Chef-lieu de canton du Vaucluse (84)
Ville étape inédite

Population : 18 700 (Sorguais, Sorguaises), 48 500 dans la Communauté de communes Les Sorgues du Comtat (5 communes)
Spécialités : soupe au pistou, aïoli, tapenade, Châteauneuf du Pape (aire géographique de l’appellation)
Personnalités : Pablo Picasso et Georges Braque (peinture), Jean Milesi, Antoine Abate (cyclisme).
Sport : Sorgues Basket Club (Nationale 2 féminine), RC Sorguais (rugby Fédérale 2). Evènement : Cycathlon (vélo et course à pied). Club Cycliste : Union Cycliste Sorguaise
Culture : Festifourires (humour, mai).
Economie : EURENCO (EURopean ENergetics COrporation) : poudres, objets combustibles et explosifs (l’ancienne poudrerie nationale). Vignobles, cultures fruitières et maraîchères. /
Labels : Ville fleurie 3 fleurs / Pavillon Orange (protection des populations).
Sites web : www.sorgues.fr / www.porteduventoux.com / www.sorgues-du-comtat.com / www.vaucluse.fr / www.provenceguide.com

Pont de l'Ouvèze, centre ville © Ville de Sorgues
Parc Municipal Gentilly © Ville de Sorgues
Double Roues, Canal de la Sorgue © Ville de Sorgues
Centre Administratif © Ville de Sorgues

SORGUES, UNE HISTOIRE

Picasso et Braque à Sorgues
Picasso adore le tramway et c’est ainsi qu’il arrive à Sorgues avec sa nouvelle compagne, Eva Gouel, en juin 1912. La découverte de cette ville verdoyante au sortir d'Avignon et du marché pittoresque les décide. Ils s’installent dans une villa discrète, Les Clochettes, en face de l’hôtel de ville. Georges Braque rejoint Picasso à Sorgues fin juillet, avec sa jeune épouse, Marcelle. Le couple s’installe route d’Entraigues, dans une maison d’inspiration japonaise, la villa Bel Air.
L’été 1912 s’annonce prodigieux. Sorgues, ville paisible invite aux joies simples. Picasso et Braque concoctent des recettes de cuisine comme l’ajo blanco, sorte de soupe-dessert provençalisée à base d’ail local, d’amandes et de raisins du cru. Ce mélange a la vertu « de faire rire beaucoup » et de tuer radicalement les mouches.
Le cubisme qui en est à sa phase analytique montre ses limites. Braque et Picasso ont conscience que leurs peintures s'éloignent trop du modèle, tendent vers l'abstraction et cela leur déplaît. Pour renouer avec le réel, ils introduisent directement dans la peinture des éléments réels ou descriptifs. C’est la naissance du cubisme synthétique.
C’est à Sorgues que sera créé le premier papier collé de l’histoire de l’art. Braque trouve à Avignon un rouleau de papier mural imitant le bois de chêne. Il le découpe et le place dans sa toile, créant de nouveaux espaces, entre l’illusion provoquée par les ombres et les tracés au fusain et la réalité introduite par le papier collé. Picasso peint sur l'un des murs de la villa « Les Clochettes » l'œuvre « Ma jolie ». Après le départ de l’artiste, le marchand d'art Daniel Henri Kahnweiler fera emporter la surface du mur où était peint ce tableau ovale. Séduit par la campagne sorguaise, avec ses cyprès et ses nombreux cours d’eau, Georges Braque revint chaque été de 1913 à 1916. C’est là qu’il se réfugia pour oublier la guerre, sa blessure, sa trépanation et son inquiétude à l’idée de reprendre ses pinceaux.

Modigliani, Picasso and André Salmon devant le Café de la Rotonde à Paris en 1916 © Amedeo Modigliani

SORGUES ET LE CYCLISME

Si Sorgues accueille le Tour de France pour la première fois, la jolie petite ville du Vaucluse a déjà reçu la visite de Paris-Nice et du Critérium du Dauphiné. Dans cette dernière épreuve, Janez Brajkovic y avait remporté une étape en 2010 avant de s’adjuger le général et de révéler les qualités du cyclisme slovène. Sorgues fut aussi le point de départ de l’avant-dernière étape de Paris-Nice 2020, remportée en solitaire à Apt par Tiesj Benoot, qui s’adjugeait dans la foulée le maillot vert de l’épreuve. Dans les années 1980, Sorgues avait également figuré au programme du défunt Tour du Vaucluse.
C’est à Sorgues que s’est installé au cours de sa carrière le Dignois Jean Milesi, qui a pris part à sept Tours de France entre 1960 et 1966. Un autre participant au Tour de France, l’Italien naturalisé Français Antoine Abate (1961), a résidé à Sorgues.

Tiesj Benoot vainqueur de l'étape 6 Sorgues/Apt de Paris Nice 2020 © Presse Sports/Yuzuru Sunada

À VOIR

Hôtel de ville
Vers 1820-1830, Sorgues s’industrialise. Comme tant d’autres cités à l’époque, le centre ville a été déplacé plus près des activités marchandes liées à la gare. Le P.L.M. (Paris-Lyon-Méditerranée), qui passe par Sorgues, permet d’acheminer les fruits et légumes de l’île de l’Oiselet et des environs, vers les grandes villes françaises. Pour en faciliter la circulation dans la ville, la municipalité met en œuvre de grands travaux afin de dégager des avenues et des places. La place Dis Iero, bordée de maisons bourgeoises en pierres de taille, accueille ainsi le nouvel hôtel de ville, inauguré en 1859.

