Pontorson et le cyclisme
Pontorson n’est pas inconnu des coureurs français du peloton puisque, en 2024, la localité était le point de départ du contre-la-montre des championnats de France sur route. Bruno Armirail s’y était alors imposé à Saint-Martin-de-Landelles, lieu de l’arrivée, devant Kévin Vauquelin et Thibault Guernalec. Chez les femmes, le titre était revenu à Audrey Cordon-Ragot. Sa proximité du Mont Saint-Michel a aussi permis à ses habitants de voir passer la Grande Boucle à chaque fois qu’elle s’y est rendue, en 1990, 2013 et 2016. En 1990, Pontorson avait même accueilli un sprint intermédiaire enlevé par Olaf Ludwig.
Les archives signalent un pionnier du cyclisme natif de Saint-James, à 10 km de là : Henri Aries participa ainsi aux deux premières éditions de Paris-Roubaix en 1896 et 1897, terminant 8e et 7e, avant de prendre part aux Jeux olympiques de Paris de 1900 dans l’épreuve d’endurance.
À voir
Abbaye du Mont-Saint-Michel
Construction :
Histoire : selon la tradition, sous le règne du roi Childebert, l’archange Michel apparaît en songe à Aubert, évêque d’Avranches, pour lui ordonner de construire une église. Le lieu désigné est le mont Tombe, premier nom du Mont-Saint-Michel. Pour assurer la garde du sanctuaire, Aubert fait appel à douze religieux. Le mont devient un lieu de pèlerinage à saint Michel. Au Xᵉ siècle, l’abbé Odon de Cluny désigne pour la première fois le site sous le nom de Mont-Saint-Michel. En 965 ou 966, les chanoines sont remplacés par douze bénédictins qui édifient un nouveau monastère. Ils remplacent l’édifice préroman par un ensemble de constructions romanes dont on peut admirer aujourd’hui la plus grande partie de l’église abbatiale. Ces constructions sont agrandies au XIIᵉ siècle, notamment par l’abbé Robert de Torigni. Une partie du monastère roman disparaît en 1204 dans un incendie causé par l’armée de Philippe Auguste. Pour faire amende honorable, le roi finance la construction d’un nouveau bâtiment, la « Merveille ». Cet édifice gothique se compose de deux bâtiments accolés, dont les salles se superposent sur trois niveaux : une aumônerie pour loger les pauvres, une salle des hôtes où sont accueillis les pèlerins de marque et le réfectoire des moines. À l’ouest, un cellier, une salle de travail pour les moines et le cloître, chef-d’œuvre de légèreté et de raffinement. L’ensemble constitue assurément l’un des plus beaux témoins de l’architecture monastique du XIIIᵉ siècle. Du XIIIᵉ au XVIᵉ siècle, les appartements de l’abbé et des salles affectées aux services administratifs et judiciaires complètent les constructions entourant l’église.
De 1420 à 1450, les Anglais parviennent à s’installer à trois kilomètres au nord du Mont. Mais la citadelle, protégée par 119 chevaliers, demeure imprenable. Le chœur de l’église s’effondre en 1421. La paix revenue, un nouveau chœur est construit : c’est sans doute l’une des plus belles réalisations de l’art gothique flamboyant. Le monastère périclite et, à la fin du XVIIIᵉ siècle, la communauté ne compte plus qu’une dizaine de moines. La Révolution chasse les bénédictins et transforme l’abbaye en prison. Les bâtiments souffrent de cette affectation, qui les préserve cependant de la ruine. Napoléon III ferme la prison en 1863. Le culte est ensuite rétabli dans l’abbaye par des missionnaires diocésains. Une gigantesque restauration est effectuée de 1872 à 1922 par les Monuments historiques. Les moines reviennent en 1965-1966 pour célébrer le millénaire de l’arrivée des bénédictins. En 1969, une petite communauté assure en permanence une présence religieuse dans l’abbaye.
Caractéristiques : édifiée dès le Xe siècle, l’abbaye bénédictine abonde en réalisations architecturales dans les styles carolingien, roman et gothique flamboyant. L’entrée de l’abbaye est à 50,30 m au-dessus du niveau de la mer. Le sol de l’église, du cloître et du réfectoire est à une altitude de 78,60 m tandis que la flèche néogothique qui sert de piédestal à la statue de saint Michel mesure 40 m de hauteur. Du dallage de l’église jusqu’à la pointe de l’épée de saint Michel, la hauteur est de 78,50 m, faisant culminer le mont à 157,10 m. Quatre cryptes (chapelles souterraines) établies aux points cardinaux autour du sommet du rocher constituent une plate-forme qui supporte le poids de l’abbatiale, longue de 80 mètres. Cette église dessine ainsi un gigantesque escalier montant d’ouest en est, où la nef est surélevée de 1,5 m par rapport à l’entrée et le chœur de 3 m par rapport au transept, l’ensemble s’inscrivant dans un carré parfait.
