
Saint-Félicien
160 km
mardi 5 juin
Un feu d’artifice a été déclenché en plein jour dans les rues de Saint-Félicien, où Daniel Moreno s’est imposé dans une explication finale à laquelle ont pris part des finisseurs de premier ordre, à commencer par Cadel Evans, qui se trouvait encore en position de « jouer l’étape » en passant sous la Flamme Rouge. A la façon de son capitaine de route habituel Joaquim Rodriguez, le coureur de Katusha a répondu avec tranchant à une attaque de Tony Martin. Julien Simon prend la deuxième place du jour tandis que Tony Gallopin, 3ème sur la ligne, endosse le maillot blanc de meilleur jeune.
Moncoutié entreprenant
L’étape 100 % ardéchoise inspire les attaquants de tous niveaux, candidats en masse à l’échappée du jour. Pauriol (FDJ) et Medevel (SAU) font partie de ceux qui montrent l’exemple, au km 7,5, mais un groupe bien trop imposant se forme autour d’eux avec Wiggins, Boasson Hagen, Rogers (SKY), Gilbert (BMC), Popovych (RNT), Nibali (LIQ), Chavanel (OPQ) et Tankink (RAB). Cette tentative avorte au km 20, mais de nouveaux coureurs se déclarent. Dans la première partie de la longue ascension vers le col de Montivernoux, David Moncoutié emmène dans un premier temps un groupe de 7 coureurs, qui ne se détachent pas significativement. Au kilomètre 39, il parvient toutefois à exploiter la pente pour creuser l’écart, avec seulement trois compagnons de route, Christophe Kern (EUC), Blel Kadri (ALM) et José Sarmiento (LIQ).
Abandon de Fédrigo
C’est dans une voiture que Pierrick Fédrigo, souffrant du genou, termine cette première ascension. Les échappés y sont crédités d’un avantage de 3’20’’, que l’équipe Sky empêche de gonfler (3’45’’ au km 82), en chargeant notamment Edvald Boasson Hagen d’imposer un rythme dissuasif. D’ailleurs, les attaquants franchissent le col de Rochepaule avec un écart réduit à 2’25’’, et qui continue de fondre. Le rapproché du peloton ne contrarie pas totalement les plans de Blel Kadri, qui continue d’engranger les points de la montagne. Mais le passage au col de Lalouvesc, avec seulement 35’’ d’avance sur le peloton, peut susciter quelques inquiétudes dans le quatuor.
Roux en contre-attaque
La montée vers le col de Fontaille donne des idées à Wesley Sulzberger (OGE), qui lance un mouvement suivi par Morabito (BMC), Roux (FDJ) et Mederel (SAU). Mais parmi eux, seul Anthony Roux s’accroche pour rejoindre la tête de course. A 15 km de la ligne d’arrivée, ce poursuivant solitaire pointe à 8’’, et le peloton à 30’’. L’initiative n’est que très relativement récompensée, puisqu’après avoir rejoint l’échappée (km 153), l’aventure se prolonge à peine 2 kilomètres.
Tony Martin, un peu trop tôt
Dans l’explication finale qui se prépare, les coureurs d’Omega Pharma Quick Step sont à la manœuvre. Ils s’occupent par exemple de fondre sur Mikael Chérel, qui a également tenté sa chance en solo. Sous la Flamme Rouge, les Liquigas de Nibali sont directement aux prises avec Cadel Evans. C’est pourtant Tony Martin qui lance, un peu trop prématurément, une accélération à laquelle répond Daniel Moreno. Le coureur de Katusha résiste parfaitement aux retours de Julien Simon et de Tony Gallopin, respectivement 2ème et 3ème de l’étape.
« Je savais que dans le final il fallait suivre Moreno, alors je suis resté dans sa roue. Ensuite lorsque Martin a accéléré, j’étais derrière Van den Broeck, qui a marqué un temps d’arrêt et j’ai laissé partir Moreno, dommage. Depuis le début de la saison, la forme et les résultats commencent à venir. J’ai fait un break après Paris-Roubaix, puis je suis revenu à la compétition en confiance. Je vois aussi que j’ai le soutien de mon équipe, et ça m’aide beaucoup. Au début de la saison, il n’était pas question du Tour de France, et plus on approche plus on me dit qu’il y a des possibilités que je sois dans les neuf retenus. »
« C’était une très bonne étape pour moi, elle correspond à mes capacités, avec un final un peu accidenté. Je ne faisais peut-être pas partie des favoris désignés, mais pour moi j’étais favori. Avec ma victoire sur la Vuelta et celle sur le Tour du Piémont, ce sont mes trois meilleures journées. Aujourd’hui le final était assez difficile et nerveux ».
Le leader de Cofidis ne parvient pas à suivre le rythme imposé par le peloton, tout comme Bernaudeau et Doi.
Il y a maintenant Bouet, Cherel (ALM), Moncoutié (COF), Pauriol (FDJ), Marzano (LAM), Feillu (SAU) et Geniez (ARG), qui roulent avec 5’15’’ de retard sur la tête de course.
Juan Jose Cobo notamment peine à suivre le rythme.
Les deux premiers poursuivants de l’échappée pointent à 5’30’’, et sont suivis d’un autre groupe d’intercalés composé de Pauriol (FDJ), Marzano (LAM), Feillu (SAU) et Geniez (ARG).
Le coureur d’AG2R La Mondiale est sorti du peloton au début de l’ascension.