Saint-Quentin-en-Yvelines et le cyclisme
La communauté d’agglomération yvelinoise accueille à nouveau le départ de la dernière étape du Tour de France, comme en 2023 et le succès sur les Champs-Elysées de Jordi Meeus. Mais le peloton s’élancera cette fois-ci de la base de loisirs. Saint-Quentin-en-Yvelines doit sa réputation à son vélodrome, siège de la Fédération Française de Cyclisme. Ses installations ont accueilli les plus grandes épreuves internationales, y compris les championnats du monde et les Jeux Olympiques, pour le plus grand bonheur de Benjamin Thomas, Bryan Coquard, Filippo Ganna ou encore Rui Oliveira.
Le Tour a d’ailleurs fait étape dans la communauté d’agglomération des Yvelines, en 1986, pour un contre-la-montre par équipes remporté par l’équipe Super-U de Laurent Fignon, qui a donné son nom à la rue où se trouve le vélodrome. Paris-Nice s’est également rendu dans les communes rattachées à Saint-Quentin-en-Yvelines comme Maurepas en 2015, pour un succès de Michal Kwiatkowski dans le prologue, Bois d’Arcy en 2017, pour une victoire d’Arnaud Démare, ou Plaisir en 2020, où Maximilian Schachmann s’était imposé.
Parmi les coureurs originaires des communes formant Saint-Quentin-en-Yvelines, on notera Jean Maréchal, vainqueur de Paris-Tours 1930 et déclassé après sa victoire dans Paris-Roubaix cette même année. « Le Crack » participa au Tour 1931 avant de diriger l’équipe d’Île de France en 1951. Michel Pelchat, champion de France de cyclo-cross en 1964 et 1966, ou Maurice Perrin, champion olympique de tandem en 1932, étaient originaires de Plaisir.
À voir
Vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines
Le Vélodrome National de Saint-Quentin-en-Yvelines est un complexe sportif de premier plan mondial situé à Montigny-le-Bretonneux. Inauguré en 2014, il s’est imposé comme le temple du cyclisme français en abritant le siège de la Fédération Française de Cyclisme et en servant de site olympique majeur, notamment lors des épreuves de cyclisme sur piste et de BMX des Jeux de Paris 2024.
Géré par l’UCPA, le complexe est conçu aussi bien pour le sport de haut niveau que pour les amateurs. Il comprend :
La piste olympique indoor : Une piste en bois de pin de Sibérie de 250 mètres de long et 8 mètres de large, dotée de virages inclinés à 44,7°. Des baptêmes de piste et entraînements y sont accessibles dès 7 ans. Le Stadium BMX : Une piste couverte et éclairée unique en Europe, ouverte au grand public et aux compétiteurs.L’aire centrale accueille également 3 terrains de badminton praticables 7j/7.
Le site accueillera notamment les Championnats du Monde UCI de cyclisme sur piste et de paracyclisme du 24 août au 7 septembre 2027.
Parc naturel régional de la Haute vallée de Chevreuse
Le parc naturel régional, créé en 1985, est situé à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Paris, majoritairement dans le département des Yvelines, avec une petite partie en Essonne. Saint-Quentin-en-Yvelines ne fait que partiellement partie du parc, notamment à Magny-les-Hameaux et à Coignières.
De nombreux sentiers, dont des sentiers de grande randonnée, sillonnent le Parc et permettent de partir à pied à la découverte des sites. Notamment, le chemin Jean Racine qui relie Chevreuse à l’abbaye de Port-Royal des Champs, située sur le territoire de Saint-Quentin-en-Yvelines. Le château de la Madeleine, forteresse médiévale construite sur les hauteurs du village de Chevreuse, abrite la Maison du Parc où peuvent être obtenues toutes les informations utiles pour la visite du parc. Cet espace, d’architecture moderne, a été intégré à l’intérieur du château. Par ailleurs, une partie des équipes du Parc est basée au Domaine d’Ors à Châteaufort.
À Guyancourt :
Golf national
Création : 1990.
Histoire : commandité par le président de la Fédération française de golf (FFG) dans les années 1980, le golf est conçu et aménagé par Hubert Chesneau, sur un terrain situé entre les communes de Guyancourt et de Magny-les-Hameaux. Les plans sont soumis en 1986 et les travaux durent de 1987 à 1990.