Signe particulier : l’édifice religieux attire à lui seul 1,5 million des quelque 2,5 millions de touristes qui viennent chaque année au mont, ce qui fait de l’abbaye l’un des premiers sites culturels visités en France.
Classement : classée Monument historique en 1862. Premier site français classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO en 1979 et 1988.
Baie du Mont Saint-Michel
La commune et la baie ont été les premiers sites français classés au Patrimoine mondial de l’UNESCO (1979). Le Mont a retrouvé son caractère insulaire suite à l’opération de rétablissement du caractère maritime. La baie est le théâtre des plus grandes marées d’Europe continentale, jusqu’à 15 mètres de différence entre basse et haute mer. La mer rejoint ensuite les côtes « à la vitesse d’un cheval au galop », comme le dit l’adage. La plus vaste étendue française de prés salés et de polders accueille une riche faune entre autres espèces, des mammifères marins (25 à 35 phoques veau-marin). Située sur la voie de migration atlantique, de nombreux petits échassiers comme le Bécasseau variable ou maubèche, l’Huîtrier pie, le Pluvier argenté, la Barge à queue noire et rousse, l’oie Bernache, le canard Tadorne ou la Macreuse noire.
Pont passerelle et barrage
Avec près de 2.5 millions de visiteurs chaque année, le Mont-Saint-Michel est désormais rattaché à la Baie par un pont passerelle. Ce nouvel accès valorise l’approche vers le Mont-Saint-Michel. Mis en service en 2009, le barrage sur le Couesnon redonne toute la force nécessaire à ce fleuve pour repousser, via des lâchers d’eau, les sédiments vers le large et contribuant alors au retour insulaire du Mont-Saint-Michel. Ce barrage est également un ouvrage d’art à part entière, qui offre un temps de repos et de contemplation face à la Merveille.
Église Notre-Dame-de-Pontorson
Construction : XIIe siècle.
Style : roman.
Histoire et caractéristiques : cette église romane en granit comprend un chœur et un transept de la première moitié du XIIe siècle. La nef, du dernier quart du XIIe siècle, arbore une façade composée d’une grande arcade légèrement brisée qui abrite le portail roman et la fenêtre d’axe qui le surmonte immédiatement, et supporte une étroite tribune qui s’éclaire par deux baies géminées. Deux petites tours, qui se dégagent à peine du mur, sont dressées de chaque côté du pignon. Le clocher assis à la croisée du transept est agrémenté à sa base d’une balustrade ajourée. À la fin du XVe siècle, on a ajouté deux chapelles sous les aisselles du transept et, en 1502, une troisième au côté gauche du chœur.
Signe particulier : le tympan de la porte sud est orné d’un oiseau becquetant le crâne d’un homme.
Classement : classée Monument historique en 1889.
Moulin de Moidrey
Construction : 1806.
Type : moulin à vent.
Histoire et caractéristiques : Le moulin de Moidrey est construit en 1806 et est en activité jusqu’au début du XXe siècle. Transformé en fenil, il est abandonné après la Seconde Guerre mondiale. Il est restauré en 2003 et remis en activité.
Destination actuelle : en activité et ouvert à la visite.
Classement : inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en tant que partie du site du Mont Saint-Michel.
Villa Bailleul
Construction : années 1870.
Histoire : la Villa Bailleul a été bâtie entre 1870 et 1880 pour le directeur de la Compagnie des Polders de l’Ouest, entreprise qui possède de nombreuses terres agricoles à partir du milieu du XIXe siècle en baie du Mont Saint-Michel. L’édifice porte son nom de son second propriétaire. L’ingénieur Joseph Monier (1823-1906) est l’artisan du réservoir en style rocaille. Pionnier de l’emploi du béton armé, il fait faillite au tournant des années 1880 et 1890, et meurt ruiné.
