Journal de l'étape

étape 17 - Pau Castelsarrasin 188.5 km
jeudi 26 juillet

le film de l'étape

Bennati, au sprint

A la sortie des montagnes, le peloton du Tour a démarré sans maillot jaune, suite à l’exclusion par son équipe de Michaël Rasmussen. La remontée vers Paris a redonné de l’appétit aux attaquants du peloton, qui ont formé une échappée décisive dès le cinquième kilomètre de course. Ce n’est pourtant qu’en deuxième partie de course que les huit hommes de tête ont réussi à prendre le large. Une première sélection a été opérée à moins de 20 km de l’arrivée. Entre Voigt, Bennati, Emiger et Fothen, l’Italien a fait parler sa vitesse de pointe dans les cent derniers mètres. Il remporte sa première victoire sur le Tour, alors que le maillot jaune revient à Alberto Contador.

La pression des équipes françaises
Immédiatement après le départ, Xavier Florencio (Esp – BTL) tente de sortir du peloton, accompagné de Mickaël Delage (Fra – FDJ). Les deux coureurs sont rapidement repris, mais une autre échappée se forme au km 5, avec huit coureurs. Elmiger (A2R), Bennati (LAM), Righi (LAM), Fothen (GST), Quinziato (LIQ), Tosatto (QST), Voigt (CSC) et Millar (SDV), qui se donnent pourtant les moyens de la réussite (47,3 km/h de moyenne dans la première heure), ne parviennent pas à se détacher significativement. La pression exercée par les équipes Crédit Agricole, Bouygues Télécom et Française des Jeux empêche les échappés de creuser un écart significatif. Après l’enchaînement des bosses au programme, ils n’ont toujours que 1’50’’ d‘avance sur le peloton, où les équipiers de Caisse d’Epargne ont pris le relais.

Attaque de Millar
Ce n’est qu’au km 105 que l’armada espagnole cesse son travail de contrôle des échappés. Les huit hommes ont alors la liberté de progresser : au km 150, leur marge atteint 8’. Il semble alors acquis que la victoire d’étape se jouera au sein du groupe d’échappés. A 20 km de l’arrivée, David Millar bouscule le groupe en accélérant dans la dernière montée. Mais les répliques de son offensive sont plus efficaces : deux kilomètres plus loin, il est lâché par le groupe, qui ne comporte plus que quatre coureurs. A 10 km de la ligne, Bennati, Voigt, Elmiger et Fothen ont 1’ d’avance sur Millar et Tosatto.

La puissance de Bennati
La convergence des intérêts incite les quatre hommes à collaborer ensemble pour continuer de creuser l’écart. Mais à 4 km de l’arrivée, Voigt tente de fausser compagnie à ses associés. Bennati, conscient de ses chances au sprint, veille aux mouvements de chacun de ses rivaux. Il répond donc également à l’initiative de Fothen sous la flamme rouge. A 500 m de la ligne, les quatre hommes se présentent au ralenti. Fothen est le premier à accélérer, à 200 m de l’arrivée, mais Bennati fait parler sa puissance dans les cent derniers mètres. Le sprint du peloton, disputé pour la 9ème place, est remporté près de dix minutes plus tard par Tom Boonen, qui consolide sa position en tête du classement par points.

 

Les interviews

Tom Boonen : « Je commence à oser rêver »

Le porteur du maillot vert a consolidé son avance sur Robert Hunter au classement par points. Il s’approche de son objectif de départ : rapporter le maillot vert à Paris.

« Je commence à me voir sur le podium à Paris. J’y étais en 2005, après avoir gagné l’étape des Champs-Elysées, donc je sais un peu à quoi cela ressemble, mais finir la Tour avec le maillot vert sur les épaules, c’est probablement quelque chose de spécial. Je commence à oser en rêver, mais il y a encore quelques jours difficiles à passer, et j’espère que tout ira bien. Je fais tout ce qu’il faut pour conserver la tête du classement. Psychologiquement, les autres sont un peu en retrait car ils savent qu’ils n’ont plus beaucoup d’occasions de revenir. C’est ce qu’il y a de plus dur, il faut sprinter pour chaque point. Et pour quelqu’un qui a l’habitude de sprinter pour la victoire, ce n’est pas simple d’aller se battre pour une neuvième place ».

Johan Bruyneel : « J’ai été très surpris »

Le manager de Discovery Channel récupère avec Alberto Contador le maillot jaune.