Caractéristiques : il est constitué de deux parcours de 18 trous : l’Albatros qui accueille les compétitions de haut niveau, l’Aigle pour les golfeurs de tous niveaux ; ainsi que d’un parcours « école » de 9 trous, l’Oiselet. Le Golf national, qui organise régulièrement l’Open de France, a accueilli la Ryder Cup en 2018 et sera le siège des compétitions de golf des Jeux olympiques de 2024.
Batterie de Bouviers
Construction : 1879
Histoire : c’est une ancienne batterie militaire construite en 1879 et occupée par l’armée jusqu’en 1932. À partir de 1933, elle est louée à la société Hispano-Suiza qui l’utilise comme usine et construit à sa périphérie des bâtiments industriels. La société Hispano-Suiza quitte le site en 1993. Achetée au ministère de la Défense en 1999, la batterie a été transformée en 2006 en équipement culturel musical. Sur les cinq hectares de terrain situés autour de la batterie, des immeubles de bureaux ont été construits en 2009 et une école municipale de musique a ouvert ses portes au public en septembre 2010.
Caractéristiques : le bâtiment principal constitue un remarquable exemple d’architecture militaire de la fin du XIXe siècle. L’ensemble est constitué d’une juxtaposition de cellules longitudinales mono-orientées en façade nord-est et dotées de voûtes architectoniques, doublées à l’arrière d’un vaste volume sans aucune ouverture. Les matériaux utilisés sont la pierre calcaire, la pierre meulière et la brique.
Destination actuelle : salle de spectacle de musique amplifiée, studios de répétition et restaurant.
À Magny-les-Hameaux
Musée national de Port-Royal-des-Champs
Ouverture du musée : 1962
Histoire : le bâtiment dit des « Petites écoles » et son extension XIXe siècle ont été achetés par l’État en 1952. L’organisation du musée fut alors confiée à Bernard Dorival dès 1953. Il fut inauguré le 14 juin 1962 en présence d’André Malraux, secrétaire d’État chargé des affaires culturelles. La ferme des Granges fut achetée par l’État en 1983. Le site des ruines de l’abbaye, sur lequel se trouvait un musée privé depuis le début des années 1840 fut donné à l’État par la Société de Port-Royal en 2004.
Caractéristiques : le Musée national de Port Royal des Champs abrite une riche collection de gravures, de livres anciens, de portraits et d’ouvrages, qui témoignent de l’histoire et du drame de conscience qui s’est déroulé dans l’abbaye il y a quelques siècles. Il contient des tableaux de Philippe de Champaigne et Jean Restout. Le parcours comporte également des ouvrages écrits à Port-Royal au XVIIe siècle et des gravures des XVIIe et XVIIIe siècles. On peut également y voir divers objets de dévotion janséniste. Une section, constituée grâce à des acquisitions de l’État et un important dépôt de la Société de Port-Royal, est consacrée au mouvement convulsionnaire du XVIIIe siècle ; on y voit notamment les dessins de Jean Restout.
À Trappes :
Les Dents de scie
Construction : 1926 à 1931.
Histoire : la cité ouvrière des Dents de Scie a été conçue par l’architecte Henry Gutton et son fils André. Les quarante pavillons accolés ont été implantés à proximité de la gare de Trappes car ils étaient destinés aux cheminots. Les logements sont individuels, abritant chacun un quatre pièces de 66 m² sur un sous-sol semi enterré, avec un jardin privatif accessible par l’intérieur. La mobilisation des habitants et de la commune a permis leur réhabilitation au lieu de la destruction envisagée initialement, et leur classement.
Caractéristiques : les architectes se sont inspirés des réalisations allemandes qui appliquent les théories de l’habitat minimum et du mouvement hygiéniste. Il s’agit de donner aux habitants le confort moderne dans des espaces fonctionnels. Chaque pavillon possède un jardin, des points d’eau, une buanderie. Les pavillons sont implantés à 45° le long d’une voie publique, d’où le nom de la cité. Les constructions étaient initialement en briques, elles ont été habillées de plaques enduites en 1938. La cité des Dents de scie reprend quelques points architecturaux énoncés par Le Corbusier dans l’Art Moderne : le toit terrasse, le pilotis, la façade libre sans poutre ni pilier.
Classement : Monument Historique depuis 1992. Patrimoine du XXe siècle.
À Élancourt :
Commanderie de la Villedieu
Fondation : 1181
Histoire : premier jalon sur la route de Chartres vers Saint-Jacques de Compostelle, la commanderie est fondée par les Templiers entre 1150 et 1181. Lors de la dissolution de l’ordre en 1312, tous les biens de Villedieu-Maurepas furent placées sous l’obédience de la commanderie des Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Il ne reste aujourd’hui des bâtiments originaux que la chapelle en pierre de meulière qui a été inscrite en 1926.
