Pleine de bosses et propice aux puncheurs, la 9e étape du Tour de France 2026 était promise à un grand spectacle en Corrèze. Les candidats à la victoire ont multiplié les attaques en début de journée, avant que le scénario ne commence à se mettre en place. Composée de 16 audacieux à l’initiative de Mathieu Van der Poel (Alpecin-Premier Tech), l’échappée a été divisée par deux dans le Suc au May. Elle a encore été réduite de moitié dans le mont Bessou, où MVDP a éliminé tous ses adversaires à l’exception de Tom Pidcock (Pinarello-Q36.5), Tobias Johannessen (Uno-X Mobiity) et Alex Baudin (EF Education-EasyPost). Un autre rival menaçait le Néerlandais et ses trois compagnons : le peloton Maillot Jaune, composé d’une quarantaine de coureurs et jamais bien loin. Le bras de fer a duré jusque dans les derniers mètres en direction d’Ussel, où Van der Poel a conclu en beauté une journée qui portait son nom. Il décroche en puissance sa troisième victoire sur le Tour de France et débloque le compteur annuel de son équipe, qui prolonge ainsi sa série : elle a toujours gagné au moins une fois sur la Grande Boucle depuis son arrivée en 2021. Place à une journée de repos bien méritée, avant une 10e étape taillée pour les puncheurs et les grimpeurs dans le Massif Central, et placée sous le signe du feu d'artifice du 14 juillet.
2 690 mètres de dénivelé positif répartis sur 154,6 kilomètres, avec quatre ascensions répertoriées au programme : le profil de la 9e étape du Tour de France 2026 a de quoi intéresser des dizaines de membres du peloton, des hommes polyvalents à l'image du maillot vert Mads Pedersen (Lidl-Trek), aux grimpeurs capables de faire la différence dans les multiples bosses du jour. Les puncheurs et baroudeurs l’ont cochée comme l’un des grands rendez-vous de cette 113e édition. « Il va y avoir une grosse bataille pour l’échappée », annonce Mathieu Van der Poel (Alpecin-Premier Tech) au départ. Il ne croit pas si bien dire.
Le Suc au May éclaircit le scénario
Placé dès le kilomètre 13,9, le sprint intermédiaire de Beynat revient à Mads Pedersen qui dompte le peloton, mais il marque surtout le début d’une longue série d’accélérations. Les attaques se multiplient sur le plat, en descente comme en montée, par exemple dans la côte de Naves (km 46). Des groupes se forment régulièrement mais personne ne parvient à s’échapper. Mathieu Van der Poel lance une nouvelle initiative à 97 kilomètres de l’arrivée, et un groupe de 16 finit par se former.
Tobias Johannessen (Uno-X Mobility) et Quinn Simmons (Lidl-Trek) se détachent à l’approche du Suc au May (km 74,1). Ses pentes (3,3 km à 7,7 %) font exploser les coureurs les moins costauds en montée, et voient un regroupement à un kilomètre du sommet : Johannessen et Simmons sont rejoints par Van der Poel, Tom Pidcock (Pinarello-Q36.5), Derek Gee-West (Lidl-Trek), Lennert Van Eetvelt (Lotto Intermarché), Pablo Castrillo (Movistar) et Alex Baudin (EF Education-EasyPost).
MVDP en mode MVP
La formation UAE Emirates XRG de Tadej Pogacar n’est pas décidée à laisser les hommes de tête s’envoler vers la victoire. Elle veille au grain et laisse un écart maximal d’une minute et 25 secondes au sommet du Suc au May (km 74,1). Les Netcompany Ineos et Lidl-Trek sont aussi bien décidés à jouer la gagne. La différence n’est plus que de 50 secondes dans la côte de la Croix du Pey (km 98,5). Elle remonte ensuite légèrement sur la route vers le mont Bessou (km 130,1), où Van der Poel passe à l’attaque. Seuls Johannessen et Pidcock parviennent à le suivre, avant que Baudin ne fasse la jonction dans la descente.
Les quatre hommes ont toujours 50 secondes d’avance à 20 kilomètres de l’arrivée. Le bras de fer dure jusqu’à Ussel et il est remporté par les quatre attaquants. Grand animateur de la journée, Van der Poel conclut en beauté en faisant parler sa puissance devant le public de Corrèze. Jamais deux sans trois : après Mûr-de-Bretagne 2021 et Boulogne-sur-Mer 2025, MVDP décroche son troisième succès sur le Tour de France, le premier de l’équipe Alpecin-Premier Tech cette année. Elle a ainsi gagné au moins une fois sur toutes ses Grandes Boucles depuis 2021.
Tadej Pogacar (UAE Emirates XRG) termine avec les hommes du classement général, qui n'évolue pas. Aucun des quatre maillots distinctifs ne change d'ailleurs de propriétaire avant que le peloton ne s'attaque aux pentes du Massif Central, mardi.

