
Tom Boonen© Presse Sports
Ils sont si fragiles ! Ce n’est évidemment pas la réflexion la plus spontanée lorsque se présentent les favoris les mieux cotés à quelques jours de Paris-Roubaix.
Pourtant l’expérience enseigne que les prédictions sont encore un peu plus aléatoires qu’ailleurs sur la Reine des classiques. D’ailleurs, les prétendants les plus en vue, qui s’appellent à nouveau Tom Boonen, Fabian Cancellara et Thor Hushovd, peuvent témoigner de ce degré d’incertitude maximal, après avoir assisté à la victoire en solitaire de Johan Vansummeren l’année dernière. Si le tenant du titre ne bénéficiera peut-être pas de circonstances aussi favorables le 8 avril prochain, il ne doit pas être écarté du groupe des chasseurs de pavé. Toutefois, le début de saison fructueux de Tom Boonen, avec des victoires glanées sur le Tour of Qatar, sur Paris-Nice, au GP E3 et à l’occasion de Gand-Wevelgem, le place seul au premier rang des favoris… avec la conscience que l’étiquette est particulièrement lourde à porter.
Si le trio Boonen-Cancellara-Hushovd promet d’attirer les regards à l’entrée de la Trouée d’Arenberg, il se peut qu’il ait encore à se défaire de quelques candidats habituels au podium en abordant le secteur du Carrefour de l’Arbre : Flecha, Ballan, Devolder, Pozzato, Leukemans, Bak ou Bennati rentrent dans cette catégorie. Surtout, quelques talents émergents pourraient dès cette année bouleverser la donne à ce stade de la partie. Du haut de ses 22 ans (c’était l’âge de Boonen à sa première apparition sur le podium !), de ses trois victoires cette saison, auxquelles il convient d’ajouter une 2ème place sur Gand-Wevelgem, Peter Sagan suscite beaucoup d’attentes. A peine plus âgés, John Degenkolb et Sep Vanmarcke s’étaient déjà classés dans les 20 premiers l’année dernière, et ont poursuivi à grands pas leur progression. Le vent de fraicheur pourrait également être soufflé par Edvald Boasson Hagen, Matt Goss ou Taylor Phinney.
25 équipes, les principaux engagés
Allemagne
Team Netapp : Schulze (All)
Australie
GreenEdge Cycling Team : Goss, O’Grady (Aus)
Belgique
Lotto Belisol Team : Bak (Dan), Greipel (All), Henderson (Nzl)
Omega Pharma-Quick Step : Boonen, Steegmans (Bel), Chavanel (Fra)
Danemark
Team Saxo Bank : Roberts (Aus), Tosatto (Ita)
Espagne
Euskaltel-Euskadi : Cazaux (Fra), Perez Moreno (Esp)
Movistar Team : Gutierrez, Rojas (Esp)
Etats-Unis
BMC Racing Team : Ballan (Ita), Hushovd (Nor), Phinney (Usa)
Garmin-Barracuda : Farrar (Usa), Haussler (Aus), Vansummeren, Vanmarcke (Bel)
France
AG2R La Mondiale : Casper (Fra)
Cofidis, le Crédit en Ligne : Duque (Col), Petit (Fra)
FDJ-BigMat : Chainel, Guesdon (Fra)
Bretagne-Schuller : Le Bon, Vachon (Fra)
Saur-Sojasun : Engoulvent, Mangel (Fra)
Team Europcar : Gaudin, Haddou, Turgot (Fra)
Grande-Bretagne
Sky Pro Cycling : Eisel (Aut), Flecha (Esp), Hagen (Nor)
Farnese - Selle Italia : Pozzato (Ita)
Luxembourg
RadioShack-Nissan : Cancellara, Rast (Sui), Gallopin (Fra), Bennati (Ita)
Italie
Lampre - ISD : Hondo (All)
Liquigas-Cannondale : Sagan (Svq), Oss (All)
Kazakhstan
Astana Pro Team : Bozic (Slo), M.Iglinskiy (Kaz)
Pays-Bas
Rabobank Cycling Team : Boom, Tjallingii (Hol), Breschel (Dan)
Project 1t4i : Degenkolb, Kluge (All)
Vacansoleil-DCM Pro Cycling Team : Devolder, Leukemans (Bel), Larsson (Sue)
Russie
Katusha Team : Isaichev (Rus), Kuchynski (Blr)
Voici la liste des vingt-cinq équipes cyclistes sélectionnées pour participer à la 110ème édition de Paris-Roubaix, qui se tiendra dimanche 8 avril 2012.
