Guide touristique

Étape 4 : LorientMûr-de-Bretagne - 172.5 km
mardi 5 juillet
Etape 4
 

Née au XVIIe siècle de la Compagnie des Indes, Lorient est devenue en ce début de troisième millénaire la ville-centre de la troisième agglomération de Bretagne. Détruite lors de la Seconde guerre mondiale, la ville a su se reconstruire tout en restant fidèle à ses origines et en conservant une ouverture sur le monde.

Lorient, c’est avant tout une façade maritime avec un tissu économique tourné vers des activités liées à la mer, au commerce et au tourisme. La ville et l’agglomération puisent dans l’océan la force pour développer les activités portuaires et navales, pour redonner vie à un site comme l’ancienne Base de sous-marins, avec la Cité de la Voile Eric Tabarly et l’émergence d’une filière dédiée au nautisme de renommée internationale ou encore pour faire germer de nouveaux projets (stade vélodrome couvert prévu en 2014). Port d’attache de célèbres navigateurs, Lorient accueille de grandes courses de voile comme la Solitaire du Figaro, le Tour de France à la voile et en 2012 la prestigieuse Volvo Ocean Race.

Lorient, c’est aussi une terre de partage et d’échange qui s’exprime, avec vitalité et créativité, à travers le sport, la culture et plus de 550 associations. Chaque été, le Festival Interceltique, offre à plus de 650 000 visiteurs une chaleureuse escale culturelle en terre celte. Le sport est aussi une valeur lorientaise, notamment avec le cyclisme et le football. L’attractivité de la ville et de son agglomération est notamment renforcée par la renommée sportive de son club phare de football évoluant en Ligue.

1. L’ensemble de la démarche a été récemment récompensée par le Challenge l’Equipe 2010 qui a élu Lorient ville la plus sportive de France.

LE BAGAD DE LANN-BIHOUÉ

Le bagad de Lann-Bihoué approche de ses soixante ans et il ne semble pourtant pas près de prendre sa retraite. Fondé en 1952 par quelques marins bénévoles se réunissant sur leur temps libre, cet orchestre traditionnel de musique bretonne a résisté au temps, aux époques et même aux mutations de l’Armée. Sans doute le corps le plus bruyant de la Grande muette, l’ensemble d’une trentaine de sonneurs est désormais une formation professionnelle, qui signe avec l’Armée des contrats d’un an renouvelables trois fois.

Célébré par une chanson d’Alain Souchon et attraction obligée du festival interceltique de Lorient, le bagad a cependant connu quelques remous : un an après mai 1968, sur décision du ministre de la Défense Michel Debré, il fut tout simplement supprimé. Le tollé fut tel que l’ancien Premier ministre dut revenir sur sa décision et réintégrer cette formation, officiellement incorporée dans la Marine nationale en 1956. La suppression du service militaire et le passage à l’armée de métier fit à nouveau planer une menace sur l’existence du bagad mais, cette fois encore, la pression des élus et de nombreux gradés eut raison des doutes de la hiérarchie.

C’est en 1977 qu’Alain Souchon enregistra la chanson qui relança la popularité du bagad. Contrairement à la légende, l’ensemble ne joue pas sur le titre, avec lequel le chanteur finit par se produire en 1989.

Trente ans après avoir composé cet hommage, Alain Souchon se produisit à nouveau avec le bagad à l’occasion de son 55e anniversaire, fêté lors du festival interceltique de 2007.

RIVIÈRE ET « L’AFFAIRE DE LORIENT »

Lorient a longtemps inspiré les aventuriers en partance pour des transats prestigieuses. Le port breton a également contribué à l’écriture de belles pages de l’histoire du Tour, au cours des huit arrivées d’étapes qui s’y sont tenues.

La plus belle et la plus controversée des arrivées à Lorient fut sans conteste celle de 1960, où le Tour se joua en partie. Pour les observateurs, vite édifiés par l’abandon rapide de Federico Bahamontes, la course était promise à un des deux leaders français, Roger Rivière et Henri Anglade. Dire que les deux hommes se détestaient serait un euphémisme : Rivière avait remporté le prologue et c’est Anglade qui l’avait délesté du maillot jaune dans la 6e étape. Furieux, le Stéphanois, qui avait comploté l’année précédente avec Anquetil contre le petit « Napoléon » de l’équipe de France – une sombre histoire de gros sous –, décida de désarçonner définitivement son coéquipier et rival. Il porta l’estocade sur les routes de Normandie et de Bretagne pour décramponner Anglade. Le succès de son entreprise dépassa ses espérances : Rivière parvenait à Lorient avec 14 minutes d’avance sur le gros du peloton, flanqué de trois compères, Gastone Nencini, Jan Adriaenssens et Hans Junkermann. La course semblait jouée et ne plus pouvoir échapper à l’un des quatre hommes, et plus particulièrement à Roger Rivière, sans doute le meilleur du lot. C’était oublier la ténacité et le talent de Gastone Nencini, qui ne fléchissait pas, et surtout la cruauté du destin. Lancé dans une descente sans doute inconsidérée sur les contreforts du mont Aigoual, le coureur français le plus doué mais le plus fantasque de sa génération terminait sa carrière au fond d’un ravin. Le drame éclipsa aussitôt ce que la presse avait appelé « l’affaire de Lorient ». Et pourtant, Anglade avait prévenu : « Rivière finira par tomber ».

1666 Création d’un chantier naval en amont de Port-Louis pour le compte de la Compagnie des Indes Orientales au lieu dit Le Faouëdic. Le premier bateau construit est le Soleil d’Orient, qui donne son nom au lieu : l’Orient.
1720 La ville nouvelle atteint les 20.000 habitants.
1729 Début de la traite des Noirs.
1770 Le Roi rachète la ville et en fait un arsenal militaire.
1920 Création du port de pêche de Kéroman.
1941 Les Allemands installent à Lorient leur plus grande base de sous-marins.
1943-44 La ville est rasée par les bombardements alliés.
1945 Reddition de la Poche de Lorient.
1971 Le festival interceltique s’installe à Lorient.
1991 Disparition de la dernière baraque issue des cabanes en bois où s’installe la population dans la ville après la Guerre.
Mai 2008 ouverture de la Cité de la Voile Éric Tabarly.
Juin 2012 Lorient accueille l’étape française de la Volvo Ocean Race.
2014 Inauguration prévue d’un stade vélodrome couvert à Lanester.

