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La course
 
Dimanche 7 novembre 2004
Étape 11 | Kombissiri > Ouagadougou - 85 km   Etape précédente    
 
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© Copyright A.S.O.L'heure était à l'émotion à la fin de cette traditionnelle étape finale à Ouagadougou, devant le palais présidentiel. Sur son vélo rafistolé et ressoudé par ses soins, qu'un blanc d'Abidjan avait eu l'indélicatesse de lui vendre « en l'état » à l'époque où il s'était expatrié en Côte d'Ivoire, Abdul Wahab Sawadogo est devenu le premier Burkinabè vainqueur du Tour depuis Ernest Zongo en 1997. Encore unis dans cette dernière étape, les étalons Burkinabè ont la fierté supplémentaire de voir leur capitaine historique Saïdou Rouamba terminer son 16ème Tour avec le maillot vert. L'étape est quant à elle remportée par l'Angolais Marcio Mucanza, qui confirme après sa victoire à Yako ses excellentes dispositions.
 
Le film de l'étape
Un plan pour J.Ouedraogo
© Copyright A.S.O.Bien que les Burkinabè aient monté un plan secret pour tenter de faire monter sur le podium Jérémie Ouedraogo, qui comptait deux secondes de retard sur le 3ème du classement général au départ de Kombissiri, l'enjeu majeur de ce Tour du Faso était déjà réglé. Denis Flahaut, qui avait mathématiquement une possibilité de récupérer à la fois les maillots vert et blanc, était bien trop « marqué à la culotte » pour pouvoir s'échapper et s'était résigné à terminer le Tour avec ses trois victoires d'étape en poche.

Cuylits toujours d'attaque
En revanche, tout était envisageable pour la victoire finale à Ouagadougou,© Copyright A.S.O. ce qui explique l'allure rapide du peloton dès le début de l'étape. Et pour avoir une chance de s'imposer, il fallait finalement attaquer assez tôt. Après une tentative avortée de six coureurs, qui n'aura duré que quelques kilomètres, Leon Van Strien, Jean Ilboudo, Abdoulaye Sessouma et Gunter Cuylits sortent du peloton. Rejoints par Yann Baefcop et José Pires, puis par Abdoulaye Thiam, Ahmed Ouedraogo et Marcio Mucanza, c'est dans cette configuration, avec 35'' d'avance, que la course se présente à l'entrée dans le circuit de Ouaga, à parcourir dix fois.

25'' à la cloche
© Copyright A.S.O.La sélection se fait au fil des tours et après le 3ème passage sur la ligne d'arrivée, ils ne sont plus que huit, mais le rythme ayant durci, l'avance est passée à 1'20'' sur le peloton. L'attaque décisive a lieu à 5 tours de l'arrivée, sous l'impulsion de deux des principaux animateurs de ce Tour : Marcio Mucanza et le porteur du maillot rose Gunter Cuylits s'échappent, tandis que leurs ex-compagnons d'échappée se relèvent. À la cloche, soit à 4,5 km de la ligne d'arrivée, il ne reste plus que 25'' d'avance au duo de tête. Ce sera suffisant pour finir détaché, la bataille se jouant au sprint à l'avantage de l'Angolais Mucanza. Immédiatement derrière, le peloton arrive groupé, ce qui permet à Saïdou Rouamba de conserver le maillot vert et à Malick Thiam de rentrer au Sénégal avec le maillot blanc récompensant le meilleur jeune.
 
L'Afrique est en marche

© Copyright A.S.O.Les grandes révolutions peuvent parfois naître d'un déclic dont la portée n'est pas perceptible au moment où il se produit. La victoire d'Abdul Wahad Sawadogo sur le Tour du Faso 2004, et plus généralement le niveau observé chez les équipes africaines durant ces deux semaines, pourraient de la même manière se révéler comme le départ d'une nouvelle ère du cyclisme africain. Sur le plan des résultats, la progression est nette : le maillot jaune revient à un Burkinabè, mais on peut aussi constater que trois d'ente eux sont dans le Top 10. Saïdou Rouamba, 9ème au classement général, gagne par ailleurs le maillot vert devant Denis Flahaut, remarquable sprinteur en devenir.