Les dix-huit équipes suivantes ont été sélectionnées conformément au règlement de l’Union Cycliste Internationale :
AG2R – La Mondiale (Fra)
Astana Pro Team (Kaz)
BMC Racing Team (Usa)
Euskaltel – Euskadi (Esp)
FDJ – Big Mat (Fra)
Garmin – Barracuda (Usa)
Greenedge Cycling Team (Aus)
Katusha Team (Rus)
Lampre – ISD (Ita)
Liquigas – Cannondale (Ita)
Lotto Belisol Team (Bel)
Movistar Team (Esp)
Omega Pharma – Quickstep (Bel)
Rabobank Cycling Team (Hol)
Radioshack – Nissan (Lux)
Sky Procycling (Gbr)
Team Saxo Bank (Dan)
Vacansoleil – DCM Pro Cycling Team (Hol)
Sept autres équipes, invitées par les organisateurs, complèteront le plateau de Paris-Roubaix 2012 :
Cofidis, le crédit en ligne (Fra)
Saur – Sojasun (Fra)
Bretagne - Schuller (Fra)
Team Europcar (Fra)
Team NetApp (All)
Project 1T4I (Hol)
Farnese Vini (Gbr)
Après une période d’incertitude concernant la possibilité de conserver la Trouée d’Arenberg au programme de l’édition 2012, les doutes ont été levés par les organisateurs de la course. Les garanties nécessaires ont été apportées pour préparer le secteur pavé dans de bonnes conditions de sécurité pour les coureurs.
Lors d’une reconnaissance effectuée quelques semaines plus tôt, la détérioration de la « Drève des Boules d’Hérin » avait posé la question de son retrait du tracé de Paris-Roubaix, en raison des risques liés à la boue qui recouvre le pavé. Après avoir rencontré les responsables du conseil général du Nord, Jean-François Pescheux a obtenu l’assurance de pouvoir ouvrir la Trouée d’Arenberg au peloton le 8 avril prochain : « Les travaux de nettoyage vont pouvoir être entrepris dans les meilleurs délais », a déclaré Jean-François Pescheux, directeur de la course. Le parcours sera donc en tous points identique à celui de l’édition 2011, et la Trouée d’Arenberg pourra tenir son rôle. C’est le plus souvent sur ce secteur de 2,4 km que démarre la sélection qui se poursuit jusqu’au vélodrome de Roubaix.
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Classé 5 étoiles, c’est-à-dire au plus haut degré de difficulté, le secteur de Mons-en-Pévèle sera rénové pour la prochaine édition de Paris-Roubaix. Lors des premières reconnaissances, les organisateurs de la course ont pu juger de l’avancement des travaux.
Les secteurs pavés empruntés par Paris-Roubaix font l’objet d’une attention particulière de la part des collectivités qui les entretiennent. Ces voies singulières, qui sont aussi les dépositaires de l’histoire de la course, forment un des éléments du patrimoine régional. A ce titre, la communauté de communes de La Pévèle fait partie des plus actives pour préparer le terrain aux champions, et restaurent régulièrement certaines portions pour qu’elles restent praticables. Après les secteurs de Bersée et de Bourguelles, les travaux concernent cette année celui de Mons-en-Pévèle, où se font et se défont souvent les victoires sur la Reine des classiques. Luc Monnet, président de la communauté de communes, détaille les travaux nécessaires pour garantir la sécurité des coureurs sur cette portion : « C’est sur le dernier kilomètre du secteur que nous intervenons. Il s’agit d’effectuer un travail de micro-assainissement qui permettra de faire écouler les eaux qui stagnent et qui dégradent d’année en année la stabilité des pavés ».
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Le Belge Johan Van Summeren, rescapé d’une échappée déclenchée après le secteur pavé de Wallers-Aremberg, s’est imposé en solitaire dans Paris-Roubaix, bénéficiant d’une excellente condition physique, de la force collective de son équipe Garmin-Cervélo et du marquage dont n’ont pas su se défaire les principaux favoris de l’épreuve. Il a devancé de 18 secondes le Suisse Fabian Cancellara sorti en contre à moins de 5 kilomètres de l’arrivée et le Hollandais Marteen Tjallinghi.
