
Gand
168.5 km
lundi 9 juillet
La Belgique attendait la victoire d’un de ses enfants à Gand. Le scénario inattendu de la deuxième étape, marqué par une chute massive à deux kilomètres de l’arrivée, a donné lieu à un sprint confus disputé entre une vingtaine de coureurs. Tom Boonen y a été devancé par son compatriote, Gert Steegmans, qui est aussi traditionnellement son serviteur privilégié dans la préparation des sprints. Les trois échappés du jour, Sieberg, Perez et Hervé ont été repris à trois kilomètres de l’arrivée. Boonen s’empare du maillot vert.
Retard à l’allumage
Pour leur retour sur les routes du continent, les attaquants du peloton peinent à se déclarer. La première accélération est placée par Marcel Sieberg (All – MRM), à l’entrée du Tour sur le territoire belge. Il est suivi par Cédric Hervé (Fra – FDJ) et Ruben Perez (Esp – EUS), dont le départ ne suscite aucune réaction dans le peloton. Le trio ainsi constitué creuse facilement un écart proche de six minutes au kilomètre 65.
Un timing bien réglé
L’échappée reste sous contrôle des équipiers de la CSC et traverse sans risque le théâtre traditionnel du Tour des Flandres. Mais à 50 km de l’arrivée, alors que le retard du peloton n’est plus que de trois minutes, les rouleurs de la Quick Step et Predictor-Lotto font du zèle en prévision de cette arrivée à domicile. La poursuite s’organise selon un timing bien réglé : 1’45’’ de retard à 20 km de la ligne, puis 1’15’’ à 15 km.
Repris à 3 km
Pourtant conscients de la mécanique implacable mise en mouvement par les formations belges, Sieberg, Perez et Hervé mutualisent leurs énergies le plus longtemps possible. A 6 km de l’arrivée, menacés à moins de 30’’ par le peloton, ils continuent de prendre des relais équitables. Cette valeureuse solidarité n’a pas été récompensée, puisqu’à trois kilomètres, les attaquants du jour sont avalés par le peloton.
Steegmans devant Boonen
Alors que l’explication finale se dessine à gros traits, avec Boonen, McEwen, Hushovd, Freire et Zabel en vedette, une chute massive bloque à deux kilomètres de l’arrivée la grande majorité du peloton. Une vingtaine de coureurs poursuivent leur cavalcade, avec une supériorité numérique des Quick Step qui désigne Boonen comme le favori naturel. Sur la ligne, c’est pourtant son fidèle poisson-pilote, Gert Steegmans, qui vole les honneurs à son leader. Boonen, privé d’une victoire d’étape pour quelques centimètres, marque tout de même quelques points dans sa rivalité avec les stars du sprint : il endosse le maillot vert. Romain Feillu, bien positionné au moment de la chute, réalise lui aussi une bonne opération : 5ème comme la veille à Canterbury, il n’est qu’à 12 points de Boonen au classement par points.
Attendu par la foule flamande à Gand, Tom Boonen a finalement terminé deuxième du sprint derrière son coéquipier Gert Steegmans. Il prend toutefois la tête du classement par points.
« Deux équipiers aux deux premières places, c’est un doublé qui n’arrive vraiment pas souvent. Cela veut dire que vous devez avoir beaucoup d’avance, pour vous permettre d’être encore deux sprinteurs à la fin. Cela ne se produit que quelques fois dans une carrière.
Pour moi aujourd’hui c’était impossible de le dépasser, mais de toute façon c’est ce qu’il fallait faire. Quand quelqu’un se donne toute l’année pour vous et que vous pouvez lui faire ce genre de cadeau, cela ne vaut pas le coup de le dépasser.
Je suis encore plus excité que de gagner une étape pour moi-même. C’est une journée d’exception pour notre équipe. »
Pris dans la chute massive survenue à deux kilomètres de l’arrivée, le maillot jaune du Tour n’a pas été réellement blessé par le choc.
« Lors d’une chute, il est normal de ressentir quelques douleurs, c’est presque instinctif. Mais je pense qu’après un massage et un petit examen du médecin, je serai totalement rassuré. Pour le moment, cela ne me parait pas inquiétant, j’ai juste une douleur à la main.
La course était très nerveuse et c’est vraiment impressionnant. C’est en même temps excitant et dangereux, surtout lorsqu’il y a beaucoup de public. C’est encore plus intense que sur les classiques »
Le coéquipier de Tom Boonen a profité d’une situation atypique pour jouer sa propre carte. Le doublé de la Quick Step à Gand représente un beau succès pour Steegmans.
L’équipe a parfaitement emmené le sprint, et cela s’est terminé sur une situation idéale. Nous avions prévu avant l’étape de rester à l’avant le plus loin possible. J’étais censé placer une accélération à 300 mètres de la ligne, mais Steven De Jongh a tiré le train tellement longtemps que j’ai pu faire mon propre sprint. Le seul à m’avoir suivi a été Tom. Il m’a presque passé, mais je n’étais pas sûr à 100 % qu’il s’agissait de lui.
Je n’ai pas vu la chute, et je ne m’en suis même pas rendu compte. Il y avait tellement de monde et il y avait tellement de bruit dans les deux derniers kilomètres que je n’ai rien entendu, même dans nos radios.
Je pense qu’il est toujours magnifique de gagner une étape sur le Tour, mais le faire en Belgique c’est un rêve. Je savais que j’étais entrain de gagner, mais quand j’ai vu cette roue arriver, j’ai cru que c’étai peut-être quelqu’un d’autre. Puis j’ai vu Tom, et cela a été une explosion d’émotions dans ma tête.
1. Steegmans
2. Boonen
3. Pozzato
4. Hunter
5. Feillu
Les équipiers de Quick Step ont mené le train dans le dernier kilomètre. Steegmans termine devant Tom Boonen
McEwen et Boonen sont dedans, Zabel aussi
De nombreux coureurs sont à terre, à 2 km de l’arrivée...
Sieberg, Perez et Hervé réintègrent le peloton à moins de trois kilomètres. Les équipiers de Milram, pour Zabel et Quick Step, pour Boonen, occupent l’avant du peloton...