France Miniature
Parc de miniatures situé à Élancourt, ouvert depuis 1991. Le parc comprend 117 monuments et sites français, reproduits en miniature, à l’échelle 1/30e, sur un espace de cinq hectares, aménagé en forme de carte de France avec des bassins aux emplacements des mers et océans qui bordent l’Hexagone ainsi que l’île de la Corse. Le domaine est sillonné par de nombreuses voies ferrées miniatures sur lesquelles circulent des trains composés de maquettes reproduisant des matériels SNCF (TGV, trains Corail, etc.).
Depuis 2004, une zone d’attractions en libre-service est réservée aux jeunes enfants.
Classement : Monument Historique depuis 1926.
À Plaisir :
Château de Plaisir
Construction : XVIIe et XVIIIe siècle.
Style : classique.
Histoire : le château de Plaisir est un bâtiment caractéristique du XVIIe siècle. Lors de sa construction, il appartient à la famille Le Tellier qui le conserve pendant un siècle. Vers 1720, le domaine passe aux mains de la famille Goullet-de Rugy puis, par descendance, à la famille Saint-Sauveur jusqu’à la Révolution. Le XIXe et une grande partie du XXe siècle vont être témoins d’une succession de propriétaires très différents : notables de région, membres de professions libérales, exploitants agricoles… Il est racheté par la mairie en 1976.
Caractéristiques : à l’origine, l’édifice ne comportait que la partie centrale, correspondant à la terrasse qui la précède. Son architecture et des éléments d’aménagement intérieur attestent de l’empreinte du style Louis XIII. Les deux ailes basses et les bâtiments annexes à vocation agricole furent ajoutés au XVIIIe siècle.
Destination actuelle : il regroupe la médiathèque, le conservatoire, le Théâtre Robert Manuel ainsi que plusieurs salles d’exposition et de réception.
Classement : Monument Historique depuis 1961.
Paris et le cyclisme
La capitale de la France a gagné à travers les siècles un prestige inégalable, qui en a fait la première destination touristique mondiale. Son succès tient autant à la majesté de ses monuments, de la cathédrale Notre-Dame à la tour Eiffel en passant par le musée du Louvre et l’Arc de triomphe, qu’au bouillonnement culturel qui l’anime et à cet insaisissable « chic parisien » qui continue de fasciner. La ville lumière s’est également imposée comme l’une des scènes sportives majeures de la planète, grâce à des événements réguliers dont le tournoi de Roland-Garros ou l’arrivée finale du Tour de France, qui associe désormais les Champs-Élysées et Montmartre. Et cela pour le plus grand bonheur des spécialistes des pavés Wout van Aert, vainqueur en 2025 et Mathieu van der Poel en 2026.
1927 – L’abandon de Francis Pélissier
Il est, des trois frères Pélissier à avoir fait carrière – le quatrième frère, Jean, est mort pendant la Première Guerre mondiale –, celui dont on parle le moins. Francis Pélissier n’a certes pas gagné le Tour de France, comme son frère Henri en 1923, il n’a enlevé que deux étapes de la Grande Boucle, bien peu en comparaison des seize remportées par son frère cadet Charles. Et pourtant le palmarès de ce Parisien, né comme Henri tout près de Montmartre où le Tour a enfin pris ses quartiers, reste des plus enviables : trois championnats de France sur route (1921, 1923 et 1924), un Paris-Tours et deux Bordeaux-Paris… En 1927, « le Grand » est le seul des trois frères à participer à la Grande Boucle. Henri se fait vieux, il est blessé et sur le point de mettre fin à sa carrière. Charles est trop jeune. Mais le Tour de France et son patron Henri Desgrange, meilleur ennemi du trio, ont besoin d’un Pélissier au départ. Ce sera Francis, qui accepte à contre-cœur.
Contre toute attente, c’est un succès. Vainqueur de la première étape, il va porter le Maillot Jaune pendant cinq jours, mais aussi devenir, à son corps défendant, le premier leader du Tour à abandonner avec la précieuse tunique sur les épaules. Le leader de l’équipe Alcyon, évoquant les séquelles d’une pneumonie contractée pendant l’hiver, met pied à terre à Morlaix, au 144e kilomètre de la 6e étape entre Dinan et Brest. La presse se déchire : abandon de complaisance ou réel épuisement ? Il faut dire qu’Henri et Francis sont connus pour n’en faire qu’à leur tête et ont tendance à jeter l’éponge au moindre prétexte. À eux deux, ils disputeront quatorze fois le Tour et abandonneront onze fois ! Les journalistes les plus vachards notent que Francis a posé ses conditions à Desgrange pour se présenter au départ de Paris : 3 500 francs par jour et l’assurance de pouvoir abandonner où bon lui semblerait sans être descendu en flamme dans les colonnes de L’Auto !