Le Suisse, vainqueur en 2006 et 2010, est le grandissime favori de Paris-Roubaix comme il l’était la semaine dernière du Tour des Flandres qu’il n’a pas gagné
« C’est une course cycliste que je vais essayer de vivre avec passion. Ça va être dur mais je suis prêt. Je suis un des favoris mais il y a beaucoup de coureurs capables de gagner et beaucoup de facteurs qu’on ne peut imaginer ou anticiper. Je vais rester en éveil et le Team Leopard-Trek va faire sa course sans se préoccuper des autres. On fera ce qu'on pourra jusqu'à mourir !"
Blessé dans une chute anodine, il a été remplacé par l’Australien David Tanner
L’équipe Saxo Bank sera privée au départ du Danois Michaël Morkov qui est tombé, vendredi, en quittant son hôtel à une vitesse réduite. Aucune fracture n’a été décelée mais il souffre d’une épaule l’empêchant de disputer la classique nordiste. Apprenant la nouvelle, le vainqueur du Tour des Flandres Nick Nuyens a émis le désir de se rendre à Compiègne mais ne figurant pas sur la liste officielle envoyée à l’organisateur il y a quelques semaines, le Belge s’est résigné. Ce sera donc l’Australien David Tanner qui fera le nombre au sein de l’équipe danoise.
Le champion belge n’est pas totalement remis de sa chute dans le Grand Prix de l’Escaut
« Je suis un peu ennuyé, disait samedi le Belge à Compiègne. Je suis tombé dans le Grand Prix de l’Escaut et ce n’est jamais bon d’être victime d’une chute avant une course aussi exigeante que Paris-Roubaix. Je ressens encore une douleur à l’intérieur de la cuisse gauche quand je marche, pas quand je suis sur le vélo. Dimanche, les 100 premiers kilomètres vont me permettre, tranquillement, d’échauffer le muscle et puis ensuite ce sera la bagarre. Avec le beau temps et un vent qui devrait souffler de côté, je pense que nous roulerons très vite toute la journée. »
Deuxième du Tour des Flandres dimanche dernier, il incarne la principale chance de victoire française dans une course qu’il avait finie à la huitième place en 2009
« C’est drôle, tout le monde me parle de ma deuxième place dans le Tour des Flandres et me demande si je ne suis pas trop déçu… J’ai digéré ma déception ne n’avoir pas gagné en rentrant chez moi et parce que je parle rarement de cyclisme avec ma femme. En réalité je suis très heureux de disputer Paris-Roubaix. J’aime cette course et surtout je n’ai jamais eu de telles sensations de toute ma carrière. Après la tranchée d’Aremberg, la situation sera bien décantée et alors je pourrai me concentrer sur mon attaque. Je sais comment m’y prendre… »
Bernard Hinault après Paris-Roubaix, en 1981© Presse Sports
Thor Hushovd avant Paris-Roubaix, en 2011© Presse Sports
L’un a fait de Paris-Roubaix l’objectif de sa saison. L’autre n’a jamais vraiment eu de passion pour la Reine des classiques, se focalisant d’avantage sur les grandes courses à étapes. Les deux ont en commun un titre de champion du monde sur route. Et si Bernard Hinault a vaincu les pavés du Nord, il y a tout juste trente ans, avec le maillot arc-en-ciel sur les épaules, Thor Hushovd rêve de le faire.
L’histoire de Bernard Hinault avec l’Enfer du Nord, c’est un peu ‘je t’aime moi non plus’. On est bien loin de la passion qu’ont certains spécialistes pour la course. Le quintuple vainqueur du Tour n’a jamais aimé Paris-Roubaix, qualifiant même cette course de « connerie ».
Le 31 août 1980 du côté de Sallanches, Bernard Hinault devient champion du monde sur route, ajoutant une nouvelle ligne de prestige à son palmarès. Est-ce parce qu’il avait le maillot arc-en-ciel sur les épaules que le ‘blaireau’ avait fait de la Reine des classiques un rendez-vous majeur de sa saison ? « Pas du tout. Moi mon objectif c’était de me préparer pour le Tour (également remporté), pas de gagner Paris-Roubaix, avoue aujourd’hui Hinault. Après, dans une compétition tu te bats. Et quand tu deviens champion du monde, tu te dois d’honorer ce maillot. Alors je me suis juste entrainé d’avantage pendant l’hiver ».