Les contradicteurs ayant la dent dure, on entend parfois que la razzia des Africains s'explique uniquement par le choix d'une sélection révisée à la baisse en ce qui concerne la qualité des équipes européennes présentes sur le Tour. L'option prise par les organisateurs de favoriser une compétition plus équitable, que l'année précédente par exemple, s'est toutefois révélée payante en termes de confrontation et de qualité sportive. Les chiffres sont une fois de plus parlants : A.Wahab Sawadogo a parcouru les 1 177 km du parcours à une vitesse moyenne de 40,638 km/h. À titre de comparaison, la moyenne constatée sur le Tour de l'Avenir cette année, avec il est vrai des difficultés de relief plus importantes (mais une chaleur moins accablante !) était de 40,597 km/h. Si le parallèle reste hasardeux, l'évolution de la vitesse ne trompe pas sur celle des capacités athlétiques des coureurs africains, comme l'explique Saïdou Rouamba, déjà présent sur le Tour en 1989 : « les progrès sont énormes, à l'époque nous tournions à des moyennes de 33 à 36 km/h, il est évident que nous sommes beaucoup plus compétitifs maintenant », se réjouit l'ancien.

© Copyright A.S.O.Si le Burkina, qui organise la plus grande course à étapes africaine, est naturellement la locomotive du continent sur le terrain, les progrès ne se limitent pas aux coureurs burkinabè. Jean-Marie Leblanc, qui est venu assister aux quatre dernières étapes, se réjouit d'ailleurs de l'évolution en marche qu'il a pu apprécier : « Par rapport aux éditions précédentes, je trouve que le niveau général s'est réellement élevé, tans sur le plan physique que tactique. Désormais, ils savent comment mener une course d'équipe, construire une stratégie, et tout cela a été rendu possible par la qualité des confrontations que nous pouvons organiser ici avec les européens. On remarque d'ailleurs qu'au-delà des Burkinabè, les Angolais sont eux-aussi très compétitifs (2 victoires d'étape) et les Sénégalais prometteurs (maillot blanc pour Malick Thiam) ».

Mais la question du fossé qui séparent les Africains de l'élite européenne reste entière. Par exemple, la participation d'un coureur africain au Tour du France, qui relevait du fantasme il y a quelques années, n'est plus aussi surréaliste. Si l'on connaît désormais leurs qualités de rouleurs, il est difficile de parier sur leurs capacités à franchir des cols et à s'adapter au rythme européen : « pour en savoir plus, il va falloir que nous permettions à quelques-uns d'entre eux de venir plus régulièrement et plus longtemps en stage avec des équipes françaises », suggère le Directeur de l'épreuve, Laurent Bezault. Côté Burkinabè, l'enthousiasme de mise à Ouaga autorise à Sawadogo des perspectives très optimistes : « je pense que dans cinq ou six ans, un ou plusieurs coureurs burkinabè pourront avoir leur place dans le peloton du Tour de France », s'emporte le vainqueur, emmenant dans son élan son aîné, Saïdou Rouamba. Jean-Marie Leblanc, un peu plus patient sur l'échéance, ose lui-aussi un pronostic encourageant : « il se peut très bien que cela se produise dans une dizaine d'années ». Rendez-vous est pris pour 2014.
 
Classement général aux temps A.Wahab Sawadogo
Classement général aux points Saïdou Rouamba
Classement général des sprints intermédiaires Gunter Cuylits
Classement général du  meilleur jeune Malick Thiam
Classement général UEMOA A.Wahab Sawadogo
Classement du 1er africain A.Wahab Sawadogo
Classement général du plus combatif Gunter Cuylits
 
 Étape
Individuel temps
Individuel points
Équipe
 
 Général
Individuel temps
Individuel points
Équipe
 
1 Mercredi 27 octobre 136 km 
 Kokologo > Boromo
2 Jeudi 28 octobre 74 km 
 Boromo > Houndé
3 Vendredi 29 octobre 121 km 
 Orodara > Sikasso
4 Samedi 30 octobre 96,5 km 
 Sikasso > Orodara
5 Dimanche 31 octobre 121 km 
 Bobo Dioulasso > Bobo Dioulasso
6 Lundi 1er novembre 156,5 km 
 Pa (Sabou) > Koudougou
R Mardi 2 novembre
 Ouagadougou
7 Mercredi 3 novembre 100,5 km 
 Ouagadougou > Yako
8 Jeudi 4 novembre 74 km 
 Yako > Ouahigouya
9 Vendredi 5 novembre 180 km 
 Gourcy > Ziniaré
10 Samedi 6 novembre 96 km 
 Linoghin > Pouytenga
11 Dimanche 7 novembre 85 km 
 Kombissiri > Ouagadougou
 Total 1240,5 km 


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