La Cité de la Voile Éric Tabarly

Elle est installée, depuis 2008, sur le site de l’ancienne base de sous-marins qui était la plus grande d’Europe. C’est à la fois un lieu d’exposition permanente, un centre de ressources, un espace d’animations et depuis 2010 ouverture d’un espace muséographique autour du sous-marin « La Flore » avec un musée sur les épaves, la plongée, la vie des sous-mariniers pendant la guerre… C’est également le port d’attache des Pen Duick et de Tara océan (expédition scientifique partie effectuer des prélèvements de planctons sur tous les océans pendant 3 ans et ce depuis septembre 2009).








Dix fois ville étape
Sous-préfecture du Morbihan (56)
Population : 60 000 hab. (Lorientais, Lorientaises), 200 000 hab. dans la communauté d’agglomération (19 communes)
Économie : pêche, agro-alimentaire, construction navale, tourisme, TV Breizh, Commission régionale du film pour la Bretagne
Personnalités : Irène Frain (écrivain), Eric Tabarly - Alain Gautier (navigateur), Yoann Gourcuff, Marie Dorval, Auguste Brizeux
Sports : FC56 Lorient (football), 1ère école de voile en France à Kerguelen
Spécialités : galettes, crustacés, poissons, cidre AOC
Devise : Ab oriente refulget (« C'est de l'Orient qu'elle resplendit »)
Festivals : Festival interceltique de Lorient (40 ans en 2011), Les Indisciplinés.
Labels : ville d’art et d’histoire, ville fleurie (3), ville Internet 4@, ville amie des enfants, ville ambassadonneur (don du sang), ville la plus sportive de France en 2010 (Challenge L’Equipe)
 

Département du Morbihan (56)

Préfecture : Vannes
Sous-préfectures : Lorient, Pontivy
Population : 710 000 hab.
Site web : www.morbihan.fr

Ce département illustre parfaitement le contraste entre la côte (Armor) et la région intérieure (Argoat). C’est aussi un pays de landes : les Landes de Lanvaux occupent la partie centrale. La zone côtière est la plus riche et la plus active : tourisme (Carnac, La Trinité-sur-Mer), thalassothérapie (Quiberon, Golfe du Morbihan), pêche, conserverie, constructions mécaniques, culture des primeurs.

Sa vocation maritime est manifeste jusque dans son nom de petite mer (mor bihan), tiré du Golfe. Sur la côte sud de la Bretagne, le département offre près de 905 km de côtes très échancrées alternant côtes rocheuses, rivières, estuaires et grandes plages de sable fin. N’oublions pas ses 42 îles, aussi superbes que dépaysantes, dont les plus célèbres sont Houat, Hoëdic, Belle-Ile-en-Mer ou Groix.

À l'intérieur, on découvre un chevelu de rivières et cours d'eau et de nombreux massifs forestiers issus de la légendaire forêt de Brocéliande. En plus de son riche patrimoine maritime et naturel, le Morbihan s'enorgueillit des nombreux vestiges de son passé : sites mégalithiques mystérieux, chapelles, calvaires et grands édifices religieux comme Sainte-Anne d'Auray, où vint se recueillir le Pape Jean-Paul II. Sans oublier cet incroyable patrimoine historique, ses petites cités de caractère, ses ruelles moyenâgeuses, ses magnifiques châteaux, ses moulins, ses légendes. Ses 710 000 habitants sont concentrés autour des agglomérations de Lorient (120.000 h) et de Vannes (60.000 habitants).

Chefs-lieux d’arrondissement : Lorient et Pontivy

KM 15,5 : PLOUAY (5.230 h)

Plouay est un des hauts lieux du cyclisme breton, grâce au Grand-Prix organisé chaque année au mois d’août et qui fêtera cette année son 80ème anniversaire. Le circuit Jean-Yves Perron, baptisé du nom de l’ancien vice-président du comité des fêtes à l’origine de l’épreuve, a aussi vu Laurent Fignon devenir champion de France en 1984, avant d’accueillir le championnat du monde sur route 2000, revenu au Letton Romans Vainsteins. Organisé par quelque 600 bénévoles, le Grand Prix de Plouay attire chaque année près de 300.000 personnes pendant le week-end de la mi-août. Parmi les vainqueurs du Grand Prix de Plouay, on notera les noms de Jean-Marie Goasmat, Jean-Pierre Danguillaume, Cyrille Guimard, Gilbert Duclos-Lassalle (à deux reprises), Sean Kelly, Ronan Pensec, Didier Rous, George Hincapie, Thomas Voeckler, le vainqueur 2010 n’étant autre que l’Australien Matthew Goss, vainqueur cette année d’une étape de Paris-Nice et de Milan-San Remo.


A VOIR

Le domaine de Manehouarn est un parc de 48 hectares avec son château édifié en 1758. L'ensemble intégré à l'agglomération est devenu propriété communale en 1985. Son parc offre de nombreux circuits de randonnée accessibles à pied ou à vélo. Des aires de jeux pour enfants, un terrain multisports et un skate parc sont à la disposition du public.
De nombreuses manifestations sportives ou culturelles sont organisées chaque année dans le parc, telles le printemps de Manehouarn, concours hippiques, triathlons...


 

Département du Finistère (29)

Préfecture : Quimper
Sous-préfectures : Brest, Châteaulin, Morlaix
Population : 890 000 hab.
Site web : www.cg29.fr

Le Finistère est situé à l'extrémité ouest de la Bretagne. Il est bordé au nord, à l'ouest et au sud par la Manche et l'océan Atlantique. Premier département côtier de France, il compte 118 communes littorales sur 283, soit plus d'un dixième des communes littorales françaises, et 1.250 km de côtes, soit près d'un quart du littoral français.

