Le Tour de France salue Felice Gimondi, un de ses plus jeunes vainqueurs

16 août 2019 - 22:55

CYCLISME - 1965
gimondi (felice) *** Local Caption ***
CYCLISME - 1965 gimondi (felice) *** Local Caption *** © PRESSE SPORTS
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CYCLISME - TOUR DE FRANCE 1965 - 1965
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CIO expo cio cd 3
CYCLISME - TOUR DE FRANCE 1965 - 1965 gimondi (felice) *** Local Caption *** CIO expo cio cd 3 © PRESSE SPORTS

Avant Egan Bernal, Felice Gimondi était le plus jeune à avoir ramené le Maillot Jaune à Paris, à 22 ans, 9 mois et 15 jours, soit précisément trois mois de plus que le Colombien. L’Italien était resté le vainqueur précoce d’un Tour de France 1965 qu’il ne devait pas courir. L’homme, autant que le coureur, avait la classe. Il s’est éteint à l’âge de 76 ans.

À la différence du Bergamasque, né à Sedrina en pleine deuxième guerre mondiale, le 29 septembre 1942, Egan Bernal a participé à un Tour de France, comme équipier de Geraint Thomas (en 2018), entre le Tour de l’Avenir qu’il a remporté et son avènement dans la Grande Boucle. Felice Gimondi, lui, ne devait même pas participer au Tour de France 1965, un an seulement après qu’il eut exposé l’étendue de son talent au Tour de l’Avenir. Mais un coup de fil au légendaire directeur Luciano Pezzi de Bruno Fantinato, coureur de la Salvarani traînant une douleur à un genou, a modifié son destin. Dans la foulée de sa troisième place au Giro remporté par son leader Vittorio Adorni, Gimondi fut appelé pour effectuer ce remplacement au Tour de France, le premier parti d’Allemagne (de Cologne), toujours au service d’Adorni.
C’était le premier Tour de France sans Jacques Anquetil, l’année suivant sa cinquième victoire. Il était promis à Raymond Poulidor et la chronique ne fit d’abord grand cas de la prise de pouvoir de ce débutant italien, vainqueur de la troisième étape qui s’achevait à Rouen… chez Anquetil, comme un clin d’œil de l’histoire. Démontrant que le Tour de France ne se gagnait pas systématiquement en montagne, Gimondi, qui laissa tout de même un intermède de deux jours au Belge Bernard Van de Kerkhove auquel il avait ravi une première fois le Maillot Jaune, repoussa les assauts de Poulidor au Mont Ventoux et remporta les deux derniers contre-la-montre, au Mont Revard et à Paris, pour cumuler 2’40’’ d’avance, au final, sur le populaire Français.
Plus tard dans sa carrière, Felice Gimondi a connu les années de domination d’Eddy Merckx mais il a été le deuxième, après Jacques Anquetil, à inscrire son nom au palmarès des trois Grands Tours (Giro 1967, 1969 et 1976 ainsi que la Vuelta en 1968), et seul Anquetil compte un podium de plus que lui sur les courses de trois semaines : 13. Gimondi en a douze, comme Merckx et Hinault, ainsi qu’un championnat du monde (1973) et un très long palmarès qui comporte aussi Paris-Roubaix 1966.
Après sa carrière, Felice Gimondi a représenté les cycles Bianchi et développé son activité jusque dans le VTT. Il a accompagné Marco Pantani sur le podium du Tour de France 1998. Entre eux deux, 33 ans s’étaient écoulés sans qu’aucun Italien ne s’impose. C’était un homme d’une grande cordialité, ambassadeur de sa marque et de son sport, grand ami d’Eddy Merckx après avoir été son rival. Le Tour de France et le monde du cyclisme pleurent un gentleman et présentent leurs condoléances à sa famille et à ses proches.

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