La suite restera longtemps ancrée dans les mémoires des passionnés de cyclisme. Victime de trois crevaisons et de deux chutes, Hinault mort la poussière une troisième fois, heurtant un chien à 8 kilomètres du but. Foutu caniche ! Il entre finalement dans le vélodrome de Roubaix en compagnie de De Vlaeminck, quadruple vainqueur de l’épreuve, Moser, trois fois lauréat et Kuiper tout juste victorieux du Tour des Flandres. « J’ai regardé d’où venait le vent et j’ai pris l’initiative de la course. » Un tour et demi plus tard, et Bernard Hinault devenait le premier français depuis Louison Bobet en 1956 à soulever le fameux pavé remis au vainqueur. « Les dieux étaient avec moi, j’en ai profité. J’ai eu beaucoup de chance ce jour là ».
Thor Hushovd a donc en commun avec Hinault d’avoir remporté le titre de champion du monde. Plus encore que le Français à l’époque, il se présentera au départ à Compiègne avec le statut de favori. Sauf qu’Hushovd aime les pavés. Il concède que c’est « une passion, une obsession même… » Sans doute depuis 1998 et la victoire en espoir du Norvégien. Entre temps, Hushovd a flirté avec la victoire, terminant à deux reprises sur le podium (3ème en 2009, 2ème en 2010). C’est ensuite lui qui a remporté la 3ème étape du Tour de France, s’achevant à quelques encablures de la trouée d’Arenberg après avoir emprunté 13km de secteurs pavés. A l’époque, Hushovd avait insisté que c’était celle d’avril qu’il voulait vraiment gagner.
Reste donc à remporter la vraie, la plus belle, qui plus est avec le maillot irisé de champion du monde. « Je ne sais pas quel est le dernier coureur qui l'a gagnée avec le maillot arc-en-ciel. Mais je rêve de le faire. Je suis prêt », lâchait-il dans la Voix du Nord, ignorant la chevauchée retentissante du blaireau. Il avait alors trois ans. « Avec le Championnat du monde, c'est la plus belle course, la plus grande. »
Quel serait donc le conseil d’un champion du monde à un autre ? « Que Thor reste bien placé à l’avant de la course, qu’il garde un œil sur les costauds et qu’il prenne l’initiative. » Si Bernard Hinault qualifie son sacre en 1981 comme « une victoire parmi d’autres, ni plus ni moins », Thor Hushovd, en cas de triomphe, pourrait bien considérer un succès à Roubaix comme le summum de sa carrière.
La course la plus spectaculaire du calendrier cycliste est aussi l’une des plus prisées des spectateurs et téléspectateurs. Que l’on soit cycliste, passionné de sport ou simplement amateur de belles images, il s’agit d’un moment unique, à vivre de plusieurs façons…
EN SELLE, SUR PARIS-ROUBAIX CHALLENGE
Le principe consiste à emmener avant le peloton de l’élite des cyclistes amateurs sur le parcours de la course. Pour sa première édition, Paris-Roubaix Challenge prend la forme d’une randonnée, avec un départ donné de Saint-Quentin, puis une route de 138 kilomètres au total, empruntant une partie des secteurs pavés au programme le lendemain. Une façon de vibrer avant l’heure…
AVEC LES CHAMPIONS, A COMPIÈGNE
Durant l’après-midi de samedi, le château de Compiègne accueille la salle de presse. Sur son esplanade, une présentation des coureurs orchestrée par Daniel Mangeas permet de prendre la température à la veille du grand rendez-vous. Si les déclarations sont habiles, la bataille psychologique se joue déjà entre les favoris devant les caméras de télévision. Malgré l’enjeu, les champions restent toutefois disponibles pour un court échange avec le public : c’est l’heure des photos et des autographes.
AU BORD DES ROUTES, DANS LE RESPECT DES LIEUX
Particulièrement attaché à Paris-Roubaix, le public nordiste investit chaque année le bord des routes. Autour des secteurs pavés les plus réputés, ils se regroupent par milliers pour soutenir les cyclistes au plus dur de leur effort. Mais l’enthousiasme des supporters belges ou français a quelquefois conduit à des débordements compromettant la sécurité de la course. Des mesures particulières ont donc été prises par la préfecture et la gendarmerie du Nord. Ainsi, dès vendredi matin, aucun véhicule ne sera autorisé à stationner dans la zone du Carrefour de l’Arbre. Pour respecter la vocation éco-citoyenne de la course, le public est également incité à la plus grande vigilance sur la question des déchets, notamment par les consignes et le dispositif mis en place par le Conseil régional Nord-Pas de Calais.
