
Luis Leon SANCHEZ© A.S.O. / Jean-Christophe MOREAU
En 2006, Luis Leon Sanchez faisait son apparition sur Paris-Nice, achevant la course avec le maillot blanc de meilleur jeune. Trois ans plus tard, le coureur espagnol le plus prometteur de sa génération n’a pas pris un gramme superflu (1,87 m, 74 kg) : il a toutefois gagné en épaisseur et en maturité. Sur une semaine de course à classer parmi les plus intenses de l’histoire de l’épreuve, Sanchez a su mettre à profit sa position d’outsider et surgir au meilleur moment pour faire main basse sur le maillot jaune, longtemps promis à Contador. Un timing parfait.
Malgré une combinaison rouge et jaune des plus flamboyantes, le champion d’Espagne du contre-la-montre a su rester discret dans la première étape. Le coup d’éclat de Contador laissait dans l’ombre Sanchez, pourtant 3e à 9''. En embuscade, il est resté l’un des derniers contradicteurs du favori désigné dans la Montagne de Lure. Il a surtout su saisir sa chance en route vers Fayence, où il a fait valoir son statut officieux de meilleur descendeur du peloton. Sa victoire d’étape, la troisième sur l’épreuve, lui donne aussi le maillot jaune et les responsabilités qui vont avec. La dernière étape est celle de tous les dangers, mais bien entouré par son équipe, Luis garde avec sang-froid le contrôle de la situation. La démonstration est digne d’un vrai patron.
Sept ans après Sandy Casar et Laurent Jalabert, alors 2e et 3e, un coureur français a terminé la semaine de Paris-Nice sur le podium du classement général. Mais le « score final » de Sylvain Chavanel ne reflète qu’en partie le festival du nouveau leader de Quick Step, qui a commencé par remporter l’étape de Vichy. Le maillot jaune ainsi gagné a été valeureusement défendu durant deux jours. Puis Chavanel a corrigé sa réputation de piètre grimpeur en restant sur le podium après l’étape de la Montagne de Lure. Sa constance n’a pas été démentie puisque, malgré une chute qui lui coûte la deuxième place, il préserve l’essentiel, avec la prime du maillot vert. Le tableau d’honneur des Français est complété par Jérémy Roy, vainqueur de sa première course professionnelle à Vallon-Pont-d’Arc, et par Jonathan Hivert, 8e du classement général et deuxième jeune de la course. Talents à suivre…
Vainqueur des trois grands tours cyclistes du calendrier, Alberto Contador a complété sur Paris-Nice sa panoplie de grand champion, en se positionnant d’entrée dans le rôle du meilleur rouleur du peloton, sur la boucle dessinée autour d’Amilly. Grimpeur intrépide et aérien, il a ensuite frappé là où on l’attendait, sur l’étape reine, en déposant ses rivaux dans les pourcentages les plus élevés menant à la Montagne de Lure. Paradoxalement, la « fringale » qui lui fait perdre plus de deux minutes et le maillot jaune dans les quatre derniers kilomètres de l’étape de Fayence, révèle également une autre facette du personnage. Celui qu’on pressentait déjà orgueilleux et conquérant se transforme en véritable show-man sur l’ultime étape, en semant le trouble, en vain, sur la corniche de l’Esterel. Pour la beauté du geste, une quatrième place aura rarement été aussi savoureuse.