Très urbanisé, puisque 70 % de ses 890.000 habitants vivent en zone urbaine (Brest : 210 000 h, Quimper : 80 000 h), c’est un département aux nombreux attraits touristiques. Dans les musées, les châteaux, les phares, le Finistère conte l'histoire d'un des départements les plus singuliers de l'Hexagone, le plus « maritime » incontestablement.

Le patrimoine naturel est lui aussi remarquable, que ce soit dans le Parc naturel régional d'Armorique (PNRA) ou à la célèbre Pointe du Raz. Biscuiteries, conserveries ou cidreries, serres et criées, « marché au cadran » sont les preuves vivantes d’une vitalité économique à échelle humaine. De l'imprimerie à la transformation des algues, de la production d'huîtres à la torréfaction de café, de la culture de la fraise à la restauration de textiles anciens, ce sont des savoir-faire ancestraux qui s’expriment en Finistère...

Ancré historiquement dans l'agriculture, l'agroalimentaire et la pêche, le département a bénéficié du dynamisme de ses chercheurs et de ses acteurs économiques. Il a ainsi pu innover dans des secteurs de pointe comme l'électronique, l'aéronautique ou la construction navale.


KM 32 : QUIMPERLÉ (11.000 h)

Aux Portes du Finistère, Quimperlé se met en scène; nichée à la rencontre des rivières au pied de ses collines qui comme des tours de garde protègent le quartier historique.

C’est sur un fond de ria, classique en Bretagne, que naît une petite agglomération portuaire au temps des Romains. Après la destruction par les Vikings de celle que l’on aurait appelée Anaurot, l’événement à l’origine de Quimperlé se produit au milieu du XIe siècle avec la fondation de l’Abbaye Sainte Croix. Depuis lors, Quimperlé a participé à tous les événements de l’histoire du duché. Elle est ravagée par Du Guesclin à la suite de la Guerre de Succession de Bretagne au XIVe siècle. Mais la ville favorisée par les Ducs se reconstruit. Au XVIIe siècle, les hôtels particuliers se multiplient tandis que s’étend l’emprise des couvents. À la Révolution, avec plus de 4 000 habitants, Quimperlé est une ville importante. Si sa rivière Ellé cesse d’être une limite administrative, Quimperlé reste une ville de contact entre Morbihan et Finistère. Sous-préfecture de 1800 à 1926, Quimperlé devient alors un centre économique actif et s’industrialise. L’arrivée du train en 1862 signe la ruine du port. À la fin du XIXe siècle, de grands travaux d’urbanisme, engagés sous l’impulsion de son sénateur maire Alexis Savary, adaptent la ville à la modernité. Pendant cette période, Quimperlé contribue largement à la diffusion de la culture bretonne par l’intermédiaire de ses enfants : Dom Morice, père d’une monumentale Histoire de Bretagne, Matilin an Dall, le sonneur de bombarde le plus illustre de tous les temps, et Théodore Hersart de la Villemarqué, poète auteur du « Barzaz Breiz », œuvre qui a révélé la qualité et la puissance de la littérature orale de Bretagne. Le cadre pittoresque de la cité a attiré également de nombreux peintres et graveurs depuis la fin du XIXe siècle.

Quimperlé est aussi la ville où Sarah Bernhardt passa une partie de son enfance.


A VOIR

L'église abbatiale de Sainte-Croix a été construite à la fin du XIe siècle. Ce monument est remarquable par son plan cruciforme et circulaire et l'ampleur de ses volumes. L'écroulement du clocher (du XVIIe), le 21 mars 1862 a entrainé la destruction d'une partie de l'église et sa reconstruction à l'identique. Les bâtiments conventuels et le cloître sont aujourd'hui occupés par la gendarmerie.

La Maison des Archers
Belle maison bourgeoise de 1550 environ, restaurée par un ancien président de l’office de tourisme, elle accueille des expositions temporaires. A côté, sans doute la plus ancienne maison de Quimperlé, ancienne échoppe ayant conservé son étal de pierre.

La chapelle de Lothéa : Datant du Xe siècle, elle s’effondra en 1957 e fait depuis les années 90 l’objet d’une belle restauration.


KM 38,5 : MELLAC (2 600 hab.)

Le manoir de Kernault.
Aux XVe et XVIe siècles, le manoir fleurit en Bretagne : plus petit qu'un château mais plus grand qu'une maison, le manoir était le cœur d'un vaste domaine agricole. Classé Monument Historique, propriété du Conseil Général du Finistère, Kernault est un des plus beaux exemples de cette époque. Son logis et ses dépendances, dont une chapelle et un commun à pans de bois, témoignent de la puissance de ses propriétaires et de leur rôle prépondérant dans l'histoire et l'économie de Mellac.

Le manoir dispose d’un grenier exceptionnel du XVIIe siècle, qui se distingue par sa dimension imposante et son architecture à pans de bois, rare en milieu rural. Rapidement utilisé comme grenier, ce grand commun permettait de stocker en grande quantité (jusqu'à 18 tonnes) les céréales provenant des récoltes et des rentes prélevées en nature auprès des trente fermes du domaine. Le propriétaire de Kernault pouvait ainsi spéculer et acheter par exemple du vin de Bordeaux : le port de Quimperlé était à l'époque un port fluvial animé.


KM 47,5 : SAINT-THURIEN (800 h)

Saint-Thurien est le village du coureur professionnel Jean-Marc Bideau, de l’équipe Bretagne-Schuller.


KM 58 : SCAËR (5 200 hab.)

Située au pied des Montagnes Noires, la commune de Scaër s'étend sur 12 000 hectares. C'est la plus grande commune de Bretagne par sa superficie. « Station verte de vacances » au coeur de la campagne bretonne entre Armor et Argoat, ce pays fut jadis conté par le poète Auguste Brizeux. Ici le tourisme vert prend tout son sens. Scaër, le pays aux cent chemins, 600 hectares de forêts, dont 350 hectares de forêt domaniale aménagée et protégée. Trois rivières serpentent dans les terres scaëroises : le Ster Goz, l'Aven, et l'Isole. Le patrimoine est riche, la commune compte pas moins de huit chapelles, des stèles mégalithiques, le menhir de Saint Jean, dixième du genre par sa hauteur, le Grand Champ où trône un chêne remarquable, mais aussi les calvaires, les fours à pain, les moulins et les lavoirs...

