Montpellier et le cyclisme
Dès sa première apparition sur la carte du Tour en 1930, Montpellier rassemblait une foule émerveillée par Charles Pélissier, qui s’offrait la quatrième de ses huit victoires d’étapes sur cette édition, un record qui tient toujours. Cette réussite appelait de nombreuses autres visites et de nouveaux épisodes historiques. C’est sur la route de Montpellier qu’Hugo Koblet a fait flancher Fausto Coppi en 1951. Malade, livide, le campionissimo, flanqué de six équipiers, avait atteint la préfecture de l’Hérault avec 33 minutes de retard sur le « pédaleur de charme ». Le Suisse, intouchable cette année-là, avait alors signé sa quatrième victoire d’étape de ce Tour pour conforter son Maillot Jaune avec 1’32” d’avance sur Raphaël Geminiani. Le Français Gilbert Bauvin, deuxième au départ, cédait pour sa part douze minutes et rétrogradait à la 4e place du général. En 2016, comme trois fois auparavant (voir Mont Ventoux), Montpellier avait servi de rampe de lancement à destination du Ventoux, où Thomas de Gendt s’était imposé en solitaire tandis que Chris Froome était victime d’une chute qui l’obligeait à se lancer à l’assaut du sommet en courant, faute de vélo ! La veille, c’est Peter Sagan qui s’y était imposé au sprint. Les sprinteurs ont d’ailleurs également laissé leur empreinte, notamment Robert Hunter, qui y devenait en 2007 le premier vainqueur d’étape originaire d’Afrique.
À voir
Place de la Comédie
Construction : 1755.
Histoire et caractéristiques : cette place du XVIIIe siècle constitue le cœur de Montpellier. Elle est entourée de constructions cossues et fermée à son extrémité par l’Opéra Comédie, construit en 1888. Elle fait 230 m de long et 50 m de large. Au centre se trouve la fontaine des Trois Grâces et l’Oeuf dessiné au sol avec une ligne de marbre rouge. Elle a pris le nom de la Comédie, l’opéra installé au sud-ouest de la place.
Signe particulier : la place a reçu un coup de jeune en 2023 avec sa végétalisation.
Opéra Comédie
Construction : 1888.
Histoire et caractéristiques : le 22 décembre 1755, Pyrame et Thisbé, opéra de François Rebel et François Francœur, inaugure le premier théâtre dont l’architecture est signée Jacques Philippe Mareschal. Il comporte une salle de spectacle doublée d’une salle de concert perpendiculaire à la première : c’est une originalité montpelliéraine que l’on retrouve dans l’actuel Opéra-Comédie. Dans la nuit du 17 au 18 décembre 1785, un incendie détériore le théâtre. Il est reconstruit à l’identique et commence à fonctionner en 1788. Dans la nuit du 5 au 6 avril 1881, un incendie détruit complètement le bâtiment : rien n’est récupérable. Un théâtre provisoire (réalisé en bois, en 59 jours et malgré cela d’un luxe très bourgeois) est construit sur le champ de Mars devenu depuis l’Esplanade, et un concours est lancé pour la construction d’un nouveau bâtiment. Inauguré en 1888, l’Opéra Comédie, un grand théâtre à l’italienne est l’œuvre de l’architecte Joseph-Marie Cassien-Bernard (1848-1926), élève de Charles Garnier.
Classement : inscrit Monument historique en 2020.
Statue des Trois Grâces
Construction : 1773 à 1776.
Histoire et caractéristiques : en 1770, les édiles montpelliérains prennent la décision d’élever une fontaine place de la Canourgue. Le sculpteur Étienne Dantoine est choisi. Conçu à Carrare, l’ensemble est reçu en 1776, mais un litige oppose le sculpteur à la mairie qui estime ne pas en avoir pour son argent. Un tribunal tranche en faveur de l’artiste. La fontaine est installée place de la Comédie en 1789. En 1893, la réfection du perron du théâtre amène à déplacer la fontaine de quelques mètres. Le sculpteur Auguste Baussan s’en charge et dessine un grand piédestal rocheux en forme d’œuf au centre de la place. En 1976, des travaux de voirie ont pour conséquence un nouveau déplacement. En 1989, le délabrement de la sculpture dû à la pollution entraîne son remplacement par un moulage en résine. Le groupe original en marbre orne désormais le hall d’accueil de l’Opéra Comédie. La fontaine est enfin rénovée en janvier 2003, où un éclairage bleu la met en valeur.
Classement : classée Monument historique en 1963.
