vannes et Plumelec en 2015, puis le Vannetais Jordan Jegat a affirmé les talents d’un grimpeur pourtant né sur le littoral avec deux Tops 10 au classement général en 2025 et 2026.
On fêtera en 2027 les 80 ans de la victoire de Jean Robic dans le Tour 1947 et Vannes y a joué un grand rôle en accueillant le départ d’un contre-la-montre resté dans les annales : 139 km jusqu’à Saint-Brieuc avec l’ascension du Mur de Bretagne à mi-course ! René Vietto, alors en jaune, y laissa ses derniers espoirs. Épuisé, le roi René ne put faire illusion, cédant 14’40” au Belge Raymond Impanis, vainqueur du jour, et le Maillot Jaune à Pierre Brambilla. L’Azuréen était inquiet dès le départ, au point qu’il avait demandé à son ami journaliste Jean Leulliot, futur patron de Paris-Nice, de lui indiquer régulièrement les écarts avec ses adversaires. Las, Leulliot fut victime d’un accident de moto, un incident qui acheva de démoraliser Vietto. Ce jour-là, en revanche, un autre Français réalisa un excellent chrono. Jean Robic se maintenait en embuscade en s’installant à la 3e place du classement général, à 2’58” de Brambilla. Il faut dire que le Breton avait pris le départ muni d’une potion magique dans son bidon : deux tiers d’orge grillé et un tiers de calvados à 60 degrés ! La veille à l’arrivée à Vannes, c’est la lanterne rouge de ce Tour, le Suisse Pietro Tarchini, qui s’était imposé au sprint, prenant sa revanche sur l’étape de Bordeaux où il avait été déclassé.
À voir Les remparts
Construction : IIIe au XVIIe siècles
Caractéristiques : érigés entre le IIIe et le XVIIe siècles, les remparts de Vannes font partie des rares fortifications préservées en Bretagne. Ils ont été progressivement classés et réhabilités depuis 1911.
Histoire : fondée par les Romains à la fin du Ier siècle av. J.-C. sous le règne d’Auguste, la civitas Venetorum s’abrite derrière un castrum à la fin du IIIe siècle, alors qu’une crise majeure secoue l’empire romain. Cette première enceinte demeure la seule protection de la cité pendant plus d’un millénaire. C’est sous le duc Jean IV, à la fin du XIVe siècle, que l’enceinte est étendue vers le sud. La superficie de la ville intra-muros est doublée et le duc adjoint à la nouvelle enceinte sa forteresse de l’Hermine. Les guerres de la Ligue de la fin du XVIe siècle poussent la ville à se doter de plusieurs bastions polygonaux (Gréguennic, Haute-Folie, Brozilay, Notre-Dame). L’éperon de la Garenne est le dernier ouvrage défensif construit à Vannes vers 1630. À partir de 1670 Louis XIV vend morceau par morceau les éléments des remparts afin de financer ses guerres. L’événement le plus significatif est, en 1697, le don à la ville de Vannes des ruines du château de l’Hermine, qui servent alors au réaménagement du port et à l’entretien des bâtiments municipaux.
Classement : classés Monuments historiques en 1912 et 1956.
Musée des Beaux-Arts ou de la CohueConstruction : XIIIe au XVIIe siècle pour le bâtiment.
Ouverture : 1982 pour le musée.
Caractéristiques : ses collections, enrichies d’un dépôt du Centre Pompidou et de dons privés, offrent aux visiteurs un panorama de la peinture de la seconde moitié du XXe siècle. Le musée est installé dans La Cohue (marché et palais de justice construit du XIIIe au XVIIe siècle), où fut signé en 1532 l’acte d’Union de la Bretagne à la France.
Histoire : bâti du XIIIe au XVIIe siècle, la Cohue, accueille les États de Bretagne à dix reprises de 1431 à 1703. Devenue propriété de la ville en 1813, la Cohue est transformée en théâtre qui fut actif jusque dans les années 1950. Vétuste, le bâtiment fut restauré à partir de 1970 avant de rassembler, depuis 1982, les collections de peintures et de gravures de la ville et de présenter de grandes expositions.
Classement : inscrit Monument historique en 1929.
Musée du Château GaillardConstruction : XVe siècle.
Caractéristiques : le musée d’histoire et d’archéologie occupe un manoir parfaitement conservé du XVe siècle, le Château Gaillard, adossé au premier rempart de la ville, où le Parlement de Bretagne siégea de 1456 à 1532.
Histoire : construit vers 1430-1440 par Jean de Malestroit, évêque et chancelier du duc de Bretagne, cette demeure médiévale passe entre les mains des chanoines de Nantes avant d’être rachetée en 1457 par le duc de Bretagne. C’est dans cette cour souveraine que les vassaux du duc votent les impôts. En 1485, François II confie le rôle des États dans les contentieux à une cour de justice, le Parlement de Bretagne. Le château sert alors d’auditoire au Parlement ainsi que de demeure au président.
