Ville étape pour la première fois
Commune du Lot (46)
Population : 640 hab. (Amadouriens et Amadouriennes), 47 300 dans les 77 communes de la Communauté de communes Causses et Vallée de la Dordogne, 174 000 dans le Lot.
Personnalités : Francis Poulenc (compositeur), Patrick de Carolis (journaliste).
Spécialités : agneau du Quercy, canard, truffe, Rocamadour (fromage de chèvre), huile de noix, Rocamadour (vin)
Sport : Montgolfiades.
Économie : tourisme, commerce, agriculture.
Festivals : Festival de Rocamadour (musique sacrée), festival les Éclectiques, Montgolfiades, marchés aux truffes du Quercy, Parc Durandal.
Devise : L’espérance ferme comme le rocher
Labels : Rocamadour-Vallée de la Dordogne classée Réserve mondiale de Biosphère par l’UNESCO, Parc naturel régional des Causses du Quercy Géoparc mondial de l’UNESCO, labels Grands Sites Occitanie, Villes et Pays d’art et d’histoire, Plus beaux villages de France.
Sites web : www.mairierocamadour.frwww.cauvaldor.frwww.lot.frwww.laregion.fr

Village de Rocamadour © Getty/Xantana
Vue de Rocamadour © Ville de Rocamadour
Truffadou © Ville de Rocamadour

ROCAMADOUR, UNE HISTOIRE

Des siècles de pèlerinage

La cité médiévale de Rocamadour est édifiée à flanc de roche, sur un versant du Canyon de l’Alzou, ruisseau qui coule (le plus souvent à sec) dans la Vallée de l’Alzou. La première présence humaine sur la commune de Rocamadour est attestée par une occupation Néanderthalienne dans une grotte de la vallée de l’Alzou (-50 000) et les études concernant la préhistoire et la protohistoire démontrent une quasi-permanence de l’activité humaine.

On trouve déjà trace du pèlerinage à Sainte Marie de Rocamadour au XIIe siècle. Ensuite, Rocamadour profite au XIIIe siècle d’un fort engouement pour les pèlerinages à la vierge. La venue de Louis IX (Saint Louis) accompagné de sa mère Blanche de Castille et de ses trois frères (Charles d’Anjou, Alphonse de Poitiers et Robert d’Artois) renforce encore le rayonnement de la cité.
Le pèlerinage à Notre Dame de Rocamadour est aussi parmi les pèlerinages imposés par les tribunaux flamands. C’est dans ces textes que l’on trouve une correspondance forte avec d’autres pèlerinages du monde chrétien dont Saint Jacques de Compostelle. Certains condamnés se voyant imposés à plusieurs pèlerinages, on trouve parfois le pèlerinage à Notre Dame de Rocamadour associé à celui de Saint Jacques de Compostelle.
Le conflit de la guerre de cent ans à partir de 1340 se rajoute et il est pour un temps dans la région particulièrement funeste. Rocamadour bénéficie tout de même d’une forme de protection puisque les pèlerins de quelque camp auquel ils appartiennent ont le droit de traverser les lignes ennemies pour se rendre à la chapelle de Notre Dame. Le pèlerinage n’a, par la suite, jamais été déserté : tous les historiens de passage jusqu’au début du XIXe siècle en témoignent. Il bénéficie surtout de la ferveur populaire régionale mais il reste important. Il faut bien reconnaitre qu’il ne bénéficie plus de l’attention et des restaurations nécessaires à son bon entretien. Beaucoup de bâtiments sont en ruines quand l’Abbé Caillau y vient en pèlerinage de reconnaissance en 1835. Il fait partie de ceux qui feront prendre conscience de la nécessité de restauration des lieux. Les travaux ont duré près de soixante ans et l’image qu’ils offrent en 1900 correspond à ce que nous connaissons de nos jours.

Rocamadour © Getty/Jon chica parada

ROCAMADOUR ET LE CYCLISME

Ce joyau touristique, architectural et religieux du Lot n’a jamais accueilli le Tour de France, mais avait donné lieu en 2020 à un superbe final d’étape dans la Route d’Occitanie. Sorti dans la bosse finale, Benoît Cosnefroy s’y était imposé devant Bauke Mollema et Thibaut Pinot tandis qu’Egan Bernal enlevait le classement général de l’épreuve. Christian Prudhomme n’avait pas été insensible à la beauté de cette arrivée : « C’est un lieu éblouissant. La ville, l’histoire et le site sont magnifiques. (…) On ne peut pas rester insensible à la candidature de Rocamadour et du Lot, c’est une évidence. »

Benoît Cosnefroy durant le Tour de France 2020 © A.S.O./Alex Broadway

À VOIR :

Le sanctuaire
Véritable défi à l’équilibre, à flanc de falaise, la cité mariale de Rocamadour accueille visiteurs et pèlerins toute l’année. Rocamadour doit sa notoriété à son pèlerinage. Ses mille ans d’histoire remontent aux premiers ermites installés dans un vaste abri sous roche. En 1166 est découvert un corps parfaitement conservé, Saint Amadour, à l’endroit où est maintenant érigé le Sanctuaire. Dès son origine, ce site est dédié au culte marial et à l’intérieur de la chapelle Notre-Dame, on peut admirer la statue de la Vierge Noire. Datant du XIIe siècle, la Vierge Noire ou Notre-Dame de Rocamadour est constituée de deux pièces de bois, l’Enfant étant collé sur son genou gauche.

