
Biot - Sophia Antipolis
215 km
samedi 12 mars
Quatrième de l’étape de Belleville remportée par Thomas Voeckler, Rémi Di Gregorio a dû ajouter la patience à la puissance pour aller chercher la victoire sur la plus longue étape de ce Paris-Nice. Parmi les nombreux attaquants du jour, Karsten Kroon a occupé l’écran le plus longtemps, mais dans le final rendu délicat par une route glissante, la décision s’est faite dans les 13 derniers kilomètres. Pendant qu’Heinrich Haussler perdait ses espoirs de victoire sur chute, le coureur français d’Astana tentait sa chance en solitaire. Résistant aux contre attaques et au retour du peloton, Di Gregorio signe le plus beau succès de sa carrière à Biot - Sofia-Antipolis.
Attaques en pagaille
Malgré la pluie qui tombe sur la course en début de journée, de nombreux attaquants tentent leur chance, en solitaire comme Tomas Vaitkus (AST), Grega Bole (LAM) ou Renaud Dion (BSC), ou en groupe comme Grivko (AST), Bookwalter (BMC) et Gaudin (EUC), qui sont pour leur part repris par le peloton au km 35. A l’approche de la côte des Tuillières, le mouvement lancé par Laurens Ten Dam (Hol - RAB) et Sébastien Minard (Fra - ALM), suivi par Jurgen Roelandts (Bel - OLO), Ivan Santaromita (Ita - BMC) et Grega Bole (Slo - LAM), semble plus convaincant mais ne résiste pas à la côte de Mont Méaulx.
Astana réagit
Une nouvelle initiative est menée par Peter Weening (RAB) et Jean-Luc Delpech (BSC), mais les vives réactions des coureurs d’Astana, dont Vinokourov, puis de Sky, mettent fin à cette brève évasion au km 74. Ce n’est qu’au kilomètre 82 que deux coureurs, Karsten Kroon (BMC) et Eric Berthou (BSC) trouvent enfin la faille. Le duo obtient même un avantage de 6’50’’ au passage au km 91. Mais l’équipe Garmin-Cervélo s’implique dans une poursuite qui rapproche progressivement le peloton autour de 3’ au km 144. C’est le moment que choisissent David Lopez Garcia (MOV) et Lieuwe Westra (VAC) pour partir en contre attaque.
Westra à terre
Préférant la solitude, Westra décide de lâcher Lopez Garcia pour tenter de rejoindre la tête de course. Mais son inspiration n’est finalement pas payante, puisque dans la descente de Gourdon (km 160), celui qu’on surnomme « La Bête » chute sur la chaussée glissante et perd son avantage. Plusieurs autres chutes perturbent la poursuite, mais l’équipe Movistar prend la chasse à son compte et emmène le peloton à l’entrée dans le circuit final avec 2’ de retard sur Kroon et Berthou (46 km de l’arrivée).
Haussler glisse aussi
Dans le peloton, le rythme élevé provoque une cassure qui exclut entre autres Luis-Leon Sanchez et Alexandre Vinokourov, pendant que Fränk Schleck, gêné par des douleurs gastriques, ajoute son nom à la liste des abandons du jour. Au km 180, Karsten Kroon choisit de tenter sa chance en solo. Il distance son compagnon de route, mais peine à contenir le retour du peloton, qui pointe à 1’05’’ « à la cloche », pour les 18 derniers kilomètres de route. Pendant ce temps, le maillot vert Heinrich Haussler perd sur chute ses chances d’aller disputer la victoire d’étape.
Glissade sans conséquence
Repris après 120 kilomètres d’échappée, Kroon laisse le premier rôle à Rémi Di Gregorio, qui place une offensive à 13 km de l’arrivée. Le coureur français s’accroche à une vingtaine de secondes. Il résiste à la fois à la poursuite du peloton et aux contre-attaques de Gerdemmann et de Jeannesson. Dans les deux derniers kilomètres, le Marseillais se fait une petite frayeur sur une glissade, mais il bénéficie toujours de 20’’ de marge à la Flamme Rouge. L’écart est suffisant pour profiter les bras levés des cent derniers mètres de course. Di Gregorio remporte sa première étape du Paris-Nice.
Un moment comme celui-là, ça me manquait. Cela fait bien longtemps que je n’ai pas levé les bras sur une belle étape. J’ai beaucoup travaillé pour cela et je me suis remis en question. C’est sûr qu’on ne m’attendait plus beaucoup, mais cette victoire je suis allé la chercher, alors je suis vraiment heureux. Cette semaine toute l’équipe Astana a beaucoup travaillé, et je me suis même demandé à un moment si je devais attendre Vinokourov, mais mon directeur sportif m’a dit d’y aller.
Le final était vraiment très long. J’ai même failli tomber, car il faut prendre des risques, mais ils étaient tout de même mesurés. Je n’arrivais pas à y croire, mais une fois à 100 mètres de l’arrivée c’était la délivrance.
1. Rémy Di Gregorio
2. Samuel Sanchez
3. Rigoberto Uran
4. Andreas Klöden
5. Tony Martin
Le coureur d’Astana remporte sa première étape sur Paris-Nice
Di Gregorio continue de lutter dans cette dernière montée
Rémi Di Gregorio est toujours à l’avant, avec 20’’ d’avance sur le peloton
Di Gregorio a 16’’ d’avance sur le peloton maillot jaune
Chaque matin avant le départ, Bernard Hinault donne son sentiment sur les enjeux du jour, les coureurs à observer sur l’étape, etc.
On s’attendait à ce que Tony Martin prenne le maillot jaune. Et maintenant, cela ne va pas être simple de le déloger. Certes Klöden est à 36’’ au général, mais ce n’est pas si énorme. Surtout, à deux avec Brajkovic, ils peuvent mettre la pagaille dans le camp de HTC-Highroad. Il faudra voir sir Martin est si bien entouré, sur des routes qui seront très escarpées. Si les deux RadioShack attaquent à répétition, il ne pourra certainement pas répondre à chaque fois.
Pour Jean-Christophe Péraud, cela vaut le coup de se battre. Il a réussi à se replacer dans le chrono, et maintenant pour tenter quelque chose, il faudra être très malin. S’il se fait discret, et qu’il se faufile dans un coup avec Brajkovic par exemple, il peut faire un hold-up.