Dans les derniers kilomètres nous avons parlé de Nibali, car nous avons vu qu’il était à la limite. Chris m’a dit qu’il voulait aller chercher l’étape, mais je n’étais pas sûr des écarts que nous avions faits. Au moment où nous avons passé Peyresourde, je me suis autorisé pour la première fois à penser que j’avais gagné le Tour de France. Je me suis un peu déconcentré, et je suis sorti du registre de la performance, alors que Chris m’encourageait à creuser l’écart encore. Mais j’étais juste dans un autre monde.
Une fois que nous avons vu que Nibali était lâché, nous savions qu’il n’y avait plus de danger de le voir attaquer dans le final, et j’ai su que la partie était finie.
L’essence du Tour de France, c’est une course par élimination. La longueur de la course la rend extrêmement difficile. Je disais à Liège qu’il fallait être bon pendant 21 jours, sans avoir nécessairement de journée exceptionnelle, et sans avoir non plus de mauvaise journée. Et c’est un peu ce que nous avons vu aujourd’hui : Nibaliétait très fort hier, et il n’a pas bien récupéré aujourd’hui. C’est une histoire de régularité.
Chris a été super fort une fois encore. Il est extrêmemnt motive. Il a été un super-équipier pendant tout ce Tour. Je suis sûr qu’un jour il gagnera le Tour, et je serai derrière lui pour qu’il y arrive.
Interviews
19 juillet 2012
- 18:29
Bradley Wiggins : « J'étais dans un autre monde »

