
Saint-Jean-de-Maurienne
204.5 km
mardi 13 juillet
Déjà victorieux sur le Tour à Angoulême en 2007, le coureur de la FDJ avait aussi gagné sur tapis vert à Bourg-Saint-Maurice l’année dernière (après déclassement de Mikel Astarloza). Cette fois-ci, Sandy Casar a pu lever les bras au moment de franchir la ligne avec une courte avance sur Luis Leon Sanchez et Damiano Cunego, deux de ses compagnons d’échappée du jour, qui partaient pourtant favoris dans les ultimes manœuvres. Les attaquants du matin ont été rejoints dans le final par Andy Schleck et Alberto Contador, qui ont fait le ménage parmi les prétendants au titre, dans la montée menant au col de la Madeleine. Brutalement lâché par ses jambes, Cadel Evans perd le Maillot Jaune au profit du cadet des Schleck, après l’avoir cédé à l’ainé lors de l’édition 2008. Le duel se confirme entre Andy Schleck et Alberto Contador, qui n’ont que 41’’ d’écart au classement général.
Hushovd rate l’occasion
C’est dans la traversée de la station des Gets, après 3 km de course, qu’un groupe de 11 coureurs se détache, à l’initiative d’Anthony Charteau (BTL). Dans sa première configuration, on y trouve Voigt (SAX), Casar (FDJ), Nocentini (ALM), Hushovd (CTT), Pineau (QST), Frohlinger (MRM), Charteau, Gautier (BTL), LL.Sanchez, Gutierrez et Moreau (GCE). Mais l’ascension vers le col de la Colombière remodèle le groupe. Hushovd en est exclu sur chute, tandis que plusieurs contre attaquants se déclarent : Vinokourov (AST) sort du peloton avec Chavanel (QST) et Horner (RSH), ainsi que Popovych (RSH) et Hunter (GRM). Mais la seule entreprise efficace sur la durée est celle de Cunego (LAM) et Taaramae (COF), qui franchissent le col avec 45’’ de retard, quand le peloton pointe à 3’35’’.
La Caisse d’Epargne mène les ascensions
Dans la descente, Cunego et Taaramae opèrent la jonction avec la tête de course au km 60. Douze coureurs abordent donc en tête l’ascension vers le col des Saisies, qu’ils atteignent sans le moindre bouleversement, avec un avantage de 4’50’’ sur le peloton. Mais le gros choc est encore à venir avec la longue ascension vers le col de la Madeleine, où la sélection commence rapidement. Pineau, après une récolte de points qui se révèlera insuffisante, perd pied dans les premiers, avec Nocentini et Taaramae. La Caisse d’Epargne laisse aussi beaucoup de forces dans la montée : Gutierrez, puis Moreau, laissent alors LL.Sanchez terminer le travail de l’équipe. Casar « saute » momentanément, mais fait tout de même partie des quatre qui basculent en tête, avec Cunego, LL.Sanchez et Charteau. Le coureur de Bbox Bouygues Télécom, qui prend les 40 points de la montagne en jeu sur ligne, s’empare par ailleurs du maillot à pois, à égalité de points avec Pineau.
Evans, à reculons
Les pentes de la Madeleine sont surtout dévastatrices pour les jambes des leaders du classement général. Les coureurs d’Astana manœuvrent subtilement pour user leurs adversaires, avec notamment une attaque de Vinokourov à 50 km de l’arrivée. L’emballement du groupe décroche rapidement Sastre et Hesjedal. Mais au km 160, Cadel Evans lâche prise brutalement, laissant s’éloigner un groupe de moins de trente coureurs. Deux kilomètres plus loin, une accélération orchestrée par Contador et son lieutenant Navarro distance l’intégralité de ses rivaux, à l’exception d’Andy Schleck, et dans une moindre mesure de Samuel Sanchez. Les deux premiers du Tour 2009 éliminent la concurrence dans la montée, et passent le col avec 2’20’’ de retard sur le quatuor de tête, pendant que le Maillot Jaune pointe à 9’40’’.
Le Maillot Jaune pour Andy
La course poursuite est menée par A.Schleck et Contador pour distancer leurs rivaux, mais leur progression les rapproche du groupe de tête : à 4 km de la ligne, ils n’ont plus que 45’’ de retard. Accompagnés de Moreau, ils rejoignent la tête de course sous la Flamme Rouge. Contre toute attente, l’étape se joue donc à sept. A 500 m de la ligne, LL.Sanchez et Cunego semblent idéalement placés. Mais Casar place une accélération puissante et soutenue, à 250 mètres : il résiste au retour ce celui qui l’avait battu à St-Girons dans des conditions similaires, et remporte une troisième victoire sur le Tour de France. Andy Schleck prend quant à lui la tête du classement général, avec 41’’ d’avance sur Contador.
