
Loudenvielle - Le Louron
196 km
lundi 23 juillet
Alexandre Vinokourov ne s’est pas laissé impressionner par le programme de la journée. Ecarté de la lutte pour la victoire finale et décidé à se concentrer sur une nouvelle victoire d’étape, le Kazakh s’est mêlé à toutes les initiatives de début de course pour intégrer la bonne échappée. C’est au milieu d’un groupe de 25 coureurs qu’il a passé une partie de la journée, avant de lancer son offensive en deux temps, dans la montée vers le col de Peyresourde. A l’arrivée, il remporte sa cinquième étape sur le Tour. Michaël Rasmussen, a nouveau secoué par Alberto Contador, a tenu solidement, mais Evans, Leipheimer et Klöden, perdent encore du terrain.
Vinokourov déjà volontaire
Premier attaquant du jour Sylvain Chavanel s’attire rapidement la compagnie d’un groupe beaucoup trop étoffé pour creuser l’écart. Dans la montée vers le col de Port, au km 14,5, une échappée de prestige se dessine avec Pereiro, Moreau, Verdugo et Menchov, auxquels se joignent Vinokourov et Valverde. L’insistance des équipiers de Rabobank a raison des velléités de la plupart d’entre eux, mais le leader kazakh persiste ensuite au sein d’un groupe renouvelé, avec Arroyo, Menchov, Gadret, Goubert, Kohl, Tshopp, Beltran, Garrate, Vinokourov, Cobo. Ils passent ensemble au sommet, mais sont repris au km 38.
25 coureurs en tête
Bernard Kohl et Johann Tschopp sont ensuite les précurseurs d’une échappée, encore plus nombreuse, formée au km 55, avec 25 coureurs au total : Arroyo (GCE), Kirchen (TMO) Arvesen et VandeVelde (CSC), Menchov (RAB), Turpin (A2R), Zubeldia, Landaluze et Perez (EUS), Bennati et Vila (LAM), Kohl (GST), Halgand (C.A), Hincapie (DSC), Lefèvre et Tschopp (BTL), Albasini (LIQ), Vaugrenard (FDJ), Garate (QSI), Knees (MRM), Vinokourov, Ivanov et Navarro (AST) et Cobo (SDV). Les échappés obtiennent un écart de 9’20’’ au pied de l’ascension vers le Col de Portet d’Aspet. Maintenus à distance raisonnable par les coureurs de Rabobank, les hommes de tête ne cèdent pas à la panique : les montées vers le Portet d’Aspet, puis vers le col de Menté, se déroulent sans la moindre attaque.
Tschopp, Kirchen et Arroyo en tête
Dans le peloton, où les favoris restent discrets, l’heure n’est pas non plus à la précipitation. Les coureurs se réservent pour la montée inédite vers le Port de Balès. C’est à trois kilomètres des premières pentes qu’Arroyo, Landaluze, Kohl, Tschopp et Ivanov se détachent, rejoints à retardement par Menchov. Mais dans la montée, se sont finalement Tschopp, puis Kirchen et Arroyo, qui prennent un mince avantage sur leurs anciens compagnons d’échappée. Au sommet, le groupe Vinokourov accuse un retard de 45’’, tandis que le groupe maillot jaune passe à 6’45’’ de Kirchen.
Vino en solo
Vinokourov se montre encore plus entreprenant dans la montée vers le col de Peyresourde. Ses multiples attaques désintègrent un groupe qui avait déjà bien fondu. A 18 km de l’arrivée, c’est seul qu’il rejoint Kirchen et Arroyo. Trois kilomètres plus loin, il laisse sur place et sans réaction le duo, passe au sommet avec un écart de 30’’ d’avance sur Zubeldia et Cobo. Le leader d’Astana préserve son capital dans une descente négociée sans faute. Il s’impose en solitaire avec 51’’ d’avance sur Kirchen.
Contador attaque Rasmussen
Un autre combat se joue dans la montée vers le col de Peyresourde, où une élite réduite à une dizaine de coureurs s’apprête à se départager. Contador rejoue un scénario déjà expérimenté la veille, en dynamitant le groupe à 3 km du sommet. Seul Rasmussen parvient à suivre son rythme. Evans, Leipheimer, Klöden et Sastre, en sont réduits à limiter les dégâts. L’Espagnol compte toutefois gagner du temps sur le maillot jaune : il s’y essaye à quatre reprises dans les derniers kilomètres d’ascension, sans venir à bout de la résistance du Danois. Les deux hommes franchissent ensemble la ligne d’arrivée avec 5’31’’ de retard sur Vino, mais surtout 56’’ d’avance supplémentaires sur Evans, Klöden et Sastre.