A LA TELEVISION, TRAITÉE COMME UNE REINE
Paris-Roubaix crève une fois encore l’écran, avec plus de 30 chaînes qui diffuseront la course, dans près de 186 pays. Parmi elles, 21 ont choisi de reprendre le direct. Les téléspectateurs de 15 chaînes pourront par ailleurs bénéficier d’une qualité d’image haute-définition (vs 10 en 2010). Sur France Télévisions, la Reine des classiques fait l’objet d’une couverture digne des étapes de haute montagne du Tour de France, avec plus de quatre heures de direct (prise d’antenne à 12h50). Le dispositif technique déployé est également hissé au niveau maximal : 4 motos images, 2 motos sons, 2 hélicos Wescam, 1 hélico relais et 1 avion relais, 1 caméra fixe sur la Trouée d’Arenberg, 12 caméras à l’arrivée sur le Vélodrome !
SUR LE SITE OFFICIEL : AVANT, PENDANT, APRÈS
Letour.fr accélère le mouvement dès samedi, avec les déclarations d’avant-course des principaux prétendants au titre, et la publication en fin d’après-midi de la liste officielle des partants. Dès le départ de la course, les internautes pourront ensuite suivre en direct en français et en anglais la situation, avec les écarts entre les groupes de coureurs, un fil de dépêches, des interviews en course de directeurs sportifs, etc. Après la cérémonie de podium, les analystes pourront ensuite éplucher les classements, revivre la course par un résumé vidéo, une galerie photos, lire l’interview du vainqueur…
Matt Goss, vainqueur de Milan - San Remo 2011© Presse Sports
Mark Cavendish, vainqueur de Milan San Remo 2009© Presse Sports
L’actuel numéro 1 du classement mondial, Matt Goss, qui sert parfois de lanceur à Mark Cavendish dans les sprints, sait qu’à Paris-Roubaix, il ne devra pas attendre le dernier kilomètre pour mettre sur orbite le Britannique, qui va enfin effectuer ses débuts, dimanche, dans la course de ses rêves.
Au soir de sa victoire dans Milan-San Remo, en 2009, Mark Cavendish avait bien précisé que, s’il était évidemment ravi de remporter sa première classique, la primavera n’était pas sa course de prédilection. « Je rêve de Paris-Roubaix, et aussi du Tour des Flandres », avait-il indiqué, clarifiant toutefois : « Pour y arriver, il faudra que je gagne en puissance. »
Il aurait pu ajouter une autre condition sine qua non : se présenter au départ. L’an passé, son abandon au Tour des Flandres lui a couté une première participation à Paris-Roubaix. Comme l’année précédente, lorsque le staff de l’équipe Highroad le mit au repos début avril pour préparer le Tour d’Italie. Mais Allan Peiper, l’un de ses directeurs sportifs, se souvient qu’en 2008, déjà, avant d’entamer sa moisson de victoires d’étapes au Tour de France (15 à ce jour), Cavendish « pleurait » afin d’être sélectionné pour Paris-Roubaix. « Je lui avais dit : ‘OK si tu gagnes deux étapes aux Trois Jours de La Panne et Gand-Wevelgem’, se souvient le coach australien. Il a réussi la première partie du défi mais pas la deuxième. Il a quand même levé le petit doigt après Gand-Wevelgem pour voir s’il pouvait malgré tout être au départ de Compiègne et je lui ai rappelé : un deal est un deal. »
En trois saisons, le statut de Mark Cavendish s’est élevé au rang de celui d’un champion, du coup, Rolf Aldag, le manager d’HTC-Highroad, a précisé au démarrage de la saison 2011 : « Si c’était pour être un excédent de bagage, il ne demanderait pas à faire partie de l’équipe pour le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. » Vainqueur d’une course pour l’instant cette année, la dernière étape du Tour d’Oman, le sprinter de l’île de Man ne domine pas son sujet dans les classiques flamandes comme au Tour de France. 60e de Gand-Wevelgem et 110e du Tour des Flandres, il reste toutefois dans le cœur du sujet.
