Accédez au
site du Tour de France

Journal de l'étape

Paris (Compiègne) Roubaix 258 km dimanche 10 avril

Johan Van Summeren s’impose en solitaire

Le Belge Johan Van Summeren, rescapé d’une échappée déclenchée après le secteur pavé de Wallers-Aremberg, s’est imposé en solitaire dans Paris-Roubaix, bénéficiant d’une excellente condition physique, de la force collective de son équipe Garmin-Cervélo et du marquage dont n’ont pas su se défaire les principaux favoris de l’épreuve. Il a devancé de 18 secondes le Suisse Fabian Cancellara sorti en contre à moins de 5 kilomètres de l’arrivée et le Hollandais Marteen Tjallinghi.

Le départ réel du 109e Paris-Roubaix est donné à 12h22 à 197 coureurs représentant 25 équipes.

L’Ukrainien Vitaliy Buts (Lampre-ISD) abandonne au kilomètre 3 et après plusieurs attaques, trois coureurs trouvent l’ouverture, l’Anglais Bradley Wiggins (Team Sky) et les Italiens Marco Bandiera (Quick Step) et Mirko Selvaggi (Vacansoleil-DCM). Le peloton réagit, reprend le Letton Aleksejs Saramotins (Cofidis) intercalé. Le Français Anthony Ravard (Ag2R-La Mondiale), le Belge Bert De Backer (Skil-Shimano) et Luis Pasamontes (Movistar) en profitent pour se joindre aux trois coureurs échappés. L’écart est de 15 secondes au km 33. Il sera de 45 secondes au maximum. Le peloton reprend les 6 hommes de tête au km 69.

Martin Elmiger (Ag2R-La Mondiale) attaque au km 82 et est rejoint en plusieurs vagues par Jimmy Engoulvent (Saur-Sojasun), Mitchell Docker (Skil-Shimano), Nelson Oliveira (RadioShack), Timon Seubert (Team Netapp), David Boucher (Omega Pharma-Lotto), Marteen Tjallinghi (Rabobank) et David Veilleux (Europcar). Le Russe Vladimir Gusev (Katusha) et Renaud Dion (Bretagen-Schüller) sont éliminés sur chute. L’Allemand Andre Greipel (Omega Pharma-Lotto) sort en contre en compagnie de Koen De Kort (Skil-Shimano) et le champion de Slovénie Gorazd Stangelj (Astana). Ils effectuent la jonction à 122 kilomètres de l’arrivée avec l’aide de David Boucher qui avait été victime d’une crevaison. A 100 kilomètres de l’arrivée, l’avance des hommes de tête, qui ont perdu Nelson Oliveira sur crevaison, est de 2’40’’ sur le peloton. Quatre hommes intercalés, le Polonais Jaroslaw Marycz (Saxo Bank), le Français Sébastien Turgot (Europcar) et l’Italien Luca Paolini (Katusha) ont repris Oliveira et se situent à 1’05’’.

Dans la tranchée de Wallers Aremberg, Tom Boonen est victime d’un incident mécanique et doit attendre plus d’une minute son directeur sportif. Il entame une poursuite difficile avec deux de ses équipiers mais est victime d’une chute dans le secteur pavé 14 mettant un terme à son ambition. Il a abandonné quelques minutes plus tard. Son équipier Sylvain Chavanel, retardé par une crevaison avait été repris par Boonen et s’il a évité la chute de son leader, il est tombé à son tour dans la traversée d’Orchies. Il revient dans le peloton avant le secteur 11 de Mons en Pevèle.

A l’avant, les dix coureurs de tête avaient été repris par sept coureurs sortis en contre à l’initiative de Frédéric Guesdon, entraînant avec lui Johan Van Summeren (Garmin-Cervélo), Matthew Hayman (Team Sky), Lars Bak (HTC-Highroad), Manuel Quinziato (BMC), Jürgen Roelandts (Omega Pharma-Lotto), Baden Cooke (Saxo Bank) et Lars Boom bientôt écartés sur crevaison. La jonction de 17 coureurs a lieu à 65 kilomètres de l’arrivée, groupe que rejoindront encore John Degenkolb (HTC-Highroad), Gregory Rast (RadioShack), Gabriel Rasch (Garmin-Cervélo) et Tom Leezer (Rabobank). Damien Gaudin (Europcar) sera le dernier à voir la tête de course.

Dans le peloton des favoris, Fabian Cancellara accélère dans le secteur pavé de Mons en Pévèle et entraîne avec lui le champion du Monde Thor Hushovd et Alessandro Ballan. Un moment présent, Juan-Antonio Flecha (Team Sky) est distancé. Le vainqueur sortant, lassé de ne pas recevoir de sourtien, se relève à la sortie du secteur 7 de Templeuve et provoque un regroupement d’une quinzaine de coureurs.

A l’avant, Lars Bak passe à l’attaque à Wannehain à 23 kilomètres de l’arrivée. Il se dégage avec Van Summeren, Rast et Tjallinghi. Dans le Carrefour de l’Arbre, Van Summeren accélère et se défait de ses derniers compagnons d’échappée. Il file vers Roubaix sans jamais se retourner. A moins de 5 kilomètres de l’arrivée, Cancellara trouve l’ouverture et distance ses adversaires. Il revient sur Bak, Rast et Tjallinghi à moins de trois kilomètres du vélodrome mais Van Summeren est à l’abri de son retour. Le Belge s’impose en solitaire avec 18 secondes d’avance sur Cancellara et Tjallinghi.

 

Marteen Tjallinghi : "La deuxième attaque de Van Summeren était en trop !"