Je n’étais pas au même niveau que dans l’étape de Morzine. Je subis aujourd’hui les conséquences de la chute d’avant-hier. Cette année j’ai eu deux problèmes physiques, sur le Giro et maintenant ici. J’ai beaucoup travaillé pour cette course, j’ai souffert tous les jours sur mon vélo et cela me fait plaisir. Mais je suis déçu pour tous ceux qui me soutiennent.
Maintenant le Tour est fini pour moi en ce qui concerne la victoire finale. Mais il faut que je réfléchisse et que j’analyse tout cela de près pour voir quel plan nous pouvons élaborer maintenant.
Le maillot à pois n’était absolument pas mon objectif. Je n’ai pensé qu’à la victoire d’étape, car c’est très important pour nous. Bien sûr on ne monte pas la Madeleine tous les jours, donc c’est une fierté d’inscrire mon nom sur ce col, mais je pensais avant tout à l’étape. Dans le final, l’arrivée de Schleck, Contador et Moreau dans le groupe a tout changé. Andy a pris la tête, moi je me suis retrouvé un peu dans les barrières et j’ai paniqué. J’aurais pu contourner sur la gauche et essayer de passer, mais il m’a manqué quelque chose. En fait il fallait attaquer de loin pour pouvoir couper les virages, et c’est ce qu’a fait Sandy.
Maintenant je suis consolé par ce maillot à pois, je pense qu’il va y avoir une belle bataille avec Jérôme Pineau. Théoriquement il est plus rapide que moi sur les ascensions moins difficiles, et je dois pouvoir faire la différence sur des montées de 1ère et hors-catégorie.
Cela a dû être une journée dramatique pour Cadel, mais pas pour moi. C’était réellement une bonne étape : dure au début, mais j’aime beaucoup cela. Les coureurs n’arrêtaient pas d’attaquer, c’était de la vraie course. Vino a attaqué, Kloden a attaqué, plusieurs sérieux clients qui nous obligent à réagir.
Nous avions Jens (Voigt) à l’avant, et il a fait un travail qui était plus que fantastique, je ne sais pas comment le remercier.
L’autre jour, j’ai vu le Maillot Jaune et je me suis dit « je le veux ». Maintenant que je l’ai, je sais qu’il va aussi falloir le défendre. Mais nous avons une bonne équipe, et je suis ravi de l’avoir. C’est un rêve qui devient réalité, même si tout le monde s’attendait à ce que je le prenne. C’est tout de même quelque chose d’énorme, et je savoure ce que nous avons fait aujourd’hui.
Dans la dernière ascension, j’ai attaqué pour essayer de lâcher Contador. Ce n’était absolument pas un test, j’ai donné tout ce que j’avais. Si j’avais attaqué une fois de plus, je me serais retrouvé lâché moi-même. Je suis plutôt content qu’il n’ait pas répliqué à mes accélérations, et que nous ayons roulé tous les deux sur les trois ou quatre derniers kilomètres d’ascension. Je suis ravi parce que j’ai gagné une étape, et maintenant j’ai ce maillot, c’est fantastique. Et maintenant j’ai 40 secondes d’avance sur Contador, et de gros écarts avec les autres. Je n’ai plus qu’un seul gars à surveiller !
J’ai connu une première semaine difficile après laquelle j’ai perdu mes ambitions pour le classement général. Donc c’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à penser à cette étape, parce qu’elle me plaisait. Les ascensions étaient difficiles, mais c’est plus favorable pour moi lorsque l’arrivée n’est pas en altitude.
Depuis ma 2ème place derrière Cyril Dessel en 2008 à Jausiers, je suis encore plus méthodique pour la préparation de ce type d’arrivée. Je savais qu’il fallait être aux avant-postes dans l’avant-dernier virage pour espérer s’imposer. Mais je ne m’attendais pas à voir revenir Andy Schleck, qui a tout de suite pris la tête. J’ai donc fait le maximum pour passer, et j’ai viré en tête. Ensuite je pensais qu’il me resterait 200 mètres, mais il en restait en fait 350. A ce moment-là j’ai beaucoup pensé à toutes ces deuxièmes places. J’avais évidemment peur de Luis Leon Sanchez, qui m’avait battu l’année dernière à Saint-Girons. Je savais aussi que Cunego pourrait être très rapide. Mais j’ai tout donné dans les deux cents derniers mètres, avec en tête l’idée que je ne pouvais pas perdre. Je pense que Sanchez a aussi fait beaucoup d’efforts dans la montée vers le col de la Madeleine.
Je dédie cette victoire à mon père, à qui j’ai pensé dans le final. Etant sprinteur, il me disait tout le temps que dans ce type de situation, il fallait attaquer le premier. C’est ce que j’ai fait.
1. Casar 2. LL.Sanchez 3. Cunego 4. Moreau 5. Charteau
Le Français remporte sa 3ème victoire sur le Tour de France
Jonction entre les deux groupes
LL.Sanchez, Cunego, Casar et Charteau ont 10’’ d ’avance sur Contador, Schleck et Moreau
Schleck et Contador ne sont plus qu’à 35’’ de la tête de course à 3 km de l’arrivée