Journal de l'étape

étape 13 - Rodez Revel 196 km
samedi 17 juillet

« Vino », à contre temps

Après être passé près de la victoire à Mende, Alexandre Vinokourov n’a pas attendu pour saisir une nouvelle opportunité. Cette fois, ce n’est pas en intégrant l’échappée du jour que le Kazakh a tenté sa chance, mais en exploitant la dernière difficulté du jour, la côte de Saint-Ferréol, dont le sommet était situé à 7,5 km de l’arrivée. « Vino » déjoue ainsi les plans des équipes de sprinteurs, qui avaient mené la poursuite pendant toute la journée derrière Flecha, Fédrigo et Chavanel. La Lampre trouve toutefois une satisfaction sur le ligne puis que Petacchi, qui termine juste derrière Cavendish pour le sprint du peloton, reprend à Thor Hushovd le maillot vert.

Abandon de Taaramae
La journée débute par une chute pour Lance Armstrong, alors que le peloton roule convoi dans les rues de Rodez, avant le départ réel. Avec l’entrée effective sur le parcours, les attaquants se déclarent et trois d’entre eux se détachent à partir du km 4. Juan-Antonio Flecha (SKY), Sylvain Chavanel (QST) et Pierrick Fédrigo (BTL) parviennent à creuser l’écart jusqu’à 6’ d’avance au km 24. Pendant ce temps, Rein Taaramae (COF) abandonne la course en raison de douleurs tenaces au tendon d’Achille.

Les échappés tenus en laisse
Le trio est ensuite soumis à l’emprise du peloton, qui ne fait pas mystère de ses intentions puisque les équipes HTC-Columbia et Lampre impriment un rythme régulier pour préparer la poursuite : 4’40’’ d’écart au km 59 ; 4’10’’ au km 111. Le rapprochement ne laisse aucune équivoque sur le sort de l’échappée, qui n’a plus que 35’’ d’avance à 30 km de l’arrivée. Flecha, Fédrigo et Chavanel sont maintenus dans cette situation inconfortable jusqu’à la banderole annonçant la ligne à 10 km, où ils réintègrent le peloton.

Le maillot vert à Petacchi
Le scénario semble respecté pour la préparation d’une arrivée groupée, au sprint. Mais la côte de Saint-Ferréol se présente comme un tremplin pour les puncheurs. Alessandro Ballan tente le premier d’exploiter cette « bosse » idéalement située, en attaquant à 9 km de l’arrivée. Mais la réplique d’Alexandre Vinokourov, un kilomètre plus loin, est à la fois plus tranchante et plus soutenue. A 5 km de la ligne, après avoir passé le sommet, Vino poursuit son effort malgré l’initiative de Voeckler, pointé à 8’’. A 2 km, le Kazakh résiste au retour du peloton, toujours à 12’’. Il termine en solitaire avec 13’’ d’avance sur le peloton, dans lequel Cavendish remporte le sprint pour la 2ème place. Petacchi, 3ème, reprend le maillot vert à Thor Hushovd.

 

Alexandre Vinokourov : « C’est le nouveau Vino »

Hier, Alberto était à la fois déçu pour lui et pour moi. Nous avions une possibilité de gagner l’étape à Mende et ça ne s’est pas produit. Mais aujourd’hui cette victoire est là, et elle tombe parfaitement pour le moral de l’équipe, juste avant d’aborder les Pyrénées où nous devons prendre le Maillot Jaune pour Alberto. Nous avons quatre jours difficiles à passer, mais il y a une grande confiance dans cette équipe. J’ai de très bonnes jambes et nous sommes très motivés. On peut dire que c’était la dernière occasion de gagner une étape pour moi, puisqu’en montagne, si tu veux te donner à 100 % pour ton leader, c’est impossible d’aller gagner.
J’étais fatigué, mais pas dans la tête. Je n’avais pas prévu d’attaquer, mais je connaissais cette bosse et quand j’ai vu les autres accélérer, Ballan notamment, je me suis dit que j’allais y aller aussi. Ensuite Luis Leon Sanchez est parti, j’ai immédiatement pris sa roue et j’ai contré.
Pour moi être au départ du Tour de France était déjà une victoire. Et ces deux derniers jours, j’ai beaucoup entendu le public me soutenir. Donc cette étape remportée ici, c’est une des très belles journées de ma carrière.
Comme garantie de mon changement, et comme je l’ai dit après Liège-Bastogne-Liège, je vous dis que Vino est de retour. C’est le nouveau Vino. Et je pense que tout le monde peut comprendre cela. Je dois regagner ma popularité en France, et je pense qu’une victoire dans le Tour peut m’y aider. Mais je ne veux plus parler de 2007.