
La Montagne de Lure
182.5 km
vendredi 13 mars
CONTADOR Alberto (AST)© Presse Sports
CONTADOR Alberto (AST)© Presse Sports
La montée vers la Montagne de Lure promettait une explication entre les favoris de Paris-Nice. C’est finalement un récital qu’a donné Alberto Contador dans la dernière ascension, en dirigeant exactement comme il le souhaitait les débats. Après avoir demandé à ses équipiers de maintenir un rythme élevé tout au long de la journée, le leader d’Astana a placé une attaque fatale en trois temps, dans les huit derniers kilomètres de la Montagne de Lure. Il s’empare au final de sa deuxième victoire d’étape sur Paris-Nice cette année, et récupère également le maillot jaune qu’il avait porté en début de course. Sa démonstration lui donne une avance confortable de 1’13’’ sur LL.Sanchez, 1’24’’ sur Sylvain Chavanel.
Jérémy Roy en veut encore
Au kilomètre 4, Romain Feillu (AGR) lance un mouvement qui inspire dans un premier temps Mickaël Delage (SIL), Javier Aramendia (EUS), Niki Terpstra (MRM) et Cyril Lemoine (SKS). L’échappée en formation accueille au km 20 le renfort de Christophe Riblon (ALM), Alan Perez (EUS) et Sébastien Turgot (BTL). Mais Jérémy Roy (FDJ), nullement rassasié par sa victoire de la veille a lui aussi voulu participer à l’aventure du jour : un nouvel effort lui permet d’intégrer le groupe au km 33. Entre temps, le sort a été beaucoup plus sévère avec son associé de l’étape précédente, Thomas Voeckler (BTL), qui quitte Paris-Nice au km 15 avec une clavicule cassée.
Columbia défend les pois
Si le groupe de tête progresse rapidement, obtenant un avantage maximal de 6’25’’ au km 30, les coureurs d’Astana ne mettent pas longtemps à dévoiler leurs ambitions sur cette étape. Ils prennent aussitôt le contrôlent du peloton pour réduire l’écart : 3’35’’ au km 53. Irritée par la présence de Jérémy Roy, qui représente une menace pour le maillot à pois de Tony Martin, l’équipe Columbia donne un ton encore plus dur à la poursuite. La marge n’étant plus que de 1’20’’ au km 100, Roy réintègre le peloton pour donner un sursis à l’échappée.
Astana impose un rythme élevé
Bien que les huit rescapés préservent un avantage d’environ deux minutes, le rythme élevé imposé par Astana durant les cinquante kilomètres suivants ne laisse aucune illusion sur les chances du groupe, ni aucune ambigüité sur les ambitions d’Alberto Contador. Les échappés sont repris après la traversée de Forcalquier, où Tony Martin se permet de quitter momentanément le peloton pour aller chercher quelques points au sommet de la côte des Mourres (km 158,5).
Une attaque en trois temps
L’explication se prépare aux abords de l’ascension finale. L’équipe Française des Jeux participe à l’accélération du rythme, et place même momentanément à l’avant Sébastien Joly. Le Français abdique dans les premières pentes de la Montagne de Lure, puis fait les frais de la course par élimination orchestrée par Astana et Euskaltel. Jens Voigt est le suivant à tenter sa chance, à 11 km de l’arrivée. Son initiative ne résiste pas au plan de Contador, qui décline en trois temps son offensive. Le leader d’Astana commence à se positionner à l’avant du groupe principal (qui a déjà perdu Garate) à 8 km de l’arrivée. Après avoir observé les premiers dégâts de son accélération, il continue son travail de sape avec une deuxième couche : cette fois-ci seuls Franck Schleck, et dans un deuxième temps Colom, parviennent à le suivre. Le coup décisif est ensuite porté à 6 km de l’arrivée. Dès lors Contador n’aura plus à se retourner une seule fois : son allure lui permet de combler aisément son retard sur Sylvain Chavanel au classement général. Le Français n’est d’ailleurs pas le meilleur contradicteur de Contador sur l’étape du jour : Schleck, finalement accompagné de Luis-Leon Sanchez, franchit la ligne 52’’ après lui. L’Espagnol de Caisse d’Epargne prend la 2ème place du classement général, à 1’13’’, tandis que Chavanel sauve sa place sur le podium, à 1’24’’ du nouveau patron.
CONTADOR Alberto (AST)© Presse Sports
C’était le jour où il était possible de faire la différence, alors j’ai travaillé pour ça. L’équipe a contrôlé la course depuis le départ de l’étape, c’est ce qu’il fallait faire.
Dans les derniers kilomètres j’ai beaucoup souffert, la montée était très dure mais je savais que c’était décisif pour mon objectif de remporter Paris-Nice.
Je sais que Paris-Nice est une course difficile tous les jours, d’autant que je suis fatigué comme tous les autres. Alors pour l’instant je suis déjà heureux d’avoir repris le maillot jaune. Demain est un autre jour.
L’Espagnol a passĂ© la ligne en solitaire et remporte sa deuxième victoire d’Ă©tape cette annĂ©e sur Paris-Nice. Schlek et LL.Sanchez complètent le podium du jour, avec 52’’ de retard
Schleck et LL.Sanchez ont 1’ de retard au dernier kilomètre, le groupe Evans-MoncoutiĂ© est pointĂ© Ă 1’30’’
Alberto Contador continue de garder l’allure pour creuser l’Ă©cart sur tous ses rivaux
Alberto Contador continue seul en tĂŞte sans faiblir...
Il a 45’’ d’avance sur LL.Sanchez et Schleck, 50’’ d’avance sur MoncoutiĂ©, 1’ d’avance sur Evans, et 1’05’’ sur le groupe maillot jaune
Chaque matin avant le départ, Bernard Hinault donne son sentiment sur les enjeux du jour, les coureurs à observer sur l’étape, etc.
Il se peut qu’une première sélection ait lieu dans les premières séries de côtes, mais dans tous les cas de figure, un groupe de favoris se présentera groupé au pied de la Montagne de Lure. C’est évidemment là qu’aura lieu la grande explication. Et lorsqu’on voit ce qu’a fait Contador avant l’arrivée à Saint-Etienne, il est certain que tous les regards seront braqués sur lui.
Dans la position des rivaux de Contador, la seule stratégie c’est d’essayer de se défendre pour finir 2ème, 3ème ou 4ème de Paris-Nice. Je ne vois qu’un seul cas de figure qui pourrait le mettre en difficulté : ce serait que Sylvain Chavanel attaque dans la montée, pour permettre à son coéquipier Kevin Seeldrayers de rester dans la roue de Contador et de tenter sa chance à son tour un peu plus loin. Pour éviter cette situation, si j’étais Contador j’attaquerais dès le début de l’ascension pour anticiper.