Le Hollandais a signé une très belle performance et obtenu à Roubaix une très belle troisième place qui semblait suffire à son bonheur.

« Je suis d’abord très heureux même si ce soir je risque d’être déçu et de me dire que je suis passé tout près de la victoire. C’est une énorme performance de finir troisième de ce qui est, pour moi, la plus grand course de l’année. Dans le Carrefour de l’Arbre, je ne m’attendais pas à une attaque de Van Summeren. J’ai fait l’effort, je suis presque revenu sur lui et alors il attaqué une deuxième fois et je n’ai rien pu faire. Avant cette course, je n’avais jamais pensé pouvoir atteindre le podium, cela ne me semblait pas réaliste même si je me souvenais avoir fait le podium d’une course de VTT ici-même. Je dois dire que tout s’est passé de manière idéale aujourd’hui. Gagner, c’est toujours mon objectif mais je suis réaliste, je sais bien qui je dois battre pour ça. Peut-être un jour vais-je y arriver… »

 

Fabian Cancellara : "Ils ont roulé contre moi !"

Le Suisse, vainqueur de Paris-Roubaix en 2006 et 2010 n’a pas su s’extraire du marquage de ses rivaux

« J’ai fini troisième du Tour des Flandres, deuxième de Milan-San Remo et Paris-Roubaix. C’est comme ça... Aujourd’hui, j’ai fait le maximum et je ne pouvais pas faire plus. Certes, je finis deuxième mais je me dis que j’ai aussi gagné quelque chose. Van Summeren a mené à bien la tactique de l’équipe Garmin et pour moi cela s’est passé comme dans les Flandres. Tout le monde savait que je pouvais gagner et m’a laisser travailler seul. Ce n’était pas possible pour Thor, peut-être, de rouler avec moi avec Van Summeren dans l’échappée. J’en ai eu marre et j’ai pensé ne plus faire d’efforts mais Kim Andersen m’a demandé de rouler enocre et d’aller chercher une belle place. Je suis fier quand même d’arriver 2e. Vu la situation de la couse, c’est bien de me dire que j’obtiens ce résultats dans une course fantastique et moi je sais bien, depuis toujours, que ce n’est pas possible de toujours gagner. Comme c’est difficile pour moi de tromper tout le monde quand je suis fort. J’ai fini par jouer au poker avec Hushovd et Ballan parce que ce n’était pas possible de faire tout le travail. Si je m’étais arrêté boire un café, ils se seraient arrêté aussi ! Ils n’ont pas pensé à la victoire mais à courir contre moi. »

 

Johan Van Summeren : "C’était ma course"

A 30 ans, le Belge de l’équipe Garmin-Cervélo remporte la plus belle victoire de sa carrière. Il n’avait rien gagné depuis une étape et le classement final du Tour de Pologne 2007.

« Au départ de Compiègne, j’étais vraiment motivé. Je me disais que c’était ma course et que j’étais là pour faire le mieux possible et obtenir un grand résultat. Dès que j’ai été dans le groupe de tête, je savais que je pouvais gagner. J’avais de bonnes jambes mais je n’ai pas roulé à bloc toute la journée, je suis resté dans les roues. J’ai suivi Lars Bak quand il attaqué puis dans le Carrefour de l’Arbre j’ai pris ma chance. Là, j’ai tout donné et je n’ai pas été repris. C’était magnifique, c’était super, je ne peux pas dire plus… C’est le plus beau jour de ma vie. De grands coureurs me félicitent ce soir et cela signifie beaucoup. »

 

Les dépêches

16:48 - Frédéric Guesdon onzième et premier Français

Vainqueur de Paris-Roubaix en 1997, Frédéric Guesdon (FDJ) a bouclé son seizième Paris-Roubaix qu’il a fini à la onzième place et comme souvent avec le statut de meilleur Français.

16:38 - Déclaration de Johan Van Summeren

Johan Van Summeren : "Ce matin, j’étais très motivé, je me disais que c’était ma course et que je pouvais obtenir un grand résultat. Dès que j’ai été dans le groupe de tête, je savais que je pouvais gagner. C’est le plus beau jour de ma vie. De grands coureurs me félicitent et c’est énorme pour moi.... J’avais de bonnes jambes mais je n’ai pas roulé à bloc tout le temps. Je suis resté dans les roues et quand Bak a attaqué, j’ai pu le rejoindre. Dans le Carrefour de l’Arbre, j’ai pris ma chance et je suis allé au bout. C’est super, je ne peux pas dire plus..."

16:35 - Le Top 10 de Paris-Roubaix

1. Johan Van Summeren (Garmin-Cervélo)
2. Fabian Cancellara (Leopard-Trek)
3. Marteen Tjallinghi (Rabobank)
4. Gregory Rast (RadioShack)
5. Lars Bak (HTC-Highroad)
6. Alessandro Ballan (BMC)
7. Bernhard Eisel (HTC-Highroad)
8. Thor Hushovd (Garmin-Cervélo)
9. Juan-Antonio Flecha (Team Sky)
10. Matthew Hayman (Team Sky)

16:28 - Johan Vansummeren gagne le 109e Paris-Roubaix

Johan Van Summeren, à l’issue d’une échappée solitaire de 14 kilomètres, gagne Paris-Roubaix. Il devance de 18 secondes Fabian Cancellara, Marteen Tjallinghi. Lars Bak est quatrième.

16:27 - Johan Van Summeren à l’entrée du vélodrome

L’homme de tête en a fini avec les secteurs pavés. Il entre sous une ovation monstre sur le vélodrome roubaisien