
Col du Tourmalet - 174 km
jeudi 22 juillet
Le 400ème anniversaire de l'assassinat d'Henri IV est depuis le début de l’année prétexte à un parcours-spectacle nocturne gratuit dans les jardins du château tous les samedis avec une mise en lumière de l'édifice. Au musée national du château se tenait une exposition « Hommage des Médicis à Henri IV, roi de France et de Navarre », du 31 mars au 30 juin. En ce mois de juillet est donné un concert « Bal à la Cour d’Henri IV ». Enfin, en août, un spectacle équestre est organisé dans le parc du château. C’est le 14 mai 1610, alors qu’il est bloqué en carrosse rue de la Ferronnerie,dans le quartier des Halles à Paris, que Ravaillac, le moine fanatique, grimpe sur le marchepied et porte au roi les coups de poignard fatals. Avec la mort d’Henri IV, la France perd un roi qui, bien que controversé à cause de ses origines huguenotes, a su, après sa conversion en 1593 (« Paris vaut bien une messe ») conquérir le cœur de ses sujets. Avec l’Edit de Nantes en 1598, il a rendu aux protestants leurs droits, leurs biens et leurs privilèges. Après des années de guerres de religion, la France pleure son « Bon Roi Henri », celui que nos manuels d’histoire associent immanquablement à la fameuse poule au pot. Quant à Ravaillac, il est épouvantablement torturé en place de Grève durant une journée entière, puis ses restes sont dispersés au vent. On ne saura jamais vraiment qui a armé son bras.
Pau est fière de son histoire aéronautique. Après avoir été une des villes phares du développement de l’aérostation, grâce notamment à la présence de James Gordon Bennett et de Gaston et Albert Tissandier, Pau à reçu, en janvier 1909, les célèbres frères Wilbur et Orville Wright venus ouvrir, sur les landes du Pont Long, la première école de pilotage d’aéroplane au monde. Ils ont été imités par Louis Blériot, et les sociétés Voisin, Antoinette, Derperdussin, Morane Saulnier et Nieuport.
En 1910, uniques constructeurs mondiaux d’aéroplanes, ils avaient leur propre école de pilotage à Pau. En 1912, l’armée française choisit Pau pour y établir la première école militaire d’aviation. Le centre militaire de Pau se transforme en école d’acrobatie en 1914, puis en école de chasse. Elle forme plus de 6 000 pilotes dont les célèbres Guynemer, Roland Garros, Védrines, ainsi que les pilotes volontaires américains de l’escadrille Lafayette. Ce passé glorieux est maintenant présenté au public, au Palais Beaumont, dans une exposition permanente.
De nos jours, le bassin de l'Adour est un pôle aéronautique important et a su se développer à partir des implantations industrielles provenant de la politique de décentralisation des industries de défense mise en œuvre à partir de 1936. La région compte plusieurs leaders mondiaux dans leur domaine : Daher-Socata, pour les monomoteurs à turbine, Dassault-Aviation, pour les jets d'affaire « haut de gamme », Messier-Dowty pour les trains d'atterrissage, et Turbomeca notamment pour les turbines d'hélicoptères.
Ces industriels perpétuent, avec les unités militaires et en particulier le 5ème RHC, basé au pont-Long, la tradition aéronautique paloise.