Scaër organise toutes les années impaires une pittoresque cavalcade, un défilé de chars qui rivalisent d’originalité.


A VOIR

Le menhir de Saint-Jean
D'une hauteur d'environ sept mètres, il est classé dixième menhir de France et du monde. Aujourd'hui isolé, ce menhir faisait partie autrefois d'un ensemble mégalithique s'étendant sans doute jusqu'au village de Neuziou, la trace de cet ensemble est encore attestée par la présence de grandes pierres affleurant le sol. Un autre menhir long de 6 m est couché à 250 m du premier, et en 1907, on signalait la présence d'un troisième monolithe aujourd'hui disparu.

Manoir de Kergoaler
Le Manoir de Kergoaler est construit en 1718 par Jean Corentin du Couëdic de Kergoaler. Propriété privée, il occupe l'emplacement de châteaux ou de manoirs qui se sont succédé depuis Raoul de Couëdic, connu en 1370. En 1830, trois tours et un corps de logis, très inspiré par les modèles de château anglais, sont adjoints au manoir


KM 80 : LAZ (750 hab.)

Du Signal de Laz (240 m d’altitude), le panorama est superbe et la vue s’étend sur toute la vallée de l’Aulne. La forêt couvre la pente de la Montagne Noire et donne à cette région un caractère montagnard par son climat et sa végétation. L’église du bourg fut reconstruite par l’architecte Isaac Roblon en 1729. Le clocher, extérieur et dépourvu de flèche, fut achevé en 1827.

L’église de Laz contient deux retables assez exceptionnels : au Sud, l’autel du Rosaire et son retable en haut-relief, et au Nord l’autel des Trépassés avec la représentation en bas-relief du Purgatoire. Le retable du Rosaire, exécuté sur les plans de François Favennec de Pleyben, date du XVIIe siècle. C’est un retable « lisse », sans colonnes dégagées, d’une élégance raffinée dans l’ornementation. La restauration des années 1980 a permis de dégager en fond, la représentation de la bataille navale de Lépante du 7 octobre 1571. Ce jour-là, la flotte chrétienne, placée sous l’invocation du Rosaire, triompha des Turcs. Le retable placé au-dessus de l’inquiétant autel des Trépassés est sans doute l’un des plus beaux purgatoires du Finistère. Il s’ordonne sur trois registres : en bas une zone rouge, les flammes de l’Enfer, la zone intermédiaire blanche où flottent quelques nuages et la partie supérieure où trône la Sainte Trinité.

HISTOIRE D’UN BRIGAND
En janvier 1592, le brigand Guy Eder de la Fontenelle, après avoir écumé la région de Saint-Brieuc, s'installe dans la forêt de Laz avec une troupe de 400 hommes. Cette forêt était réputée dangereuse pour les voyageurs. Vols de bestiaux, de meubles, de deniers, viols, rapines diverses, incendies exaspèrent vite les habitants de la région de Châteauneuf-du-Faou. François Hervé, député de cette ville aux Etats de la Ligue, envoie une plainte au duc de Mercœur. Le 20 mars 1592, La Fontenelle entre par surprise dans une auberge de Vannes, le « Logis de la Tête Noire », où se tient une réunion des députés aux Etats de la Ligue et menace d’égorger les convives. Mais le duc de Mercœur, prévenu, fait arrêter le brigand, qui est vite libéré et recommence ses exactions en forêt de Laz avant d'oser attaquer en 1593 à coups de canons la forteresse du Granec en Landeleau où il s'installe pour un temps. Plus d'un millier de paysans viennent alors assiéger pendant huit jours son repaire, profitant de l'absence du bandit parti guerroyer du côté de Morlaix. De retour une nuit, il massacre 800 paysans. Il sévit ensuite du côté de Carhaix, en compagnie de son émule, le capitaine-bandit Yves du Liscouët, terrifiant personnage qui, la main tranchée lors d'une bataille, « s'en fit placer une de fer, à ressorts, si habillement exécutée qu'il s'en servait comme d'une main naturelle pour manier l'épée ».

LES MONTAGNES NOIRES sont une chaîne de montagnes en Bretagne, relativement étroite et de faible altitude, composée principalement de grès dur et de quartzite, qui s'étire d'ouest en est depuis le voisinage de Châteaulin jusqu'aux environs de Glomel. La chaîne sépare la dépression de Châteaulin et du Poher au nord de la plate-forme méridionale bretonne au sud. Elle culmine selon les uns au Menez Hom (330 m) ou, selon les autres, au Roc Toullaëron (318 m), situé sur la commune de Spézet.


KM 85,5 : ST GOAZEC (700 hab.)

Le château de Trévarez, surnommé le « château rose », est l'un des derniers châteaux construits en France. Il fut édifié sur le flanc nord du Roc'h An Aotrou dans les Montagnes Noires, au tournant des XIXe et XXe siècles par l'architecte Walter-André Destailleur à la demande de James de Kerjégu, président du conseil général du Finistère. Celui-ci décida d'inclure dans son projet toutes les améliorations techniques de son temps : chauffage central, eau chaude à tous les étages, toilettes modernes, ascenseur. James de Kerjégu fit profiter de ce confort inhabituel pour l'époque aux domestiques du château. Il mourut peu après l'achèvement des travaux, et ce fut sa fille, Françoise accompagnée de son mari, le marquis de La Ferronays, qui logea au château. En 1941, le château fut réquisitionné par les forces d'occupation allemandes. Il fut bombardé par la RAF le 30 juillet 1944 sur des renseignements de la résistance française. Abandonné depuis, il fut vendu en 1968 au conseil général du Finistère qui le restaure progressivement et entretient le parc alentour. Le domaine est labellisé « Jardin remarquable ».