Destination actuelle : propriété de la Société polymathique du Morbihan, le château est loué à la mairie de Vannes pour accueillir le musée archéologique de la ville.
Classement : classé Monument historique en 1913.
Hôtel de LimurConstruction : XVIIe et XVIIIe siècle.
Histoire : acquis par la Ville en 1947, cédé à l’État en 1980 et récupéré par la Ville en 1991, l’hôtel, classé Monument Historique en 1993, conserve le nom de la famille de Limur qui en fut propriétaire de 1820 à 1947.
Caractéristiques : construit lors d’une période faste pour le renouveau architectural de la ville, cet hôtel est aujourd’hui un lieu de rencontres qui abrite un institut européen de musique ancienne et accueille expositions, conférences, ateliers, concerts.
Classement : classé Monument historique en 1993.
L’île-aux-Moines : au départ de Vannes, nombreuses excursions vers la Perle du Morbihan, célèbre pour sa nature préservée, ses maisons de capitaines et son histoire.
Angers et le cyclisme
Les légendes du Tour s’épanouissent à Angers. La cité des ducs d’Anjou a succombé au pédaleur de charme Hugo Koblet, acclamé Jacques Anquetil, lancé Eddy Merckx vers son quatrième succès au classement général, offert son premier bouquet à Tom Boonen en 2004 et octroyé à Mark Cavendish l’une de ses quatre victoires d’étape du Tour 2016. Elle a également participé à la légende de « l’éternel second » à l’occasion d’une grande première : au départ du Tour 1967, le premier à débuter par un prologue, Raymond Poulidor était le favori pour s’emparer du Maillot Jaune… mais il avait pris la deuxième place derrière le spécialiste espagnol José Maria Errandonea. Déjà vainqueur du prologue de la Vuelta l’année précédente, le coureur d’Irun privait le Français de son rêve pour six secondes sur le parcours sinueux de 5,8 km tracé dans les rues angevines. Victime d’une chute deux jours plus tard, Errandonea ne conserva pas longtemps son bien. Il s’illustra plus tard en terminant 4e du Tour d’Espagne 1968. Quant à Poulidor, victime d’une chute dans les Vosges, il termina par une victoire contre la montre dans l’ultime étape de Paris l’un de ses moins bons Tours de France (9e).
À voir Château d’Angers
Construction : 1232
Caractéristiques : emblème fort et incontournable de la ville, le château-forteresse aux 17 tours semble être né du rocher de schiste sur lequel il a été bâti. Édifié en 1232 par Blanche de Castille, régente et mère de Saint Louis, il fut la résidence des ducs d’Anjou aux XIVe et XVe siècles. Il abrite la fabuleuse tapisserie de l’Apocalypse, la plus grande œuvre tissée médiévale au monde.
Histoire : des fouilles ont révélé des occupations dès le Néolithique, suivies d’un oppidum gaulois et d’un temple romain. Face aux raids vikings du IXe siècle, le roi Charles le Chauve ordonne l’installation d’un comte à Angers. Un palais fortifié est construit sur la falaise. Sous l’impulsion des Plantagenêts, devenus rois d’Angleterre, l’Anjou devient le cœur d’un immense empire. Un palais roman somptueux est édifié, dont subsistent les vestiges de la grande salle comtale (l’aula). En 1206, le roi Philippe Auguste s’empare de l’Anjou. Face à la menace de la Bretagne voisine et des Anglais, la régente Blanche de Castille et son fils Louis IX ordonnent la construction de la gigantesque forteresse actuelle. En à peine dix ans, une muraille de près d’un demi-kilomètre de long flanquée de 17 tours massives est érigée. Aux XIVe et XVe siècles, le château quitte son rôle militaire pour devenir une résidence seigneuriale raffinée. Les ducs d’Anjou construisent des bâtiments de style gothique flamboyant et des jardins d’agrément. Né au château en 1409, René d’Anjou marque profondément le site. Esthète et amoureux de la nature, il y développe une vie culturelle foisonnante et crée des ménageries et des jardins exotiques. Pendant les guerres de Religion, Henri III craint que la forteresse ne tombe aux mains des protestants et ordonne sa démolition. Dès le départ du pouvoir ducal, le château sert de garnison et de prison. Classé Monument historique en 1875, le château quitte définitivement son statut militaire après la Seconde Guerre mondiale.
Signe particulier : la tapisserie de l’Apocalypse est une représentation de l’Apocalypse de Jean de Patmos réalisée à la fin du XIVe siècle sur commande du duc Louis Ier d’Anjou. Cette œuvre est le plus important ensemble de tapisseries médiévales subsistant au monde. L’ensemble, composé de six pièces successives découpées chacune en quatorze tableaux, est exécuté d’après des cartons de Hennequin de Bruges et témoigne du prestige de son commanditaire. La tenture est léguée à la cathédrale d’Angers au XVe siècle par le roi René. Après une longue période de dégradations, elle est partiellement recomposée au milieu du XIXe siècle, puis conservée dans le musée de la Tapisserie de l’Apocalypse, situé sur le site du château d’Angers, dans une longue galerie construite à cet effet, inaugurée en 1954.