La cité d’Henri IV a reçu avec panache la course à 62 reprises, ce qui la place derrière Paris et Bordeaux au classement de la fidélité à l’épreuve. La liste des vainqueurs à Pau est un Who’s Who du cyclisme. Depuis Alfredo Binda, qui ouvrit le bal en 1930, Robic, Voppi, Bahamontes, Gimondi, Hinault, Kelly, Delgado, Chiappucci ou Pereiro y ont levé les bras. La victoire inaugurale d’Alfredo Binda mérite qu’on s’y arrête car elle fut l’une des deux seules que le plus grand champion de l’entre deux guerres signa sur le Tour. Il récidiva le lendemain à Luchon. Le Lombard, qui avait failli au début de sa carrière se faire naturaliser français, ne participa en effet qu’à ce Tour 1930, boudant l’épreuve pendant le reste de sa carrière. Enorme moteur, il fut l’un des premiers coureurs à rester assis dans les ascensions les plus rudes et René Vietto disait de lui : « On pourrait lui mettre un verre sur la tête et il escaladerait le Tourmalet sans renverser une goutte. » Triple champion du monde, vainqueur de 41 étapes sur le Giro, Binda gagna tout de même la Grande Boucle à quatre reprises comme directeur sportif de l’équipe d’Italie.
Pour les deux dernières visites du Tour, en 2007 et 2008, Pau avait servi de ville départ ou de journée de repos, ce qui sera encore le cas cette année.
C’est Pau qui, en 1990, vit un Soviétique, Dimitri Konyshev, s’imposer pour la première fois dans le Tour. C’est aussi à Pau que le peloton fit le deuil de Fabio Casartelli, tué la veille dans la descente du Portet d’Aspet en 1995. Une curiosité : les trois derniers vainqueurs d’une étape partie de Pau étaient Italiens.
Pau est par ailleurs la ville natale d’un certain nombre de coureurs du peloton comme Stéphane Augé, Mathieu Ladagnous ou Hervé Duclos-Lassalle.
| XIe sicle | Construction dun castelnau contrlant le gave, mi-distance entre Lescar, sige des vques, et de Morlas, fief des vicomtes de Barn. |
| 1188 | Gaston VI de Béarn réunit sa cour majour dans ce château qui porte le nom de Pau depuis le début de ce siècle. |
| XIIIe sicle | Gaston Fébus fortifie et agrandit le château. |
| 1464 | Pau devient la quatrième capitale du Béarn après Lescar, Morlaàs et Orthez. |
| 1512 | Pau devient la capitale des rois de Navarre. |
| 1589 | Henri IV est sacré roi de France. |
| 1796 | Pau devient chef-lieu des Basses-Pyrénées. |
| 1830 | Pau devient un lieu de villégiature privilégie des Britanniques. |
| 1909 | Pau accueille les débuts de l’aviation et devient la capitale de ce nouveau mode de transport. |
| 1951 | Découverte du gaz de Lacq, qui donne un nouvel essor à la ville. |
Préfecture : Pau
Sous-préfectures : Bayonne, Oloron-Sainte-Marie
Population : 643 000 habitants
Site web : www.cg64.fr
Formé en 1790 à partir des terres du Béarn, de trois provinces basques et de terres gasconnes, les Pyrénées Atlantiques comptent un peu plus de 643 000 habitants. Entre Golfe de Gascogne et Pyrénées, c’est le 10e département français par sa superficie. Au sud, la chaîne des Pyrénées dresse ses cimes élancées ; au nord, le piémont, zone de coteaux, de collines boisées, de vallons verdoyants et de landes basses, est constitué d'alluvions. Les gaves y découpent des vallées étroites et profondes avant de s'élargir en de larges plaines. Le Béarn connut jusqu'à la Révolution une période économique brillante, suivie d'un déclin au XIXe. Le XXe a marqué le début d'une nouvelle ère de prospérité, caractérisée par l'adhésion à la société industrielle. La vigne produit d'excellents vins traditionnels. La découverte du gisement de gaz de Lacq a considérablement modifié le visage du Béarn, entraînant la création d'un vaste complexe pétrochimique. Les stations thermales sont célèbres depuis l'antiquité.