« Mark marche bien et dans un bon jour, il peut être devant à Paris-Roubaix, témoigne Matt Goss qui partage son quotidien, ces jours, dans les environs de Gand. Il n’a jamais eu l’occasion d’y participer avant et il le veut vraiment, pour l’expérience. Je pense que, dans notre équipe, ce sera comme à Gand-Wevelgem et au Tour des Flandres, Bernhard Eisel et moi seront les leaders désignés. Je ne sais pas encore si Hayden Roulston, qui a été renversé par une voiture ce weekend en Espagne, pourra être au départ. Il avait terminé 10e l’an passé. Mais Cavendish sera protégé lui aussi. »
A l’inverse du Britannique, l’Australien s’est essayé à Paris-Roubaix avant de remporter Milan-San Remo, cette année. « En 2009, je n’étais pas mal, se souvient-il. Je m’étais retrouvé tout seul à naviguer derrière le groupe de tête et j’avais terminé 32e, c’était plutôt bien pour une première. L’année dernière, j’étais devant, avec les favoris, quand j’ai crevé dans le secteur ‘Marc Madiot’. C’était au moment où la course se décantait, le peloton explosait de partout, j’ai dû attendre cinq minutes une roue de secours, j’ai chassé mais c’était fini pour moi. »
« J’adore cette course, enchaîne Goss. Dès que je l’ai terminée la première fois, j’étais impatient de la refaire. Le final est toujours spectaculaire. J’ai très envie de participer activement à son dénouement. Je suis numéro 1 au classement mondial UCI en ce moment, j’aimerais bien le rester mais je sais que ce sera dur. Ma condition est bonne, mon moral est excellent, mais je suis tombé un peu malade la semaine après Milan-San Remo et je ne suis pas encore complètement guéri. Si je retrouve une santé impeccable d’ici dimanche, j’ai les jambes pour bien faire. » A son troisième essai sur les pavés, Goss servira encore d’ouvreur de piste au néophyte Cavendish. A moins que, comme à San Remo, les rôles s’inversent en sa faveur !
Sur la base des reconnaissances du parcours effectuées le 4 avril par Christian Prudhomme et Jean-François Pescheux, les organisateurs ont attribué une note de difficulté à chacun des 27 secteurs pavés de la course, évaluée en fonction de leur longueur, de l’irrégularité des pavés, de l’état général du tronçon et de son emplacement.
Cette année, deux secteurs font leur retour dans le parcours de Paris-Roubaix : Aulnoy-lez-Valenciennes (km 142,5) et Famars (km 146). Le peloton découvrira par ailleurs sur cette 109ème édition les 1400 mètres de pavés du secteur de Millonfosse (km 178,5), inédit sur la course.
Les 27 secteurs pavés de Paris-Roubaix
27. Troisvilles (km 98 - 2200 m) +++
26. Viesly (km 104,5 - 1800 m) +++
25. Quievy (km 107 - 3700 m) ++++
24. Saint-Python (km 115,5 - 1500 m) ++
23. Vertain (km 119,5 - 2300 m) +++
22. Capelle-sur-Ecaillon - Le Buat (km 126,5 - 1700 m) +++
21. Aulnoy-lez-Valenciennes - Famars (km 142,5 - 2600 m) +++++
20. Famars - Quérénaing (km 146 - 1200 m) ++
19. Quérénaing - Maing (km 149 - 2500 m) +++
18. Monchaux-sur-Ecaillon (km 152 - 1600 m) +++
17. Haveluy (km 164 - 2500 m) ++++
16. Trouée d’Arenberg (km 172 - 2400 m) +++++
15. Millonfosse - Bousiginies (km 178,5 - 1400 m) +++
14. Brillon à Tilloy-lez-Marchiennes (km 183,5 - 1100 m) ++
Tilloy - Sars-et-Rosières (km 186 - 2400 m) +++
13. Beuvry-la-Forêt - Orchies (km 192,5 - 1400m) +++
12. Orchies (km 197,5 - 1700 m) +++
11. Auchy-lez-Orchies - Bersée (km 203,5 - 2600 m) +++
10. Mons-en-Pévèle (km 209 - 3000 m) +++++
9. Mérignies - Avelin (km 215 - 700 m) ++
8. Pont-Thibaut (km 218,5 - 1400 m) +++
7. Templeuve l’Epinette (km 224 - 200 m) +
Le Moulin de Vertain (km 224,5 - 500 m) ++
6. Cysoing - Bourghelles (km 231 - 1300 m) ++++
Bourghelles - Wannehain (km 233,5 - 1100 m) +++
5. Camphin-en-Pévèle (km 238 - 1800 m) ++++
4. Le Carrefour de l’Arbre (km 241 - 2100 m) +++++
3. Gruson (km 243 - 1100 m) ++
2. Hem (km 250 - 1400 m) ++
1. Roubaix (km 258 - 300 m) +
André Leducq© Presse Sports
Roger Lapébie© Presse Sports
Louison Bobet© Presse Sports
Roger De Vlaeminck© Presse Sports
Gilbert Duclos-Lassalle© Presse Sports
Depuis 1896, Paris-Roubaix sacre des champions hors-normes. Tour d’horizon des vainqueurs qui ont marqué l’histoire de la Reine des classiques…
1898 : Maurice Garin (Fra)
Avant de remporter le premier Tour de France en 1903, Maurice Garin a été le premier double vainqueur de Paris-Roubaix (1897-1898). Au total, le franco-italien est monté quatre fois sur le podium.
