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Les infos à J-1

Le contre-la-montre par équipe fait son retour sur la Grande Boucle pour donner le coup d’envoi de l’édition 2026, dans un format inédit où la tactique de chacun sera primordiale. En jeu : le premier Maillot Jaune à conquérir sur les pentes de Montjuïc, et « des secondes psychologiquement importantes au classement général. »

L’effervescence est palpable à Barcelone, ville qui accueille son premier Grand Départ du Tour de France après l’avoir déjà expérimenté sur La Vuelta (la dernière fois en 2023) et La Vuelta Femenina (2025). Les hostilités seront lancées à 17h05 par la Caja Rural-Seguros RGA, équipe qui vit « un rêve » pour son retour sur la course.

La liste des partants révèle la présence de 184 coureurs répartis dans 23 équipes. La Belgique est le pays le plus représenté devant la France, une première depuis 1980, tandis que Paul Seixas est le plus jeune coureur en lice depuis 1937.

UN NOUVEAU FORMAT POUR RENOUVELER LE CONTRE-LA-MONTRE PAR ÉQUIPE

La longue histoire du contre-la-montre par équipe sur le Tour de France trouve ses racines dans les années 1920, lorsque le fondateur de la course, Henri Desgrange, a introduit la notion de « Départs séparés ». Celle-ci regroupait les coureurs par équipes, tout en prenant en compte le temps individuel de chaque cycliste à l'arrivée. Cette formule a vu Francis Pélissier endosser le premier Maillot Jaune de 1927 après une étape de 180 kilomètres entre Paris et Dieppe, suivi par Nicolas Frantz en 1928 (Paris-Caen, 207 km). Le concept a évolué pour devenir le contre-la-montre par équipe, une épreuve incontournable de la course dès les années 1960. Le Grand Départ de Barcelone marque la 99e étape du Tour de France disputée avec des « départs séparés » ou sous forme de contre-la-montre par équipe. Ce sera la deuxième fois que le premier Maillot Jaune est attribué à l'issue d'un contre-la-montre par équipe, après la victoire de la formation Molteni d'Eddy Merckx à Mulhouse (11 km) en 1971. Le dernier contre-la-montre par équipe organisé sur le Tour remonte à 2019 : la Jumbo-Visma avait dominé l’étape 2 à Bruxelles (27,6 km).

Les organisateurs du Tour inaugurent désormais une nouvelle formule en s'appuyant sur un format éprouvé sur les routes de Paris-Nice depuis 2023, ainsi que lors du Tour Auvergne-Rhône-Alpes 2026. L'objectif était de renouveler un exercice traditionnel en mêlant performance collective et talent individuel pour offrir une bataille plus tactique. Le classement de l'étape est établi selon le chrono du meilleur coureur de chaque équipe. Le classement général est lui établi selon le temps individuel de chacun. « C’est un parcours en deux parties distinctes. La première est bien plate sur 16 kilomètres, en longeant les plages de Barcelone avant de rentrer dans la ville, passer à côté de la Sagrada Familia et se diriger vers Montjuic pour la deuxième partie beaucoup plus vallonnée, avec deux côtes qui vont se succéder dans les derniers kilomètres. On peut penser que les équipes vont rouler au maximum sur le plat puis lancer leurs leaders dans la dernière ascension pour aller gratter quelques secondes, psychologiquement importantes pour le classement général », décrit Thierry Gouvenou, directeur de l'épreuve.

LES ÉQUIPES DE POINTE PRÊTES À « FRAPPER FORT D’ENTRÉE »

En 2026, les équipes ont eu deux occasions de se préparer pour le Grand Départ de Barcelone : d'abord sur Paris-Nice, puis sur le Tour Auvergne-Rhône-Alpes. En mars, la formation Netcompany Ineos s'est montrée la plus forte en gagnant dans le Cœur de Loire (23,5 km), au troisième jour de la « Course au soleil ». « Remporter le contre-la-montre par équipe inaugural est un objectif important pour nous », insiste Egan Bernal, vainqueur du Tour de France 2019, année où son équipe avait fini 2e du contre-la-montre par équipe à Bruxelles. Les ambitions des « Grenadiers » reposent sur des spécialistes comme Filippo Ganna et Josh Tarling. Ce-dernier a d'ailleurs livré une véritable course contre la montre pour être à Barcelone, trois semaines seulement après s'être cassé la clavicule sur le Tour Auvergne-Rhône-Alpes. « On a consacré beaucoup de temps et d'efforts à ce contre-la-montre », explique le puissant britannique. « On a beaucoup travaillé ce type d'effort et amélioré notre matériel. On adopte une approche bien plus offensive qu'il y a quelques années, où l'on courait de manière assez conservatrice en s'observant les uns les autres. Désormais, on frappe fort dès le début, sans craindre de perdre des équipiers en route. »

