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mardi 1er novembre 2005 |
étape 6 Ouagadoudou > Manga - 91 km |
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| Exercice de style |
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Pour une journée de reprise, le peloton du Tour a manqué de dynamisme sur la route de Manga. La stratégie appliquée par les trois formations burkinabè pour contenir les rivaux camerounais et consolider le maillot jaune de Jérémie Ouedraogo a fonctionné à merveille. Les Alsaciens de l’équipe Franç’or, qui n’ont pas de réelles ambitions au classement général, ont remporté leur troisième victoire d’étape, la deuxième pour Mickaël Schnell.
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Une seconde d’avance pour Ouedraogo
L’animation de la course se rĂ©sume dans les quinze premiers kilomètres Ă une attaque insignifiante du Camerounais Teguimaha, qui ne passe que deux kilomètres Ă l’avant-garde du peloton, avec une centaine de mètres d’avance. L’enjeu du sprint intermĂ©diaire de Koubri (km 19) rĂ©veille en partie les habituĂ©s des « points chauds », les Burkinabè ayant concoctĂ© un plan redoutable au service de leur leader, porteur du maillot jaune. En passant sur la ligne en 3ème position, derrière Marien (BEL) et Amann (FRA), JĂ©rĂ©mie Ouedraogo empoche une seconde supplĂ©mentaire de bonifications et se dĂ©tache ainsi de ses deux poursuivants au classement gĂ©nĂ©ral, Rouamba (BUR) et Tega (CAM), postĂ©s dans la mĂŞme seconde au dĂ©part de l’étape.
La stratégie se répète
Après avoir récupéré Karel Pattyn (BEL), auteur d’une courte tentative d’échappée au kilomètre 24, le peloton se présente dans le même état d’esprit au deuxième sprint intermédiaire, où J.Ouedraogo poursuit son grappillage. Deuxième derrière Marien, il a maintenant deux secondes d’avance au classement général virtuel sur son capitaine vénéré Saïdou Rouamba, qui a également empoché un point et une seconde. Heureusement que Gunter Cuylits (BEL) fait des efforts pour tenir les suiveurs en éveil. Avec Tekou Foukou (CAM), avec Sanda (CAM) et Tailland (FRA) ou avec A.Thiam (SEN), le maillot rose attaque à tout va, sans jamais prendre plus d’une centaine de mètres d’avance. Car les sprints intermédiaires, cochés sur l’agenda du jour de l’armada burkinabè, se suivent et se ressemblent. Au km 62, J.Ouedraogo s’empare des trois points et des trois secondes de bonifications.
Un doublé pour Schnell
Les initiatives les plus crédibles du jour se déclenchent dans les vingt derniers kilomètres, où un petit groupe de six coureurs accélère, mais se retrouve condamné par la présence de l’ex-maillot jaune Martinien Tega (CAM). A moins de dix kilomètres, une brochette de coureurs tout aussi menaçante pour le maillot jaune, puisque Tega, mais aussi Pattyn, en font partie, lâche le peloton. Il est naturellement hors de question pour les Burkinabè de laisser cette échappée s’organiser : l’équipe Sofitex s’emploie pour fondre sur eux. A 3 km de la ligne, la jonction est effectuée, bien que Pattyn (BEL), avec Goulard (FRA) et Wolf (FRA) aient gardé un avantage d’une centaine de mètres. Le trio, qui devient un carré avec l’arrivée de Jacinto (ANG), ne manque pas d’allure, mais le peloton l’a gardé en ligne de mire : ils sont repris à environ deux cent mètres de la ligne. Schnell s’impose dans un sprint massif mouvementé et remporte un deuxième succès au Burkina.
