
Vichy
178 km
mardi 10 mars
CHAVANEL Sylvain (QST)© Presse Sports
CHAVANEL Sylvain (QST)© Presse Sports
Le leader de l’équipe Quick Step a fait preuve de panache et d’opportunisme à la fois sur la troisième étape de Paris-Nice. Présent au bon endroit au bon moment, Sylvain Chavanel est parvenu à suivre l’opération commando orchestrée par l’équipe Rabobank à 43 km de l’arrivée. La brutale accélération a mis en difficulté une grande partie des favoris de la course, y compris Alberto Contador, relégué dans un deuxième groupe. Après avoir participé à la mise à l’écart de ses principaux rivaux, le Français a manœuvré dans le final pour aller chercher une deuxième victoire d’étape dans l’épreuve. Il retrouve un maillot jaune qu’il a également déjà porté sur l’édition 2008.
Cinq hommes en tĂŞte
Malgré la pluie dense qui arrose le peloton dès le départ de l’étape, plusieurs coureurs se précipitent à l’avant pour tenter de s’échapper. Stéphane Augé (Fra – COF) fait partie des plus assidus, et sa persévérance est récompensée puisqu’il parvient à suivre un mouvement initié par Maciej Bodnar (Pol – LIQ) au km 15. C’est finalement à cinq que se forme le groupe d’attaque du jour, complété par Jurgen Roelandts (Bel – SIL), Christophe Le Mével (Fra – FDJ) et Tom Veelers (Hol – SKS). Leur avantage monte à 5’40’’ sur la ligne du premier sprint intermédiaire.
4° au col de la Bosse
Les cinq attaquants continuent de gagner du terrain jusqu’à obtenir un Ă©cart maximal de 7’15’’ au km 66. Les deux premières ascensions du jour permettent ensuite Ă StĂ©phane AugĂ© de prendre la tĂŞte du classement des grimpeurs. Comme la veille, les lieutenants d’Alberto Contador se chargent d’imprimer au peloton une allure suffisante pour maintenir l’échappĂ©e Ă distance raisonnable. L’avantage se rĂ©duit alors progressivement, avec le renfort attendu des Ă©quipes Cervelo et Columbia : au passage au col de la Bosse, oĂą le thermomètre n’affiche que 4°, l’écart n’est plus que de 3’15’’.
Le commando des Rabobank
La traditionnelle poursuite menée par les équipes de sprinteurs est bousculée par l’équipe Rabobank au grand complet (sauf Posthuma, non-partant), qui décide d’accélérer brutalement le rythme à 43 km de l’arrivée. L’opération provoque immédiatement une double cassure, qui rejette notamment à l’arrière Evans et Wiggins. Dans une position intermédiaire mais néanmoins inquiétante, Alberto Contador se retrouve lui aussi piégé dans un groupe en retrait derrière un groupe de tête totalement remanié.
Intérêts convergents pour Quick Step et Rabobank
Le mouvement a condamné l’échappée du jour à 31 km de l’arrivée, où l’élite s’est dessiné avec 10 coureurs : Roelandts (SIL), Flecha, Garate, Langeveld (RAB), Chavanel, Seeldrayers (QST), Le Mével (FDJ), Burghardt (THR), Augé (COF) et Veelers (SKS). L’association fonctionne parfaitement, les intérêts des équipes Rabobank (pour Garate) et Quick Step (pour Chavanel) étant convergents. A 5 km de l’arrivée, il est d’ailleurs acquis, avec 1’20’’ d’avance, que l’étape se jouerait au sein de ce petit groupe, qui a perdu Le Mével et Veelers. Jusqu’à la Flamme Rouge, l’entente reste le mot d’ordre pour creuser l’écart sur le groupe maillot jaune.
Coup double pour Chavanel
Les manœuvres commencent finalement à 500 mètres de la ligne, où Flecha place une accélération, mais la réponse de Sylvain Chavanel est percutante. Le Français passe l’Espagnol dans les dix derniers mètres pour enlever sa deuxième étape sur Paris-Nice, après Cannes en 2008. Il s’empare également du maillot jaune, avec un avantage de 33’’ sur Garate, et de 36’’ sur Flecha.
CHAVANEL Sylvain (QST)© Presse Sports
« Dans le final, j’ai pensĂ© Ă la victoire d’étape, le maillot jaune c’était tellement court l’an dernier. J’ai demandĂ© Ă Kevin Seeldrayers de rouler. Je suis allĂ© la chercher, je me suis pas Ă©crasĂ©. Je n’’atais pas superbe au dĂ©but, j’avais vraiment froid. Quand les Rabobank ont lancĂ© la bordure, j’étais vigilant, j’ai prĂ©fĂ©rĂ© collaborer avec eux. Vu comment on roulait, c’est normal de prendre 1 :10. C’est des coups comme aujourd’hui qu’il fallait faire. A Lure, j’espère limiter la casse par rapport aux meilleurs grimpeurs. Mais je suis vraiment satisfait de ma journĂ©e.
J’avais dĂ©jĂ un moral d’enfer avant de venir ici. Maintenant l’objectif est Ă moitiĂ© rempli. Ce qui vient n’est que du bonus. On verra Ă la montagne de Lure, c’est vraiment le gros morceau. »
RĂ©pondant Ă l’accĂ©lĂ©ration de Flecha, Sylvain Chavanel s’est imposĂ© avec une courte avance. Il remporte sa deuxième victoire d’Ă©tape sur Paris-Nice, après Cannes en 2008. Il s’empare Ă©galement du maillot jaune de leader de la course.
Le groupe est reconstitué
Un coureur de Rabobank a pris une vingtaine de mètres d’avance, Chavanel tente de contre attaquer
Pas d’attaque Ă signaler dans le groupe de tĂŞte pour le moment. Burghardt pointe Ă 25’’...
Les trois coureurs de Rabobank mènent le groupe. Dernier Ă©cart enregistrĂ© avec le groupe Contador : 1’20’’
Chaque matin avant le départ, Bernard Hinault donne son sentiment sur les enjeux du jour, les coureurs à observer sur l’étape, etc.
J’ai Ă©tĂ© impressionnĂ© par Haussler, qui a placĂ© une superbe accĂ©lĂ©ration. Au dĂ©marrage, il a rendu dix mètres Ă tout le monde, et il a rĂ©ussi Ă conserver son avance jusqu’au bout, c’est une très belle attaque. Mais j’aurais bien aimĂ© voir une attaque dans le dernier kilomètre, une initiative de puncheur. Ce qu’a fait Pierre Rolland, Ă 15 km de l’arrivĂ©e, c’était inutile. Il n’avait aucune chance en se lançant d’aussi loin. Quitte Ă prendre ce genre de risques, il faut le faire dans le final, sans se poser de questions. C’est ce que faisait par exemple Willy Teirlinck, Ă mon Ă©poque.
Si j’avais été chez Astana, je crois que j’aurais un peu plus joué au poker. Certes, ils n’ont pas roulé durant toute l’étape, mais s’ils s’engagent sur cette voie, ils risquent d’avoir à le faire tous les jours. Et dans ce cas, ils vont accumuler la dépense d’énergie. Le mieux, ce serait peut-être de placer un de leurs coureurs dans l’échappée ! Je sais que personne n’ose plus faire ce genre de choses, mais de mon temps on le faisait.