Classement : classé Monument historique en 1875.
Terra BotanicaOuverture : 2010
Caractéristiques : ouvert depuis 2010, Terra Botanica est le premier parc à thème européen consacré au végétal à double vocation : ludique et pédagogique. Avec plus de 40 attractions et animations, le parc s’étend sur 110 000 m². Les visites sont rythmées par des aventures vécues au sein de spectacles et de jeux, pour une découverte du végétal sous toutes ses facettes, y compris depuis une montgolfière.
Musée des Beaux-ArtsConstruction : 1486 à 1493.
Ouverture du musée : 1801.
Caractéristiques : le musée est installé dans le logis Barrault, fleuron de l’architecture civile gothique du XVe siècle et demeure d’Olivier Barrault, maire d’Angers à trois reprises. Le Musée des Beaux-Arts offre 3000 m² d’exposition selon deux parcours permanents : Beaux-Arts (350 peintures et sculptures, du XIVe siècle à nos jours) et histoire d’Angers. Le musée accueille tout au long de l’année des expositions qui mettent en lumière artistes contemporains et expositions patrimoniales.
Signe particulier : le musée accueille près de 100 000 visiteurs par an.
Label : Musée de France.
Classement : le logis Barrault est classé Monument historique depuis 1902.
Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie contemporaineConstruction : XIIe siècle.
Caractéristiques : l’Hôpital Saint-Jean, remarquable ensemble architectural du XIIe siècle, abrite dans l’ancienne salle des malades le Chant du Monde de Jean Lurçat (1957-1966). Manifeste d’un artiste engagé, écho contemporain à la tenture de L’Apocalypse, cet ensemble de dix tapisseries constitue une vision épique, poétique, symbolique et humaniste du XXe siècle.
Histoire : créé vers 1175 avec l’appui d’Henri II Plantagenêt, l’hôpital Saint-Jean assure une fonction hospitalière jusqu’au XIXe siècle en abritant l’Hôtel-Dieu d’Angers, l’un des plus anciens hôpitaux de France encore existant. Désaffecté en 1865, l’édifice est dès 1874 transformé en musée archéologique avant d’accueillir depuis 1968 la tapisserie du Chant du monde de Jean Lurçat et, depuis 1986, le musée de la tapisserie contemporaine.
Classement : classé Monument historique en 1840.
Galerie David d’AngersConstruction : XIe siècle (abbatiale)
Ouverture de la galerie : 1984.
Caractéristiques : depuis 1984, l’abbatiale Toussaint (XIe siècle) restaurée accueille les œuvres du sculpteur Pierre-Jean David d’Angers (1788-1856). La collection du musée est impressionnante : œuvres monumentales, commandes (Fronton du Panthéon), portraits en buste, médaillons. Cette réhabilitation architecturale juxtapose les principes et matériaux de la modernité à ceux du temps passé.
Classement : abbatiale classée Monument historique en 1902 et 1925.
Pierre-Jean David d’AngersDavid d’Angers (1788-1856) occupe une place singulière dans l’art français du XIXe siècle. S’il est connu pour les six cents médaillons représentant les hommes et femmes célèbres de son époque, on connaît moins son œuvre de statuaire civique monumentale (plus de quarante statues sur la voie publique et plus d’une centaine de bustes colossaux) à Paris et en province. On peut voir ses œuvres réunies à Angers, où la municipalité a recueilli leurs modèles en plâtre dans une galerie qui porte son nom depuis 1839.
Issu d’un milieu républicain modeste, David d’Angers obtient à 22 ans le deuxième prix de sculpture aux Beaux-Arts. Premier prix en 1811, il séjourne à Rome jusqu’en 1815 en qualité de pensionnaire de l’Académie de France. En 1826, il est élu à l’Académie des Beaux-Arts. Il sert le régime de la Restauration, qui lui confie des programmes monumentaux. Mais vers 1825, alors qu’il fréquente les milieux progressistes, il devient républicain. Son art s’infléchit alors et il s’attaque à la représentation des « grands hommes » (statue funéraire d’Armand Carrel, cimetière de Saint-Mandé). Il se trouve ainsi tout désigné, en 1830, pour exécuter la nouvelle décoration du fronton de l’église Sainte-Geneviève reconvertie en Panthéon. Son opposition au régime et à l’Académie met fin aux commandes publiques, mais particuliers et municipalités continuent à le faire travailler. Élu maire d’arrondissement à Paris, député du Maine-et-Loire à la Constituante, non réélu l’année suivante à la Législative, il est arrêté et exilé lors du coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte. Rentré en France en 1853, il achève ses derniers programmes monumentaux (Bichat, École de médecine de Paris ; général Drouot, Nancy). Européen précoce, voyageur et curieux de tout, il a rédigé, dès 1828, de remarquables carnets intimes publiés posthumement.
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