Le plan « G », pas le plan B

31 juillet 2018 - 14:43

Premier vainqueur gallois du Tour de France, Geraint Thomas a rapporté à Paris le sixième Maillot Jaune siglé du logo de la formation Sky, après ceux conquis par Bradley Wiggins (2012) et Chris Froome (2013, 2015, 2016, 2017). A 32 ans, l’ancien pistard devenu ensuite équipier de luxe atteint une nouvelle dimension en s’imposant sur la plus grande course cycliste du monde.

Sur le Tour de France 2007, l’équipe anglo-italienne Barloworld joue le jeu. Au départ de Londres, elle fait une place à un tout jeune Gallois qui cherche encore son chemin. À 21 ans, le pistard qui vient d’être sacré champion du monde de poursuite par équipes découvre la plus grande épreuve sur route… dans la douleur. Le plus jeune coureur du peloton traîne sa misère en même temps qu’il se durcit le cuir en montagne. Avant dernier du classement général (140e), Geraint Thomas termine aussi bon dernier d’un classement des jeunes dont la grande majorité des coureurs sont maintenant retraités, à commencer par le vainqueur de cette 94e édition, Alberto Contador. Mais pas Thomas, dont le parcours a ensuite été aussi laborieux que doré.

Car bien avant de savourer les délices du Maillot Jaune, c’est l’or olympique que le rouleur de Cardiff a commencé par toucher, et à deux reprises. A Pékin d’abord en 2008, où il fait équipe avec Bradley Wiggins ; puis à Londres en 2012, alors qu’il vient d’aider le même Wiggins à devenir le premier vainqueur britannique du Tour de France. En effet, sur les courses par étapes, le destin de Geraint est avant tout celui d’un équipier surdoué, appliqué et fiable. Son autre crédo, ce serait plutôt les classiques de costauds. Vainqueur de Paris-Roubaix juniors en 2001, Geraint offre d’ailleurs à la Sky son premier accessit sur le Tour, avec la 2e place derrière Thor Hushovd dans l’étape d’Arenberg en 2010, celle des pavés. Mis en perspective, le détail est éclairant sachant qu’au départ de Vendée, il était, parmi les favoris, le seul à avoir terminé dans le Top 10 de Paris-Roubaix (7e en 2014).

Et « Culbuto-Thomas » devient
l’homme du sans-faute

Cantonné à un statut d’homme de l’ombre derrière Chris Froome après Wiggins, le Gallois trimballe un autre défaut majeur qui lui barre la route des grands succès : il ne tient pas sur son vélo ! Hormis sa fracture du bassin avec laquelle il a composé pendant tout le Tour 2013 pour accompagner son leader, Thomas a aussi chuté l’an dernier sur le Giro d’Italia alors qu’il était cette fois-ci aux responsabilités au sein de la Sky. Puis sur le Tour, après avoir pris le Maillot Jaune en s’adjugeant le chrono de Düsseldorf, la poisse le poursuit dans la 9e étape dans laquelle il laisse une clavicule… et ses coéquipiers continuer leur route victorieuse sans lui. « Culbuto-Thomas » serait-il donc limité à briller sur des courses d’une semaine, comme il l’a fait sur Paris-Nice 2016, en dominant de deux secondes Alberto Contador (tiens, encore lui) ? La question se pose à nouveau après son succès sur le Critérium du Dauphiné, remporté en pleine maîtrise au mois de juin dernier, et où il se confirme qu’il serait aligné comme co-leader avec Froome sur le Tour. Mais sera-t-il capable d’assumer trois semaines de course sans connaître le fameux « jour sans » qui a brisé tant de rêves dans l’histoire du cyclisme ?

Tour de France 2018 - 29/07/2018 - Etape 21 - Houilles / Paris Champs-Elysées (116 km) - Geraint THOMAS (TEAM SKY)
Tour de France 2018 - 29/07/2018 - Etape 21 - Houilles / Paris Champs-Elysées (116 km) - Geraint THOMAS (TEAM SKY) © ASO/Alex BROADWAY

Cette fois-ci, c’est l’homme du « sans faute » qui traverse à la perfection la première semaine, pendant que Chris Froome, qui a remporté le Giro quelques semaines plus tôt, perd déjà sur chute 51’’ lors de la première étape. A l’attaque des Alpes, la Sky laisse un peu de sursis en jaune à Greg van Avermaet, qui défend sa position au Grand-Bornand après la journée de repos. En revanche, Geraint « le-rouleur-devenu-grimpeur » se montre ensuite intraitable : en s’imposant à La Rosière puis le lendemain à l’Alpe d’Huez, il devient le premier vainqueur de deux arrivées consécutives en sommet depuis Joop Zoetemelk en 1976 ! Surtout, il s’installe en tête du classement général, avec son quadruple vainqueur de coéquipier comme premier poursuivant. Si Froome flanche lui-même dans l’étape du col du Portet, réglant à ses dépens la question du leadership chez Sky, Thomas contrôle dans la sérénité la menace Dumoulin, et dans une moindre mesure celles de Roglic et Bardet. Supérieur sur toute la première partie du chrono d’Espelette, il gère enfin son euphorie pour terminer en toute sécurité, avec une avance largement suffisante pour faire son entrée au palmarès du Tour de France. Mission accomplie.

Tour de France 2018 - 29/07/2018 - Etape 21 - Houilles / Paris Champs-Elysées (116 km) - Geraint THOMAS (TEAM SKY)
Tour de France 2018 - 29/07/2018 - Etape 21 - Houilles / Paris Champs-Elysées (116 km) - Geraint THOMAS (TEAM SKY) © ASO/Alex BROADWAY

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