En bref

Vainqueur d'étape StĂ©phane BONSERGEN
Abdelati SAADOUNE
Lionel SYNE
Julien GONNET
Ahmed RASHAD
Gueswende SAWADOGO
Abdelati SAADOUNE
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Liste des partants | Itinéraires horaires

Tous les classements

Étape
Individuel temps
Général
Individuel temps
Individuel points
Meilleure équipe

 

Étape par étape

1 mercredi 25 octobre 91 km 
   Ouagadougou > Manga
2 jeudi 26 octobre 121 km 
   Manga > (PĂ´) > TiĂ©bĂ©lĂ©
3 vendredi 27 octobre 140 km 
   PĂ´ > Ouagadougou
4 samedi 28 octobre 129 km 
   BoussĂ© > Ouahigouya
5 dimanche 29 octobre 150 km 
   Yako > ZiniarĂ©
6 mardi 31 octobre 136 km 
   Kokologo > Boromo
7 mercredi 1er novembre 83.5 km 
   Bobo Dioulasso > Banfora
8 jeudi 2 novembre 121 km 
   Bobo Dioulasso > Bobo Dioulasso
9 vendredi 3 novembre 115 km 
   Boromo > (Sabou) > Koudougou
10 samedi 4 novembre 96 km 
   Linoghin > Pouytenga
11 dimanche 5 novembre 88 km 
   Loumbila (Barrage) > Ouagadougou
Total 1270.5 km 

 

© A.S.O.

© A.S.O.

La course

samedi 28 octobre 2006
étape 4 | BoussĂ© > Ouahigouya - 129 km précédente   suivante

Bonsergent, le flair breton

© A.S.O.

La stratĂ©gie du Maroc pour protĂ©ger son leader Abdelati Saadoune donne une pertinence savoureuse Ă  la morale du lièvre et de la tortue. « Rien ne sert de courir, il faut partir Ă  point », Ă©crivait Jean de la Fontaine. VoilĂ  de quoi mĂ©diter pour les nombreux attaquants du jour, maintenus sous contrĂ´le par les Marocains. L’inspiration finale revient Ă  StĂ©phane Bonsergent, qui a eu trois fois la bonne idĂ©e de suivre les bons coups dans les 25 derniers kilomètres. Sa dernière accĂ©lĂ©ration vaut une deuxième victoire Ă  l’équipe bretonne. CĂ´tĂ© marocain, le zèle tourne Ă  la surchauffe : Mohamed Er-Ragragui, Ă©puisĂ©, a terminĂ© l’étape Ă  l’hĂ´pital.

le film de l'étape

© A.S.O. Sortie interdite
La route du nord donne d’emblée des idées aux attaquants. Tidiane Ouedraogo (Bur) et Boukaré Kagambega (Bur) lancent le mouvement immédiatement après la ligne di kilomètre zéro. Sans grand succès. Ils sont ensuite imités par Kaboré (Bur), Barboza (Sen), et Fofana (Civ), qui connaissent le même sort avant même le dixième kilomètre. Au kilomètre 20, le duo Pattyn (Bel) – Conan (Fra / Bre) se montre un peu plus convaincant, mais n’a que 30’’ d’avance sur le peloton au passage au premier sprint intermédiaire (km 26). Encore insuffisant pour espérer plus longtemps.

Kagambega persévère
Quelques attaques plus tard, trois coureurs parviennent à s’entendre pour creuser un premier écart sur le peloton. Boukaré Kagambega, Thiam (Sen) et Diop (Sen) se détachent, puis une poignée de contre-attaquants vient renforcer le groupe (km 49). Le jeune Kagambega se sent probablement à l’étroit et préfère tenter sa chance en solitaire. Il distance même le peloton d’1’10’’, mais ses compagnons d’échappée insistent pour le garder dans le groupe. C’est en définitive avec Abduaziz (Egy) et Pattyn qu’il collabore.

Le Maroc donne le tempo
MalgrĂ© les efforts dĂ©ployĂ©s, les aventuriers se heurtent Ă  la dure rĂ©alitĂ© du moment : le Maroc ne laissera partir personne durablement. La philosophie des coĂ©quipiers du maillot jaune est claire. Ils sont prĂŞts Ă  assurer un tempo ultra-rapide en tĂŞte de peloton pour maintenir des Ă©carts toujours acceptables. La stratĂ©gie de l’écĹ“urement fonctionne, puisque le peloton est Ă  nouveau groupĂ© au kilomètre 80.

