Carrefour de l'Arbre : dernier jeu de massacre (6/7)

actualités30.03.2017Avant-course

CYCLISME. - PARIS - ROUBAIX 2009 - hushovd (thor) - boonen (tom) © Presse Sports

Ce n'est ni le plus long (2100 mètres), ni le plus technique des secteurs pavés classés 5 étoiles... mais c'est le dernier ! Les différentes phases de sélection qui se sont succédées durant 240 kilomètres ont rétréci le groupe de tête à une poignée de coureurs. Il est encore possible de distancer ses rivaux sur un coup de force pour tenter de s'imposer en solitaire. Il resterait alors une petite quinzaine de kilomètres jusqu'au vélodrome de Roubaix.

Sur la trace des pavés…

Chaque semaine, letour.fr s'arrête dans le détail sur l'un des lieux qui ont marqué l'histoire de Paris-Roubaix. La série se poursuit au secteur du Carrefour de l'Arbre, que le peloton emprunte depuis 1958, et dans sa configuration actuelle depuis 1961. La légende prétend que celui qui sort en tête de cette portion est aussi celui qui lève les bras en fin de journée…

La saga du vélo emprunte souvent les chemins de la grande histoire. Dans ce domaine, le secteur du Carrefour de l'Arbre nous renvoie plus de huit siècles en arrière, précisément à la Bataille de Bouvines, qui vit sur les mêmes sentiers les troupes du roi de France, Philippe Auguste, triompher d'une coalition germanique, anglaise et flamande. L'épisode a été décisif pour la redistribution des cartes sur le continent. Et de même, sur Paris-Roubaix le secteur représente la dernière opportunité de bousculer les positions, d'éliminer ses rivaux. C'est bien ce qu'exprime Marc Madiot, double vainqueur (1985, 1991) grâce à des offensives menées sur les lieux : « C'est le dernier morceau qui se fait à la jambe. Si on ne te largue pas là, on aura du mal à te larguer après… si t'es pas trop con ».

Dans la lignée de Philippe Auguste, le conquérant de l'équipe Renault en 1985 a pris au Carrefour de l'Arbre le dessus sur une brochette d'adversaires multinationale, composée des Belges Erik Vanderaerden (tout juste sacré sur le Tour des Flandres), Eddy Planckaert, Jozef Lieckens et Rudy Dhaenens, du tenant du titre irlandais Sean Kelly et de l'Américain Greg LeMond. Six ans plus tard, Madiot applique la même stratégie pour s'attaquer en solo aux 15 derniers kilomètres, après avoir notamment déposé Franco Ballerini et Wilfried Peeters. En principe, seul le plus fort a le cran pour tenter un gros coup du côté de l'Arbre… et son destin s'écrit alors en grand.

Comme Madiot sur les deux moments de grâce de sa carrière, Francesco Moser ou Tom Boonen ont eux-aussi exploité le Carrefour de l'Arbre pour bâtir une partie de leurs victoires. Mais les champs de batailles font aussi des victimes. En 1984, un autre Français, Alain Bondue, se trouvait en position favorable à ce stade de la partie : une chute le priva pourtant de la joute qu'il aurait pu disputer avec Sean Kelly, en route vers son premier titre. C'est le même genre de frustration qu'a connu Thor Hushovd sur les pavés de l'Arbre. Le manque de lucidité, le vacarme des supporters flamands, les 240 km déjà parcourus, et au final une petite faute de trajectoire dans un des derniers virages, projetaient le Norvégien au tapis, laissant Tom Boonen sans rival pour aller chercher son troisième titre. Telle est la cruelle loi du Carrefour de l'Arbre. 

La course en images

photo30/03/2017 

CYCLISME - 1984 - bondue (alain) - Gregor Braun derriere - fonds n/b parution livre paris/roubaix p 114 © Presse Sports

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