Foix avait toujours souri aux audacieux dans l’histoire du Tour de France, et le parcours vallonné du jour laissait augurer une sixième victoire venue d’une échappée en six arrivées ici. Bien avisés de cela, 34 coureurs ont tenté leur chance sur les routes de l’Aude et de l’Ariège, avant de n’être plus que dix après le col de Montségur, dernière difficulté du jour. Emmené par Mathias Vacek et Quinn Simmons (Lidl-Trek) après avoir résisté aux assauts des grimpeurs, Mads Pedersen a fait parler sa puissance pour l’emporter devant son équipier américain. Ce troisième succès sur la Grande Boucle, après Saint-Étienne 2022 et Limoges 2023, offre aussi au Danois le maillot vert qu’il s’est fixé pour objectif. Un autre homme venu du nord, Torstein Træen (Uno-X Mobility), profite du répit laissé par le peloton (le leader Tadej Pogacar finit à 13 minutes) pour endosser le premier Maillot Jaune de sa carrière. Il succède à son manager général Thor Hushovd et son ancien équipier Alexander Kristoff pour devenir le troisième Norvégien à mener le Tour de France. C’est aussi une première pour sa formation Uno-X Mobility, qui n'avait jamais été en tête d'un Grand Tour.
Destinations fréquentes du Tour de France, Carcassonne et Foix retrouvent la Grande Boucle un an après sa dernière venue pour la cité médiévale de l’Aude, et depuis 2022 pour celle de l’Ariège. 181,9 kilomètres sont au menu de la première étape 100 % française de cette édition, avec 2 700 mètres de dénivelé positif à avaler. La présence de quatre ascensions répertoriées réduit fortement les chances d’un sprint massif, au profit d’un scénario habituellement vu à Foix : les cinq arrivées célébrées ici en 2008, 2012, 2017, 2019 et 2022 ont toutes souri aux audacieux partis en échappée.
Ces éléments incitent un grand nombre d’opportunistes à tenter leur chance. Un premier groupe de 14 coureurs s’extirpe du peloton, avant d’être rejoint au kilomètre 16 par des hommes partis en contre. 34 coureurs forment la plus grosse échappée depuis le départ. On y retrouve quatre Français : le nouveau champion national Romain Grégoire et son coéquipier Ewen Costiou (Groupama-FDJ United), Alexandre Delettre (TotalEnergies) et Kévin Vauquelin (Netcompany Ineos). Ce-dernier fait partie des six vainqueurs d’étapes à l’avant avec Jasper Philipsen (Alpecin-Premier Tech), Michael Matthews (Jayco AlUla), Biniam Girmay (NSN), Mads Pedersen (Lidl-Trek) et Ion Izagirre (Cofidis).
Batailles pour les maillots distinctifs
Porteur du maillot à pois hier avant d’en être dépossédé par Alex Baudin (EF Education-EasyPost), Alex Molenaar (Caja Rural-Seguros RGA) franchit en tête le col de Bedos (km 48,2) et celui du Paradis (km 64,9) pour remonter au classement de la montagne. Un autre, celui par points, intéresse certains membres de l’échappée. Girmay remporte ainsi le sprint intermédiaire de Quillan (km 93,4) devant Philipsen et Pedersen, tous candidats au maillot vert. L'Érythréen et le Belge se relèvent ensuite, conscients que la suite du parcours ne convient pas à leurs qualités de sprinteurs.
Jan Tratnik (Red Bull-Bora-Hansgrohe) accélère au pied du col de Coudons (km 104,9), suivi comme son ombre par le champion de Tchéquie Mathias Vacek (Lidl-Trek). Les coups de pédales du multiple champion de Slovénie – Vacek ne prend aucun relais, souhaitant attendre Pedersen – relèguent le reste de l’échappée à 50 secondes au sommet. Coureur le mieux placé au classement général parmi les attaquants (24e à 5’06” de Tadej Pogacar), Torstein Traeen (Uno-X Mobility) profite des minutes lâchées par le peloton pour devenir le nouveau Maillot Jaune virtuel. Alex Kirsch (Cofidis) rejoint le duo de tête pour former un trio à 67 kilomètres de l’arrivée.
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Leur épopée s’achève à l’entame du col de Montségur, où le groupe de tête explose sous l’effet de multiples attaques. Son effectif est divisé par trois, dix hommes se retrouvant dans la descente à 34 kilomètres de l’arrivée : Quinn Simmons et Mathias Vacek pour accompagner Pedersen (Lidl-Trek), les coéquipiers Pablo Castrillo et Raul Garcia Pierna (Movistar). Marco Frigo (NSN) passé en tête du col, Ramses Debruyne (Alpecin-Premier Tech), le potentiel nouveau Maillot Jaune Torstein Traeen (Uno-X Mobility), Sean Quinn (EF Education-EasyPost) et le Français Vauquelin. « Il faut distancer Pedersen avant le final » est la consigne passée aux adversaires du Danois, meilleur sprinteur des dix rescapés.
Bien emmené par ses équipiers, le Danois fait parler sa puissance dans la dernière ligne droite pour décrocher son troisième succès sur la Grande Boucle, après Saint-Étienne 2022 et Limoges 2023. Il endosse aussi le maillot vert qu’il convoite sur cette édition 2026. Le Maillot Jaune revient lui à Traeen qui, après avoir mené La Vuelta 25 durant quatre jours, découvre la tunique de leader du Tour de France. C’est la première fois que son équipe, Uno-X Mobility, se trouve dans cette position sur un Grand Tour. La troisième fois pour la Norvège en France après le manager général de Traeen, Thor Hushovd (2004, 2006, 2011), et son ancien équipier Alexander Kristoff (2020).

