
Huy
194 km
mercredi 18 avril
Grand favori de l’épreuve, à la faveur des deux places de dauphin obtenues sur les deux dernières éditions, Joaquim Rodriguez a répondu présent dans le Mur de Huy, où il a assumé son statut avec autorité. Le travail effectué auparavant par ses équipiers a mis fin aux espoirs des échappés du jour, Dirk Bellemakers, et Anthony Roux, qui rêvait de fêter ses 25 ans par une victoire. Dans le final, « Purito » a achevé la tâche en solitaire, lâchant tous ses rivaux au plus fort de la pente, à 400 mètres de la ligne d’arrivée. Michael Albasini et Philippe Gilbert complètent le podium de l’édition 2012.
Velits et Uran à terre
La pluie et le vent promettent une course nerveuse. C’est le cas dès le départ de la 76ème édition de la Flèche Wallonne, les attaquants éprouvant de grandes difficultés à quitter le peloton. Un premier duo de tête se détache avec Hovelynck (LAN) et Habeaux (ACC), mais réintègre le groupe au km 22. Ratto (LIQ) et Christensen (SAX) ne s’éloignent pas beaucoup plus. Le coureur Danois se retrouve d’ailleurs seul après la crevaison de son partenaire éphémère, au km 31. L’incident intervient juste après une chute qui met notamment à terre Velits (OPQ) et Uran (SKY), et qui provoque également la cassure du peloton. L’équipe Katusha donne du rythme et fait monter la tension de quelques degrés. Après 49 kilomètres de course, une nouvelle chute perturbe la progression de la course, et élimine surtout Jurgen Van de Walle (LTB). Un regroupement général se produit immédiatement après, mettant fin à l’aventure de Christensen.
Bellemakers et Roux à l’avant
C’est au km 55 que le peloton semble accepter le départ de Dirk Bellemakers (Hol-LAN), suivi par Anthony Roux (Fra-FDJ). Sjef De Wilde (Bel-ACC), également inspiré par le projet, se déclare un peu trop tard et navigue en position d’intercalé pendant une vingtaine de kilomètres. C’est dans cette configuration qu’est escaladé pour le Mur de Huy pour la première fois de la journée. Au sommet (km 70,5), le peloton accuse un retard de 3’25’’, qui enfle ensuite jusqu’à 7’10’’ (km 88). Les équipes Lotto-Belisol et Katusha se chargent alors d’augmenter sensiblement l’allure. Sander Armee (TSV) tente une contre-attaque, mais ne parvient pas à se rapprocher à moins de 2’30’’ du duo de tête.
Andy Schleck précipite les débats
Le rapprochement du peloton est déjà bien entamé dans la côte de Bohisseau (km 147), où l’équipe RadioShack passe à l’action. Laurent Didier, dans les derniers mètres de l’ascension, lance son coéquipier Andy Schleck, qui prend une dizaine de secondes d’avance sur le peloton, mais traine dans sa roue Yuri Trofimov (KAT) et Dmitriy Fofonov (AST), en mission pour leurs leaders respectifs. L’initiative est anéantie par le peloton à la faveur d’une longue ligne droite qui précède l’entrée dans Huy, pour la deuxième ascension du Mur.
Hesjedal met la pression
Bellemakers (LAN) et Roux (FDJ) résistent au retour du peloton dans la deuxième montée du Mur, qu’ils terminent avec 35’’ d’avance. Ils préservent même une petite marge jusqu’à la côte d’Amay, qu’ils entament en compagnie de deux contre-attaquants, Visconti (MOV) et Slagter (RAB). L’aventure s’achève au km 178 pour le quatuor récemment constitué. Dans l’ascension de la côte de Villers-le-Bouillet, la pression est exercée par Ryder Hesjedal qui étire le peloton, bascule en tête et s’échappe en compagnie de Lars-Peter Nordhaug. A 5 km de l’arrivée, le duo surveillé de près par la formation Katusha ne bénéficie toutefois que de 11’’ d’avance.
Rodriguez se déclare le premier
Hesjedal et Nordhaug entrent ensemble dans l’ascension finale du Mur de Huy, mais leur marge n’ayant pas évolué, ils sont avalés dès que la pente se raidit, à 800 mètres de la ligne. Les favoris de la course se retrouvent alors pour un moment de vérité. Joaquim Rodriguez se déclare le premier, en dépassa nt Michael Albasini. « Purito » laisse sans réaction le Suisse de Greenedge, mais aussi Philippe Gilbert, qui tente de recoller avec un temps de retrait. Dans les deux cents derniers mètres, l’Espagnol accroît même son écart sur ses rivaux et va cueillir sa première victoire sur une grande classique de printemps.
Quelle sensation éprouvez-vous, après avoir collectionné les deuxièmes places ?
J’aurais toujours voulu échanger toutes mes deuxièmes places contre une victoire. Et finalement je suis allé la chercher. C’est la plus belle de mes victoires, la plus incroyable et la plus désirée. Je suis un amoureux des classiques. J’y ai obtenu tellement de belles places sans jamais gagner qu’aujourd’hui c’est le plus beau jour de ma vie. Il y a une grande différence entre les places d’honneur et les victoires. Spécialement dans notre sport, où l’on ne se contente que de la première place. Ce n’est pas comme en F1, par exemple, où l’on peut célébrer une deuxième position. C’est pour cela que j’ai changé d’équipe. J’ai passé de grands moments à la Caisse d’Epargne, avec Alejandro Valverde. Mais il me manquait un petit plus pour arriver à aller chercher ces victoires.
L’endroit où vous avez placé votre attaque finale a-t-il été minutieusement choisi ?
L’année dernière, c’est juste à cet endroit que Philippe Gilbert avait attaqué, et j’ai pensé à faire la même chose. J’ai un peu douté, en me disant que c’était peut-être un peu loin. Mais dans les 50 derniers kilomètres, je me suis quand même décidé à tenter ma chance là.
En vous regardant, cette victoire a semblé facile…
Cela a peut-être semblé facile, mais ça ne l’était pas. Il a au contraire fallu être très vigilant et très attentif. C’est ce qui s’est passé dans le Mur, mais aussi pendant toute la journée, où mes coéquipiers ont fourni un travail remarquable.
Que pensez-vous de l’état de forme de Philippe Gilbert ?
Je pense que Gilbert est moins fort que l’année dernière. Il était presque imbattable à ce moment. Mais je vois aussi qu’actuellement, il est sur une bonne dynamique. Il est entrain de revenir. Alors nous allons le voir très bientôt à un niveau supérieur.
1. Joaquim Rodriguez (Esp-KAT)
2. Michael Albasini (Sui-GEC)
3. Philippe Gilbert (Bel-BMC)
4. Jelle Vannendert (Bel-LTB)
5. Robert Kiserlovski (Cro-AST)
Le coureur de Katusha a creusé l’écart dans les deux cents derniers mètres pour s’imposer au sommet du Mur de Huy, où il avait terminé deux fois sur la deuxième marche du podium.
Il accélèredans le virage le plus raide, et lâche Gilbert et Vanendert.
Le peloton est revenu à 500 m de l’arrivée.
Mais le peloton n’est plus qu’à une cinquantaine de mètres du duo.