Tadej Pogacar avait promis « un feu d’artifice » dans la toute première montée du Tour de France au Plateau de Solaison. Il y a pris les choses pour faire le jeu d’Isaac del Toro, espérant provoquer un nouveau doublé pour la formation UAE Emirates XRG. Les coureurs partis en échappés à 97 kilomètres de l’arrivée n’ont pas résisté à leur travail, pas plus que les rivaux des deux coéquipiers… à l’exception d’un : Remco Evenepoel (Red Bull-Bora-Hansgrohe). Ni le rythme du Slovène, ni les accélérations du Mexicain, n’ont décroché le Belge. C’est finalement lui qui, à 200 mètres de l’arrivée, s’est dressé sur les pédales pour décrocher sa troisième victoire sur le Tour de France, sa première sur une étape en ligne en montagne devant Pogacar (il avait jusqu'alors remporté deux étapes contre-la-montre)… et le 500e bouquet de la Belgique, deuxième nation la plus victorieuse sur la Grande Boucle. Jonas Vingegaard (Visma-Lease a Bike) était parti pour se mêler à la bagarre, mais une chute à 24 kilomètres de l'arrivée a mis le Danois hors-course. Cela permet à Evenepoel de devenir le nouveau dauphin de Pogacar (+5'00"), et à Del Toro de monter sur le podium (+5'58"). Le Mexicain dépasse Paul Seixas (Decathlon CMA CGM), quatrième du jour et du général (+6'23"), qu'il dépossède aussi de son maillot blanc avant la dernière semaine de course.
« La dernière montée sera un feu d’artifice », prévient le Maillot Jaune Tadej Pogacar (UAE Emirates XRG) avant la première visite du Tour de France au redoutable Plateau de Solaison (11,3 km à 9 % / hors-catégorie). La 15e étape, qui s’y achèvera, marque aussi l’entrée dans les Alpes, avec 3 950 mètres de dénivelé positif à grimper. Elle débute toutefois par un sprint intermédiaire placé à Saint-Laurent-en-Grandvaux (km 17,3). Les candidats au maillot vert s’y disputent les 25 points, qui reviennent à Jasper Philipsen (Alpecin-Premier Tech) devant Mads Pedersen (Lidl-Trek). Le Danois conserve sa tunique avec 31 longueurs d’avance sur le Belge, avant que que la route ne s’élève dans la côte des Rousses (km 36,8).
Pidcock et Simmons dynamitent l’échappée
Valentin Paret-Peintre (Soudal Quick-Step) la franchit en tête, puis dix hommes tentent de prendre la fuite, mais les efforts des EF Education-EasyPost neutralisent leur tentative d'échappée. Celle-ci se forme finalement à 97 kilomètres de l’arrivée, avec 24 coureurs en son sein. On y trouve notamment le 9e du classement général, Tom Pidcock (Pinarello-Q36.5), le vainqueur du Tour de France 2019, Egan Bernal (Netcompany Ineos), mais aussi huit Français, dont Kévin Vauquelin (Netcompany Ineos), Bruno Armirail (Visma-Lease a Bike) et le local de l’étape Aurélien Paret-Peintre (Decathlon CMA CGM).
La relevée ascension vers le col de la Croisette (km 136 / 4,7 km à 11,2 %) fait des dégâts, d’abord sous les coups de pédales de Pidcock, puis sous celle de Quinn Simmons (Lidl-Trek). L’Américain s’isole puis cale en fin de montée, voyant ainsi Pidcock, Einer Rubio (Movistar) Yannis Voisard (Tudor) et Adam Yates (UAE Emirates XRG) revenir sur lui à l’entame de la descente. Ewen Costiou (Groupama-FDJ United) et Mauro Schmid (Jayco AlUla) les rejoignent à leur tour dans la côte du Mont (km 146), et sept hommes se retrouvent en tête à 38 kilomètres de l’arrivée.
Jonas Vingegaard contraint à l’abandon
À peine l’ascension terminée, Schmid tente sa chance en solitaire dans la descente en direction du Plateau de Solaison. Il prend une dizaine, puis une vingtaine de secondes d’avance sur ses compagnons d’échappée. Le peloton des favoris commence à gagner du terrain sous l’impulsion des Visma-Lease a Bike. La formation de Jonas Vingegaard montre clairement ses intentions de l’emporter, mais perd son leader sur chute à 24 kilomètres de l’arrivée. Tombé dans un rond-point, visiblement touché à la clavicule droite, le Danois concède son premier abandon lors de son sixième Tour de France, dont il occupe la 2e place.
À terre au même endroit, Isaac del Toro (UAE Emirates XRG) s’en sort bien et réintègre le groupe Maillot Jaune qui vit logiquement un moment de temporisation. Cela fait les affaires des attaquants à l’avant. Schmid entre finalement dans les 11,3 kilomètres de l’ultime ascension avec 25 secondes d’avance sur le groupe Pidcock, 2 minutes sur les poursuivants du groupe Van Wilder et 2 minutes 30 sur celui des favoris du classement général. Place à l’explication finale.
Evenepoel pour la 500e de la Belgique
Comme dans le col de la Croisette, Simmons tente sa chance en solitaire dans le Plateau de Solaison. Il reprend Schmid et s’isole en tête, mais les grandes manoeuvres se mettent en place derrière : Pogacar prend la tête du groupe Maillot Jaune et travaille pour son coéquipier Isaac del Toro. Seul Remco Evenepoel (Red Bull-Bora-Hansgrohe) parvient à les suivre, au détriment de Paul Seixas (Decathlon CMA CGM), Florian Lipowitz (Red Bull-Bora-Hansgrohe) ou encore Juan Ayuso (Lidl-Trek).
Ni le rythme de Pogacar, ni les accélérations de Del Toro, ne parviennent à décramponner Evenepoel. Le Belge lance le sprint final à 200 mètres de l’arrivée pour décrocher son troisième bouquet sur le Tour de France après les contre-la-montre de Gevrey-Chambertin 2024 et Caen 2025. C’est son premier sur une étape en ligne, et le 500e de la Belgique dans l’histoire de la Grande Boucle. Il grimpe aussi sur la deuxième marche du podium du classement général entre Pogacar, qui le devance de 5 minutes, et Del Toro pointé à 5’58”.
Quatrième du jour avec Lipowitz dans sa roue, Seixas l’est aussi au général à 6’23”. Il cède son maillot blanc à Del Toro qui le devance de 25 secondes avant la troisième semaine de course, précédée d’un jour de repos bien mérité en Haute-Savoie.

