
Roubaix
259.5 km
dimanche 13 avril
Trois ans après sa première victoire, Tom Boonen s’impose à Roubaix au terme d’une course mouvementée qui a donné lieu à un final de prestige. Derrière un trio d’échappés constitué de Pronk (COS), Kuyckx (LAN) et Serov (TCS), la sélection a commencé avant la Trouée d’Arenberg, où le groupe des favoris s’est présenté sans Flecha (RAB) et Pozzato (LIQ), retardés par une chute. Après de nombreux regroupements et accélérations, l’explication s’est poursuivie entre huit coureurs, dans le secteur de Mons-en-Pévèle. Mais c’est à 35 km de l’arrivée, sur le secteur de Templeuve que Cancellara a provoqué la constitution d’un trio royal, qui ne s’est départagé que sur la piste du vélodrome. Entre Boonen, Cancellara et Ballan, le Belge a fait valoir ses qualités de sprinteur pour déposer ses deux rivaux et ajouter un nouveau titre à son palmarès.
Echappée interdite
Les volontaires ne manquent pas, mais les attaques sont systématiquement réprimées en début de course. Pour son premier Paris-Roubaix, Mathieu Ladagnous (Fra – FDJ), qui accélère au km 11, est le seul à connaître le privilège de passer 9 kilomètres en tête, sans jamais réussir à creuser un écart supérieur à 30’’ avec le peloton.
Hushovd abandonne
Le peloton, qui roule à vive allure, s’apprête à atteindre groupé les premiers secteurs pavés, mais Matthé Pronk (Hol - COS), Jan Kuyckx (Bel - LAN) et Alexander Serov (Rus - TCS) s’échappent au km 87,5. Momentanément poursuivis par Pieter Ghyllebert (Bel - TSV), ils continuent d’améliorer leur marge sur le peloton : 3’20’’ à la sortie du premier secteur de Troisvilles (km 100,5), puis 5’05’’ après celui de Vertain (km 123,5), et un maximum de 5’30’’ au km 140. Le passage des premiers tronçons délicats ne provoque pas de dégât majeur dans le peloton, hormis l’abandon de Thor Hushovd, qui met pied à terre dans la zone de ravitaillement de Solesmes.
Pozzato et Flecha coincés
L’accĂ©lĂ©ration progressive Ă l’approche de la TrouĂ©e d’Arenberg provoque dans un premier temps une « sĂ©lection douce », le peloton se rĂ©duisant Ă une soixantaine d’élĂ©ments. Mais dans les kilomètres qui prĂ©cèdent immĂ©diatement ce secteur dĂ©cisif, la hausse brutale du rythme cause une chute dans laquelle Pozzato et Flecha se retrouvent coincĂ©s. La première explication du jour se joue donc sans eux. A la sortie de la TrouĂ©e, que les coureurs de la CSC ont abordĂ© en tĂŞte, la sĂ©lection est avancĂ©e. Il reste une trentaine de coureurs Ă la poursuite du trio de tĂŞte qui donne quelques signes de faiblesse : O’Grady, Breschel, Cancellara, Johansen, Ljungqvist (CSC), Langeveld (RAB), Wesemann (COS), De Vocht, Van Avermaet, Van Summeren (SIL), Fischer (LIQ), Boonen, De Jongh, Devolder, Hulsmans, Weylandt (QST), Hincapie, Eisel, Hammond (THR), Ballan (LAM), Krauss (GST), Grabsch (MRM), Scheirlinckx (COF), Mengin (FDJ), Clerc, Martias (BTL), Cooke (BAR) et Maaskant (TSL).
Echappée terminée
Parmi le trio d’échappés, Serov est le premier rejoint par le groupe des favoris dans le secteur de Hornaing, où Kuyckx cède sur crevaison. Pronk persiste quant à lui jusqu’au km 185 avant d’être repris. Pendant ce temps, Flecha et Pozzato, avec notamment Knaven produisent l’effort nécessaire pour combler leur retard. Ils reprennent place en tête de course au ravitaillement (km 193).