À voir
Parc des Princes
Construction : le Stade-vélodrome du Parc des Princes est inauguré le 18 juillet 1897, reconstruit en 1969.
Capacité : 47 229 places (versions Ligue 1).
Histoire : Le stade du Parc des Princes doit son nom à un espace boisé situé entre le Bois de Boulogne et la Porte de Saint-Cloud qui fut utilisé dès le XVIIIe siècle comme un lieu de détente, de chasse et de promenade prisé par le roi et les princes royaux. Ce caractère est renforcé durant la première moitié du XIXe siècle avec l’adoption par la bourgeoisie parisienne de ces plaisirs jadis réservés à la noblesse. Purement naturel jusqu’en 1855, le site connaît ses premiers aménagements urbanistiques avec le percement d’une route donnant le coup d’envoi du développement du futur quartier du Parc des Princes. Il semble que le nom de « Parc des Princes » fasse son apparition à cette période en reprenant les termes de Route des Princes et de Porte des Princes, en usage dès le XVIIIe siècle.
Depuis les années 1980, le Parc des Princes accueille des concerts. Citons Michael Jackson qui fut le premier en 1988 et en 1997 (plus de 240 000 spectateurs pour 4 concerts), les Rolling Stones qui ont fait 3 concerts en 1990, Johnny Hallyday qui y fêta ses 50 ans en 1993 (4 soirs d’affilée) et ses 60 ans en 2003 (également pour 4 soirs), U2 (53 519 spectateurs le 6 septembre 1997), Robbie Williams, Prince ou Iron Maiden.
Tour Eiffel et Champ de Mars
Construction : fin XIXe siècle.
Architecte : Gustave Eiffel.
Histoire et caractéristiques : haute de 324 m, y compris l’antenne de télévision à son sommet. Construite à l’occasion de l’exposition universelle de 1889 qui célébrait le centenaire de la Révolution française. Les études débutèrent en 1884 et la construction en 1887. Le drapeau a été hissé au sommet le 31 mars 1889, soit deux ans, deux mois et cinq jours après le début des travaux. Elle est aujourd’hui le symbole le plus connu de Paris. Elle pèse 7 000 tonnes toute nue (il faut ajouter 50 tonnes de peinture tous les sept ans). Au 3e étage, le panorama s’étend sur 67 km au maximum. Derrière la tour se trouvent le Champ de Mars et l’École militaire.
Petite histoire : elle est restée la plus haute tour du monde jusqu’en 1930, dépassée par le gratte-ciel de Chrysler à Manhattan.
Le Louvre
Fondation : aménagé en musée au XVIIIe siècle. Inauguré en 1793 sous l’appellation de Muséum central des arts de la République.
Caractéristiques : avec une surface d’exposition de 72,735 m², il est aujourd’hui le plus grand musée d’art et d’antiquités au monde. En 2018, avec environ 10,2 millions de visiteurs annuels, le Louvre est le musée le plus visité au monde (il est le site culturel payant le plus visité de France). Sa collection comprenant plus de 550 000 œuvres avec parmi ses pièces les plus célèbres : la Joconde, la Vénus de Milo, le Scribe accroupi, la Victoire de Samothrace et le Code de Hammurabi.
Histoire : La renommée internationale du Musée du Louvre fait parfois oublier qu’à son origine, il a été́ conçu comme un palais. Dès le Moyen Âge, son évolution a été́ marquée à la fois par les événements de l’histoire de France et par la succession d’architectes et de décorateurs qui y ont laissé́ leur marque. Château médiéval, palais des rois de France, musée depuis 1793, le Palais du Louvre développe son architecture sur plus de 800 ans.
Pyramide du Louvre
Construction : achevée en 1989.
Histoire : érigée, au centre de la cour Napoléon, la pyramide de verre est l’œuvre de l’architecte sino-américain Ieoh Ming Pei, volonté́ du président de la République française François Mitterrand en 1983. Son créateur est décédé́ le 16 mai 2019 à New York à l’âge de 102 ans. Symbole d’un musée ouvert vers le monde, elle a fêté ses 30 ans tout au long de l’année 2019. Avant de devenir l’un des édifices les plus admirés, elle a été au centre d’une véritable querelle opposant anciens et modernes. L’introduction d’un élément contemporain dans un contexte à haute teneur patrimoniale ne passait pas ... et pourtant.
