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La course
mercredi 19 avril 2006Charleroi > Huy - 202 km
Valverde change de calibre
Les ténors du circuit mondial se rencontraient une nouvelle fois sur les routes belges. La confrontation entre les coureurs italiens et espagnols était particulièrement attendue au pied du Mur de Huy, dans lequel se joue traditionnellement le final de la Flèche Wallonne. Mais cette fois-ci, les Di Luca, Rebellin et autres Bettini se sont fait voler la vedette par l’armada espagnole qui a pris les commandes de la course dans l’ultime bataille. Discret pendant toute la première partie de course, Alejandro Valverde a attendu le moment idéal pour placer une accélération décisive. Le coup de force réalisé dans l’ascension finale du Mur, où il n’a cessé d’augmenter la cadence, lui permet de s’imposer dans la première grande classique de sa carrière.
le film de l'étape
Un duo efficace
Le peloton attaque la course à une allure rapide, mais les candidats à l’échappée du jour se déclarent tout de même dans les premiers kilomètres. Daniel Musiol (All – MRM) est le premier à tenter sa chance, imité avec aussi peu de succès par Le Mevel (Fra – C.A), Moreau (Fra – AG2R) et Posthuma (Hol – RAB). Au kilomètre 25, Arrieta (Esp – AG2R) et Finot (Fra – FDJ) se montrent plus efficaces et bénéficient également d’un ralentissement relatif du peloton : leur avance passe à 3’10’’ au kilomètre 50. Au premier passage au sommet du Mur de Huy, les deux hommes pointent avec un avantage de 4’25’’ sur le peloton, mené par le tenant du titre Danilo Di Luca (Ita – LIQ).
Bettini teste ses jambes
L’écart continue d’augmenter pour Arrieta et Finot, jusqu’à atteindre un maximum de 7’35’’. Mais au pied du Mur de Huy, que le peloton franchit pour la deuxième fois au kilomètre 95, les leaders du peloton testent leurs jambes en vue de l’arrivée finale. Le rythme s’accélère et Bettini, qui passe en tête du peloton, n’a plus que 5’ de retard au sommet. La poursuite des échappés s’organise dans la foulée, grâce aux coups d’accélérateur donnés par un groupe de contre attaquants, auquel appartient notamment Paolo Bettini. L’aventure de Finot et Arrieta se termine au kilomètre 122.
Freire essaye avec Moos
Dès lors, plusieurs attaquants essaient de fausser compagnie au peloton, qui se montre particulièrement vigilant. Posthuma, puis Le Mevel, et Iglinskiy accélèrent sans réussite, mais Freire accompagné de Moos, est à l’origine d’une initiative mieux récompensée. Au kilomètre 154, le nouveau duo de tête possède un avantage de 1’05’’, et s’accroche toujours à une vingtaine de secondes à 15 kilomètres de l’arrivée. Mais les équipiers de la Liquigas et de la Quick Step sont très actifs. A 12 kilomètres du but, Freire et Moos ont réintégré le peloton.
Valverde a surgi
La sélection se durcit dans l’ascension de la côte de Ahin, d’où sort un groupe d’une vingtaine de coureurs comprenant l’essentiel des favoris. A l’attaque de l’asension finale du Mur, le Belge Leukemans se présente seul, mais il est immédiatement repris par Samuel Sanchez et Igor Astarloa, qui lancent les hostilités dès que la pente s’accentue. Davide Etxebarria et Alejandro Valverde surgissent alors et prennent quelques longueurs d’avance. Le vice champion du monde 2005 continue d’augmenter la cadence et fait la différence dans les 250 derniers mètres. Il remporte la première grande classique de sa carrière avec près de 10 mètres d’avance sur Samuel Sanchez.
L'interview du vainqueur
Alejandro Valverde (Esp - CEI)
Vous avez réalisé une course exemplaire…
Aujourd’hui je me suis vraiment senti dans un très grand jour dès le départ. J’étais extrêmement motivé mais j’avais quand même un peu peur car dimanche dernier dans l’Amstel Gold Race, j’ai eu une défaillance dans les derniers kilomètres et je n’ai donc pas pu être à la hauteur dans le final. Cette fois-ci c’était complètement différent. Dans la montée finale j’ai bien senti que cela allait partir très vite et je me suis immédiatement mis dans la roue d’Etxebarria quand il a attaqué. Mais j’avais encore de la réserve alors j’ai pu continuer à produire mon effort, et même dans les derniers mètres quand j’ai vu revenir Sanchez et Kroon, j’ai à nouveau accéléré. J’étais le plus fort d’entre nous.
Vous sentez-vous capable de reproduire le même coup à Liège dimanche prochain ?
Je sais que je suis dans un état de forme qui me le permet et la victoire d’aujourd’hui me donne encore plus de confiance en moi. Mais je sais aussi que la course est encore plus longue et que je ne suis pas à l’abri d’une nouvelle difficulté en fin de parcours. Il faudra vraiment tenir la distance et je compte bien y arriver.
Finalement, êtes-vous plutôt un coureur de classiques ou un coureur de Grands Tours ?
Je me dit que ce serait une erreur de ne penser qu’au Tour de France. J’ai terminé deux fois deuxième des championnats du monde et donc j’ai le profil pour m’imposer dans les grandes classiques. Il est donc normal que je tente ma chance à fond. Maintenant, cette année j’ai décidé de jouer sur plusieurs tableaux et j’aurai de grands objectifs sur le Tour de France. Si jamais je vois que cela ne peut pas marcher, alors je réviserai ma stratégie pour la saison prochaine, mais je ne sais pas dans quel sens.
Les dépêches

Le Top 5
2. Sanchez (Esp - EUS)
3. Kroon (Hol - CSC)
4. Schleck (Lux - CSC)
5. Sinkewitz (All - TMO)