Le château est édifié en granit de Kersanton et en brique, et a été sélectionné pour son architecture à l'Exposition universelle de Chicago de 1904. Ont été inscrits monument historique le 6 avril 2009, le manoir, la ferme expérimentale, les communs ainsi que les stalles conservées des écuries, le logis, la chapelle des deux maisons de fonction, les chenils ainsi que le pavillon de garde de Cavarno.

L'allée couverte de Castel-Ruffel a été élevée au Néolithique. Lors de fouilles archéologiques du début du XXe siècle, le baron Halna du Fretay découvre sur ce site quinze pointes de flèche et un épieu en schiste[. Une légende raconte que le géant du château antique de Castel-Ruffel arracha ces dalles pour les lancer sur sa propre fille alors qu'elle fuyait avec le valet qui l'avait séduite.


KM 93 : SPÉZET (1 900 hab.)

Spézet se trouve en plein cœur du Finistère, entre les Montagnes Noires et le Canal de Nantes à Brest. Son nom viendrait de « Spethtud » qui en vieux breton signifie « l’endroit où se trouvent les groseilliers ». Ce nom « Spethtud » est référencé pour la première fois dans un document de 1216. Quelques vestiges témoignent d’une occupation très ancienne : plusieurs dolmens, un tumulus de l’âge de bronze, une voie gallo-romaine ainsi que des traces de villas gallo-romaines, des camps fortifiés ou des oppidums gaulois. Un souterrain de l’âge de fer a même été découvert fortuitement lors de travaux de terrassement dans la campagne. Le Moyen-âge et l’époque moderne nous ont livré une vision plus précise grâce aux archives et au patrimoine religieux. Des révoltes paysannes ont principalement émaillé ces deux périodes, en 1489, en 1590, en 1675 (révolte du papier timbré), en 1764 ou à la Révolution en 1789. Jusqu’à cette date, plusieurs familles nobles se partageaient les terres et les revenus de la commune soulevant ainsi les jacqueries et les colères de la population. Elle a d’ailleurs à nouveau montré ce caractère frondeur en 1824 lors d’une violente contestation contre un riche propriétaire.

Comme dans de nombreuses communes finistériennes les habitants ont mal vécu les lois de séparation de l’Eglise et de l’Etat (1905) et la guerre 1914-1918. Celle-ci a en effet fauché la vie de nombreux jeunes Spézetois (197 morts).

Spézet conserve encore sur son sol des témoignages de cette histoire depuis son allée couverte ou son alignement de menhirs jusqu'à ses manoirs en passant par ses nombreuses croix et fontaines, son ossuaire classé ou encore la remarquable Chapelle du Crann, réputée pour ses bas reliefs et ses vitraux.


A VOIR

La Chapelle du Krann
Construite en 1535, ce joyau classé monument historique abrite un des plus anciens ensembles de vitraux du XVIe siècle et deux magnifiques retables en bois polychrome de la même période. La chapelle est connue pour son pardon du beurre qui a toujours lieu le dimanche de la Trinité. C’est l’un des derniers pardons du beurre en Bretagne. A cette occasion une motte de beurre travaillée est exposée sur l’autel de St Laurent, autrefois trois mottes de beurre correspondant aux différents quartiers de Spézet étaient exposées.

Jardin botanique des Montagnes Noires
Créé en 1995, le Jardin botanique des Montagnes Noires est conçu en espaces paysagers. Véritable catalogue naturel, il est dédié en priorité aux conifères, symboles des terres pauvres et acides, dont les aiguilles et les cônes aux formes et aux couleurs multiples selon les saisons, côtoient harmonieusement les tapis de bruyères et d'arbustes que bordent des rideaux de feuillus.


KM 102,5 : GOURIN (4 200 hab.)

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, Gourin a connu une très forte émigration vers l'Amérique du Nord. Beaucoup des Bretons vivant actuellement aux États-Unis sont originaires de la région de Gourin. Dès 1928, on dénombre environ 3000 habitants de Gourin à New York, 400 d'entre eux étant directement employés par Michelin (créée en 1901 au sud de New-York à Miltown et qui recrutait de façon privilégiée des Bretons). Il y eut une seconde vague d'émigration depuis les cantons de Gourin et Roudouallec dans les années 1950. Entre les seules années 1946 et 1955, 747 émigrants quittent Gourin (13,4 % de la population) dont une large part vers les États-Unis. Trois agences « Compagnies Générales Transatlantiques » ont d'ailleurs à l'époque leur siège à Gourin et Roudouallec pour organiser les flux à destination des États-Unis. Une statue de la Liberté sur la place centrale de la ville témoigne de ces liens.

Gourin est aussi la ville d’où est originaire la famille du chanteur Alan Stivell, qui résida dans le village proche de Langonnet. Y habite le coureur Florian Guillou (Bretagne-Schuller).


A VOIR

Château de Tronjoly
Il est construit en 1768 à l'emplacement d'un ancien manoir, l'aile ayant été reconstruite à la fin du XVIIIe siècle après un incendie. Il prend place au milieu d'un parc de 20 hectares, traversé par un ruisseau avec étang, bois, prés et allées largement percées. Le nom Tronjoly vient du breton Traon Joliff qui veut dire Belle vallée. Le premier château est la propriété des Kergoët de 1426 à 1669, avant d'aller aux Lollivier puis aux Lescoët jusqu'en 1900. Hermine de Lescoët épouse alors le baron Joseph de Salvaing de Boissieu, qui décède en 1955 et le laisse à sa fille Madeleine. Après le décès de celle-ci, la commune de Gourin en fait l'acquisition en 1984. Un grand fronton cintré et armorié orne le centre de la façade. Une devise, gravée dans la pierre sous la niche à cloche, dit : « Mon timbre sonne exact à notre devoir ». À 100 mètres à l'ouest, un groupe de bâtiments présente les logis et communs des trois anciennes fermes. Rénovés depuis une décade et aménagés en logements, ils hébergent les vacanciers.


KM 116 : LANGONNET (1 900 hab.)