Le contre-la-montre par équipe du mois dernier sur le Tour Auvergne-Rhône-Alpes (4e étape à Perreux, 28,4 km) a illustré cela…. avec la victoire de Visma-Lease a Bike. « Nous avons perdu Wout [van Aert] après huit ou neuf minutes de course et Ben Tulett a crevé juste après, mais nous avons tout de même réussi à l'emporter alors qu'il ne restait que cinq coureurs », raconte le spécialiste français Bruno Armirail. « Cela prouve la force de notre collectif, même si le terrain et la tactique diffèrent ici. Wout n'est pas là – il aurait été un atout précieux sur le plat – mais on donnera le meilleur de nous-mêmes, avec une stratégie qui pourrait différer de celle des autres. » Chez Decathlon CMA CGM, le plan défini par Daan Hoole pour épauler Paul Seixas est limpide : « Tout le monde partira très vite ; les coureurs les plus costauds mèneront l'allure sur le plat et effectueront des relais à bloc jusqu'à la première ascension, afin de la franchir avec les deux ou trois meilleurs grimpeurs, capables d'imposer un rythme très soutenu en montée. Ensuite, dans la dernière ascension, les coureurs restants lanceront le leader pour qu'il puisse filer en solitaire vers l'arrivée. » Et il n'y a pas que les équipes visant le classement général qui ont travaillé dur pour ce rendez-vous. « On s’est un peu plus entraînés que d'habitude pour le contre-la-montre, et on espère que cela se traduira par un bon résultat », déclare Mathieu van der Poel (Alpecin-Premier Tech), qui entrevoit également la possibilité de s'emparer du Maillot Jaune dimanche.

AYUSO, PIDCOCK, JOHANNESSEN… CEUX QUI RÊVENT DE PODIUM

Un groupe de favoris indiscutables pour le podium des Champs-Élysées se détache sur ce Tour de France : Tadej Pogacar, Jonas Vingegaard, Remco Evenepoel et Florian Lipowitz. On trouve également une poignée de jeunes talents prometteurs, tels que Paul Seixas et Isaac del Toro, qui aspirent à monter sur le podium dès leur première apparition. Au-delà de ces hommes, on découvre des prétendants prêts à se surpasser, et qui pourraient jouer un rôle tout aussi déterminant dans le déroulement de la course. À l’image de Juan Ayuso qui va vivre un Grand Départ à Barcelone, sa ville natale même s’il n’y a vécu que quelques mois durant ses premières années. « Je suis venu avec la joie de disputer mon premier Tour de France et me battre en toute liberté pour un bon résultat », confie le coureur espagnol de Lidl-Trek. « Bien sûr, je rêve du podium, mais je vais y aller étape par étape pour profiter pleinement du Tour. » Après une brillante 3e place au Tour Auvergne-Rhône-Alpes, prélude à la Grande Boucle, sa préparation a été perturbée par une grippe H1N1. « Mais j'ai réussi à retrouver ma forme et à surmonter l'adversité une fois de plus. »

Autre prétendant potentiel à créer la surprise, Tom Pidcock aborde également le Tour avec une préparation « pas idéale », notamment à cause d'une maladie qui l'a contraint à l'abandon sur le Tour de Suisse. « Je viens sans attentes particulières », déclare le grimpeur britannique qui a terminé sur le podium de La Vuelta en 2025 (3e). « Ce n'est un secret pour personne que mes précédentes participations au Tour n'ont pas été particulièrement agréables. Cette année sera différente car c'est la première fois que je cours ici avec Pinarello-Q36.5, et tout accomplissement sera une victoire. » Il faut aussi garder à l’œil le Norvégien Tobias Haland Johannessen, dont l'équipe Uno-X Mobility a choisi de l'entourer de grimpeurs après son excellent début de saison (4e de Tirreno-Adriatico, 3e du Tour du Pays basque, 5e du Tour Auvergne-Rhône-Alpes) et sa belle performance lors du Tour de France 2025 (6e). Franchira-t-il un nouveau cap en juillet ? « Mon objectif est toujours de progresser et c'est ce que je veux faire cet été. »