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Objectif, grandir vite
JĂ©rĂ´me Casagrande, un Ă©ducateur sportif qui a claquĂ© la porte de la fonction publique pour monter une structure indĂ©pendante, aime les paris un peu fous. Celui qu’il a relevĂ© pendant le mois de septembre ne manque pas d’audace. Après avoir organisĂ© un stage pour une dizaine de coureurs gabonais dans le nord de la France, il a acceptĂ© de prendre en charge la destinĂ©e d’une Ă©quipe nationale en pleine reconstruction. Absent du Tour du Faso depuis le dĂ©but des annĂ©es 80, le Gabon tente cette annĂ©e de redonner forme Ă un cyclisme de haut niveau en lambeaux : « nous n’avons mĂŞme pas eu la possibilitĂ© d’organiser une course digne de ce nom depuis 2001. Nous nous contentons d’une poignĂ©e de courses de quartier chaque annĂ©e », explique Mr Ovenga, reprĂ©sentant du ministère des sports sur le Tour.
La première Ă©chĂ©ance dĂ©cisive de cette marche en avant se prĂ©sentera au mois de janvier. Le Gabon compte sur la participation de plusieurs Ă©quipes Ă©trangères pour disputer « La Tropicale », une course Ă Ă©tapes oĂą la FĂ©dĂ©ration veut aligner une Ă©quipe respectable, et mĂŞme compĂ©titive. Le faible rĂ©servoir actuel de coureurs avait donc bien besoin d’un remise Ă niveau intĂ©grale, comme l’explique JĂ©rĂ´me Casagrande : « Quand ils sont arrivĂ©s ils Ă©taient zĂ©ro. Ils ont dĂ©barquĂ© les mains dans les poches, sans aucun matĂ©riel. Il avaient tout de mĂŞme un budget prĂ©vu, donc nous sommes allĂ©s en Belgique pour nous procurer le plus rapidement possible des vĂ©los. En attendant, nous avons commencĂ© par une ou deux sorties Ă VTT, et en voyant leur physique, j’étais sĂ»r qu’ils allaient m’épater. Au lieu de cela, j’ai mis tout le monde Ă plat ! Et idem pour la première sortie avec les vĂ©los de route ».
MalgrĂ© quelques craintes naturelles devant le niveau des apprentis qu’il avait Ă initier, JĂ©rĂ´me n’a jamais doutĂ© du bien-fondĂ© de ce projet. « J’ai tout de suite vu qu’il y avait un potentiel Ă©norme. En tant que coureur, je vois bien qu’ils ont Ă la fois un vrai coup de pĂ©dale et des qualitĂ©s physiques rares. D’ailleurs il faut voir ce qu’ils ont encaissĂ© en 20 jours. Avec l’objectif que l’on m’a fixĂ©, on est passĂ© très rapidement Ă un entraĂ®nement bi-quotidien. Maintenant nous sommes sur le Tour, et cela se passe très bien, vu d’oĂą on vient ».
Après six Ă©tapes, l’équipe la moins entraĂ®nĂ©e du peloton affiche toujours un effectif complet, et si son meilleur reprĂ©sentant, Mamazoul Ibinga, n’est que 58ème, les verts ont tout de mĂŞme souvent montrĂ© le maillot : « Je suis d’autant plus surpris qu’ils m’ont avouĂ©, seulement hier, qu’ils n’avaient plus fait de vĂ©lo pendant six mois, avant de me rencontrer, rigole JĂ©rĂ´me. Le seul problème c’est qu’ils n’ont aucun repère puisqu’ils n’ont jamais participĂ© Ă une course aussi difficile. Alors ils se mettent peut-ĂŞtre dans le rouge sans s’en rendre compte ». FrĂ©dĂ©ric Obiang, un peu plus expĂ©rimentĂ© que ses coĂ©quipiers puisqu’il a participĂ© deux fois au Tour du Cameroun, confirme : « Nous n’avons jamais roulĂ© aussi vite et aussi longtemps. Mais on s’adapte et on s’accroche. On va tous tenir le coup car nous avons un but ». En parlant d’avenir, JĂ©rĂ´me Casagrande garde un ton enthousiaste, voir rĂŞveur : « Si on continue de me donner les moyens, je suis prĂŞt Ă mettre mes activitĂ©s en sommeil et Ă me consacrer Ă eux. Je pense qu’en un an, ils sont capables de progresser suffisamment pour ambitionner une victoire d’étape sur le prochain Tour du Faso, et une reprĂ©sentation honorable au classement gĂ©nĂ©ral ».
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