Caractéristiques : reprenant les proportions exactes de la pyramide de Khéops à sa base, elle mesure 35,42 m de largeur, pour 21,34 m de hauteur ; 95 tonnes d’acier et 105 tonnes d’aluminium soutiennent le tout. Lorsqu’on désigne la Pyramide, on pense à l’architecture transparente visible dans la cour principale, face au jardin des Tuileries, mais il existe en fait cinq pyramides à travers le musée (avec elle, trois petites, puits de lumière et celle inversée visible au sous-sol). Elle rappelle également l’importante collection d’antiquités égyptiennes au sein du musée et l’Obélisque, présent pas très loin, place de la Concorde.
Place de la Concorde
Construction : 1757 à 1763
Histoire : appelée à l’origine place Louis XV, puis en 1792, place de la Révolution (après que la statue équestre sculptée par Bouchardon a été renversée). D’une superficie de 84 000 m², elle devint le lieu principal des exécutions durant le règne de la Terreur, 1 119 personnes y compris le roi Louis XVI et son épouse Marie-Antoinette y trouvèrent à leur tour la mort.
Caractéristiques : autour de la place, huit statues représentent huit villes françaises : Brest, Rouen, Lille, Strasbourg, Lyon, Marseille, Bordeaux et Nantes. Deux fontaines, inspirées de celles de Saint-Pierre à Rome, y furent ajoutées, celle du nord, dédiée à la navigation fluviale, et celle du sud, dédiée à la navigation maritime. L’obélisque en granit rose fut donné à la France en 1831 par Méhemet Ali, vice-roi et pacha d’Égypte. Le monument mesurant 23,39 m se trouvait à l’origine dans le temple de Thèbes (Louxor). Recouvert d’hiéroglyphes relatant les règnes de Ramsès II et III, le socle décrit les moyens techniques et ruses nécessaires à son transport et à son érection sur la place. Le pyramidion (en son sommet) a été́ recouvert de feuilles d’or, pour lui redonner son aspect originel.
Signes particuliers : les chevaux de Marly sont montés sur deux colonnes de part et d’autre de l’avenue des Champs-Élysées. Sculptés par Nicolas et Guillaume Coustou, ils ont été́ posés en 1795. En 1984, fragilisés, ils sont remplacés par des copies, en marbre reconstitué. Les originaux sont conservés au Musée du Louvre.
Arc de Triomphe
Construction : 1806 à 1836
Caractéristiques : l’Arc de Triomphe s’élève au centre de la place Charles-de-Gaulle. Il est situé dans l’axe et à l’extrémité ouest de l’avenue des Champs-Élysées. Haut de 49,54 m, large de 44,82 m et profond de 22,21 m, il est géré par le Centre des monuments nationaux. Le monument pèse 50 000 tonnes (en fait 100 000 tonnes en prenant en compte les fondations qui s’enfoncent à 8,37 m de profondeur).
Histoire : Napoléon Ier, au lendemain de la bataille d’Austerlitz, déclare aux soldats français : « Vous ne rentrerez dans vos foyers que sous des arcs de triomphe ». Par un décret impérial daté du 18 février 1806, il ordonne la construction de cet arc de triomphe consacré à perpétuer le souvenir des victoires des armées françaises. La construction est menée à bien entre 1832 et 1836 par l’architecte Guillaume-Abel Blouet.
Signes particuliers : l’Arc de Triomphe fait partie des monuments nationaux à forte connotation historique. Cette importance s’est renforcée depuis que la dépouille du Soldat inconnu, tué lors de la Première Guerre mondiale, y a été inhumée le 28 janvier 1921. Deux ans plus tard, André Maginot, alors ministre de la Guerre, a soutenu le projet d’y installer une « flamme du souvenir » qui a été allumée pour la première fois le 11 novembre 1923.
Classement : Monument Historique depuis 1896.
Cathédrale Notre-Dame de Paris
Construction : 1163 à 1330. Restaurée au XIXe siècle et au XXIe siècle.
