En gagnant au Lioran il y a quatre jours, Tadej Pogacar (UAE Emirates XRG) s’était vengé de la défaite essuyée là-bas en 2024. Il n’avait pas de revanche à prendre au Markstein, où il s’était déjà imposé en 2023. Cela n’a pas freiné son appétit pour autant. Parti à 7,5 kilomètres de l’arrivée dans le virage du Hibou, passage le plus raide de l’ascension inédite du col du Haag, le Slovène a une nouvelle fois fait régner sa loi. Son 4e bouquet sur cette édition 2026 est aussi son 25e dans sa carrière, égalant André Leducq en tant que 4e coureur le plus victorieux de l’histoire du Tour. 38 secondes derrière, Isaac del Toro signe un doublé pour l’équipe UAE Emirates XRG, devant Paul Seixas (Decathlon CMA CGM) qui prend possession du maillot blanc de meilleur jeune, sa première distinction sur la Grande Boucle. Quatrième derrière ces hommes, Jonas Vingegaard (Visma-Lease a Bike) conserve la 2e place du général, désormais à 4’30” de Pogacar. La bataille pour le podium reste éminemment indécise : du 2e au 7e, Vingegaard, Remco Evenepoel (Red Bull-Bora-Hansgrohe), Seixas, Ayuso (Lidl-Trek), Florian Lipowitz (Red Bull-Bra-Hansgrohe) et Del Toro se tiennent en une minute et 20 secondes. Suite des explications demain en direction du redoutable Plateau de Solaison.
Les ascensions exigeantes du jour, dont la dernière au col du Haag (11,2 km à 7,3 % avec des pentes jusqu’à 16 %) avant d’arriver au Markstein, promettent une explication entre les favoris du classement général. Le début de course est toutefois calme, du fait de la présence du sprint intermédiaire de Wattwiller au kilomètre 12,5. Jasper Philipsen (Alpecin-Premier Tech) l’emporte devant Mads Pedersen (Lidl-Trek), se rapprochant ainsi à 36 points du maillot vert danois. La route s'élève quasi-immédiatement derrière en direction du Grand Ballon (21,6 km à 4,7 %), offrant aux grimpeurs une première opportunité de se distinguer.
Six hommes font la différence
Une première échappée de 26 coureurs se forme, avant que d’autres ne la rejoignent. Neuf hommes s'en extirpent au gré des accélérations, jusqu'à celle de Valentin Paret-Peintre (Soudal Quick-Step) et Richard Carapaz (EF Education-EasyPost) pour se disputer les 10 points du classement de la montagne. Le Français les empoche, et les deux hommes ne baissent pas la cadence dans la descente. Ben Healy (EF Education-EasyPost), Tobias Johannessen (Uno-X Mobility) et son frère Anders les rejoignent. Einer Rubio (Movistar) fait ensuite la jonction, bien aidé par son coéquipier Pablo Castrillo qui se sacrifie pour lui dans le col du Page (9,8 km à 4,7 %).
Les six coureurs de tête franchissent ensemble le Ballon d'Alsace (8,9 km à 6,9 %), que Paret-Peintre conquiert pour prend virtuellement le maillot à pois. Pointé à 1'50", le groupe des rescapés de la première échappée – où figure notamment Tom Pidcock (Pinarello-Q36.5) – est repris par le peloton au début de la descente. Le groupe Maillot Jaune, où sont tous les favoris du classement général, se réduit à l'approche du col du Haag. L’échappée perd aussi des unités, jusqu’à ce que Richard Carapaz et Tobias Johannessen ne s’isolent en début de montée. L’Équatorien s'échappe, mais le Norvégien le reprend à 3 kilomètres de l’arrivée… avant que les favoris ne les avalent quelques mètres plus loin.
Pogacar maître des Vosges, Seixas déloge Ayuso
Tadej Pogacar choisit le virage du Hibou, passage le plus raide de l’ascension inédite du col du Haag, pour porter l’estocade à 7,5 kilomètres de l'arrivée. Pris en chasse par Jonas Vingegaard, le Slovène fait la différence et fonce en solitaire vers le Markstein, où il lève les bras pour la 25e fois de sa carrière. Il égale ainsi André Leducq en tant que 4e coureur le plus victorieux de l’histoire du Tour de France, au jour de son 4e bouquet sur cette édition 2026. Son avance sur son dauphin Vingegaard s'élève à 4'30".
Le Danois est toujours sur le podium du général, mais pas sur celui du jour où montent Isaac del Toro et Paul Seixas, meilleurs que lui dans le sprint final et pointés à 38 secondes du vainqueur.La différence faite avec les autres outsiders de la course (Remco Evenepoel finit à 48 secondes, Juan Ayuso et Florian Lipowitz à 50) permettent au Français prendre la tête du classement du meilleur jeune. Du 2e au 7e, Vingegaard, Evenepoel, Seixas, Ayuso, Lipowitz et Del Toro ne sont séparés que d'une minute et 20 secondes. Tout reste donc à faire dans la bataille pour le podium.

