Dictée du Tour de France 2022

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Ville étape pour la vingtième fois
Sous-préfecture du Nord (59)
Population : 86 800 hab. (Dunkerquois et Dunkerquoises), 196 000 hab. dans les 17 communes de la Communauté urbaine Dunkerque Grand Littoral.
Personnalités : Jean Bart (marin), Roger Salengro (ministre du Front populaire), Paul Meurisse (comédien), Jean-Paul Rouve (comédien).
Spécialités : potjevleesch (morceaux de viande de poule, porc et veau en gelée), carbonade flamande (viande mijotée dans de la bière), gaufres
Sport : BCM Gravelines-Dunkerque (basket-ball, Pro A), Union sportive du littoral de Dunkerque (football, Ligue 2), Dunkerque Handball Grand Littoral (handball, championnat de France). Évènements : Quatre Jours de Dunkerque (cyclisme), Tour de France à la voile (site départ traditionnel), marathon, Boucles dunkerquoises (course à pied)
À vélo : plan Vélo +, 237 km d’aménagements cyclables, passage de l’itinéraire de la Vélomaritime et de la Véloroute des Flandres
Économie : 3e port de France derrière Marseille et Le Havre, capitale européenne des transports gratuits.
Événements : carnaval de Dunkerque, Festival La Bonne Aventure (concerts gratuits),
Devise : Dunkirk spirit (Esprit de Dunkerque)
Label : Ville à vélo du Tour de France - 3 vélos / Ville active et sportive / Terre de Jeux 2024
Sites web : www.ville-dunkerque.frwww.communauté-urbaine-dunkerque.frwww.dunkerque-tourisme.frwww.facebook.com/Ville-de-Dunkerque-681010572007946twitter.com/dunkerque?lang=frwww.instagram.com/dunkerque__/

Cabines de plage sur la plage de Dunkerque © Getty/thehague
Beffroi et quartier de la Citadelle © Ville de Dunkerque
Ville de Dunkerque © Getty/narvikk

DUNKERQUE, UNE HISTOIRE 

Mai 1940, le Nord de la France est emporté dans une effroyable tourmente. La percée allemande vers la Manche enferme les armées françaises et britanniques dans une nasse. Le salut ne peut venir que de la mer, tous les regards sont tournés vers Dunkerque. L’opération Dynamo assure du 26 mai au 4 juin le rembarquement du Corps expéditionnaire britannique et de milliers de soldats français. C’est la plus grande entreprise d’évacuation de toute l’histoire militaire, un inimaginable succès au cœur d’une humiliante défaite, un miracle qui permet à 338 226 alliés d’échapper à l’enfer de Dunkerque et de rejoindre la Grande-Bretagne. « L’esprit de Dunkerque », immense espoir de résistance et de délivrance flottera désormais sur Dunkerque. 2022 marque la renaissance d’un grand bassin industriel français du XXe siècle, désormais modèle de l’économie décarbonée du futur. 3e port de France, 1ere plateforme énergétique d’Europe, Dunkerque a pris une longueur d’avance dans le domaine des énergies vertes et accueillera d’ici 2024 la première usine géante du champion français de la fabrication de batteries électriques (la start-up Verkor), mais aussi les Bretons de « Grain de Sail », pionnier du cargo à voiles et du transport transatlantique de cacao, de café et de vin. Dans le même temps, ArcelorMittal, géant mondial de la sidérurgie, lancera à Dunkerque un projet ambitieux de production d’acier vert en remplaçant progressivement le charbon par l’hydrogène dans son process de fabrication.