Un sprint Ă  quatre
A moins de quarante kilomètres de l’arrivée, la garde rapprochée de Saadoune peut considérer que le gros du travail de la journée est effectué. Il est donc possible d’accorder un bon de sortie à un groupe de treize coureurs qui se forme en deux temps. Parmi eux, Thiam (Sen), Bonsergent (Fra / Bre), Verdonck (Bel) et Abdul Wahab Sawadogo (Bur) sentent le bon moment pour jaillir, à 25 kilomètres de la ligne. Pendant que leurs ex-compagnons sont réintégrés sans ménagement, un combat à quatre se prépare. Dans les cent derniers mètres, Bonsergent répond à l’attaque de Verdonck. Il signe la deuxième victoire d’étape bretonne sur le Tour du Faso.

LE MAGAZINE

Herman, le « Burkinabelge »

© A.S.O. A Ouaga comme Ă  Bobo, Herman Beysens est connu comme « le plus Burkinabè de tous les Belges ». Coureur professionnel dans les annĂ©es 70, il a participĂ© sept fois au Tour de France, a Ă©tĂ© le coĂ©quipier d’Eddy Merckx et de Freddy Martens… un CV honorable. C’est pourtant dans sa reconversion en directeur sportif que sa vĂ©ritable nature s’est rĂ©vĂ©lĂ©e. Depuis 1997, Herman a pris part Ă  toutes les Ă©ditions du Tour du Faso Ă  la tĂŞte d’une Ă©quipe belge : la rencontre improbable entre un homme et un pays.

Avec vous, la Belgique a Ă©tĂ© le plus rĂ©gulier de tous les pays europĂ©ens Ă  participer au Tour du Faso. Quel a Ă©tĂ© le dĂ©clencheur ?
En 1997, je tenais un restaurant et le coureur Marc Laureys est venu me demander si je voulais encadrer une Ă©quipe engagĂ©e sur le Tour du Faso, qui se disputait une semaine plus tard. A l’époque, j’avais comme beaucoup de gens des prĂ©jugĂ©s stupides sur les Africains. Il m’a donnĂ© cinq minutes pour me dĂ©cider, et j’ai quand mĂŞme dĂ©cidĂ© de tenter le coup. Pour voir. Puis le jour oĂą je suis arrivĂ© au Burkina, ma vie a changĂ©. Dans la minute, je me suis dit : « c’est ici que je suis nĂ© ».

Entre vous et le Burkina, c’est donc plus qu’une histoire de vélo…
Maintenant je viens trois ou quatre fois par an et j’ai impliquĂ© des amis entrepreneurs, qui m’aident Ă  financer des forages pour alimenter des villages en eau. Quand nous choisissons un village, il y a toujours quelqu’un qui arrive Ă  trouver le point oĂą creuser grâce Ă  un bâton de sourcier. C’est surrĂ©aliste, mais ils ne se trompent jamais ! Ensuite, nous faisons venir des ingĂ©nieurs et des ouvriers pour construire le puits. L’annĂ©e dernière, nous en avons par exemple fait un Ă  Kombissiri, le village de SaĂŻdou Rouamba. Je promets que jusqu’à ce que je meurs, je viendrai faire six forages par an dans ce pays.

CĂ´tĂ© sportif, vos coureurs ne sont jamais parvenus Ă  gagner en dix ans, malgrĂ© des accessits Ă  chaque Ă©dition. Une vĂ©ritable machine Ă  perdre ?
Dans les premières années, je ne suis pas venu ici avec des équipes compétitives. Depuis trois ou quatre ans c’est différent, mais nous avons à chaque fois manqué d’un petit rien. En fait, quand la victoire revient à un Burkinabè, ça ne me gène pas du tout. Je me contente largement des victoires d’étapes et de voir les garçons partager ma passion. C’est pour cela que par exemple, je n’accepte que des coureurs qui sont d’accord pour payer leur billet d’avion. Malgré tout, si un jour l’un d’entre eux gagne, je serai le plus heureux des hommes.