La commune est avant tout réputée pour son vignoble. Au XlVe siècle, les princes de Béarn et le parlement de Navarre ont introduit la notion de « cru », suivant la valeur des parcelles, premières tentatives de classement en France, bien avant tous les autres vignobles, comme premières protections pour préserver l'authenticité des vins de Jurançon. En 1553, à la naissance d’Henri IV, le Jurançon entre dans l'histoire de France : le futur bon roi Henri, pour son baptême, aura les lèvres frottées d'une gousse d'ail et humectées d'une goutte de Jurançon. Les cépages descendent en droite ligne des vignes sauvages qui peuplaient jadis le piémont pyrénéen : gros Manseng, petit Manseng (vinifié seul, c'est le meilleur des Jurançons.), Courbu. Quel que soit le cépage, les grandes bouteilles sont récoltées par tris successifs, le raisin ayant atteint une « sur-maturité » par Passerillage, voisin de celui qui s'opère en Sauternais. À la différence du Sauternes où c'est un champignon qui se charge d'extraire l'eau des grappes, à Jurançon c'est l'alternance des températures entre le jour et la nuit qui concentre les moûts et donne au raisin son aspect caractéristique. La zone de production s'étend sur 25 communes, entre le Gave de Pau et celui d’Oloron. Le vignoble est classé AOC depuis 1936.
La cité ibéro-romaine d’Iluro (premier nom de la ville, celui d'une divinité indigène), fut détruite par les Normands vers 845, et disparut pour plus de deux siècles. Elle réapparut quand les évêques s’installèrent à Sainte-Marie (lieu d'une chapelle dédiée à la vierge), de l'autre côté du gave d'Aspe, vers 1060, tandis que les vicomtes de Béarn édifièrent la nouvelle ville d'Oloron à l'emplacement de l'ancienne, 20 ans plus tard. La nouvelle cité constituait une étape fortifiée sur les chemins de la « Reconquista » contre les Sarrasins et du pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. De part et d'autre du Gave d’Aspe, les deux villes concurrentes s'agrandirent. La rivalité s'arrêta avec la réunion de Sainte-Marie avec Oloron, par un décret signé de l'impératrice Eugénie, le 18 mai 1858. Au confluent des deux gaves d’Aspe et d’Ossau, capitale du Haut-Béarn, à la naissance des trois vallées d’Aspe, d’Ossau et de Barétous.
L’ancienne cathédrale Sainte-Marie. La cité fut l’une des principales villes épiscopales du Béarn de l'an 500 à 1802. C'est dans le quartier Sainte-Marie que se trouvent l'ancien évêché et l’ancienne cathédrale, classée Monument Historique depuis mars 1939, inscrite au patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO, en 1999 au titre des « chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle ». Sa construction commença en 1102 pour finir au XIVe siècle. Elle fut décidée par le Vicomte de Béarn, Gaston IV le croisé, qui fut un grand promoteur de l'art roman en Béarn (il fit construire également la cathédrale de Lescar, l’église Sainte-Foi de Morlaas). De cette période, ne subsiste que le portail sculpté par deux artistes. Le premier a réalisé le tympan (Descente de Croix), 4 chapiteaux et le trumeau. Le deuxième des scènes bibliques sur les voussures (préparatifs d'un repas de noces, les 24 vieillards de l'Apocalypse), sur les côtés (l'Enfer, le Triomphe de l'Eglise sur le paganisme) et au-dessus du portail (la Résurrection du Christ). Le reste de l'édifice est de style gothique (une tour-clocher, 2 tours carrées et un chevet à chapelles rayonnantes).
En 1282, Gaston VII, Vicomte de Béarn et Seigneur de Moncade, affranchit les habitants d’Asson, confirmant la création de la bastide autour des 17 maisons
« casalères » qui existent déjà. Traversé par le Gave de Pau, affluent de l’Adour.
L’église Saint-Martin. Des trois églises que comptait la commune au XVe siècle, elle est la seule qui a traversé les âges. En 1534, elle a été réédifiée sur son emplacement d’origine, et son clocher a été construit en 1871.