Musée Fabre
Ouverture : 1828
Histoire : principal musée d’art de la ville, il est créé à la suite d’une proposition de François-Xavier Fabre (1766-1837), peintre et collectionneur, de faire don à la ville de ses collections, à condition qu’un musée soit construit pour les accueillir. Fabre, lauréat du grand prix de peinture de l’Académie en 1787, avait résidé de 1788 à 1793 à Rome, puis durablement à Florence. Il s’y était progressivement constitué une riche collection de tableaux et de dessins. Après trois ans de travaux financés par la municipalité, le musée, installé dans l’hôtel de Massilian (XVIIIe) ouvre ses portes le 3 décembre 1828. Il est enrichi par de nombreux dons, legs et achats tout au long de son histoire, et s’étend dans des bâtiments adjacents au fil de l’augmentation des collections. Le musée Fabre est l’un des plus importants musées de France.
Caractéristiques : rénové en 2007, le musée voit sa surface d’exposition triplée jusqu’à 9 000 m². En 2020, le fonds comporte plus de 2 000 tableaux, 300 sculptures, 4 000 dessins et 1 500 gravures. Les salles sont consacrées à l’art flamand, aux maîtres italiens et français puis aux peintres français du XIXe et enfin à l’art contemporain, avec Pierre Soulages et Claude Viallat notamment. Parmi les artistes les mieux représentés, il faut mentionner Gustave Courbet, Frédéric Bazille et Eugène Delacroix ou Alexandre Cabanel. Parmi les peintres les plus célèbres des collections anciennes : Pierre-Paul Rubens (3 œuvres), Véronèse ou Le Guerchin.
Classement : Musée de France.
MO.CO.
Création : 2017
Histoire : Montpellier Contemporain ou MO.CO. est depuis 2017 la dénomination attribuée au regroupement de l’école supérieure des beaux-arts de Montpellier et de deux lieux d’exposition, le MO.CO. et le MO.CO. Panacée.
Caractéristiques : le MO.CO. Esba (École supérieure des beaux-arts de Montpellier) est un établissement public d’enseignement supérieur à vocation artistique qui relève du ministère de la Culture et de la Communication. Le MO.CO. Panacée est un centre d’art contemporain et un lieu de rencontres ouvert en 2013, situé dans l’ancien collège royal de médecine. Il dispose de 1 000 m² d’exposition. Il accueille également un restaurant, le Café de La Panacée, une résidence universitaire, un patio et un auditorium. Le MO.CO. et son jardin est un musée d’art contemporain ouvert en 2019. Il dispose d’une surface de 3 500 m² dans l’ancien Hôtel Montcalm, près de la gare Saint-Roch et est équipé d’un restaurant.
Cathédrale Saint-Pierre de Montpellier
Construction : 1364 à 1875.
Style : gothique.
Histoire : la cathédrale Saint-Pierre était à l’origine la chapelle du monastère Saint-Benoît Saint-Germain, fondée en 1364, par le pape Urbain V. Elle fut érigée en cathédrale en 1536, lorsque l’évêché fut transféré de Maguelone à Montpellier. Quatre tours s’élèvent aux angles de la nef, dont l’une fut abattue lors des guerres de religion. L’édifice est alors une véritable forteresse. L’entrée est précédée d’un porche massif, composé de deux piliers cylindriques et d’une voûte reliant les piliers à la façade de l’église. Ce sont les seuls éléments médiévaux préservés. Durant les guerres de religion, la cathédrale est la cible des attaques protestantes. Le 20 octobre 1561, la foule pénètre par une brèche dans la cathédrale où s’étaient réfugiés des dignitaires catholiques accompagnés de soldats. Ils sont massacrés et l’église est dévastée et pillée. En 1567, la cathédrale subit un nouvel assaut. Une tour s’effondre, entraînant avec elle l’ensemble de l’édifice. En 1629, le cardinal de Richelieu ordonne la reconstruction de la cathédrale. Après avoir été réaménagée selon un projet de Jean-Antoine Giral au XVIIIe siècle, Saint-Pierre fut transformée en un édifice plus ambitieux. Les travaux dirigés par Henri Antoine Revoil de 1855 à 1875 aboutissent à une reconstruction de la tour-clocher et à l’ajout de chapelles rayonnantes au sein du chœur.
Classement : classée Monument historique en 1906.
Musée d’anatomie
Le musée d’anatomie est situé au premier étage du bâtiment historique de la Faculté de Médecine et abrite plus de 13 000 pièces. Ce musée, initialement dénommé conservatoire d’anatomie, est créé parallèlement à l’ouverture de l’École de Santé à Montpellier en 1795, et s’enrichit grâce à ses étudiants. En outre, de célèbres médecins et chirurgiens offrent des pièces provenant de cas pathologiques observés en milieu hospitalier. En 1851, l’accroissement des collections nécessite la construction d’un nouveau local. Le conservatoire d’anatomie s’installe alors dans une galerie édifiée par l’architecte Pierre-Charles Abric (1800-1871), construite le long du boulevard Henri-IV. Outil pédagogique, devenu musée, il regroupe un grand nombre de cires, de modèles en plâtre, de préparations de dissection (anatomie normale et pathologique) ainsi que de nombreux instruments médicaux et chirurgicaux. Il contient également des organes anatomiques disséqués, des spécimens rares. Une grande partie de la collection, classée au titre des monuments historiques, est constituée de préparations anatomiques déposées par les professeurs et les étudiants en médecine au XIXe et au début du XXe siècle. La curiosité principale tient dans la collection de tératologie : fœtus anormaux et autres monstres conservés dans des bocaux. Le musée s’est enrichi de collections données par divers savants au cours du XIXe siècle.