LA RAYONNANTE ÉQUIPE CAJA RURAL-SEGUROS RGA, LA PLUS MODESTE DE CE TOUR

À l'oreille gauche d'Abel Balderstone, une boucle d'oreille représentant un visage souriant traduit l'état d'esprit de la Caja Rural-Seguros RGA à l'aube de ce Tour de France. « C'est un rêve d'être ici », explique le champion d'Espagne du contre-la-montre 2025. « Je suis très nerveux mais très heureux de faire mes débuts sur le Tour entouré de ma famille et de mes amis. » Originaire d'Ullastrell, dans l'arrière-pays de la province de Barcelone, Balderstone est l'un des trois Catalans à prendre ce Grand Départ sous les couleurs de l'équipe navarraise. Les autres sont Joel Nicolau, originaire de Llofriu sur la Costa Brava, près de Gérone ; et Alex Molenaar, un Néerlandais d'origine barcelonaise par sa mère, qui vit à Olot (Gérone) depuis l'âge de 10 ans. « C'est incroyable de débuter mon premier Tour ici ; c'est comme si les planètes s'étaient alignées », confie Molenaar, le sourire aux lèvres.

La présence de Caja Rural-Seguros RGA n'est pas une première à proprement parler, puisque la formation navarraise a déjà participé au Tour il y a 39 ans, à trois reprises entre 1987 et 1989, avec comme point d'orgue une victoire d'étape au sprint de Mathieu Hermans. Le Colombien Fernando Gaviria, qui a gagné deux fois et a porté le Maillot Jaune lors de l'édition 2018, tentera de l'imiter. « Gagner sur le Tour est un privilège rare et nous rêvons tous de le faire », affirme le sprinteur chevronné. « Le Tour est un véritable défi pour n'importe quelle équipe. Les exigences de cette course représentent un nouveau challenge pour l’équipe, mais elle a fait un grand pas en avant et je pense que nous sommes prêts. » Molenaar affiche quant à lui un autre objectif pour l'équipe au plus petit budget de ce Tour : « Nous comptons bien nous battre pour le maillot à pois de meilleur grimpeur dimanche. » Chacun des trois Catalans de l'équipe peut sérieusement prétendre au maillot, tandis que les grimpeurs José Félix Parra et Sébastien Berwick peuvent viser une place dans le top-20 du classement général.

184 COUREURS : LES PRINCIPALES STATISTIQUES

  • 27 pays sont représentés sur la 113e édition du Tour de France, un de plus que l’an dernier.
  • Pour la première fois depuis 1980, la Belgique mène le classement des nations avec 31 coureurs (contre 29 en 2025). C’est la première fois depuis 2007 que la France, deuxième contingent avec 30 coureurs, n’est pas en tête. À l’époque, il s’agissait de l’Espagne avec 41 coureurs. Les Pays-Bas complètent le podium avec 17 coureurs.
  • L’âge moyen du peloton est de 29 ans et 16 jours, légèrement supérieur à 2025 (28 ans et 343 jours) qui constituait alors le plus jeune peloton depuis 1999.
  • Le plus jeune partant est Paul Seixas, qui aura 19 ans et 283 jours ce samedi. Il s’agit du plus jeune engagé depuis Adrien Cento en 1937 (19 ans, 3 mois et 26 jours).
  • Seixas fait partie des 50 nouveaux venus sur le Tour de France, dont le nombre de participants s’élève désormais à 5 509. Il est aussi l’un des 12 débutants sur un Grand Tour, et l’un des 41 candidats au maillot blanc de meilleur jeune, réservé aux coureurs nés à partir de 2001.
  • Le coureur le plus âgé du peloton est Damiano Caruso, au départ pour la 8e fois à l'âge de 38 ans et 265 jours. Il n’est toutefois pas le plus expérimenté, ce statut revenant à Ion Izagirre (Cofidis), Warren Barguil (Picnic PostNL) et Luke Durbridge (Jayco AlUla) qui s’alignent pour la 12e fois. Le record appartient à Sylvain Chavanel et ses 18 participations.
  • Trois vainqueurs du Maillot Jaune, qui sont aussi ceux des sept dernières éditions, sont au départ : Tadej Pogacar (2020, 21, 24, 25), Jonas Vingegaard (2022, 23) et Egan Bernal (2019).
  • Trois lauréats du maillot vert sont au départ : Michael Matthews (2017), Jasper Philipsen (2023) et Biniam Girmay (2024). Il y a aussi cinq vainqueurs du maillot à pois : Warren Barguil (2017), Julian Alaphilippe (2018), Tadej Pogacar (2020, 21, 25), Jonas Vingegaard (2022) et Richard Carapaz (2024). De même que cinq vainqueurs du maillot blanc : Adam Yates (2016), Egan Bernal (2019), Tadej Pogacar (2020, 21, 22, 23), Remco Evenepoel (2024) et Florian Lipowitz (2025), qui n’ont plus l’âge d’y prétendre.
  • Mark Cavendish détient le record d’étapes remportées avec 35 succès. Les plus victorieux du peloton 2026 sont Tadej Pogacar (21 fois / 6e meilleur performeur historique), Jasper Philipsen (10) et Julian Alaphilippe (6).11 titres de champion national sur route et 11 titres de champion national du contre-la-montre sont au départ, remportés par 20 coureurs différents. Deux d'entre eux ont en effet les titres route et contre-la-montre : Isaac del Toro (Mexique) et Mathias Vacek (Tchéquie).
  • Le Mexique fait son retour dans le peloton 29 ans après la dernière apparition de Miguel Arroyo. Son compatriote Isaac del Toro devient le troisième mexicain à participer après Raul Alcala (9 fois de 1986 à 1994) et Arroyo (3 fois en 1994, 95 et 97).