1908 : Cyrille Van Hauwaert (Bel)
Deuxième à son apparition sur la course en 1907, Cyrille Van Hauwaert est le premier Belge au palmarès de Paris-Roubaix. Son pays a depuis largement dominé la course avec 53 victoires au total.
1914 : Charles Crupelandt (Fra)
Double vainqueur, il est l’unique Roubaisien à avoir levé les bras sur « son » vélodrome. Un secteur pavé a été inauguré à son nom en 1996.
1928 : André Leducq (Fra)
La « dream team » des Leducq, Magne et Speicher s’apprête à redonner des couleurs au cyclisme français sur le Tour. Le mouvement commence à Roubaix, avec le succès de Leducq, qui met fin à sept ans de disette
1934 : Roger Lapébie (Fra)
Victime d’une crevaison à dix kilomètres de Roubaix, il rejoint le groupe de tête et gagne la course au guidon d’un vélo emprunté à un spectateur. Malgré l’héroïsme de la performance et la Marseillaise qui retentit, le règlement est implacable : Lapébie est disqualifié pour avoir changé de machine, la victoire revient au Belge Gaston Rébry.
1950 : Fausto Coppi (Ita)
Un an après le demi-succès accordé sur tapis vert à son jeune frère Serse à égalité avec André Mahé, Fausto Coppi éclabousse la course de sa classe en parcourant en solo les quarante derniers kilomètres. Deuxième sur la ligne, la Français Diot s’enflamme : « J’ai gagné Paris-Roubaix, Coppi est hors-concours. »
1956 : Louison Bobet (Fra)
Depuis son 3ème succès sur le Tour, Bobet se bat avec des problèmes de santé qui le minent. Plusieurs fois devancé par Coppi, il atteint toutefois une nouvelle consécration en s’imposant à Roubaix.
1965 : Rik Van Looy (Bel)
Spécialiste des classiques, Van Looy les a toutes gagnées. Mais la Reine s’est longtemps refusée à lui. « Rik I » s’y est finalement imposé en 1961, 1962 et 1965.
1972 : Roger De Vlaeminck (Bel)
Le « Gitan » se pose comme le rival d’Eddy Merckx, déjà double vainqueur sur Paris-Roubaix. Il en deviendra le maître, avec un record absolu de quatre victoires, entre 1972 et 1977.
1980 : Francesco Moser (Ita)
L’Italien, longtemps barré par De Vlaeminck, devient le deuxième coureur de l’histoire à signer trois succès consécutifs, en 1978, 79 et 80.
1993 : Gilbert Duclos-Lassalle (Fra)
Déjà 2ème en 1980, Gilbert Duclos-Lassalle décroche son premier titre en 1992, puis confirme en 1993.
1998 : Franco Ballerini (Ita)
Surnommé « le danseur des pavés », Ballerini a inscrit son nom dans la prestigieuse lignée des vainqueurs italiens de Paris-Roubaix, en remportant l’épreuve à deux reprises.
2009 : Tom Boonen (Bel)
En 2005, le Belge est devenu le 9ème vainqueur d’un doublé Tour des Flandres / Paris-Roubaiux. En 2009, il poursuit sa percée dans les statistiques avec une troisième victoire sur l’épreuve. Le record du « Gitan » est dans la cible.
Pour la 109ème édition de Paris-Roubaix, qui se jouera dimanche 10 avril prochain sur un parcours de 258 kilomètres, 25 équipes ont été convoquées au départ de Compiègne.
Parmi les habitués de la grande classique des pavés, quatre anciens vainqueurs ont prévu de se présenter : Fabian Cancellara tentera de conserver son titre, accompagné de Stuart O’Grady, de Tom Boonen mais aussi de Frédéric Guesdon, sacré en 1997. Six autres, qui ont déjà fréquenté le podium, seront là pour progresser dans la hiérarchie : Thor Hushovd vêtu de son maillot arc-en-ciel, Filippo Pozzato, Alessandro Ballan, George Hincapie, Juan-Antonio Flecha et Roger Hammond.