Si Alberto Contador n’est pas parvenu à faire la différence sur Michaël Rasmussen, les deux leaders du classement général ont maintenant une avance appréciable sur la concurrence.
« C’était une très bonne journée pour moi. C’était vraiment spectaculaire, il fallait que j’arrive à me faire une bonne place. Cela se termine bien pour moi. J’ai continué à attaquer Rasmussen en espérant le distancer, mais il a encore une fois prouvé qu’il était très fort.
A chaque fois que j’ai attaqué il est revenu sur moi. Je me rends quand même compte que ce qui s’est passé lors des deux derniers jours, c’est excellent pour moi, puisque j’ai pris une bonne avance sur les spécialistes du contre-la-montre. C’est mon premier Tour, et normalement j’étais venu pour apprendre, mais maintenant je me sens soutenu par mon équipe. C’est un honneur de courir pour cette équipe, car je l’ai toujours admirée »
Le leader du classement général a été attaqué à plusieurs reprises dans le final par son dauphin Alberto Contador. Il est parvenu à rester avec lui au prix de gros efforts et conserve le maillot jaune.
« Mon équipe a été fantastique et je leur dois beaucoup aujourd’hui, spécialement à Michael Boogerd, qui a été exceptionnel. Avoir Menchov dans l’échappée au départ, puis le récupérer ensuite pour m’aider, c’est une réelle preuve de dévouement. Le rythme qu’a imposé Boogerd dans les deux dernières ascensions a été difficile à suivre et a empêché tout le monde de m’attaquer, jusqu’à ce que Contador se lance. Quand il s’y est mis, personne n’a pu répondre, et j’ai eu un gros boulot pour réussir à le suivre.
Mon objectif aujourd’hui c’était de contrôler Contador et de le suivre en cas d’attaque, car j’ai bien vu qu’il en était tout à fait capable. A chaque fois c’était de plus en plus rapide, il a même rattrapé les motos à deux reprises. Mais à chaque fois j’ai réussi à revenir. Si je n’étais pas resté avec lui, j’aurais eu de ros problème car dans la descente il avait l’avantage de récupérer son coéquipier Hincapie, avec qui il aurait pu creuser un écart sur moi.
Il nous reste encore une des plus dures étapes avec l’arrivée au sommet de l’Aubisque, alors rien n’est fini »
Blessé depuis sa chute lors de l’étape 5, Vinokourov avait déjà impressionné en remportant le contre-la-montre d’Albi. Dans l’étape suivante, il avait connu une nouvelle désillusion en perdant toute chance de gagner le Tour. A Loudenvielle, il s’impose en solitaire : il s’agit de sa cinquième victoire d’étape sur le Tour.
« Hier, j’ai vraiment eu une mauvaise journée, cela n’allait plus du tout dans ma tête et c’est pour cela que j’ai terminé aussi loin. En rentrant à l’hôtel hier soir, j’avais compris que c’était fini pour la victoire sur le Tour. On m’a même demandé si je voulais abandonner, mais j’ai dit que je n’abandonnerai jamais. Alors j’ai parlé avec mon équipe, et ils m’ont tous soutenu pour que me fixe un nouvel objectif, avec une victoire d’étape.
Depuis ma chute, j’ai mis beaucoup de temps à récupérer mais maintenant je me sens bien, aujourd’hui c’était un très bon jour. Ce n’est plus la peine d’avoir des regrets en ce qui concerne le classement général, je me dit juste que je n’ai pas eu de chance. C’est la course. »
L’Espagnol prend la dizième place devant le maillot jaune. Le groupe dans le quel se trouvent Evans et Klöden est passé avec 54’’ de retard sur Rasmussen...
1. Vinokourov
2. Kirchen, Ã 51’’
3. Zubeldia, Ã 51’’
4. Cobo, Ã 58’’
5. Garate, Ã 2’14’’
Il s’agit de la cinquième victoire d’étape de Vinokourov sur le Tour de France, la deuxième pour l’édition 2007
Plus qu’un kilomètre pour Vinokourov, qui a 50’’ d’avance sur ses ppoursuivants...
Le maillot jaune se trouve avec Contador et Hincapie...