L’ALPE D’HUEZ ET LE CYCLISME
Soixante-quinze ans après le baptême du feu présidé par Fausto Coppi en 1952, l’Alpe d’Huez va écrire une nouvelle page de sa légende dans le Tour de France avec deux arrivées au sommet, la veille et l’avant-veille de l’arrivée, et deux ascensions différentes, la classique depuis le Bourg d’Oisans avec ses 21 virages et la montée depuis l’autre versant jusqu’au col de Sarenne. Les coureurs connaissent cette route pour l’avoir dévalée en 2013 alors que (déjà) deux ascensions de l’Alpe d’Huez étaient au programme, mais par le tracé traditionnel. Le col de Sarenne a également figuré au parcours du Dauphiné en 2013 (dans le sens classique) et en 2017, pour une première ascension dans le même sens que celui proposé cette année aux coureurs du Tour. Le Britannique Peter Kennaugh l’avait emporté dans la station iséroise. Les deux derniers vainqueurs masculins à l’Alpe d’Huez dans la Grande Boucle sont d’ailleurs britanniques, puisque Tom Pidcok s’y était imposé en 2022 grâce notamment à ses formidables qualités de descendeur tandis que Geraint Thomas y avait assis sa domination dans le Tour 2018. Par ailleurs, Chris Froome s’y est présenté en jaune en 2013 et 2015. Chez les femmes, l’Alpe d’Huez a conclu l’édition 2024, où Demi Vollering, malgré une victoire d’étape et une formidable ascension, a dû concéder la victoire à Kasia Niewiadoma, pour seulement quatre secondes. En 1952, Fausto Coppi étrennait avec succès la route aux 21 lacets. La répétition des succès de Zoetemelk, Kuiper ou Winnen lui a valu plus tard le surnom de « montagne des Hollandais » avant que les Italiens ne s’y illustrent à nouveau avec Gianni Bugno puis Marco Pantani. Côté français, Bernard Hinault a été le premier à s’y imposer en 1986. En 2011, Pierre Rolland reprenait le flambeau et, en 2013, le bleu-blanc-rouge était encore à l’honneur avec Christophe Riblon. La série s’est poursuivie en 2015 avec la victoire de Thibaut Pinot. Au palmarès des victoires d’étape, les Pays-Bas mènent toujours la voie avec huit succès contre sept aux Italiens, quatre aux Français, trois aux Espagnols et deux aux Britanniques. Pourtant, la première arrivée dans la station, en 1952, n’avait pas convaincu les organisateurs, qui n’y retournèrent pas avant 1976. Fausto Coppi y est peut-être pour quelque chose. Il fit preuve de tant d’aisance que les organisateurs durent penser que la côte redoutée était trop facile. C’est ce que racontait avec humour Max Favalelli, envoyé spécial sur l’épreuve : « Si vous vous étiez trouvés vendredi sur les pentes abruptes qui conduisent à l’Alpe d’Huez et que vous aviez vu passer Coppi, bien droit sur son vélo, les mains en haut du guidon, vous auriez pu vous dire : Tiens, mais on m’a raconté des histoires, la route est parfaitement plate ! »
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L’ALPE D’HUEZ
Station de l’Alpe d’Huez
Origine : Développement à partir des années 1920
Histoire et caractéristiques : Premier téléski à perches inauguré en 1936 par Jean Pomagalski, fondateur de Poma. Partie intégrante du domaine Alpe d’Huez Grand Domaine Ski : 250 km de pistes sur 10 000 hectares (dont 840 skiables), dénivelé de 2 223 m, 70 remontées mécaniques, 135 pistes balisées (42 vertes, 37 bleues, 39 rouges, 17 noires), 2 snowparks et 1 ski/boardercross. Piste noire emblématique : Sarenne (8 km, 3 330 m → 1 510 m), empruntée par le Tour de France en 2013. Skieurs célèbres formés ici : Fabienne Serrat, Laure Péquegnot, Alizée Baron, Valentin Giraud-Moine.
Église Notre-Dame-des-Neiges
Construction : 1969
Style : Contemporain
Caractéristiques : Architecture originale en forme de tente, vitraux de l’artiste Arcabas. Cloche sonnant à chaque arrivée d’étape du Tour de France. Construction en béton, cuivre, bois lamellé-collé et verre translucide. Ancien lieu de salle de presse pour le Tour de France.
Pic Blanc
Altitude : 3 330 m
Caractéristiques : Panorama à 360° classé 3 étoiles au Guide Vert Michelin. Vue sur le mont Ventoux, Taillefer, Belledonne, Chartreuse, Meije, Muzelle, Mont-Blanc et Aiguilles d’Arves.
Site archéologique de Brandes
Fondation : XIIe – XIVe siècle
Altitude : 1 800 m
Histoire et caractéristiques : Ancien village médiéval d’exploitation de galène argentifère pour le Dauphiné, utilisé entre 1 750 m et 2 800 m. Comprend église, nécropole, habitat et galeries de mines. Vestiges offrant un aperçu de la vie et de l’organisation sociale médiévale.
Classement : Monument historique depuis 1995
Musée d’Huez et de l’Oisans
Caractéristiques : Musée de France unique en station d’altitude, associé au site archéologique de Brandes. Présente l’histoire du village et de son alpage du Moyen Âge à nos jours, avec des expositions permanentes sur la montagne, l’exploitation de l’argent au XIIe-XIIIe siècles et la Seconde Guerre mondiale (« Été 1944. Le Maquis de l’Oisans »).