L'abbaye Notre-Dame de Langonnet a été fondée le 20 juin 1136 par Conan III, duc souverain de Bretagne. Raoul (1130-1158), évêque de Cornouaille, y fut inhumé. Douze moines venant de l'abbaye de l'Aumône, près de Chartres, s'y installent en 1136. En 1170 le duc Conan IV donna aux moines cisterciens de l'abbaye plusieurs villages situés à proximité de la forêt de Carnoët pour y établir une communauté. Maurice Duault de Croixanvec (futur Saint Maurice), alors abbé de l'abbaye de Langonnet, y fonda en 1177 près des rives de la Laïta une abbaye dénommée Notre-Dame de Carnoët, dont il fut l'abbé jusqu'à sa mort en 1191.

En 1595, les moines furent chassés lors des troubles de la guerre de la Ligue. Ils revinrent en 1598 mais l'abbaye était en ruine et les seigneurs des environs s'étaient emparés de la plus grande partie de leurs terres. Elle fut reconstruite en partie au XVIIe siècle. La salle capitulaire est le seul vestige de l'édifice du XIIIe siècle. L'abbaye comprend notamment une abbatiale, un cloître, une salle capitulaire. Les religieux furent expulsés en 1790 lors de la Révolution. Napoléon y installa par décret du 10 juin 1806 le premier haras public de Bretagne avec quarante étalons et dix poulinières. L'établissement est déplacé à Hennebont en 1856-1857 et l'abbaye, restituée aux missionnaires du Saint Esprit, retrouve sa vocation religieuse. Elle sert actuellement de lieu de repos pour les missionnaires spiritains âgés, abrite un musée d'Art africain et sa collection d’objets réunis par les anciens missionnaires d’Afrique, ainsi qu'un centre d'animation missionnaire.


 

Département des Côtes d'Armor (22)

Préfecture : Saint Brieuc
Sous-préfectures : Lannion, Guingamp et Dinan
Population : 581 000 hab.
Site web : www.cotesdarmor.com

Plus de terre, plus de mer, plus de vie

L'Armor, le pays de la mer… Avec ses 350 km de côtes, notre département porte son nom avec fierté ! D'ouest en est, le littoral costarmoricain offre une succession de paysages et de richesses maritimes époustouflantes, de la côte de granit rose au Cap Fréhel, en passant par le sillon de Talbert, les falaises de Plouha ou encore la Baie de Saint-Brieuc… Ces atouts naturels contribuent bien évidemment à l'attractivité du territoire, permettant l'essor du tourisme, qui représente aujourd'hui 10 % du PIB costarmoricain. Au-delà, les richesses maritimes des Côtes d'Armor impulsent le développement d'une véritable économie turquoise. Les sports nautiques, la transformation des produits de la mer, la valorisation du patrimoine maritime, la préservation de l'environnement, l'aménagement des infrastructures portuaires sont autant d'activités qui diversifient et dynamisent l'économie départementale. Pays de la mer, le département sait aussi valoriser les atouts de la terre. L'agriculture et l'agroalimentaire restent des secteurs d'activité phares. Les Côtes d'Armor comptent aujourd'hui plus de 7800 exploitations agricoles et 900 entreprises agroalimentaires. Mais l'Argoat, ou pays des bois, c'est aussi des richesses naturelles incontournables. Sites emblématiques parmi tant d'autres, la forêt d'Avaugour Bois Meur, le lac de Guerlédan, les landes de Locarn (…) sont de véritables poumons verts au cœur du département, propices à des escapades oxygénantes et à l'exercice des activités de pleine nature. Entre terre et mer, l'identité des Côtes d'Armor passe aussi par le charme de ses villes historiques (Saint-Brieuc, Dinan, Guingamp, Lannion, Lamballe), de ses huit petites cités de caractère (Châtelaudren, Pontrieux, Quintin, Jugon-les-Lacs, Moncontour, Tréguier, Léhon, La Roche-Derrien), de ses villages labellisés communes rurales du patrimoine de Bretagne ( Bulat-Pestivien, Saint-Juvat, Saint-Méloir-des-Bois, Tréfumel, Guenroc, Saint-Thélo). A travers tout le département, les abbayes et châteaux côtoient les chapelles, les calvaires, les lavoirs… de petits bouts de Côtes d'Armor riches d'Histoire et d'histoires. Aujourd'hui, le Conseil général et l'ensemble des Costarmoricains s'efforcent de faire vivre ce patrimoine et cette identité locale, qu'elle soit maritime ou agricole, traditionnelle ou innovante, économique ou naturelle. Pour cela, le prisme du développement durable est sans cesse privilégié. Plus que jamais, la valorisation et l'essor de notre département s'effectue dans le respect des hommes et des territoires. « Côtes d'Armor, territoire durable », telle est la nouvelle maxime qui va conduire, ces prochaines années, l'avenir du département.

Le département
Anciennement Côtes-du-Nord, le département prit en 1990 ce nom plus breton et plus approprié, signifiant Côtes du pays près de la mer (cf Armorique). Son territoire est partagé entre le littoral (Pays de la mer) et le Massif armoricain (Monts d’Arrée au sud-ouest). Les Costarmoricains sont 581 500. Saint-Brieuc regroupe 86 000 habitants dans son agglomération (plus de 120 000 habitants dans l'aire urbaine), Lannion 50 000 et Dinan 22 000. Du Trégor aux confins de l’Ille-et-Vilaine, c’est une région d’élevage, de culture céréalière et de pêche (Paimpol et baie de Saint-Brieuc, réputée pour ses coquilles Saint-Jacques). Une partie importante de l'activité économique des Côtes-d'Armor tourne autour de l'agriculture et de l'industrie agro-alimentaire. L'élevage porcin, notamment, y est largement développé. Le marché au cadran de Plérin (près de Saint-Brieuc) est l'organisme principal qui donne le cours de la viande de porc en France. Le département abrite également deux pôles technologiques importants : la technopôle Anticipa à Lannion, spécialisée dans la télécommunication spatiale et les nouvelles technologies, et le pôle de Saint-Brieuc-Ploufragan, axé sur la recherche animale et l'analyse biologique. Le département a une activité touristique très développée, principalement sur la côte, où l'on compte de nombreuses résidences secondaires. La principale station balnéaire est Perros-Guirec, les autres stations renommées sont Erquy, Pléneuf-Val-André, Saint-Cast-le-Guildo, Trébeurden, Trégastel et Saint-Quay-Portrieux.


