Simon Yates en grimpeur-pistard !

18 juillet 2019 - 17:08

La première étape pyrénéenne du Tour 2019 s’est présentée comme une opportunité de choix pour les grimpeurs de talent étant déjà en retrait pour la conquête du Maillot jaune. C’était le cas d’une partie des coureurs qui composaient la très volumineuse échappée formée 40 kilomètres après avoir quitté Toulouse. La sélection s’est opérée dans la montée à la Hourquette d’Ancizan, pour dégager un trio de potentiels vainqueurs avec Simon Yates, Pello Bilbao et Gregor Mühlberger, qui ont dû se départager au sprint après leur plongée sur Bagnères-de-Bigorre. Dans le dernier kilomètre, le vainqueur britannique de la dernière Vuelta a surtout fait valoir ses qualités de pistard qui lui avaient permis de décrocher un titre de champion du monde de la course aux points. Simon Yates s’impose de justesse devant Pello Bilbao pour aller chercher sa première étape sur le Tour de France, après avoir conquis le maillot blanc en 2017. Onzième vainqueur différent en onze étapes individuelles en 2019, le coureur de Mitchelton-Scott rentre comme Caleb Ewan hier dans le club des vainqueurs d’étapes sur les trois grands tours cyclistes.    
Un mini-peloton échappé
Après le forfait du plus jeune coureur du peloton Jasper Philipsen (UAE), il reste 168 coureurs au départ, dont une bonne partie se montrent candidats à l’échappée du jour. Après 40 kilomètres de tentatives infructueuses, un énième attaquant, Simon Clarke, s’extrait du peloton et emmène derrière lui un groupe particulièrement imposant avec 40 coureurs au total : Peter Sagan, Gregor Mühlberger, Daniel Oss, Max Schachmann (Bora), Michael Morkov (Deceuninck-Quick Step), Oliver Naesen, Tony Gallopin, Matthias Fränk (Ag2r), Sonny Colbrelli, Iván García Cortina, Dylan Teuns (Bahrain-Merida), Imanol Erviti (Movistar), Pello Bilbao (Astana), Dylan Groenewegen, Mike Teunissen (Jumbo-Visma), Alberto Bettiol, Simon Clarke, Tom Scully (Education First), Matteo Trentin, Simon Yates (Mitchelton-Scott), Greg van Avermaet, Serge Pauwels (CCC), Rui Costa, Alexander Kristoff (UAE), Fabio Felline, Jasper Stuyven (Trek-Segafredo), Michael Matthews, Nikias Arndt, Cees Bol, Nicholas Roche (Sunweb), Pierre-Luc Périchon, Julien Simon (Cofidis), Tiesj Benoot, Roger Kluge, Tim Wellens (Lotto-Soudal), Lilian Calmejane (Total Direct Energie), Andrea Pasqualon (Wanty- Gobert), Edvald Boasson Hagen, Michael Valgren (Dimension Data), Kévin Ledanois (Arkéa-Samsic).

Wellens fond sur Calmejane à Peyresourde
Michael Cherel (AG2R), Rein Taaramae (Total-Direct Energie) et Mads Würtz (Katusha) sont momentanément intercalés mais ne parviennent pas à mener à bien leur mouvement de contre. Le peloton, qui a observé attentivement la formation de l’échappée où Greg van Avermaet est le mieux classé (à plus de 14 minutes), surveille aussi son évolution avec la formation Deceuninck-Quick Step. Au sprint intermédiaire (km 130,5) que remporte Peter Sagan, l’écart est contenu à 4’50’’. Mais les coéquipiers du Maillot Jaune relâchent leur emprise en montant au col de Peyresourde. L’échappée y rentre avec 4’55’’ d’avance et Lilian Calmejane s’isole à 9 km pour passer l’essentiel de l’ascension en tête mais il est rejoint immédiatement sur la ligne par Tim Wellens et le groupe de ses anciens compagnons de route, qui ne sont plus que 26.

Simon Yates domine la Hourquette d’Ancizan
Immédiatement après la bascule, Simon Clarke tente une aventure en solitaire, qui dure le temps de la descente sur Arreau (km 163,5) où il bénéficie d’une minute d’avance, qu’il ne parvient pas à garder en montant à la Hourquette d’Ancizan. Il est d’abord rejoint par Trentin à 5 kilomètres du sommet, mais parmi les rescapés de la grosse échappée, ce sont Simon Yates, Gregor Mühlberger et Pello Bilbao qui font la différence sur la fin de l’ascension. Il reste 30 km d’une longue plongée sur Bagnères-de-Bigorre pour les trois hommes de tête, et une avance d’une grosse minute sur Frank, Gallopin, Roche, Trentin, Schachmann, Pauwell, Teuns et Felline.

Un sprint à trois
La poursuite manque de conviction et d’efficacité pour priver les hommes de tête d’une explication à trois. Dans le dernier kilomètre, c’est un sprint sou haute tension qui se joue dans un premier temps à l’intimidation. A 200 mètres de la ligne d’arrivée, Simon Yates prend le risque de lancer le premier son sprint et résiste de justesse à la réplique de Pello Bilbao. Le peloton des favoris se présente à Bagnères-de-Bigorre avec près de dix minutes de retard sur le vainqueur du jour, sans modifier la hiérarchie entre les leaders de la course.

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