Basilique Saint-Sauveur
Construction : XIe siècle, puis XVe et XIXe.
Style : romano-ogival
Caractéristiques : l'église Saint-Sauveur est construite du XIe au XIIIe siècle à une époque de transition entre l'art roman et l'art gothique (style romano-ogival). Elle est bâtie en pierre de taille calcaire et le toit est couvert de tuile plate. L'église basse du XIIe siècle est une crypte qui abritait jadis les reliques de Saint Amadour. L'accès à la basilique se fait par un escalier depuis le second niveau du parvis de la cité. Ses deux nefs sont adossées côté ouest aux parois de la falaise.
Histoire : le pèlerinage marial de Rocamadour est l'un des sites majeurs du monde chrétien depuis le Moyen- ge. Dans une bulle de Pascal II en 1105, il est fait mention d'une église Sainte-Marie ou Notre-Dame. À la suite de la découverte en 1166 du corps intact présenté comme celui de saint Amadour, l'ensemble de la Cité religieuse est construit. Alors que le sanctuaire est dans un état de délabrement important et que l'église Saint-Sauveur est toujours en service, les évêques de Cahors décident de restaurer le site à partir de 1842. En mars 1913, l'église est érigée en basilique mineure par le pape Pie X.
Signe particulier : un nouvel orgue en forme de bateau construit par le facteur Jean Daldosso a été inauguré en novembre 2013
Classement : Monument Historique depuis 2000

Chapelle Notre-Dame
Construction : XIe siècle, puis XVe et XIXe.
Style : gothique flamboyant
Caractéristiques : la chapelle Notre-Dame s'adosse à l'ouest à la falaise et au nord à l'élévation sud de la basilique Saint-Sauveur. L'édifice est construit en pierres de taille calcaire, de plan allongé à un seul vaisseau avec voûte sur croisée d'ogives et avec un toit à deux pans, couvert de tuiles plates. La porte sud, de style gothique flamboyant, s'orne des armes de l'évêque Denis de Bar. De l'autre côté du parvis, deux peintures murales monumentales L'Annonciation et La Visitation datent du XIIe siècle.
Histoire : la chapelle primitive a été détruite en 1476 par un roc détaché de la falaise. Une plaque fixée à l'élévation sud indique qu'elle fut reconstruite en 1479 par Denis de Bar, évêque de Tulle. Elle est par la suite saccagée lors des guerres de Religion et de la Révolution. Les évêques de Cahors décident de restaurer le site délabré à partir de 1842. Entre 1863 et 1864, la chapelle Notre-Dame a été en grande partie reconstruite et agrandie par l'abbé Chevalt.
Signe particulier : au-dessus du retable, Notre-Dame de Rocamadour ou la Vierge noire de Rocamadour est une statue-reliquaire du quatrième quart du XIIe siècle. D'une hauteur de 76 cm, elle est constituée de deux pièces de bois de noyer, l'Enfant étant chevillé sur son genou gauche. Autrefois elle était recouverte d'argent. Elle a été restaurée après la Seconde Guerre mondiale et en 2003.
Classement : Monument Historique depuis 2000

La Voie Sainte et l'escalier
Depuis le hameau de l’Hospitalet part le chemin, appelé Voie sainte, qu'empruntent les pèlerins pour arriver au sanctuaire : il descend dans la vallée de l'Alzou jusqu'à la ville basse, où se trouve le pied de l'escalier de deux cent seize marches qui mène au sanctuaire. Au Moyen ge, les pèlerins le gravissaient à genoux. La dernière volée de marches passe sous un porche formé par les bâtiments du sanctuaire, et que l'on appelle la Porte sainte, pour déboucher sur le parvis.

Grotte des Merveilles
Occupation humaine : paléolithique supérieur, gravettien.
Histoire : Marguerite Lamothe n’a que quatorze ans, ce 16 octobre 1920, quand elle se laisse glisser, juste après son père, dans ce trou qui vient brusquement de s’ouvrir au fond de leur jardin de Rocamadour. Ce qu’ils viennent de découvrir leur paraît merveilleux. De plus, certaines concrétions présentent la couleur et la forme des beignets de la région, traditionnellement appelés « merveilles », aussi, la grotte sera baptisée du même nom. Après en avoir assuré la gestion et les visites après la mort de sa mère Marguerite en 1985, Monique a passé le relais à sa propre fille Mireille.
Caractéristiques : peu profonde et de dimensions modestes, la grotte séduit d’abord par ses concrétions cristallines. Une fois habitué, l’œil distingue ensuite quelques-uns des soixante-dix motifs pariétaux recensés par les préhistoriens. Il y a plus de 20 000 ans, des hommes sont venus peindre, mains en négatif, cervidés, ponctuations… La visite est guidée et se déroule sur 45 minutes d’avril à novembre.
Classement : Monument Historique depuis 1925

Fresque du sanctuaire © Ville de Rocamadour
Basilique Saint-Sauveur © Getty/guy-ozenne
Chapelle Notre-Dame © Getty/Thomas321
La Voie Sainte et l'escalier © Ville de Rocamadour

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