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Journal de l'étape

étape 4 - Crêches-sur-Saône Belleville 191 km
mercredi 9 mars

C’est la bonne pour Voeckler !

Après avoir déjà affiché ses ambitions dans l’étape de Nuits-Saint-Georges, c’est sur une étape tracée dans les vignes, et surtout dans les Monts du Beaujolais que Thomas Voeckler est parvenu à déjouer les plans du peloton, et à manœuvrer ses compagnons d’échappée. Il met fin à une série de tentatives infructueuses sur Paris-Nice, avec notamment deux places de 2ème en 2009 et en 2010. Dans le groupe d’attaquants du jour, le champion de France a pu compter sur un solide allié de circonstance, Thomas De Gendt, qui a presque à lui seul résisté au retour du peloton dans les 20 derniers kilomètres. Grâce à cet effort, il récupère quant à lui le maillot jaune, avec un avantage de 10’’ sur Thomas Voeckler.

Un groupe de cinq coureurs
Les candidats à l’échappée sont nombreux. Grivko (AST), Pires (LEO), Mate Mardones (COF), De Maar (QST), Jérôme (EUC), Cazaux (EUS) et Kvachuk (LAM) tentent leur chance en premier, mais sont rejoints au km 3. Plus convaincants, Thomas Voeckler (Fra - EUC) et Thomas De Gendt (Bel - VAC) emmènent avec eux Rémi Pauriol (Fra - FDJ) au km 6. Inspirés par le mouvement, Francis De Greef (Bel - OLO) et Rémy Di Gregorio (Fra - AST) sortent eux aussi du peloton et effectuent la jonction dans l’ascension vers le col de Grand Vent, au km 14.

Les bonifs pour De Gendt
Les cinq associés se répartissent les rôles, ainsi que les points comptant pour les différents classements annexes. Rémi Pauriol s’attaque aux « grimpeurs », tandis que Thomas De Gendt saisit au sprint intermédiaire de Lamure-sur-Arzergues trois secondes de bonification qui pourraient s’avérer précieuses. L’avantage de l’échappée, qui monte jusqu’à 5’15’’ (km 65), ne panique pas les coéquipiers du maillot jaune, qui maintiennent dans le peloton un rythme tranquille (35,9 km/h de moyenne après trois heures de course).

Liquigas durcit le ton
A l’approche des deux dernières ascensions, l’allure s’accélère brutalement dans le peloton, dictée par les coureurs des équipes HTC-Highroad, Sky et Garmin-Cervélo. Liquigas durcit encore un peu plus le ton dans l’ascension vers le col du Fût d’Avenas, où l’avantage des hommes de tête n’est plus que de 1’25’’. Jusqu’au sprint de Fleurie, le groupe peut encore compter sur la détermination de Thomas De Gendt, qui s’empare de trois secondes de bonifications supplémentaires. Il perd en revanche le soutien de Thomas De Greef, qui cède à cette cadence exigeante.

De Gendt va chercher le jaune
Ce sont donc quatre rescapés qui s’attaquent aux 15 derniers kilomètres, avec 1’15’’ d’avance sur le peloton. Dans le groupe, De Gendt se montre inépuisable et maintient un rythme régulier en tête. Les hommes de tête s’approchent à 3 km de l’arrivée avec 30’’ d’avance. Tacticien, Voeckler reste dans la roue de son rival belge durant tout le final, et place une accélération dans les 300 derniers mètres. A Belleville, il remporte la 26ème victoire de sa carrière, la première sur Paris-Nice.

 

Thomas De Gendt : « J’avais de bonnes jambes »

Au départ je voulais simplement aller jusqu’au sprint intermédiaire pour prendre les secondes de bonification. Je pensais que je finirais avec Goss dans le peloton, mais que je pouvais récupérer le maillot jaune. Et finalement nous avons continué de rouler, et ils n’ont pas réussi à nous reprendre. J’avais de bonnes jambes, alors j’ai choisi de rouler devant. Mais je ne m’y attendais pas du tout. J’ai juste roulé pour le maillot jaune. Si j’avais voulu l’étape j’aurais essayé de jouer plus intelligemment. Demain c’est une étape difficile, et j’ai une trentaine de secondes d’avance sur les vrais grimpeurs. Peut-être que ce sera suffisant, mais je ne pense pas.

 

Thomas Voeckler : « Il valait mieux partir de loin »

J’attends depuis 2003, lors de mon premier Paris-Nice, de gagner une étape ici. J’ai aussi été classé deux fois deuxième, dont l’année dernière. C’est donc une grosse satisfaction d’y arriver aujourd’hui. J’avais déjà essayé hier de faire quelque chose, mais ensuite je me suis dit qu’avec les côtes qu’il y avait aujourd’hui, il valait mieux partir de très loin pour se donner plus de chances. Je sais qu’en 2004, j’ai réussi à passer du maillot tricolore au maillot jaune sur le Tour de France. J’aimerais bien pouvoir le faire sur Paris-Nice, mais avec le contre-la-montre de vendredi je ne pense pas avoir la moindre chance de gagner.

 

Les dépêches

17:18 - Victoire de Thomas Voeckler

Le champion de France remporte sa première victoire d’étape sur Paris-Nice, en dominant le sprint qu’il a lancé à 300 mètres de l’arrivée

17:17 - Sous la Flamme Rouge

Rémi Di Grégorio (Fra - AST), Rémi Pauriol (Fra - FDJ), Thomas De Gendt (Bel - VAC) et Thomas Voeckler (Fra - EUC) sont toujours ensemble, l’étape va se jouer entre eux

17:16 - 2 km de l’arrivée

De Gendt roule en tête, avec Voeckler dans sa roue puis Di Gregorio et Pauriol

17:15 - 3 km de l’arrivée

Dans le peloton, la poursuite est menée par des coureurs de Rabobank, mais l’écart ne change pas : 30 secondes

17:14 - 4 km de l’arrivée

Il reste encore 30’’ de marge aux attaquants, qui continuent de collaborer pour résister au peloton 

 

L’oeil du Blaireau

Chaque matin avant le départ, Bernard Hinault donne son sentiment sur les enjeux du jour, les coureurs à observer sur l’étape, etc.

Hier les attaquants n’ont pas pu exploiter les possibilités du parcours, notamment à cause de la faible allure du peloton qui a permis aux équipiers des sprinteurs d’entamer le final très frais. Voeckler a essayé, il a réussi à exploser un peu le peloton, mais pas à mettre suffisamment de confusion. Quant au final, j’ai l’impression que sans sa chute, Sagan allait chercher la victoire.
Aujourd’hui avec les nombreuses côtes qui se trouvent sur le parcours, on peut assister à une course de mouvement. L’équipe HTC devrait normalement défendre son maillot, mais ils ont aussi à réfléchir à la suite de la semaine, et surtout aux objectifs de Tony Martin. Alors si j’étais leur directeur sportif, j’enverrai un coureur de l’équipe à l’avant. Cela bloquerait un peu la course, et ensuite il y aurait une belle pagaille le temps que d’autres équipes se décident à rouler. Personne ne pratique ce genre de coups, mais on peut tout imaginer. Pourquoi ne pas changer ?