Caractéristiques : l’édifice à quatre niveaux est construit en pierres et briques en style néo-Louis XIII. La citerne en béton armé est surtout intéressante, de style rocaille selon une mode répandue à l’époque chez les propriétaires aisés. La citerne est posée sur six poteaux et une galerie l’entoure, pourvue d’un toit à six pans. Sous le réservoir un jet d’eau avec une rocaille était présente mais cet élément a disparu.
Destination actuelle : abandonnée et squattée, la villa a été ravagée par un incendie en 2012. Rachetée depuis par un couple lyonnais, elle est en cours de restauration.
Classement : Les façades et les toitures de la villa et des communs, le réservoir en style rocaille (agencement hydraulique et décoration), la clôture ont été inscrits aux monuments historiques en 2011.
Plumelec et le cyclisme
Sur des terres où chaque recoin regorge d’histoires cyclistes, la côte de Cadoudal se distingue. Ses pentes mènent à un sommet visité par de nombreuses épreuves locales, nationales et internationales, et par tous les cyclistes du coin. À chaque arrivée du Tour masculin ou féminin à Plumelec, c’est la montée de Cadoudal qui a couronné les vainqueurs : de l’équipe Ti-Raleigh dans un contre-la-montre par équipe en 1982, à Marianne Vos, en ouverture du Tour de France Femmes avec Zwift 2025, en passant par Bernard Hinault, qui a remporté dans sa Bretagne natale le prologue de l’édition 1985. Trois semaines plus tard, le Blaireau était encore en jaune à Paris, pour ce qui reste le dernier succès d’un Français au classement général du Tour.
Fief du cyclisme breton grâce au Grand Prix de Plumelec-Morbihan organisé sous diverses appellations depuis 1974, Plumelec fut également le théâtre d’une grande première puisqu’il décerna en 2016 le premier titre de champion d’Europe élites sur route. Chez les messieurs, c’est Peter Sagan qui s’était offert ce premier titre européen ouvert aux professionnels aux dépens de Julian Alaphilippe, l’arrivée étant jugée comme de juste au sommet de la côte de Cadoudal. À noter que chez les juniors, deux Français, Nicolas Malle et Émilien Jeannière avaient battu un jeune Slovène du nom de Tadej Pogacar.
À voir
Église du Sacré-Cœur
Construction : XIXe siècle.
Style : néo-gothique.
Histoire : la paroisse de Plumelec est ancienne et comptait de nombreux édifices religieux, dont le célèbre prieuré féminin de Locmaria. Son église, antérieure au XVe siècle, a été endommagée pendant la Révolution et a dû être reconstruite en style néo-gothique en 1889. Le clocher de 40 m de haut fut achevé en 1902.
Signe particulier : abrite une statue de bois polychrome de Notre-Dame des Grâces classée.
Église Saint-Maurice
Construction : XVIe siècle.
Caractéristiques : située dans le hameau de Saint-Aubin à la sortie de Plumelec, elle est remarquable par son chœur gothique qui date de 1513. Les sablières de l’église comptent parmi les plus belles du Morbihan, par l’abondance et la qualité des sculptures.
Classement : inscrite Monument historique en 1925.
Château de Callac
Construction : XIVe au XVIIe siècles.
Style : Renaissance.
Caractéristiques : au XIIe, les Callac construisent un manoir, incendié pendant la guerre de succession de Bretagne en 1350. Il est agrandi dans la seconde moitié du XVe siècle et remanié au XVIIe pour lui donner son aspect actuel. Lors d’une succession en 1797, le château est séparé entre deux sœurs, dont les descendants laissent les bâtiments à l’abandon en 1947. Pendant la Révolution, le château fut un lieu de réunion de chefs chouans. Georges Cadoudal, entre autres, rencontra ses lieutenants dans ce refuge.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Callac servit de point de ralliement aux parachutistes de la France Libre envoyés en mission.
Classement : classé Monument historique en 1971.
Manoir de Cadoudal
Construction : 1699.
Histoire et caractéristiques : bâtis au XVe et XVIe siècles, le corps de logis et la chapelle sont détruits au XIXe siècle par un incendie. Il n’en subsiste que les communs édifiés en 1699, un portail et un puits. Il est parfois avancé, de manière erronée, que le général chouan Georges Cadoudal serait né au manoir au XVIIIe siècle.
Classement : inscrit Monument historique en 1935.
Musée d’art contemporain de l’espace la Peupleraie
Ce musée de plein air original met en avant plusieurs sculptures contemporaines réalisées par des artistes français et étrangers : Robert Fachard, Momcilo Milovanovic, Klaus Shultze...
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