25 équipes, les principaux coureurs attendus (au 3 mars)
AG2R La Mondiale : Mondory (Fra), Elmiger (Sui) ; BMC Racing Team : Ballan (Ita), Hincapie, Phinney (Usa), Burghardt (All) ; Euskaltel-Euskadi : Aramendia (Esp) ; HTC-HighRoad : Eisel (Aut), Goss (Aus) ; Katusha Team : Pozzato (Ita), Hoste (Bel) ; Lampre-ISD : Hondo (Ita) ; Liquigas-Cannondale : Sagan (Svq) ; Team Leopard-Trek : Cancellara (Sui), O’Grady (Aus) ; Movistar Team : Rojas (Esp) ; Omega Pharma-Lotto : Roelandts (Bel) ; Pro Team Astana : Vaitkus (Lit), Davis (Aus) ; Quick Step Cycling Team : Boonen, Steegmans (Bel) ; Rabobank Cycling Team : Boom (Hol), Breschel (Dan) ; Saxo Bank Sungard : Cooke (Aus) ; Sky Procycling : Flecha (Esp), Hagen (Nor), Wiggins (Gbr) ; Team Garmin-Cervélo : Hushovd (Nor), Farrar (Usa), Haussler (Aus), Hammond (Gbr) ; Team RadioShack : Hunter (Afs), McEwen (Aus) ; Vacansoleil-DCM Pro Cycling Team : Devolder (Bel) ; Cofidis, le crédit en ligne : Ista (Bel) ; Team Europcar : Haddou, Turgot (Fra) ; FDJ : Guesdon, Offredo, Bonnet (Fra) ; Bretagne-Schuller : Lebon (Fra) ; Team Netapp : Baumann (All) ; Saur-Sojasun : Coyot, Casper (Fra) ; Skil-Shimano : Veelers (Hol)
Les organisateurs du 109ème Paris(Compiègne)-Roubaix, ont effectué hier la reconnaissance du parcours qui connaîtra cette année quelques modifications.
En effet, dans le double objectif de préserver les 70 kilomètres de pavés exploitables dans le Nord et de ne pas figer le parcours, la course, qui se déroulera le 10 avril, fera une large incursion dans le Valenciennois et empruntera les secteurs d’Aulnoy-lez-Valenciennes et de Famars. Les coureurs découvriront également le secteur de Millonfosse (1400 m) placé à 4500 mètres de la sortie de la Trouée d’Arenberg. Cet enchaînement positionné à 70 kilomètres de l’arrivée devrait constituer un des passages stratégiques de la course.
Au total, les coureurs franchiront donc 31 secteurs, soit 53,4 kilomètres, disséminés tout au long des 258 kilomètres de la course.
A noter également que la veille, le Paris-Roubaix Challenge, organisé entre Saint-Quentin (Aisne) et le mythique vélodrome de Roubaix, empruntera les 16 derniers secteurs au programme des professionnels et permettra à près de 4000 cyclistes amateurs de découvrir les affres « l’Enfer du nord ».
Les secteurs pavés
KM / Lieu / Longueur
98 Troisvilles à Inchy 2,2
104,5 Viesly à Quiévy 1,8
107,5 Quiévy à Saint-Python 3,7
112 Saint-Python 1,5
120 Vertain à St-Martin-sur-Ecaillon 2,3
126,5 Capelle-sur-Ecaillon à Ruesnes 1,7
137 Artres à Préseau 1,9
142,5 Aulnoy-lez-Valenciennes - Famars 2,6
146 Famars à Quérénaing 1,2
149,5 Quérénaing à Maing 2,5
152,5 Maing à Monchaux-sur-Ecaillon 1,6
164 Haveluy à Wallers 2,5
172,5 Trouée d'Arenberg 2,4
179 Millonfosse à Bousignies 1,4
183,5 Brillion à Tilloy-lez-Marchiennes 1,1
186,5 Tilloy à Sars-et-Rosières 2,4
192,5 Beuvry-la-forêt à Orchies 1,4
197,5 Orchies 1,7
204 Auchy-lez-Orchies à Bersée 2,6
209,5 Mons-en-Pévèle 3
215,5 Mérignies à Avelin 0,7
218,5 Pont-Thibaut à Ennevelin 1,4
224 Templeuve - L'Epinette 0,2
224,5 Templeuve - Moulin-de-Vertain 0,5
231 Cysoing à Bourghelles 1,3
234 Bourghelles à Wannehain 1,1
238,5 Camphin-en-Pévèle 1,8
241 Carrefour de l'Arbre 2,1
243,5 Gruson 1,1
250 Willems à Hem 1,4
257 Roubaix 0,3
Distance totale des secteurs pavés 53,4