KM 121 : GLOMEL (1 400 hab.)

Installée sur le Canal de Nantes à Brest, Glomel est la capitale de treujenn-gaol, c’est-à-dire la clarinette populaire jouée en Centre-Bretagne. Depuis 1989, chaque année s'y déroule la rencontre internationale de clarinette populaire qui réunit des clarinettistes locaux et de tous pays (Arménie, Azerbaïdjan, Roumanie, Bulgarie, Écosse, Irlande...).


A VOIR

Eglise Saint-Germain (bourg de Glomel)
L’église Saint-Germain (granit) est édifiée vers 1550. La tour et le transept datent également du XVIe siècle. La paroisse dépend de l’évêché de Quimper jusqu’en 1789. Au XIXe, siècle la nef est reconstruite et le chœur restauré. On honore dans cette église Saint-Germain l’Auxerrois, protecteur des enfants. Aussi, jusqu’à la Seconde guerre mondiale, les enfants sont nombreux à venir pour le pardon, accompagnés de leurs parents. Ces jours-là le porche est rempli d’une foule de mendiants arrivés très tôt le matin. Encore aujourd’hui, le pardon qui a lieu le dernier dimanche de juillet, se termine par un Tantad, un feu de joie.

Château de Coatcouraval
Le château est construit en une seule fois, vers 1430, par les Boutteville, dont les armes figurent sur le clocher de l’église de Bonen. Il est typique des maisons fortes de la Bretagne intérieure, qui succèdent aux châteaux du Moyen-Age et que bâtissent seigneurs et riches bourgeois pour y habiter, sans prétentions militaires. On y accède par une rabine, allée bordée d’arbres de futaie, donnant accès à une cour carrée, pavée, entourée de murs de granit. Des fontaines ornent cette cour ainsi qu’un calvaire armorié portant la date de 1634. A l’arrière du château, le jardin à la française comprend des chênes centenaires. Les bassins rectangulaires servent jusqu’au début du XXe siècle à rouir le lin cultivé sur la propriété.


KM 131 : MELLIONNEC (400 hab.)

Château de Trégarantec.
La demeure (privée) a été construite sur un ancien château du même nom par des parlementaires, Les Jegan du Laz, largement inspirés des ouvrages en vogue à cette époque et par Versailles. Ils y restèrent jusqu'à la Révolution française. Trégarantec fut acquis en 1821 par la famille Peguen, dont les descendants, la famille Danion, y vivent encore aujourd'hui. Les jardins sont particulièrement remarquables.



KM 160,5 : NEULLIAC (1.600 h)

Neulliac est le village natal de la mère Denis.



 

LE LAC DE GUERLÉDAN

Moins connue que d’autres localités touristiques proches, Mûr de Bretagne a néanmoins su conquérir les cœurs de visiteurs en quête d’authenticité, et notamment les Britanniques, si friands de la Bretagne de l’Intérieur. Sa nature, son marché et sa joie de vivre simple sont des atouts qu’a encore décuplés l’aménagement du Lac de Guerlédan en base de loisirs de plein air. Guerlédan signifie « ruisselet large » et se réfère au cours du Blavet, entravé depuis 1930 par la construction longue et mouvementée du barrage qui a donné naissance au plus grand lac artificiel de Bretagne, avec ses 12 Km de long. L’ouvrage, commencé en 1923, mesure 45 m de haut, 206 m de longueur de crête et retient un volume de 55 millions de m3 d'eau sur une étendue de 400 ha. Sa mise en eau a englouti plus de 12 Km de la vallée du Haut Blavet. Le lac était asséché tous les dix ans depuis 1951, dévoilant ainsi un paysage étonnant : figée dans les profondeurs, la vallée engloutie ressurgissait avec ses maisons, ses jardinets, ses écluses. Mais le lac n’a plus été vidé depuis 1985 et la vérification de la solidité du barrage s’effectue aujourd’hui de façon « sous-marine ».

Le lac de Guerlédan matérialise en partie la limite entre le Morbihan et les Côtes-d'Armor. On peut y pratiquer aujourd’hui diverses activités nautiques ou bien se promener sur les rives du lac et profiter de jolis points de vue panoramiques notamment au rond-point du lac et à l'anse de Landroannec. Sur les chemins de halage et de randonnée, dont certains sont aménagés pour les personnes à mobilité réduite, les balades sont possibles à pied et à vélo, la station VTT proposant plus de 300 kilomètres de chemins balisés. La restructuration du sentier nord du lac a été financée par le Conseil Général.

COROT À MÜR DE BRETAGNE

Amoureux des plus beaux paysages de France, Camille Corot a particulièrement goûté le charme de Mûr de Bretagne, sa verdure et sa nature, et plusieurs paysages de la ville se retrouvent dans son œuvre. Le peintre a effectué de nombreux séjours en Bretagne à partir de 1829, souvent couplés à des étapes en Normandie. C’est au début des années 1840 qu’on le retrouve pour la première fois à Mûr. Il expose ainsi au Salon de 1843 « La Destruction de Sodome » (aujourd’hui au Metropolitan Museum of Art de New York) dont le paysage est inspiré d’une étude de fontaine effectuée à Mûr. On sait que Corot a séjourné plus longuement encore en ville en 1945 et peut-être l’année suivante. Les chênes de la chapelle Sainte-Suzanne, que l’on peut toujours admirer aujourd’hui, l’inspirent particulièrement. Parmi les toiles que l’on peut localiser dans la ville figurent notamment « Fontaine de Sainte Marguerite » et « Femmes entourées de paysans », deux toiles exposées aujourd’hui à Philadelphie, ou « Le portail de l’enclos », visible au Louvre.

