
La démonstration de force peut aussi se décliner au féminin, tout comme la volonté, la détermination et la finesse tactique, autant de qualités indispensables pour s’imposer sur les épreuves les plus prestigieuses du calendrier. L’exercice athlétique exigé des championnes qui se présentent au départ de la Flèche Wallonne pimente l’enjeu de cette journée de course, décisive pour la suite de la saison. En plus du niveau de concurrence maximal que l’on peut atteindre dans la discipline, les prétendantes doivent affronter la pente du légendaire Mur de Huy, qui maltraite sans distinction de sexe les paires de jambes les plus solides pendant plus d’un kilomètre.
L’explication finale qui se joue sur ce morceau de route unique en son genre offre régulièrement l’un des rendez-vous marquants de l’année dans le peloton féminin. Lors des deux dernières éditions, la plus puissante à Huy s’est aussi révélée la plus régulière et la plus efficace sur l’ensemble de la saison : Marianne Vos en 2007, comme Nicole Cooke en 2006, a dompté la Flèche avant de remporter la Coupe du monde. Il semble que la victoire dans les Ardennes belges ait des vertus profitables sur celles qui la méritent. Le phénom&egra;vene a été constaté de longue date chez les hommes, qui s’infligent ce traitement depuis 1936. Pour les dames, le rendez-vous fête ses dix ans : le temps, déjà, de se construire une histoire.
Christian PRUDHOMME
Directeur du Tour de France