Montmartre et les Champs-Élysées doivent se mériter. Pour cela, il faudra vaincre l’Alpe d’Huez… et plutôt deux fois qu’une ! La première des deux arrivées sur ce lieu mythique du Tour de France interviendra au bout d’une journée marquée par quatre ascensions répertoriées réunissant une bonne partie des 3 500 mètres de dénivelé. Premier sommet alpestre de l’histoire de la Grande Boucle en 1905, le col du Bayard lancera immédiatement les hostilités avant celles du Noyer et d’Ornon, puis la montée finale de 13,8 kilomètres à 8,1 %.
Les deux premiers du classement général, Tadej Pogacar (UAE Emirates XRG) et Remco Evenepoel (Red Bull-Bora-Hansgrohe) ont remporté les deux étapes qui contenaient une ascension hors-catégorie cette année : le Slovène a fait la différence dans le col du Tourmalet avant de gagner à Gavarnie-Gèdre (étape 6), le Belge a levé les bras au Plateau de Solaison (étape 15). À qui L’Alpe d’Huez, site qui manque encore à leur palmarès ? Le Maillot Jaune a un leadership à gérer, Remco une 2e place à défendre face à Isaac del Toro (UAE Emirates XRG). Les signes de faiblesses montrés par la formation émiratie – Brandon McNulty malade et hors-course, Adam Yates diminué – pourraient profiter au Belge, tout comme à Paul Seixas (Decathlon CMA CGM) pointé à 20 secondes du Mexicain et son maillot blanc.
Les premières ascensions sont idéales pour la formation d’une échappée de costauds, désireux de transformer l’audace en victoire comme ce fut le cas à Orcières-Merlette hier. Vainqueur tranchant, Richard Carapaz (EF Education-EasyPost) a l’occasion de doubler la mise. La formation Netcompany Ineos compte sur des hommes comme Thymen Arensman ou Egan Bernal, déjà victorieux en altitude, pour débloquer son compteur sur cette édition. Le même objectif est poursuivi par les Pinarello-Q36.5 de Tom Pidcock, lauréat à l’Alpe d’Huez en 2022. Privée de Jonas Vingegaard, l’équipe Visma-Lease a Bike a donné carte blanche à ses coureurs. Matteo Jorgenson a tenté de distinguer hier ; au tour de Sepp Kuss ou Davide Piganzoli aujourd’hui ?
Les Français n’ont plus que trois chances d’éviter que 2026 ne soit la troisième édition sans succès national après 1926 et 1999. Lors de trois des quatre Tours où la première victoire française est arrivée sur le tard, cela s’est produit dans les Alpes : à l’Alpe d’Huez en 2011 (étape 19 gagnée par Pierre Rolland), au même endroit en 2013 (étape 18 enlevée par Christophe Riblon), et à Saint-Gervais Mont Blanc en 2016 (étape 19 remportée par Romain Bardet). De quoi inspirer leurs compatriotes, comme Valentin Paret-Peintre (Soudal Quick-Step) à un point de la tête du classement de la montagne, où Seixas si les favoris se disputent le bouquet.

