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On entend parfois parler de massif intermédiaire, mais c’est surtout un spectacle total qu’offrent les étapes dans le Massif central, en emmenant par exemple les coureurs par-delà le Puy Mary pour se départager ensuite sur une arrivée dans la station du Lioran. Cette année, Cantal rime aussi avec fête nationale.

Par Eddy Pizzardini

© Jérôme Prévost/L’Équipe I Les coureurs du Tour de France 2016 dans le Pas de Peyrol, en direction de Puy Mary

Le 14 juillet vaut bien une fête. Nul doute qu’elle aura de l’allure au km 15 dans la traversée de Marcolès, ce village de 600 habitants désormais incontournable dans le folklore de la tournée des critériums d’après-Tour de France. Le rendez-vous est fixé au 6 août prochain mais d’ici là, le passage de la Grande Boucle sera une répétition version bal populaire puisque dans la famille Cantournet, cheville ouvrière de l’événement depuis sa création en 1998, on manie aussi bien le dérailleur que l’accordéon ! Passage du Tour, animation musicale, écran géant pour l’une des demi-finales de la Coupe du monde de football et feu d’artifice en épilogue, le Cantal sait recevoir.
Mais il sait aussi faire souffrir, en témoigne cette étape dont le final est une quasi-réplique de celle courue en 2024 et qui avait fait pétiller le Tour. Avec 3 900 mètres de dénivelé positif, le parcours a été légèrement raboté en se privant du col de Néronne dans l’approche et en abordant le Puy Mary-Pas de Peyrol par une route moins abrupte qu’il y a deux ans. Le terrain n’y perd ni en vallonnements ni en esthétisme, éléments que conjugue justement le col de la Griffoul, qui marque le début de l’élévation au-dessus des 1 000 mètres d’altitude, une hauteur avec laquelle les coureurs joueront à saute-mouton durant les 70 derniers kilomètres.

La trilogie Puy Mary-Pertus-Font de Cère est une offrande faite aux grimpeurs et/ou puncheurs peu comptables de leurs efforts.

La véritable montée en pression épousera les contours de la vallée de Brezons, cœur sauvage et bucolique du Cantal, lente progression en faux plats vers le Puy Mary à partir de Lavigerie. Francis Cantournet, « monsieur critérium de Marcolès », a prévenu : « On est toujours en prise, même avant le début officiel de l’ascension ». Nouveau versant, repères bouleversés, le Puy Mary demeure un redoutable tremplin servi par ses deux derniers kilomètres en lacets à 9 % qui débouchent sur une vue panoramique de la vallée de la Dienne. Le cadre est inspirant, la pente aussi. Peuvent-ils réserver une séquence de course de la même intensité qu’il y a deux ans, lorsque Tadej Pogacar avait allumé un sacré « pétard » à 500 mètres du sommet (à 31,5 km de l’arrivée), obligeant Jonas Vingegaard à une folle poursuite qui n’avait pris fin qu’au sommet du Pertus quinze kilomètres plus loin, après avoir pourtant compté 30’’ de débours en attaquant la montée ? Comme en 2024, la trilogie Puy Mary-Pertus-Font de Cère est une offrande faite aux grimpeurs et/ou puncheurs peu comptables de leurs efforts.

L’enfilade de descentes exige aussi une haute technicité. Primoz Roglic peut en témoigner, lui qui s’était sorti du tracé tout seul dans la plongée de Font de Cère, en vue de l’arrivée. C’est la cinquième fois de l’histoire qu’une étape du Tour s’achève au Lioran. Pour son baptême en 1975, l’étape avait lessivé une bonne partie du peloton, vaincu par la forte chaleur et la distance : 260 km depuis la ville-départ d’Albi. En prenant la deuxième place de l’étape, le quintuple vainqueur du Tour, Eddy Merckx, ignorait qu’il était un Maillot Jaune en sursis avant de vivre, trois jours plus tard, le premier acte de son déclin définitif dans la montée finale de Pra-Loup dans les Alpes.

© Jérôme Prévost/L’Équipe I Les coureurs du Tour de France 2016 dans le Pas de Peyrol, en direction de Puy Mary