Journal de l'étape

étape 10 - Tallard Marseille 229.5 km
mercredi 18 juillet

le film de l'étape

Vasseur, dix ans après

Le profil de l’étape menant à Marseille promettait aux attaquants des possibilités. C’est en effet entre les 11 coureurs d’une échappée dont la formation a été laborieuse que s’est jouée la victoire. La problématique de la poursuite ne s’étant pas posée, les attaquants se sont départagés dans les deux dernières ascensions du jour. La première a réduit les candidats à cinq. Entre Voigt, Albasini, Vasseur, Halgand et Casar, la victoire s’est disputée au sprint, façon pistards. Devant le stade Vélodrome, le Nordiste porte une attaque décisive à 250 m de la ligne, devance ses adversaires et remporte sa deuxième étape sur le Tour de France.

Sortie interdite
Conscients que le nombre d’étapes favorables aux échappés se réduit, les coureurs des équipes n’ayant pas été « servies » rechignent à laisser partir les six attaquants du km 2, Gerrans (A2R), Corioni (LAM), Charteau (C.A), Quinziato (LIQ), Gilbert (FDJ) et Grivko (MRM). Les formations Gerolsteiner, Cofidis et surtout Bouygues Telecom maintiennent un rythme interdisant au petit groupe de creuser un écart significatif. Leur avance atteint 1’20’’ au km 24, mais ils sont repris au km 37.

Un contrôle souple des Rabobank
Fabian Wegmann (GST), qui tente le coup en solitaire au km 40,5, ne connaît pas plus de succès. Le groupe comprenant Txurruca (EUS), Bennati (LAM), Voeckler (BTL), Bichot (AGR), Sy.Chavanel (COF), Willems (LIQ) et Se.Chavanel (FDJ), formé au km 54, parait plus cohérent. Ils sont pourtant eux aussi rappelés à l’ordre avant le premier sommet du jour. Marcus Burghardt profite de la situation et part en éclaireur, mais un nouveau groupe se charge de sa poursuite. Contraint à se rallier, l’Allemand intègre l’échappée définitivement formée avec 11 coureurs au km 80. Voigt (CSC), Flecha (RAB), Bossoni (LAM), Halgand (C.A), Scheirlinckx (COF), Albasini et Kuschynski (LIQ), Casar (FDJ), Vasseur (QST), Grivko (MRM) et Burghardt (TMO) s’accommodent parfaitement du contrôle plutôt souple des coureurs de la formation Rabobank, et obtiennent une avance maximale de 14’ au km 127,5.

Halgand provoque la première sélection
Dans leur progression vers Marseille, les échappés ne subissent pas de réelle pression, un écart d’environ 11’ convenant à toutes les parties. La victoire d’étape se dessine entre les 11 coureurs, qui commencent à se départager dans la côte des Bastides. Jens Voigt est le premier à se déclarer, à 5 km du sommet, mais c’est l’attaque de Patrice Halgand qui fait mouche, à 2 km du sommet. L’opération a le mérite d’effectuer une première sélection. Dans la descente, ils ne sont plus que cinq concernés par la ligne d’arrivée : Halgand, Vasseur, Voigt, Albasini et Casar.

Vasseur devant Casar : 7,2 cm !
C’est dans cette configuration que les échappés abordent l’ascension vers le col de la Gineste. Halgand et Voigt ont beau faire preuve d’agressivité, les cinq coureurs parviennent ensemble au sommet. Le quinté se présente au ralenti, préparant un sprint à la façon des pistards, sur la longue avenue menant au stade Vélodrome. La période d’observation se prolonge jusqu’à 250 m de la ligne, où Cédric Vasseur accélère et surprend ses rivaux sur la droite, côté fermé. Il résiste à leur retour jusqu’au bout, et spécialement à Casar, dont la roue avant franchit la ligne avec 7,2 cm de retard.

 

Les interviews

Patrice Halgand : « Au sprint, c’était la loterie »

Patrice Halgand a été le principal animateur de la course dans le final, tentant plusieurs fois de distancer ses compagnons d’échappée dans les ascensions du parcours. C’est pourtant au sprint que s’est jouée la victoire. Halgand termine 4ème.

« Je suis déçu, car il n’y a que la victoire qui compte. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour y arriver, et dans l’ascension de la côte des Bastides, cela a bien marché puisque j’ai provoqué une première sélection. Mais la montée de la Gineste n’était pas assez longue ni assez dure pour que je fasse la différence. J’ai essayé en bas, où la pente était la plus raide, et ensuite c’était beaucoup trop roulant pour que je lâche les autres. Ensuite, au sprint, c’était la loterie. Il m’est déjà arrivé de gagner des sprints dans de petits groupes, mais là ça ne m’a pas souri ! »

Michaël Rasmussen : « Je suis le leader de l’équipe, maintenant »

Michaël Rasmussen termine la journée en tête du classement général, et parait décidé à assumer le rôle de leader.

« C’était une longue et dure journée, et tous mes coéquipiers ont souffert avec moi par cette chaleur. Il est évident qu’avec 230 km, et en plus du vent de face, tout le monde paye sa part. Maintenant l’équipe défend parfaitement le maillot, et nous verrons bien ce qui se passera. Il reste deux jours avant le grand test du contre-la-montre, et là je commencerai à penser aux Pyrénées.
Entre Menchov et moi, je pense qu’il est assez clair maintenant que je suis le leader de l’équipe. Je suis là pour défendre le maillot jaune le plus longtemps possible »

Cédric Vasseur : « Elle ne pouvait pas m’échapper »

Dix ans après sa victoire à La Charte, Cédric Vasseur remporte une deuxième étape sur le Tour de France. Pour sa dernière participation, le Nordiste s’estime comblé.

« Ce matin, j’ai eu un ami au téléphone, qui m’a dit « aujourd’hui c’est ta journée ». Et effectivement je me suis senti en confiance tout au long de l’étape. Elle ne pouvait pas m’échapper cette victoire. Il y a dans cette équipe, chez Quick Step, une ambiance qui m’a porté. On dit jamais deux sans trois, et je savais qu’elle était là.
Il y a dix ans, j’avais vécu quelque chose d’exceptionnel en gagnant une étape et en portant le maillot jaune. Et avec cette victoire à Marseille, après autant de temps, je crois que je peux maintenant quitter le cyclisme la tête haute ».

 

Les dépêches

17:38 - Le Top 5 final

1. Vasseur
2. Casar, m.t.
3. Albasini, m.t.
4. Halgand, m.t.
5. Voigt, m.t.

17:36 - Victoire de Vasseur

Cédric Vasseur a été le premier à se lancer, en débordant sur le côté droit à 250 m de la ligne. Il remporte sa deuxième étape sur le Tour de France.

17:35 - 500 m de l’arrivée

Personne n’attaque...

17:34 - Sous la Flamme Rouge

Les cinq coureurs s’observent, il reste une longue ligne droite...

17:33 - 2 km de l’arrivée

Voigt, Casar, Halgand, Vasseur et Albasini sont toujours ensemble...