L'éditorial

Pour un nouvel envol

À l'occasion du 20ee anniversaire que nous avons commémoré l'année dernière, nous invitions tous les acteurs du Tour du Faso à nourrir la réflexion autour de ce grand événement sportif organisé en partenariat avec Amaury Sport Organisation (A.S.O) depuis 2001.

En tant qu'autorité de tutelle, nous nous réjouissons de la renommée de cette épreuve grâce à ce partenariat, mais nous sommes tout aussi préoccupés par l'avenir, surtout s'il fallait envisager le Tour sans A.S.O.

En effet, si nous bénéficions aujourd'hui du savoir-faire et de la grande expérience de nos amis du Tour de France, il ne faut pas perdre de vue que nous sommes dans un cycle de partenariat qui n'est pas éternel, donc qui se renouvelle périodiquement. Si un jour, pour une raison ou une autre, la convention qui nous lie n'était plus renouvelée, le Tour devrait-il s'arrêter pour autant ?

Cette espèce de scénario ne relève pas du pessimisme mais d'un réalisme qui nous commande de fixer de nouveaux objectifs : ceux de nous impliquer davantage dans l'organisation du Tour, de veiller au transfert des compétences et de susciter une plus grande participation des sponsors burkinabè à travers une nouvelle approche qui voudrait que le Tour du Faso soit le cadre privilégié de promotion de leurs entreprises et de leurs produits.

C'est pourquoi nous avons ensemble, ministère et organisateurs, eu des échanges francs qui nous ont conduit à revoir les modalités de cette organisation qui ont donc été revues pour tenir compte des capacités réelles de financement. Car, si la motivation première de notre partenaire n'est pas de faire des bénéfices, il ne devrait pas non plus endurer des pertes.

Sans porter préjudice à la qualité de la compétition qui promet du reste d'être très relevée, vu le niveau des équipes annoncées pour la présente édition, il nous est apparu nécessaire de réduire le nombre de compétiteurs et la durée de l'épreuve pour mieux contenir son budget. Ce n'est donc pas un Tour au rabais qui vous sera servi, loin de là, mais un Tour dans ses capacités et ses proportions réelles.

Ceci entre en droite ligne de l'application de la nouvelle politique nationale de sport que nous venons d'adopter et qui prône une planification rigoureuse de toute activité.

C'est l'occasion pour nous de remercier les responsables d'A.S.O. qui ont compris notre volonté de recadrer l'organisation du Tour et nous ont aidés à poser les jalons de ce nouveau départ.

Amis de la petite reine, je fonde l'espoir que vous partagerez cette vision des choses, dont le but est d'assurer un développement harmonieux de notre Tour cycliste loin des lendemains incertains, car il constitue un patrimoine sur lequel nous devons veiller comme à la prunelle de nos yeux.

Bonne fête sportive à toutes et à tous. Que les meilleurs gagnent !

Mori Aldiouma Jean-Pierre Palm
Chevalier de l'Ordre National