Journal de l'étape

étape 8 - Station des Rousses Morzine-Avoriaz 189 km
dimanche 11 juillet

Andy, pour commencer

Pour la première étape de montagne du Tour de France, c’est à un début d’explication que se sont livrés les favoris du Tour. Mis en difficulté par deux chutes durant la journée, Lance Armstrong n’a pas pu tenir son rang dans les deux dernières ascensions de la journée, où l’équipe d’Alberto Contador a imposé son rythme. Mais dans le final, c’est un leader esseulé, Andy Schleck, qui a placé l’accélération la plus tranchante de la journée. Après un effort d’un kilomètre qui ne semble être qu’un aperçu de son potentiel, il remporte sa première étape sur le Tour de France. Dans le groupe Contador, c’est un autre coureur abîmé par une chute qui s’empare du Maillot Jaune. Deux ans après son expérience douloureuse en 2008, cadel Evans prend la tête du classement général, avec 20’’ d’avance sur Schleck, et 1’01’’ sur Contador. Armstrong, lui, dégringole à 13’26’’ du nouveau leader australien.

Chute au km 6
La perspective des premières ascensions alpestres donne de l’ambition aux attaquants, qui sont nombreux à vouloir se lancer dans l’échappée. Kiryienka (GCE) donne le ton au km 4 mais ne passe que sept kilomètres en tête. Le Belarus tire peu de profit de cette courte sortie, mais évite tout de même au km 6 une chute dans laquelle sont pris Cadel Evans, Jérôme Pineau, Roman Kreuziger et Lance Armstrong.

Moinard trouve l’ouverture
Rein Taaramae se montre ensuite le plus remuant, mais ses initiatives répétées, accompagné ou non, sont anéanties par le peloton. Il rentre dans le rang au km 25. Dans la foulée, c’est son coéquipier Amaël Moinard qui lance le mouvement décisif. Il est suivi par Vaugrenard (FDJ), Riblon (ALM), Aerts (OLO), Erviti (GCE), Minard (COF) et Moerenhout (RAB). Les sept coureurs font l’objet d’une surveillance serrée de la part des coéquipiers de Sylvain Chavanel. Quick Step veille à maintenir l’écart autour de 4’ dans un premier temps (4’20’’ au km 60), mais relâche ensuite la pression. Au kilomètre 110, l’échappée bénéficie ainsi d’une marge maximale de 7’.

Armstrong à terre
En attendant le début des explications, le rythme s’accélère. Dans l’agitation, une nouvelle chute met à terre Lance Armstrong, au km 133. L’Américain se retrouve contraint à fournir un premier effort pour retrouver le peloton, juste au moment où l’on aborde l’ascension vers le col de la Ramaz, avec 4’20’’. Si un « grupetto » commence d’entrée à se former à l’arrière, les dégâts sont plus sérieux à mi-ascension, où Sylvain Chavanel est déjà distancé du groupe des favoris. Puis à 4,5 kilomètres du col, c’est à son tour Lance Armstrong qui lâche prise. Alberto Contador saisit l’opportunité et met un coup d’accélérateur avec son coéquipier Daniel Navarro.

Le trio bascule en tête
Pendant ce temps, le groupe de tête a explosé, suite à l’accélération de Koos Moerenhout, qui continue l’aventure avec Moinard et Aerts. Au col de la Ramaz, le trio bascule en tête, mais l’avance de 2’05’’ sur le groupe Contador parait maigre pour la réussite de l’entreprise. Armstrong, quant à lui, passe avec 3’15’’ de retard.

Aerts attaque
L’ascension finale est abordée par Moerenhout, Moinard et Aerts avec 1’15’’ d’avance. Le rythme imposé par les coureurs d’Astana complique leur mission. Sous la menace, Aerts attaque et persiste momentanément en compagnie de Moinard. Mais à 5,5 km de l’arrivée, les deux derniers survivants sont avalés par le groupe Contador, riche de 16 coureurs qui se disputent la victoire d’étape.

Wiggins perd 1’45’’ en 3 km
Les accélérations respectives de Kreuziger, Vanden Broecke et Gesink ne font que réduire le nombre des prétendants jusqu’au dernier kilomètre. Mais immédiatement après la Flamme Rouge, le coup porté par Andy Schleck se révèle décisif, puisque seul Samuel Sanchez parvient à tenir l’allure. Habile dans la manœuvre du sprint, Andy remporte sa première étape sur le Tour. Schleck gagne aussi 10’’ sur le groupe Contador, dans lequel Cadel Evans hérite du Maillot Jaune. Le chrono enregistre ensuite l’ampleur des dégâts : c’est encore acceptable pour Wiggins, qui perd 1’45’’ en trois kilomètres ; c’est beaucoup plus problématique pour Christophe Le Mével, qui pointe à 6’30’’ à l’arrivée ; et c’est probablement rédhibitoire pour Lance Armstrong, qui franchit la ligne avec 11’45’’ de retard.

 

Cadel Evans : « Mon bras a pris tout le choc »

Je n’arrive pas à le croire pour le moment. Les caméras ont probablement pris la chute en début d’étape, mais en tout cas je me suis retrouvé assez violemment au sol. Heureusement mon bras a pris tout le choc, cela aurait été encore plus dur si j’avais été touché aux jambes.
A la fin, Schleck a accéléré mais j’ai préféré économiser mon énergie. Ce n’était pas une étape facile, mais maintenant je suis content d’être dans cette position. J’ai un avantage sur Contador, et lorsqu’on regarde nos antécédents, j’ai tout intérêt à l’avoir si je veux défendre mes chances.
Lorsqu’Armstrong a été lâché, Contador a voulu le distancer le plus loin possible dans le classement général. Et le rythme qu’a imposé Astana était parfait. On voit maintenant que c’était utile de préparer aussi minutieusement l’étape des pavés, car cela m’a permis de prendre un peu de temps à Contador, et il faut le faire dès que possible. Car je pense qu’il essaye de préserver son équipe afin d’enfoncer le clou dans les cols des Pyrénées.
J’ai aussi un petit avantage sur Andy Schleck, et nous verrons bien comment cela se passera. J’ai besoin d’un peu de réflexion pour analyse tout cela.
C’est un honneur assez rare d’enlever le maillot arc-en-ciel pour enfiler le Maillot Jaune. Il faut que je remercie tous ceux qui m’ont fait confiance. Pas seulement cette année chez BMC, mais aussi depuis que j’ai 14 ans et que j’ai commencé le VTT.
Steve Morabito a très bien roulé. Il connaît bien la région car il habite ici. Et comme il l’a montré au Tour de Suisse, il commence à être en grande forme. Tout se passe très bien dans l’équipe, c’est un plaisir de travailler avec eux.