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Édito

Trains à prendre…

Les certitudes ne demandent qu’à être contrariées. C’est souvent le cas en cyclisme, où les pronostics peuvent voler en éclats sur un fait de course inattendu, l’initiative peu probable d’un jeune loup du peloton, ou la déroute complète d’un favori réputé intouchable. Paris-Tours s’est bâtie la réputation de classique des sprinteurs, jusqu’à devenir le rendez-vous de fin de saison des finisseurs de l’élite, une ligne à coucher sur son palmarès pour asseoir son statut. Dans la spécialité, un triplé royal passerait par des victoires sur le Lungomare Italo Calvino de San Remo en mars, sur les Champs-Elysées un dimanche de juillet, et sur l’avenue de Grammont une fois l’automne venu.

Le scénario d’un sprint massif devant la Mairie de Tours est pourtant très souvent bousculé. Depuis plus de vingt ans, les attaquants et les sprinteurs se partagent à une égalité quasi-parfaite les victoires. Le vent qui souffle sur les plaines de la Beauce, ou l’opportunité des côtes qui précèdent le final, ont permis à des volontaires comme Jacky Durand, Richard Virenque, Erik Dekker, Frédéric Guesdon ou Philippe Gilbert, sur des registres différents, d’enrayer la mécanique des équipes de sprinteurs. Sur la ligne Paris-Tours, les trains n’arrivent pas toujours à l’heure.

Christian PRUDHOMME