Planétarium Galilée
Au sein du complexe Odysséum, on peut admirer les pierres mystérieuses, le mot croisé géant des étoiles, le mur des constellations, le système solaire, des astéroïdes flottant dans l’espace, une échelle de lune, des météorites échouées sur le sol.
Mende et le cyclisme
Mende n’oubliera jamais sa première sur la Grande Boucle, et le Tour n’oubliera pas non plus l’envolée de Laurent Jalabert, le 14 juillet 1995. La préfecture de la Lozère était alors encore inédite pour le peloton, désormais habitué à se déhancher sur les pentes de la montée de la Croix Neuve. Les Espagnols Marcos Serrano en 2007) Joaquim Rodriguez en 2010 et Omar Fraile en 2018 y ont imposé leur punch. Le Britannique Steve Cummings y a trouvé l’ouverture face à Romain Bardet et Thibaut Pinot en 2015. Et en 2022, lors de la dernière visite du Tour à Mende, c’est l’Australien Michael Matthews qui sortait vainqueur d’une grande bataille de baroudeurs, pendant que Jonas Vingegaard résistait à l’accélération de Tadej Pogacar.
Christophe Laurent, qui participa au Tour en 2004 et 2006, est né et habite toujours à Mende. La ville est par ailleurs le siège du Tour du Gévaudan
À voir
Cathédrale gothique Notre-Dame et saint Privat de Mende
Construction : 1368
Histoire : construite à l’initiative du Pape Urbain V, pape en Avignon et originaire du Gévaudan, elle est consacrée une première fois un siècle plus tard. Les clochers sont édifiés au début du XVIe siècle.
Caractéristiques : à l’intérieur peuvent s’admirer des tapisseries d’Aubusson du début du XVIIIe siècle représentant les scènes de la vie de la Vierge, de très beaux tableaux des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, des boiseries du XVIIe siècle (ancien jubé et stalles des chanoines), une vierge noire du XIIe siècle et des orgues remarquables du XVIIe.
La petite histoire : le grand clocher abritait la « Non Pareille » qui fut en son temps (1517-1579) la plus grosse cloche de la chrétienté, dont le battant se trouve encore à l’intérieur de la cathédrale. Pendant les guerres de religion, la cloche fut détruite ainsi qu’une partie de l’édifice.
Classement : Monument Historique depuis 1906
Le causse de Mende et l’aérodrome
Le causse de Mende, qui surplombe la ville est recouvert de forêt et accueille une base de loisirs (VTT, via ferrata, parc acrobatique, aires de jeu), ainsi que de nombreux chemins de randonnée. C’est un véritable poumon vert à proximité du centre-ville. À son sommet, se dresse l’aérodrome de Mende-Brenoux, qui a été le lieu de tournage de la scène finale du film La Grande vadrouille de Gérard Oury.
Hôtel de Ville
Construction : XVIIIe siècle
Caractéristiques : ancien hôtel particulier du XVIIIe remanié avec des parties modernes, il possède un très beau toit de lauze, un bel escalier intérieur à clef de voute pendante et également des tapisseries d’Aubusson. Il est devenu hôtel de ville en 1851.
Classement : Monument Historique depuis 1944
Pont Notre-Dame
Construction : XIIe siècle
Caractéristiques : datant du XIIIe, ce pont fut longtemps le seul pont en pierre de la ville. Franchissant le Lot, la voûte principale en arc d’ogive mesure 20,30 mètres d’ouverture pour 7 mètres de haut. La seconde travée, plus petite, est en arc de plein cintre. Ce charmant site mérite également une visite pour les superbes toitures en carènes de vaisseaux renversées qui se situent de part et d’autre du pont et que l’on trouve en grand nombre dans la haute vallée du Lot.
Classement : Monument Historique depuis 1889.
Le chemin Urbain-V
Le chemin Urbain-V qui retrace la vie d’un des Lozériens les plus célèbres (le pape Urbain V) part de Nasbinals pour rejoindre Avignon. Il passe par la ville de Mende où il emprunte le chemin de croix qui a été restauré par la commune. La Fédération française de randonnée pédestre a homologué le chemin Urbain V en chemin de grande randonnée en 2014.
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