Le château d’Abère. En 1150, il appartenait à un certain Goalhard de Badie et était répertorié comme maison d’Abadie. Par testament rédigé en 1501, il est légué à la famille d’Abère qui fut anoblie le 12 septembre 1524, en tant que seigneur du lieu. Lors des luttes religieuses qui ensanglantèrent le Béarn, en août 1569, Pascal d’Abère reçut dans sa maison le capitaine protestant Montgoméry. Le lendemain du passage de ces troupes, d’Abère fut assassiné ainsi qu’une de ses filles par les soldats du capitaine catholique Bonasse. Devenu la propriété d’une famille protestante, il fut vendu plusieurs fois, et par alliance revint aux Luppé, propriétaires depuis la moitié du XIXe siècle. C'est pourquoi, aujourd'hui, les habitants d'Asson parlent du château de Luppé.
Préfecture : Tarbes
Sous-préfectures : Argelès-Gazost, Bagnères-de-Bigorre
Population : 235 000 hab.
Site web : www.cg65.fr/
Les Hautes-Pyrénées comptent 220 000 habitants pour une superficie de 4 464 km2. Trois secteurs distincts composent les paysages du département : la montagne et ses vallées qui recouvrent la moitié du territoire, les coteaux et les plaines. Au sud, les Pyrénées forment une barrière d'altitude élevée avec la frontière espagnole : 35 pics y dépassent les 3.000 mètres. Le tourisme constitue la principale activité économique du département, notamment grâce à Lourdes, deuxième centre mondial de pèlerinage, ou au cirque de Gavarnie, inscrit au patrimoine mondial de l'humanité.
Le Pic du Midi culmine à 2.877 mètres. On y accède par téléphérique au départ de La Mongie pour découvrir 600m2 de terrasses panoramiques qui offrent un spectacle époustouflant sur les sommets. Les stations de sports d'hiver sont nombreuses (12 au total dont Cauterets, Luz-Ardiden, Hautacam ou Saint Lary, bien connus des suiveurs). Sans oublier l'activité thermale (Argelès-Gazost, Barèges-Barzun, Beaucens).
Enfin un véritable menu bigourdan commence toujours par la garbure, une soupe composée de haricots tarbais, d'os de jambon, de morceaux de canard ou d'oie confit, de chou, de poireau, de carottes, de navets, d'oignons et d'ail.
La fusion d'Arrens et de Marsous date de 1972. Arrens s’étend sur 7 km de la crête frontière d'Espagne dans le massif du Balaïtous (4 petits cirques glaciaires sculptent cette crête, qui va au Sud-Est jusqu'au Pic de Cambalès). C’est le coeur économique du Val d’Azun.
L’église Saint-Pierre, fortifiée, est de style gothique, reconstruite au XVIIIe siècle avec une enceinte crénelée et un clocher carré.
La chapelle dorée bâtie au XIIe siècle, puis modifiée aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, est un trésor architectural qui domine le village. Elle a toujours été une étape importante avant de franchir la montagne. Un hospitalet y avait été construit pour accueillir les pèlerins qui se rendaient à Compostelle ou à Notre-Dame-del-Pilar. Après un oratoire, fut construite cette somptueuse chapelle. Agrandie, décorée à plusieurs reprises, d’importantes restaurations ont été faites après le passage de la Reine Hortense, mère de l’Empereur Napoléon III, en 1807. On y entre par un portail monumental, précédé d’un porche avec un dôme semblable à un baldaquin. Le sol a cette caractéristique assez particulière d’être constitué par le rocher même du Pouey, nivelé à la main, vers 1890, par des carriers de Lourdes. Les marches, taillées dans la masse rocheuse, permettent l’accès aux tribunes et à l’entrée. On pense que c’est à cette époque que l’on détourna totalement l’eau de la source qui, encore en 1823, coulait sur le granit de la chapelle. L’eau traversait la nef depuis l’angle Sud-Ouest de la tribune et venait s’écouler sous la chaire.