Les étapes et les durées des voyages de Corot en Bretagne sont prévues longtemps à l’avance et organisées en fonction des amis et des auberges qui peuvent l’accueillir. Corot partage ainsi son temps « entre diverses stations chez dix ou quinze amis : huit jours ici, quinze jours ailleurs ». Contrairement à la vogue romantique de son époque, Corot est totalement insensible au folklore pittoresque local. Il ne vient pas en Bretagne rechercher une province exotique mais une lumière et des couleurs. De nombreux paysages se réduisent à un sentier cheminant dans une végétation dense et ne peuvent être localisés.

L’ALPE D’HUEZ BRETONNE

Après la côte de Cadoudal la veille, la côte de Mûr de Bretagne sera le deuxième « monument » du Tour à être abordé par le peloton. Les Bretons n’hésitent pas à considérer cette côte comme « l’Alpe d’Huez bretonne » et ils s’y pressent presque aussi nombreux que les Hollandais dans l’Alpe. Beaucoup se réfèrent à tort au « mur de Bretagne », alors qu’il s’agit bien de la côte de Mûr, la localité tirant son nom d’un mur, mais d’une fortification romaine et non d’une ascension.

C’est en 1947 que la côte gagne ses vraies lettres de noblesse. Située au 65ème kilomètre d’un contre-la-montre de 139 Km entre Vannes et Saint-Brieuc, elle marque la déroute de Vietto, consacre Pierre Brambilla et rapproche Robic, follement encouragé par ses supporters.

Véritable ascension d’1,6 Km avec un pourcentage de 8,4%, elle a vu passer les plus grands grimpeurs, comme Lucien Van Impe, alors tenant du titre, qui la franchit en tête en 1977.

La côte est devenue un classique puisqu’elle figurait sur le parcours en 2004 (victoire de Filippo Pozzato) et en 2006, où le Français Sylvain Calzati était passé en tête au sommet, alors qu’une échappée animait la 8e étape.

Le régional de l’étape sera, en cas de sélection, le Costarmoricain David Le Lay (AG2R), dont la famille habite à deux pas. Cyril Gautier est l’autre coureur des Côtes- d’Armor dans le peloton.

Xe siècle Les comtes de Cornouailles prennent le titre de vicomtes de Poher et de Mûr.
Fin XIIe siècle Un château est construit par Alain IV, vicomte de Rohan.
1280 Première mention de Mur de Bretagne, qui dépend de l’évêque de Quimper.
1496 Construction de la chapelle Sainte-Suzanne.
1790 Première municipalité élue. Mur devient chef-lieu de canton.
1845 Séjour de Corot à Mur.
1873 Construction de l’église Saint-Pierre.
1930 Construction du barrage de Guerlédan.
1947 Mur de Bretagne entre dans la légende du Tour avec la déroute de Vietto et le retour de Robic.
1957 Mûr de Bretagne prend officiellement son accent circonflexe.

LE LAC DE GUERLÉDAN

Avec 440 hectares de surface, c’est le plus grand lac de Bretagne, se développant sur 12 km dans les gorges du Blavet. On peut y pratiquer aujourd’hui diverses activités nautiques ou bien se promener sur les rives du lac et profiter de jolis points de vue panoramiques, notamment au rond-point du lac et à l'anse de Landroannec. Sur les chemins de halage et de randonnée, dont certains sont aménagés pour les personnes à mobilité réduite, les balades sont possibles à pied et à vélo, la station VTT proposant plus de 300 kilomètres de chemins balisés.


LA CHAPELLE SAINTE SUZANNE

Ses chênes séculaires ont été peints par Corot. Elle est classée monument historique depuis 1952. Une première chapelle fut construite le 14 avril 1496 grâce à la famille de Rohan et restaurée en 1694, date où fut construite la sacristie. La chapelle actuelle, dont les travaux s'échelonnent de 1693 à 1722 environ, remplace une première chapelle construite sur les hauteurs de Méné-Heiz (ou Meneniez). En 1732, les comptes des fabriciens de Sainte-Suzanne indiquent que le cimetière qui constitue l'enclos de la chapelle a englobé les ruines « d'un vieux château » (on suppose qu'il s'agit du château de Plaisance ruiné dès le début du XVIIe siècle) Le chœur date de 1694 et le clocher-porche, œuvre de l'architecte Antoine Guiber, date de 1758-1764. L’ensemble des tableaux et des fresques sont l’œuvre d’artistes locaux du début du XVIIIe siècle.


EGLISE SAINT PIERRE

Achevée en 1881, elle a remplacé un édifice qui menaçait ruine, datant de 1630. De celle-ci, il ne reste que l’aigle lutrin et le bénitier monumental, classés Monuments Historiques. De style néo-gothique, son clocher mesure 37mètres. Sous le porche, on retrouve une disposition caractéristique des pays bretonnants : les 12 statues des apôtres rangées de part et d’autre de l’entrée.


JARDINS DU BOTRAIN

Ce jardin de 2 hectares avec un plan d’eau permet de traverser plusieurs ambiances romantique, japonaise, minérale, chambres de verdure, roseraie… Il entoure un manoir du XVIIIe siècle et possède le label « Jardin remarquable ».



Ville-étape inédite
Chef-lieu de canton des Côtes-d’Armor (22)
Population : 2 200 hab. (Mûrois, Mûroises), 3 816 hab. pour la communauté de communes de Guerlédan
Économie : agriculture, élevage, production laitière et avicole, Tourisme autour du Lac de Guerléan, salon Biozone (agriculture biologique)
Festivals : Marché estival, Fête du lac de Guerlédan, Fest-noz
Personnalités : Budic, les Rohan, Jean-Baptiste Camille Corot
Spécialités : crêpes et galettes
Slogan : « Guerlédan, c’est tout naturel »
 

Descriptif fourni par BRGM

LE MÛR À L'ARRIVÉE

Le profil de l’étape, qui file sur les schistes et granites de 300 millions d’années, est marqué par de nombreuses failles est-ouest. Une dizaine de kilomètres avant l’arrivée, les coureurs vont voir apparaître une région de collines qui barrent l’horizon. Ce sont des grés et des ardoises, des roches très dures qui ont résisté à l’érosion et forment une zone de reliefs. Elles se sont formées alors que ce que nous connaissons aujourd’hui comme la Bretagne se trouvait dans les environs du pôle sud.