Van Summeren accélère
Dans le secteur d’Orchies, l’accélération d’Eisel sème le trouble, puis une chute de Langeveld à la sortie des pavés réduisent encore la liste des prétendants à la victoire. Puis Van Summeren, dans la portion pavée suivante, emmène une petite élite qui se détache définitivement. Ce sont huit coureurs qui se présentent à l’entrée du secteur de Mons-en-Pévèle : Hoste, Devolder, Cancellara, O’Grady, Boonen, Ballan, Maaskant, et donc Van Summeren.
Un combat de chefs
Stijn Devolder lance les hostilités, puis se retrouve en compagnie de Stuart O’Grady en tête de course, mais le groupe se reconstitue dans les derniers mètres du secteur de Pont-Thibaut (km 221,5). L’attaque décisive est à mettre l’actif de Cancellara, dont l’accélération dans le secteur de Templeuve n’est suivie que par Boonen et Ballan. Un combat de chefs se prépare.
Boonen accélère à 200 m de la ligne
L’avance du trio à l’entrée dans le secteur du Carrefour de l’Arbre a grimpé à 1’30’’. Fabian Cancellara durcit le rythme, mais ne parvient pas à faire la différence. Dans les 15 derniers kilomètres, Boonen, Ballan et Cancellara se provoquent sans réellement s’attaquer. C’est donc sur la piste du vélodrome qu’a lieu l’explication finale. Tom Boonen, idéalement placé derrière Ballan et Cancellara, place une accélération radicale à 200 mètres de l’arrivée : il ajoute à son palmarès un deuxième titre sur la Reine des classiques.
Quel a été le secteur décisif dans cette course ?
C’est dans le Carrefour de l’Arbre que l’on sait si l’on peut gagner ou pas. Avant, il y avait eu beaucoup d’attaques dans notre petit groupe, mais j’ai attendu le bon moment pour pouvoir me placer devant. Quand nous nous sommes retrouvés à trois, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose dans le Carrefour de l’Arbre. Alors j’ai mis un tempo un peu plus fort pendant tout le secteur, et cela a été un point important. Après une course aussi longue, menée à ce rythme, tout peut arriver dans un sprint. Mais quand je suis arrivé sur le vélodrome, je savais que j’étais le plus frais. Je ne me suis pas retourné, mais je crois que j’ai creusé un écart important sur les deux autres.
C’est un grand soulagement pour vous de gagner à nouveau cette course…
Je n’ai jamais perdu confiance, mais lorsque l’on gagne un tout petit peu moins de courses, les gens concluent rapidement « il n’est plus aussi fort qu’avant ». J’ai quand mĂŞme gagnĂ© six courses cette annĂ©e, dĂ®tes moi combien de coureurs ont fait aussi bien ?
En tout cas il est certain que je suis attendu sur deux grands rendez-vous, qui sont le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. Alors depuis trois mois, il est vrai que répète la course dans ma tête, que j’y pense tous les jours. Arriver à m’imposer sur le vélodrome, c’est donc la récompense de tout le travail fourni, c’est bien sûr le moment où toute la tension retombe.
Quelle différence faites-vous avec votre victoire en 2005 ?
Ce n’était pas du tout la même chose, car à l’époque je venais de remporter le Tour des Flandres, et c’était la première fois que je m’imposais ici. Alors c’était plutôt proche d’une explosion de joie.
1. Boonen
2. Cancellara
3. Ballan
4. Maaskant
5. O’Grady
Le Belge a placĂ© une accĂ©lĂ©ration radicale Ă 200 mètres de l’arrivĂ©e. Il termine avec une large avance sur Cancellara, puis Ballan.
Boonen, Cancellara et Ballan sont dans le dernier tour
Il n’y a plus qu’un kilomètre avant la ligne d’arrivĂ©e. Un sprint Ă trois se prĂ©pare sur le vĂ©lodrome.
Il n’y a plus qu’un secteur pavĂ©, long de 300 m, avant l’arrivĂ©e sur le vĂ©lodrome de Roubaix.