Mémorial des Alliés © Ville de Dunkerque

DUNKERQUE ET LE CYCLISME

Dans la géographie cycliste, Dunkerque est indéfectiblement liée aux célèbres « Quatre Jours » qui s’élancent de ce port du Nord depuis 1955 et se déroulent le plus souvent sur six jours ! Entre Louis Déprez pour la première édition et Mike Teunissen, vainqueur en 2019 (les éditions 2020 et 2021 ont été annulées en raison du covid-19), quelques-uns des plus grands noms du vélo s’y sont imposés (Jacques Anquetil, Roger De Vlaeminck, Freddy Maertens, Bernard Hinault, Stephen Roche, Charly Mottet ou Thomas Voeckler) et la course, en dépit de difficultés, a toujours gardé un immense capital de sympathie auprès des coureurs. Ce sera notamment le cas pour Philippe Gilbert, qui s’y est imposé lors de la récente édition de 2022 alors qu’il passe sa dernière année dans le peloton professionnel.
Dunkerque a également figuré à 18 reprises au parcours du Tour de France. Passage obligé de l’épreuve entre 1911 et 1927, elle a vu triompher de futurs vainqueurs du Tour comme François Faber, Firmin Lambot, Ottavio Bottechia ou André Leducq. Le Nordiste Félix Goethals s’était fait une spécialité de s’y imposer, avec trois victoires en 1920, 1921 et 1923. Après un hiatus qui se poursuivit jusqu’en 1958, la ville accueillit en 2001 le prologue de la Grande Boucle, remporté par Christophe Moreau. Pour le dernier passage de la course en ville, en 2007, c’est le Belge Gert Steegmans qui l’avait emporté.
Parmi les coureurs liés à la ville, il faut citer Christian Palka, professionnel de 1971 à 1974 et devenu l’un des journalistes de radio les plus populaires de sa région. Une pensée aussi pour Raymond Louviot, champion de France 1934 puis directeur sportif de talent, tué dans un accident de la route à Dunkerque en 1969, à la veille des Quatre Jours.

4 Jours de Dunkerque, victoire de Mike Teunissen en 2019 © Pressesports/Bruno Bade
Stephen Roche lors des 4 jours de Dunkerque en 1990 © Pressesports/Clément Denys

À VOIR

Le carnaval de Dunkerque
Le carnaval de Dunkerque est l’un des évènements festifs majeurs du Nord. La foule des carnavaleux se déplace dans les rues de la ville en chantant des airs typiques, guidée par une fanfare dirigée par le tambour-major. Les carnavaleux se tiennent par les coudes et forment des lignes qui se suivent dans les rues, ce qu’on appelle « la bande ». Parfois, certains s’interrompent pour un pèlerinage dans les chapelles (bistrots), où ils avalent force bière et soupe à l’oignon. Le cortège se termine sur la Grand-Place ou les carnavaleux se réunissent pour le rigodon, le chahut final, puis chanter un hommage à Jean-Bart.
Dès le début du XIXe siècle, le port de Dunkerque affiche l’un des carnavals les plus originaux de France. La ville n’est devenue définitivement française qu’en 1662 sous Louis XIV. Mais une bonne partie de la population, attachée à ses traditions, continua à parler le flamand, si bien qu’il n’est pas étonnant de retrouver aujourd’hui, dans les chansons du carnaval, des bribes de dialecte dunkerquois comme « donne un zô » (zô ou zôt’che = un baiser). Bon nombre de sociétés carnavalesques empruntent également leur nom au flamand, comme les Kakernesches (les plus jeunes des enfants), les Snustreraers (les fouines) ou encore la fameuse Visscherbende (bande des pêcheurs), qui mène les premiers rangs du cortège.
Au passage devant l’Hôtel de Ville, cette masse compacte et colorée réclame son dû : une volée de 450 kilos de harengs saurs emballés sous cellophane qui n’est pas sans rappeler le départ imminent des pêcheurs pour l’Islande. Du haut du balcon central, le maire brandit un homard qu’il présente à la foule et en jette six. Celui qui a la chance de s’emparer d’un homard (en plastique) peut le rapporter à la mairie où il lui sera remis en échange, un bon pour en obtenir un vrai dans une poissonnerie. Après quatre heures de fête, les carnavaleux se retrouvent au pied de la statue de Jean Bart pour la célèbre cantate et le rigodon final.

Les Géants du Nord
Comme chaque ville du Nord, Dunkerque possède ses géants et le carnaval est pour eux l’occasion de sortir en ville. Depuis 2000, le Reuze et sa famille défilent à l’avant-bande pour ensuite se fondre dans le décor agité. Reuze est l’un des plus anciens géants. C’est aux environs de l’an 1550 que serait née sa légende. Elle raconte l’histoire d’un méchant guerrier scandinave, Allowyn qui voulut s’en prendre à Dunkerque. Mais à la descente de son drakkar, il se blessa gravement avec son épée et fut soigné par saint Éloi, l’évangélisateur de Dunkerque. Au seuil de ses 100 ans, le protecteur de la ville mourut et la cité en pleurs décida de lui rendre hommage en donnant son apparence à un mannequin d’osier. Au début du XXe siècle, Alfred Dumont, le maire de l’époque, attaché aux traditions, fit construire une reuzine Mietje et célébra en grande pompe le mariage. De cette union naquirent trois enfants, Pietje, Boutje et Miesje, bien protégés par six gardes : Allowyn, Dagobert, Gélon, Goliath, Roland, et Samson.

