
Lavaur
167.5 km
mercredi 13 juillet
La machine Cavendish connaît quelquefois des imperfections. C’était le cas la veille à Carmaux, où il avait été devancé par André Greipel. Le sprinteur britannique avait une revanche à prendre, organisée par ses équipiers de HTC tout au long de l’étape menant à Lavaur. Comme à Toulouse l’année où il avait commencé sa razzia d’étapes sur le Tour de France, Cavendish a surgi du peloton sous une pluie battante pour distancer ses rivaux de plusieurs longueurs, à commencer par Greipel. Il prend également la tête du classement par points.
Delage, baroudeur en chef
La pluie qui arrose le peloton ne dissuade pas les attaquants qui se précipitent dès les premiers kilomètres. Après 13 kilomètres de tentatives infructueuses, c’est Michael Delage (FDJ) qui initie la formation d’un groupe avec Ruben Perez Moreno (EUS), Lars Boom (RAB), Andriy Grivko (AST), Tristan Valentin (COF) et Jimmy Engoulvent (SAU). Le groupe progresse sous la surveillance resserrée du peloton, qui ne lui accorde que 4’25’’ d’avance au passage au km 33. Les hommes de tête étant inoffensifs pour le Maillot Jaune de Thomas Voeckler, avec aucun coureur à moins de trente minutes au général, Europcar laisse pour l’essentiel la responsabilité de la poursuite aux équipes réellement intéressées par un rapprochement. C’est le cas de la formation HTC-Highroad, qui entretient l’allure en tête du peloton.
Cavendish prend 9 points… pour commencer
Après le passage de l’échappée, le peloton se prépare à un sprint intermédiaire dont la 7ème place vaut 9 points. Ils sont raflés par Cavendish, qui comble doucement son retard sur Gilbert et Rojas au classement par points. L’écart enregistré est alors de 2’50’’, mais le travail des coureurs de HTC, relayés par ceux de Garmin-Cervélo et d’Omega Pharma Lotto, se traduit rapidement en chiffres. A 30 km de l’arrivée, il ne reste plus que 1’35’’ d’avance aux six échappés.
Boom en solo
Dans les 10 derniers kilomètres, le retour du peloton semble inéluctable, avec une marge réduite à 30’’. Sous la menace, Lars Boom décide d’ailleurs d’accélérer en solo, mais ses huit secondes d’avance ne sont pas suffisantes à 3 km de la ligne. Repris un kilomètre plus loin, il laisse place à la préparation d’un sprint où Garmin-Cervélo, Sky et Lampre sont les plus visibles, notamment sous la Flamme Rouge. Pourtant, Mark Cavendish est idéalement positionné derrière son dernier accompagnateur, Mark Renshaw. Il surgit à 300 mètres du but et place une accélération qui laisse cette fois-ci André Greipel impuissant. Avec les 45 points empochés sur la ligne, pendant que Gilbert n’a encaissé que 5 points dans la journée, Cavendish s’empare également du maillot vert.
« C’est dommage pour Lars Boom, qui se trouvait dans l’échappée et qui s’est fait reprendre à 2 km de l’arrivée. C’était un jour presque parfait pour lui, et plutôt dangereux pour nous mais cela s’est bien passé. J’espère que je serai bien là dans les Pyrénées, mais je n’ai pas certitude sur ma forme. J’espère que je pourrai me montrer. »
Après être passée tout près d’une victoire d’étapes par équipes, la FDJ, également spécialisée dans les sprints intermédiaires, a enfin touché son dû à la mi-Tour : William Bonnet, 10e, Arnold Jeannesson, 11e et Gianni Meersman, 15e, ont réalisé un tir groupé à Lavaur où, pour une fois, toutes les équipes ont placé au moins trois coureurs dans le même temps, ce qui entraîne un classement général inchangé avant l’attaque de la haute montagne. Pour encore une journée au moins, Europcar conserve les dossards jaunes, mais la formation de Thomas Voeckler est sous la menace de Leopard-Trek, à 32 secondes, RadioShack, à 1’02’’, et Rabobank, à 1’18’’. A l’évidence, les frères Schleck et leurs coéquipiers ont des arguments à faire vouloir dans les ascensions à venir.
« J’ai dit hier que je pourrais déjà être à 4 ou 5 victoires cette année, mais je n’ai pas de regret. Quand Farrar a gagné, c’était une étape pour moi, et hier quand Greipel m’a battu, également. Mais j’ai parlé avec André aujourd’hui et je lui ai dit que techniquement c’était le sprint le plus accompli que j’avais vu par un coureur de sa génération. Il a roulé parfaitement, alors je ne peux pas être déçu.
Hier je n’ai pas accéléré, alors aujourd’hui j’ai fait attention à donner un vrai coup d’accélérateur. Lorsque Renshaw se dégage, j’ai 250 mètres à couvrir, et je place une nouvelle accélération. Nous avons encore organisé un train parfait, qui prouve que nous sommes la meilleure équipe du peloton pour un sprint. Nous avons travaillé toute la journée, à garder les échappés à trois minutes d’écart. Les autres équipes nous ont un peu aidés à la fin, mais nous avions quand même deux coureurs du Top 10, Martin et Velits, qui ont roulé pour moi. C’est un groupe incroyable que j’ai autour de moi.
J’espère pouvoir garder ce maillot vert cette année. Nous nous battons pour le prendre depuis longtemps, en allant sur les sprints intermédiaires. L’écart n’est que de 15 points, c’est faible mais nous allons continuer à nous battre. »
« Aujourd’hui l’étape n’était pas trop difficile physiquement, mais c’était très nerveux. Sur le final, je n’étais pas rassuré quand ça roulait à 70 km/h, sous une très grosse pluie.
Je m’attends à perdre le Maillot Jaune demain à Luz Ardiden. Je vais tout faire pour essayer de le conserver, mais avec une avance d’un peu plus de deux minutes, ça me parait très difficile. Je sais que j’ai déjà du mal à suivre en montagne quand les lieutenants des favoris sont en tête du peloton. Pour rester en tête du classement général, il faudrait que mes jambes soient exceptionnelles, et que les favoris ne passent pas à l’attaque. Mais je crois que par exemple Alberto Contador n’aura pas envie d’attendre trop longtemps pour commencer à combler son retard sur les autres.
Demain c’est le 14 juillet, mais pour moi c’est avant tout une grosse étape de montagne. Je ne sais pas qui portera le Maillot Jaune après moi, mais ce que j’ai vu dans le peloton correspond à ce que l’on peut lire dans la presse. Les frères Schleck ont apparemment une grosse équipe, qui parait plus soudée que celle de Contador. Et Cadel Evans a l’air très fort aussi. Ce n’est pas très original, mais je crois que ces trois équipes là seront au rendez-vous. »
1. Mark Cavendish 2. André Greipel 3. Tyler Farrar 4. Denis Galimzyanov 5. Edvald Boasson Hagen
Le sprinteur britannique remporte sa 18ème victoire d’étape sur le Tour de France.
Garmin-Cervélo mène le peloton, avec les coureurs de Sky.
Lars Boom est repris par le peloton, emmené par Garmin-Cervélo.
A 3 km de l’arrivée, il n’a plus que 8’’ d’avance sur le peloton.