Dans ce très joli village, des mines de cuivre et de plomb ont longtemps été exploitées.
L’imposante église Saint-Martin est une pittoresque église de montagne, construite aux XIIe et XIIIe siècles, avec un important clocher rectangulaire à deux étages. Avant d’entrer, la porte gothique, dite des cagots, est aujourd’hui murée. À l’intérieur, une belle voûte en lambris peints a été réalisée en 1696 par Guillaume Pujo de Nay entre autres. Elle est inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. À côté de l'église, seul vestige de l'Abbadie, se dresse une tour cylindrique aux murs épais dont le rez-de-chaussée est une salle en voûte.
Le Castet-Naou, ou Forteresse Castelnau d’Azun. Surplombant le village, les ruines de cette petite forteresse, en cours de restauration, rappellent qu’Arras-en-Lavedan fut anglais pendant quarante ans sous la domination du Prince Noir.
La vallée de Barèges (actuel canton de Luz), l'une des 7 vallées de la vicomté de Lavedan, formait une petite république indépendante, dotée de coutumes particulières. C'était la vallée des Toys, avec des gens de montagne, fiers de leur liberté et qui n'ont jamais été asservis.
L’exploitation des eaux thermales a été relancée à partir du XVIIIe siècle. Simple hameau thermal, les Bains de Barèges sont devenus commune indépendante en
1946. Station climatique et thermale (traumatologie, ORL, rhumatisme, dermatologie). La station de sports d’hiver est située à 1 250 m d'altitude. Elle propose 69 pistes de ski alpin et plusieurs parcours de ski de fond.
Bien sûr, le Tourmalet est un des plus beaux monuments du cyclisme et c’est sans doute notre sport qui lui a offert ses plus belles heures de gloire tout en popularisant un nom longtemps connu des seuls montagnards. Mais les pentes du col pyrénéen le plus mythique de la Grande Boucle sont aussi un terrain de jeu privilégié pour les pratiquants prestigieux d’autres sports qui ont toujours fait bon ménage avec la petite reine. Le directeur de la station, depuis de longues années, n’est autre qu’un des meilleurs arrières de l’histoire du rugby français, Jean-Michel Aguirre. Le Tourmalet est aussi, cela va de soi, une terre d’ovalie, et l’on sait moins que Jean Gachassin, l’actuel président de la Fédération française de tennis et ancien ouvreur de génie, fut un skieur émérite bien connu à La Mongie. Le ski, bien sûr, fait vivre le Tourmalet l’hiver quand le col est infranchissable : Annie Famose, que nous avons déjà rencontrée à Avoriaz sur ce Tour, est la plus célèbre skieuse de la station de Barèges, où une piste porte son nom. Aujourd’hui, le descendeur Adrien Theaux, sélectionné pour les Jeux de Vancouver, maintient le flambeau du ski de haut niveau pyrénéen même si ce Tarbais s’est installé à Val Thorens. L’un des plus grands snowboarders au monde et l’un des plus populaires en France, Mathieu Crépel, a lui aussi appris son art sur les pentes enneigées du Tourmalet. C’est cela aussi le Tourmalet : si certains le gravissent l’été, d’autres le dévalent l’hiver.
En 1675, Madame de Maintenon, favorite du roi Louis XIV, se rendit de Barèges à Bagnères-de-Bigorre en empruntant le Tourmalet en chaise à porteurs. C’était à l’époque, en dépit de l’altitude, le chemin le plus sûr pour effectuer ce déplacement. Françoise d’Aubigné, qui avait alors 40 ans, était à Barèges avec le Duc de Maine, fils du roi, qui prenait les eaux pour soigner des problèmes articulaires qui l’empêchaient de marcher normalement. Toute sa vie, il boita et fut surnommé « le gambillard ». Sa gouvernante, élevée au rang de marquise cette année-là, considéra toujours le « petit duc » comme son propre fils.