Histoire : c’est l’évêque Maurice de Sully qui décide en 1160, la construction de la cathédrale. Le projet mobilise 5 500 m² de surface au sol, entraînant la destruction de tous les abords. Un parvis est aménagé́ et les travaux durent trois siècles, durant lesquels le chef-d’œuvre gothique fut respecté́. Destructions, remplacements, badigeonnages suivirent, jusqu’à la Révolution française, endommageant le bâtiment. Le roman de Victor Hugo Notre Dame de Paris (1831) exprime à sa façon le retour au gothique et crée un mouvement qui aboutit, en 1844, au décret de Louis-Philippe prescrivant la restauration du monument, confiée à Jean-Baptiste Lassus puis à Eugène Viollet-Leduc.
Caractéristiques : 130 m de longueur, 48 m de large, 35 m de hauteur sous voûte (69 m au sommet des tours), elle est dominée par les deux grandes tours quadrangulaires, hautes de 69 m, et se divise en trois étages bien distincts avec trois portails. Sa flèche, en chêne, de 45 m (80 m au-dessus du sol) était recouverte de plomb (750 tonnes).
Incendie de 2019 : le 15 avril 2019, un incendie majeur survient à l’intérieur de la charpente. Les flammes détruisent intégralement la flèche, les toitures de la nef et du transept et la charpente. La flèche embarque avec elle la voûte de la croisée du transept, une partie du bras Nord et de celle d’une travée de la nef. L’intervention de centaines de pompiers dure jusqu’au lever du jour. Ils ont réussi à sauver la structure globale de l’édifice, à épargner les deux tours, la façade occidentale, le trésor et l’essentiel des œuvres d’art de la cathédrale.
Reconstruction : la reconstruction a démarré à l’automne 2021 sur le chantier de la cathédrale et dans de nombreux ateliers d’art (charpentiers, maîtres-verriers, tailleurs de pierre...). Parmi les défis techniques les charpentes de la nef, du chœur et de la flèche, ont pu être reconstruites à l’identique en chêne massif, avec plus d’un millier d’arbres bicentenaires spécialement sélectionnés dans les forêts françaises. Le budget global de cette phase de reconstruction est estimé à 550 millions d’euros. 846 millions d’euros de dons ont été recueillis à travers le monde, dont environ 150 doivent servir à la restauration de parties extérieures de la cathédrale très érodées et touchées par différentes pathologies de la pierre avant l’incendie. Notre-Dame a été réouverte le 8 décembre 2024 au public.
Classement : Monument historique en 1862. Patrimoine mondial de l’Unesco pour Paris, Rives de Seine.
Opéra Garnier
Construction : entre 1862 et 1875
Histoire : sa construction a été dirigée par Charles Garnier (1825-1898), 1er Grand Prix de Rome en 1848. C’est la treizième salle d’opéra à Paris depuis la fondation de cette institution par Louis XIV en 1669. Sa construction fut décidée par Napoléon III dans le cadre des grands travaux de rénovation de la capitale menés à bien sous son ordre par le baron Haussmann. Il devint le temple de la danse, de la musique classique et de l’opéra. Avec celui de la Bastille, il forme administrativement l’Opéra de Paris.
Caractéristiques : le grand escalier s’élève à 30 m de hauteur et, d’après son architecte, constitue le vrai cœur du théâtre. Grande variété des marbres blanc, gris, jaune, vert, rouge, rose, violet et profusion de couleurs des statues : Garnier s’est battu pour imposer la polychromie dans son Palais face aux défenseurs de la monochromie dont le chef de file était Eugène Delacroix. Le plafond de l’Opéra a été totalement rénové et réinventé en 1964 sous l’impulsion du ministre de la Culture André Malraux. La réalisation des fresques sur une superficie de 220 m² a été confiée à Marc Chagall, 77 ans qui mit un an à terminer son œuvre. Complètement désintéressé, le peintre n’a touché aucun salaire. Le plafond se caractérise par ses couleurs lumineuses et sa multitude de détails et rend hommage à 14 compositeurs majeurs de l’opéra et de la musique lyrique.
Petite histoire : l’opéra abrite une brigade de 20 pompiers et un commissariat de police à demeure, jour et nuit, des postes d’arrosages manuels dotés de lances présents en tous lieux du théâtre avec surtout une cuve d’eau entièrement évacuée tous les 20 ans (48,27m pour 37,57m de largeur, 2 400 m³, contenue autour d’une centaine de piliers donnant aux pompiers par son emplacement, la possibilité d’y puiser et de circonscrire plus rapidement et plus efficacement un départ d’incendie. Cette cuve est à l’origine de la fameuse légende d’un lac souterrain évoqué dans le roman de Gaston Leroux Le fantôme de l’Opéra).
Classement : Monument Historique depuis 1923.
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