« Un nouveau Tour commence », affirmaient plusieurs coureurs à Belfort, il y a deux jours. Ils faisaient référence au changement d'ambiance : "adieu" les étapes de plaine et les journées à stratégie incertaine, "bonjour" à une phase de la course où chaque jour compte et aura un impact sur le classement général. Dans les Vosges, le Maillot Jaune Tadej Pogacar a continué à illuminer la Grande Boucle, devenant au Markstein le quatrième coureur avec le plus grand nombre d'étapes remportées (25). Il est le favori dans le massif des Bornes, pour un 26e bouquet qui le rapprocherait de Mark Cavendish, Eddy Merckx et Bernard Hinault. Mais le Slovène a prévenu hier, dans la zone mixte, que contrôler cette étape ne serait pas chose aisée, avec ses 3 950 mètres de dénivelé positif et ses 183,9 kilomètres au départ de Champagnole, dont de longs passages en vallée.
Malgré l'ascension du très raide col de la Croisette (4,7 km à 11,2 % / 1re catégorie), tous les regards sont tournés vers la montée finale du Plateau de Solaison. Ses 11,3 kilomètres à 9 % de moyenne font leur apparition au Tour de France et ont déjà figuré au Critérium du Dauphiné (aujourd'hui Tour Auvergne-Rhône-Alpes), toujours en tant que dernière étape. En 2017, l'ascension a bouleversé la course en faveur de Jakob Fuglsang ; en 2022, elle a couronné Jonas Vingegaard et Primoz Roglic, alors coéquipiers chez Jumbo-Visma qui s'apprêtaient à détrôner Tadej Pogacar durant l'été ; en 2026, elle a alimenté l'attente autour du Mexicain Isaac del Toro, depuis brillant sur ce Tour avec sa victoire à Barcelone et sa deuxième place ce samedi au Markstein.
Le col du Haag a été le théâtre de belles montées signées Vingegaard et Del Toro, déjà pressentis pour s'imposer sur le Plateau de Solaison, ainsi que de Paul Seixas (Decathlon CMA CGM), qui revêtira aujourd'hui le maillot blanc pour la première fois. Chaque seconde comptera entre eux dans la quête d'un podium que visent aussi Juan Ayuso, Remco Evenepoel ou encore Florian Lipowitz. Dans l'échappée d'hier, des coureurs comme Valentin Paret-Peintre (Soudal Quick-Step) et Richard Carapaz (EF Education-EasyPost) se sont mis en évidence, et l'Équatorien n'est pas rassasié : « Mes jambes s'améliorent de jour en jour et cela me motive. » Scénario incertain à l'aube du second acte de ce nouveau Tour.