« Le petit duc a la fièvre quarte, peu considérable à la vérité, mais c'est toujours un trouble dans ses bains qui nous embarrasse nous n'en voyons encore aucun fruit. Il faut prendre patience », écrit-elle le 8 juillet.
Plus tard, en octobre, elle se satisfait de l’amélioration de l’état du duc : « La joie où je suis depuis quelque temps y peut contribuer M. le duc du Maine marche et, quoique ce ne soit pas bien vigoureusement, il y a lieu d'espérer qu'il marchera comme nous. »
La marquise se rendit à Barèges à deux reprises par la suite et ne manqua pas une occasion de recommander à ses amis de venir y prendre les eaux. C’est d’ailleurs à partir de 1675 qu’elle devint officiellement la favorite du roi Soleil, qu’elle épousa secrètement neuf ans plus tard.
Le souvenir Henri Desgrange, attribué au sommet de la plus haute ascension du Tour, sera décerné cette année au Tourmalet et pourtant, il y avait un grand absent au sommet de la première ascension de ce géant du Tour : Henri Desgrange lui-même.
Le créateur du Tour avait longuement hésité à faire figurer le Tourmalet sur le parcours, une difficulté qui avait d’ailleurs rebuté de nombreux coureurs, et l’édition 1910 s’était élancée avec seulement 110 participants. L’étape Perpignan-Luchon et ses premiers cols pyrénéens conforta le patron de l’Auto dans l’idée que le programme du Tour était décidément peut-être trop copieux... Déjà, avant le départ, il avait subi les foudres de certains concurrents. Après l’arrivée à Luchon, il sent bien que le moral des troupes, à commencer par celui du leader Octave Lapize, n’est pas des plus enjoués. Prétextant une indisposition, Desgrange reste prendre les eaux à Luchon et confie les clefs de la course à Victor Breyer. Grand amateur de boxe, ce dernier saura montrer les poings en cas de besoin.
Desgrange n’a pas vraiment tort de s’éclipser. Arrivé au sommet du Tourmalet, puis en vainqueur à Bayonne, Lapize ne décolère pas : « Des criminels ! », accuse-t-il. Desgrange n’est pas là pour l’entendre. Voilà un crime qui reste impuni depuis un siècle !
| 1675 | Madame de Maintenon se rend à Barèges en chaise à porteur avec le Duc de Maine, par le Tourmalet. |
| 1774 | Monge et Darcet gravissent le Pic du Midi de Bigorre pour des observations atmosphériques. |
| 1910 | Le Tour gravit pour la première fois le Tourmalet. Octave Lapize est le premier au sommet. |
| 1913 | Eugène Christophe répare sa fourche dans une forge de Ste Marie de Campan. |
| 1945 | Premier téléski à La Mongie. |
| 1974 | Jean-Pierre Danguillaume remporte la seule étape à s’achever au sommet du Tourmalet. |
| 1985 | Epreuves de Coupe du monde de ski à La Mongie. |
| 2010 | Centenaire de la première ascension du Tourmalet. |
LE PIC DU MIDI ET SON OBSERVATOIRE.
L'histoire du Pic, avant d'être astronomique, fut météorologique. Dès 1774 Monge et Darcet montent au Pic pour y étudier la pression atmosphérique et en 1873, le Général de Nansouty y installe une station où il mesure pression, température, humidité et différentes autres grandeurs intéressant la météorologie. Les premières activités astronomiques n'interviendront qu'en 1884. Progressivement l'Observatoire devient un haut lieu de l'astronomie, et des sciences comme la botanique ou la cosmologie. Un temps menacé de destruction, il a été sauvé en 1996 et ouvert au public en 2000.
LA FORGE DE SAINTE-MARIE-DE-CAMPAN.
Eugène Christophe, dit le Vieux Gaulois, y répara la fourche de son vélo lors de l'édition de 1913. Une plaque le rappelle.