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Journal de l'étape

étape 8 - Nice Nice 124 km
dimanche 13 mars

Double ration pour Voeckler, Martin en jaune

Un an après une amère défaite au sprint sur la Promenade des Anglais, Thomas Voeckler sort victorieux de l’étape finale, dans laquelle il a dû affronter la pluie, le retour du peloton, et ses rivaux directs dans l’échappée. C’est dans la descente suivant le col d’Eze que le champion de France a pris les risques nécessaires pour semer son dernier contradicteur, Diego Ulissi, et aller chercher une deuxième victoire sur Paris-Nice. Il est le premier double vainqueur d’étape français sur l’épreuve depuis Laurent Jalabert en 1997.La bataille pour le titre a été contrôlée par Tony Martin et l’équipe HTC-Highroad, qui n’ont pas eu à subir les assauts redoutés de RadioShack. Seul Samuel Sanchez a pris l’initiative d’attaquer, avec un bénéfice d’une place au classement général à l’arrivée (5ème), aux dépens de Jean-Christophe Péraud. Tony Martin est le quatrième vainqueur allemand de Paris-Nice, après Rolf Wolfshohl (1968), Jorg Jacksche (2004) et Andres Klöden (2000), justement 2ème onze ans plus tard.

Voeckler en redemande
Andriy Grivko (Ukr – AST) attaque le premier au km 3. Son initiative n’inquiète personne tant qu’il avance en solitaire, mais la formation d’un groupe autour de lui au km 25 provoque la réaction du peloton. Dans la première ascension du jour, Thomas Voeckler (Fra - EUC) place une accélération, suivie dans un premier temps par Linus Gerdemann (All - LEO), puis un groupe plus étoffé se forme au km 37 avec le renfort de Lopez Garcia (MOV), Vinokourov (AST), Busche (RSH), Pauriol (FDJ), Carrara (VAC), Didier (SBS), El Farès (COF), Voeckler (EUC), Izagirre Insausti (EUS) et Ulissi (LAM).

Carrara sous surveillance
Cette association fonctionne malgré la perte de Gerdemann puis de Vinokourov, puisque les neuf autres passent au col de Calaïson (km 70) avec une avance de 2’50’’. Il s’agit de l’écart acceptable par les coéquipiers de Tony Martin, qui surveillent de près Matteo Carrara, 13ème au départ de l’étape, justement à 2’50’’ du maillot jaune. Dans la montée vers La Turbie, le groupe se réduit encore avec les départs par l’arrière de Pauriol, qui a déjà assuré en route le gain du maillot à pois, puis Didier et Busche. Au sommet, la marge n’est plus que de 1’25’’.

Seul dans la descente
La sélection se poursuit à l’avant, et Voeckler aborde la montée vers le col d’Eze en seule compagnie de Diego Ulissi. Les deux hommes basculent avec une avance de 1’20’’ sur Samuel Sanchez, qui a tenté de contre attaquer dans la deuxième partie de l’ascension. L’effort vaut à l’Espagnol de dépasser Jean-Christophe Péraud au classement général, mais ne l’autorise pas à envisager la victoire d’étape. A 11 km de l’arrivée, au plus fort de la descente, le champion de France lâche son rival et se lance dans un raid solitaire. Appliqué, concentré et déterminé, Voeckler termine sa route avec l’assurance de ne pas disputer un sprint risqué. Il remporte sa deuxième étape sur Paris-Nice. Une minute et vingt-deux secondes plus tard, Tony Martin franchit la ligne avec un maillot jaune qui ne bougera plus de ses épaules. 

 

Tony Martin : « Je suis prêt pour le Tour »

C’est vraiment génial, c’est le plus gros succès de ma carrière. Je suis heureux : il me faudra un peu de temps pour réaliser, mais je ressens des frissons de victoire. Hier j’ai eu très froid, c’était très dangereux dans les descentes et je suis très content de ne pas avoir chuté. Je n’étais pas encore certain de gagner aujourd’hui, car il y avait de très bons coureurs face à moi. Mais tout s’est bien passé finalement. C’est fantastique de débuter la saison de cette façon, cela me donne beaucoup de confiance pour les prochaines courses. Il est certain que mon but, c’est de faire un beau Tour de France. J’espère que je peux le faire. Je suis prêt pour le Tour.

 

Thomas Voeckler : « C’est le vélo que j’aime »

Aujourd’hui je n’ai rien calculé, car pendant l’échappée nous étions nombreux, le peloton roulait sur nous en raison de la présence de Carrara. Du coup c’était très nerveux et il fallait rester concentré. Je n’ai commencé à penser à la victoire d’étape que sur la fin. Quand je me suis dit que ça pouvait le faire, j’ai attaqué dans la descente et j’ai pris de gros risques. Je pensais être trop vieux pour faire ce genre de choses ! En même temps je me disais que c’était mieux d’attaquer de loin, en me rappelant de mon expérience au sprint l’année dernière.
C’est génial de repartir avec deux victoires d’étape, je préfère cela à une 10ème place au classement général. C’est le vélo que j’aime, c’est grisant. Dans une étape comme aujourd’hui il y a de l’émotion, car c’est une fierté de s’imposer dans des conditions aussi difficiles.

 

Les dépêches

14:57 - Le Top 5 du classement général final

1. Tony Martin

2. Andreas Klöden

3. Bradley Wiggins

4. Rein Taaramae

5. S.Sanchez

14:55 - Le Top 5 de l’étape

1. Voeckler

2. Ulissi, 23’’

3. El Farès, 1’06’’

4. S.Sanchez, 1’06’’

5. Lopez Garcia, 1’06’’

14:54 - Victoire de Thomas Voeckler

Le champion de France tient sa revanche sur l’étape de Nice en 2010

14:51 - Sous la Flamme Rouge

Le champion de France est sur le point d’aller chercher une deuxième victoire d’étape sur Paris-Nice, il a toujours 10’’ d’avance

14:49 - 3 km de l’arrivée

Voeckler s’accroche toujours seul en tête, avec 10’’ d’avance sur Ulissi

 

L’oeil du Blaireau

Chaque matin avant le départ, Bernard Hinault donne son sentiment sur les enjeux du jour, les coureurs à observer sur l’étape, etc.

On a vu sur l’étape d’hier qu’il y a eu beaucoup de mouvements. Le terrain était difficile, l’étape très longue, et les conditions climatiques délicates. Donc quelqu’un qui a peur de la pluie, ou qui ne descend pas très bien peut perdre la course dans cette configuration. Selon les prévisions, il y aura au moins autant de pluie aujourd’hui, alors rien n’est terminé pour Tony Martin, qui n’a que 36’’ d’avance. Il ne faut pas qu’il panique, il doit se dire « je suis le meilleur », et se lancer dans les descentes sans prendre trop de risques. S’il reste au contact des meilleurs dans la montée, il sera en bonne position pour basculer, et pourra y aller à son rythme.