Le palais papal
Précédant Avignon de 16 années, le palais de Pont-de-Sorgues, de style gothique, est édifié de 1317 à 1324. Le pape Jean XXII choisit un emplacement au bord de la rivière de la Sorgue, dans un endroit frais mais aussi stratégique pour surveiller les routes du Nord. Pour la construction des hautes tours, 479 arbres sont acheminés de Savoie par radeaux au fil du Rhône. Les artistes les plus habiles décorent richement le palais de peinture des couleurs les plus fines et d’or. Les papes viennent dans ce palais accompagnés de leurs cours, cardinaux, familles, gardes et domestiques. Les guerres de religion portent un coup fatal à l’édifice, presque entièrement brûlé en 1562. Début XVIIe, Louis XIV, le cardinal de Mazarin et d’Artagnan, commandant des mousquetaires du Roi sont parmi les derniers à dormir dans les ruines du château avant d’aller assiéger Orange. Le visiteur attentif peut encore apercevoir, en plus du mur d’enceinte réutilisé en mur de maison, une amorce de l’une des portes.

Le pont de Sorgues
Au XIe siècle, le comte de Toulouse érige un château fort, dont le pont muni d’une vigie, de parapets et de meurtrières surveille les abords et assure la défense de ce passage. Le contrôle de cet important axe de communication nord-sud est ainsi assuré tout en générant de lucratifs revenus car, pour franchir le pont, un péage est instauré, le droit de barre, destiné aux voyageurs et aux marchands non sorguais. Sorgues se trouve sur une très ancienne voie de communication (la via agrippa), à égale distance d’Avignon, Orange et Carpentras. Très fréquentée par les marchands souhaitant rejoindre la vallée du Rhône, elle est aussi empruntée par les nombreux pèlerins se rendant à Saint-Jacques de Compostelle.

Pont des Arméniers
Surgissant de la végétation lorsque l’on arrive sur l’île de l’Oiselay, le pont des Arméniers fait partie intégrante du patrimoine de la ville. Mis en service en 1922 à l’initiative des îliens, de type haubané-suspendu, cet ouvrage remarquable est inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques. Fermé en 1975 pour des raisons de sécurité, il va à nouveau reprendre du service pour les seuls piétons et les cyclistes. Sa restauration, qui devrait s’achever à l’horizon 2022, va lui permettre d’intégrer l’itinéraire de la via Rhôna qui va du lac Léman à la Méditerranée en suivant le Rhône.

Cabanes sur l’eau
Situé dans un environnement d’exception, l’éco-domaine Coucoo Grands Cépages est un lieu paisible qui permet à chacun de vivre un moment de déconnexion et de plaisir en pleine nature dans des cabanes d’exception. Sur les eaux turquoises du Lac de la Lionne, 15 luxueuses cabanes en bois flottantes, sur pilotis ou végétalisées, forment un village enchanteur. Cette destination touristique grandeur nature reste unique dans la Région. Elle intègre les principes du tourisme durable avec des cabanes 100% éco-responsables.

Jardin du château de Brantes
Niché au coeur du domaine de Brantes, le jardin de Brantes est un jardin d’inspiration toscane classé « Jardin Remarquable ». Construit en 1700, le château de Brantes fut agrandi en 1815 et restauré à partir de 1955 par les propriétaires actuels. Ouvert à la visite, son jardin s’articule autour d’un axe central de trois bassins miroirs où circule l’eau de la Sorgue. Parterres de gazon, alignements de buis et de cyprès, corbeilles de lauriers-tins ont trouvé leur place aux côtés de lagestroemia centenaires et de l’un des plus gros magnolia grandiflora d’Europe (6 m de circonférence).

Les tableaux de Philippe Sauvan
La Ville de Sorgues possède, exposé dans le chϱeur de l’église de la Transfiguration, le plus grand ensemble de toiles réunies à ce jour de l’artiste peintre Philippe Sauvan (1697-1792). Ces tableaux représentent un remarquable intérêt patrimonial. Six des huit œuvres recensées de Philippe Sauvan ont été classées en septembre 2013 à l’inventaire des monuments historiques. A l’initiative de la municipalité, elles viennent toutes d’être restaurées.

Hôtel de Ville © Ville de Sorgues
Palais des papes de Sorgues, avec le pont sur l'Ouvèze © Album Laincel, Musée Calvet, Avignon
Pont des Arméniers, Ile de l'Oiselay © Ville de Sorgues
Cabanes sur l'eau © Ville de Sorgues
Jardin du Château de Brantes © Ville de Sorgues

À MANGER :

Fougasse aux grattelons
En 2018, un pâtissier de Sorgues, homonyme d’un célèbre coureur français, Jacky Durand, a réalisé la plus grande fougasse aux grattelons du monde (12 m de long sur 5 m de large). La fougasse est traditionnellement en Provence la pâte cuite que l’on place dans le four pour s’assurer de sa température avant de faire le pain. 

 

Fougasse © Getty/Proformabooks

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