« Ce n’était pas de cette façon que nous avions espéré prendre le maillot jaune. L’équipe a tout essayé dans les Pyrénées, les coureurs ont attaqué Rasmussen, qui a montré qu’il était le plus fort. J’ai été surpris quand j’ai appris la décision de retirer Rasmussen, et pas heureux du tout.
Chaque cas particulier est différent, mais de nombreux éléments ont amené à cette décision de Rabobank, ainsi qu’une grosse pression. A certains moments, il faut prendre des décisions et je crois qu’ils ont affronté les critiques aussi longtemps que possible, mais cela devenait très difficile. En tout cas, quand vous menez la plus grande course du monde et que vous avez à déclarer forfait, c’est une décision courageuse ».

Jens Voigt : « J’aime essayer »

Eternel attaquant, Jens Voigt a tenté sa chance dans l’échappée du jour, mais a été battu dans un sprint à quatre par l’Italien Daniele Bennati. Il reçoit le prix de la combativité du jour.

« C’est mon dizième Tour de France, et je me suis probablement retrouvé dans 50 échappées, pour seulement deux victoires d’étapes. Mais si je n’essaye pas, je ne gagne jamais, alors j’aime bien continuer d’essayer. J’ai 35 ans, et ce n’est plus si facile à mon âge… Plus sérieusement, j’ai essayé comme j’ai pu, mais peut-être que mes rivaux m’ont surveillé d’un peu trop près. J’ai essayé d’appliquer la même tactique que d’habitude, c’est-à-dire d’attaquer pour arriver seul. C’est le meilleur moyen de ne pas être battu au sprint. »

Alberto Contador : « J’ai mes chances »

Conséquence du départ de Michaël Rasmussen, exclu du Tour par son équipe, Alberto Contador a pris la tête du classement général, avec 1’53’’ d’avance sur Cadel Evans.

« Quand j’ai appris que Rasmussen quittait le Tour hier soir, j’ai d’abord pensé qu’il fallait que je me détende car j’avais eu une journée très difficile. Alors bien sûr j’ai été surpris, car c’est un peu étrange de porter le maillot jaune dans ces circonstances, mais cela arrive. C’est aussi le cas lorsqu’il y a une chute et que le deuxième du classement général récupère le maillot.
Je suis un coureur clair, sinon je ne serais pas là. Je n’ai raté aucun contrôle, ni en compétition, ni hors compétition. Et je n’ai aucun lien avec l’opération Puerto. Je me suis simplement retrouvé au moment dans la mauvaise équipe.
L’avance que j’ai sur Evans ? C’est beaucoup ou peu ? Cela dépend des jours. Je sais que 55 kilomètres, c’est une longue distance et il sera forcément difficile de garder ce maillot jaune. Mais si je regarde le dernier contre-la-montre, je me dis que j’ai mes chances. Je donnerai tout pour y arriver ».

Daniele Bennati : « J’ai eu peur de ne pas arriver au sprint »

Le sprinteur italien s’est imposé au terme d’une échappée sortie du peloton au km 5. A l’arrivée, il a réglé Fothen, Elmiger et Voigt. Le plus dur était déjà fait.

« Je savais que pendant la troisième semaine, il n’y aurait pas beaucoup de possibilités d’arrivées au sprint, alors il fallait que je tente ma chance dans une échappée. Pour réussir à prendre celle de ce matin, il fallait vraiment de bonnes jambes. Les 90 premiers kilomètres ont été difficiles parce que nous étions à fond, et le peloton ne laissait pas l’avantage grandir. Heureusement nous avons bien fonctionné ensemble, et au bout de cent kilomètres, les choses se sont calmées.
Ensuite j’ai eu peur que le petit groupe n’arrive pas au sprint, car les autres savaient très bien que j’avais plus de chances qu’eux au sprint. Alors il a fallu que je surveille tout le monde et que je ne me laisse surprendre par aucune attaque. Le sprint n’a pas été vraiment rapide par rapport à un sprint massif, mais après 180 km de route en échappée, il faut quand même réussir à trouver l’énergie. J’avais encore de bonnes jambes »

 

Les dépêches

17:17 - Le Top 5 final

1. Bennati
2. Fothen, m.t.
3. Elmiger, m.t.
4. Voigt, m.t.
5. Millar, à 2’41’’

17:15 - Victoire de Bennati

Fothen a accéléré à 200 m de l’arrivée, mais il a été repris et dépassé par Daniele Bennati, qui remporte sa première victoire sur le Tour de France.

17:13 - Bennati reprend Fothen

Dans le dernier kilomètres, Voigt, Elmiger, Bennati et Fothen sont encore ensemble...

17:12 - Fothen accélère

L’Allemand hausse le rythme et a une dizaine de mètres sous la flamme rouge...

17:11 - 2 km de l’arrivée

Voigt, Elmiger, Bennati et Fothen sont toujours ensemble, en observation...