La place Jean-Bart
Elle porte le nom du corsaire dunkerquois célèbre pour ses exploits sous Louis XIV. Les Dunkerquois s’y retrouvent à la fin du carnaval pour le rigodon final et l’hommage au corsaire avec l’hymne à Jean-Bart. La place accueille des animations grand public comme le printemps de la place Jean Bart ou Dunkerque la féérique. L’arrivée des 4 Jours de Dunkerque y est également jugée.

Beffroi de Saint Eloi
Monument français du XVe siècle classé monument historique depuis 1840 et inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2005. Il a été construit aux alentours de 1440 en lieu et place d'une ancienne tour de guet. Il domine la ville du haut de ses 58 m et offre une vue panoramique. Il héberge un carillon de 48 cloches qu’il est possible de visiter.

Quartier Excentric
Une perle de l’architecture se cache à Rosendaël, un quartier résidentiel de Dunkerque très coloré et surtout insolite dans sa structure. Œuvre de François Reynaert, l’Excentric est sorti de terre pendant les années folles de l’entre-deux guerres. Des bleus mélancoliques, des saumons pâles recouvrent les façades de ses « tortueuses » maisons de volutes de style Art déco.

Musérial Fort des Dunes (à Leffrinckoucke)
Lieu de mémoire de la Seconde Guerre mondiale, ce vestige militaire est le témoin privilégié de l'histoire du territoire. La nouvelle scénographie installée dans le bâtiment des troupes offre six salles d’immersion vidéo, des maquettes, des panneaux interactifs qui retracent l’histoire du territoire de « Turenne à Dynamo ». Avec ses bâtiments cachés sous le sable, le fort des Dunes est un exemple remarquable de l’architecture militaire imaginée par le général Séré de Rivières. Il a été construit en 1878, en même temps que la batterie dite de Zuydcoote, pour protéger Dunkerque et son port de toute attaque par l’est. Suite à l’invention de nouveaux explosifs, il a rapidement perdu tout rôle stratégique et a dès lors été utilisé en casernement, pouvant abriter 450 soldats.

Mur de l’Atlantique
Ces vestiges ont été érigés par l’Allemagne entre 1942 et 1945 pour se protéger des attaques des Alliés. Certains blockhaus ont été réinvestis par les artistes du territoire, offrant un regard nouveau sur le passé. Les blockhaus de Dunkerque ne sont pas liés à l’histoire du débarquement de Normandie, c’est pourquoi leur conservation fut de moindre envergure. Les émotions liées à leur édification restent toutefois intactes. Ils demeurent un témoignage indéfectible de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.

Le quartier Excentric © Creative Commons 2.0/Patrick
Le corsaire Jean Bart et le Beffroi © Ville de Dunkerque
Carnaval de Dunkerque © Ville de Dunkerque
Le Beffroi de Saint Eloi © Getty/benkrut
Vieux canon allemand © Getty/TPopova

À MANGER

Les harengs-pecks
Ne dites-pas à un Dunkerquois qu’un hareng-peck est un roll-mop. Bien sûr, c’est du hareng mariné, et même confit dans le vinaigre, mais seuls les Dunkerquois savent l’assaisonner comme il sied : salé pendant deux jours puis confit dans le vinaigre avec des oignons coupés, du thym et du laurier. Et contrairement aux roll-mops, il ne s’agit pas de filet de hareng, mais d’un hareng coupé en deux ou en trois morceaux, pas forcément roulé. Peck signifie en flamand aussi bien le vinaigre que la saumure, d’où ce petit mot accolé au poisson mariné. On les appelle aussi en dunkerquois peckel horings. Une expression locale, « confit comme un zhareng-peck », laisse entendre que vous avez bu sans modération de la délicieuse bière du Nord.

Harengs © Getty/etitarenko

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