23 ÉQUIPES : LES PRINCIPALES STATISTIQUES

  • 23 équipes participent en 2026, un chiffre identique à celui de 2025. Les plus expérimentées sont la Movistar (autrefois appelée Reynolds, Banesto, Illes Balears et Caisse d’Épargne) avec 44 participations ; Visma-Lease a Bike (ex Kwantum, Superconfex, Buckler, Wordperfect, Novell, Rabobank, Belkin, LottoNL et Jumbo) juste derrière avec 43 participations ; et Lotto Intermarché avec 40 participations.
  • La formation Caja Rural-Seguros RGA fait son retour 37 ans après sa dernière participation. Elle a déjà été présente en 1987 et 1988 sous le nom Caja Rural-Orbea, puis en 1989 en tant que Paternina.
  • Tudor est l'équipe dont les coureurs ont le plus d’expériences sur le Tour : 31 participations cumulées, contre 27 pour Jayco AlUla et 26 pour Soudal Quick-Step. À l'inverse, les coureurs de la Caja Rural-Seguros RGA ne totalisent que 2 participations à eux huit.
  • Lotto Intermarché a l’effectif le plus jeune avec une moyenne d’âge de 25 ans et 189 jours. De l’autre côté du tableau, Soudal-Quick Step est l’équipe avec la moyenne d’âge la plus élevée, de 31 ans et 69 jours.
  • Cinq équipes du peloton 2026 ont déjà remporté le Tour de France : Netcompany Ineos et la Movistar à 7 reprises ; UAE Emirates XRG par 4 fois (toutes avec Tadej Pogacar) ; la Visma-Lease a Bike et XDS Astana à 2 reprises.
  • UAE Emirates XRG est l'équipe dont les coureurs alignés cumulent le plus de victoires d'étapes sur le Tour avec 24 bouquets (dont 21 pour Tadej Pogacar). Suivent Alpecin-Premier Tech avec 12 victoires (dont 6 pour Jasper Philipsen) et Tudor avec 10 succès (dont 6 pour Julian Alaphilippe).
  • Visma-Lease a Bike mène le classement des équipes les plus victorieuses avec 72 étapes remportées, devant les 56 de Soudal-Quick Step et les 41 de Lotto Intermarché. Arrivée l’an dernier, la formation Tudor est la seule à n’avoir jamais gagné.
  • Les équipes françaises sont majoritaires avec 4 formations originaires du pays (Cofidis, Decathlon CMA CGM, Groupama-FDJ United et TotalEnergies), contre 3 pour la Belgique (Alpecin-Premier Tech, Lotto Intermarché, Soudal Quick-Step) et la Suisse (NSN, Pinarello-Q36.5, Tudor).
  • Les équipes avec la plus grande diversité de nationalités sont Bahrain Victorious, EF Education-EasyPost, Netcompany Ineos, NSN et UAE Emirates XRG, chacune comptant des coureurs originaires de 7 pays différents. À l’inverse, TotalEnergies présente 100 % de cyclistes français (8 sur 8). Presque autant pour Groupama-FDJ United (7 français et un italien).

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