
Le Lac de Vassivière
194 km
mardi 6 mars
Un coureur de légende s’était imposé lors de la dernière visite du Tour de France au Lac de Vassivière, en 1995. Après Miguel Indurain, c’est un autre Espagnol qui a conclu victorieusement l’étape de Paris-Nice, partie de Vierzon. Dans les reliefs du Limousin, les coureurs de Movistar ont lancé leur leader Alejandro Valverde, qui est allé chercher au sommet de la montée finale sa deuxième victoire d’étape sur Paris-Nice, après un succès à Nice en 2005. Parti ce matin avec 30’’ de retard sur Wiggins au général, Valverde se rapproche grâce aux 10’’ de bonifications empochées sur la ligne, et fait un bond de 5 places dans la hiérarchie. Il est maintenant 6ème.
Morkov lance le mouvement
C’est un peloton d’où s’est retiré Andy Schleck, malade, qui se présente à Vierzon pour le départ. Immédiatement après le passage sur la ligne du kilomètre zéro, le Danois Michael Morkov (SAX) lance une offensive, suivi de Jimmy Engoulvent (Fra-SAU) et de Roy Curvers (PRO). Le trio ne rencontre aucune résistance et creuse rapidement l’écart avec le peloton. Au kilomètre 46, l’avantage maximal est enregistré à 4’50’’. Les équipiers du maillot jaune Bradley Wiggins donnent alors en tête de peloton un rythme suffisant pour garder une distance acceptable avec l’échappée.
Echappée sous contrôle
Après deux heures de course, la moyenne de 41 km/h ne contraint toujours pas le peloton à des efforts violents. Les attaquants continuent sous contrôle leur descente vers le Limousin, avec une marge contenue autour de 4’20’’. Le rythme du peloton s’accélère sensiblement à l’approche des 50 derniers kilomètres de course. A 40 kilomètres de la ligne, les échappés n’’ont d’ailleurs plus que 3’15’’ d’avance.
Movistar met le turbo
Le mouvement est enclenché de manière beaucoup plus brutale avec l’entrée en action de l’équipe Movistar dans la côte de Bourganeuf, où le peloton se présente avec 2’55’’ de retard. A 20 kilomètres du but, la traduction chronométrique est sans équivoque : plus que 1’10’’ d’avance pour l’échappée. La situation délicate de l’échappée incite Jimmy Engoulvent à tenter sa chance en solitaire, à 14 km de l’arrivée. Le coureur de Saur-Sojasun résiste jusqu’au sprint intermédiaire de Peyrat-le-Château, où il s’accroche à 7 petites secondes. Il est avalé par le peloton dans le kilomètre suivant.
Lagutin jusqu’à la Flamme Rouge
L’explication se joue donc dans les cinq derniers kilomètres de montée, où Seguei Lagutin (VCD) est le premier à accélérer, à 4 km. Il ne creuse qu’une douzaine de secondes d’avance, mais tient tout de même sa position jusqu’à la Flamme Rouge. Dans les 500 derniers mètres, Alejandro Valverde parvient à faire la différence, en contrôlant principalement dans les derniers mètres le retour de Simon Gerrans. L’Espagnol remporte sa deuxième étape sur Paris-Nice.
Il faisait très froid aujourd’hui, la plupart d’entre nous étaient frigorifiés. Dans ces conditions, un jour de plus, c’est un jour de gagné. J’essaye juste de rouler en toute sécurité, et d’avoir un œil sur Levi. Alejandro a gagné aujourd’hui et il est entrain de se rapprocher. Dans les prochains jours, il va nous falloir contrôler la course au maximum, mais six secondes c’est difficile à défendre. Par exemple il peut y avoir des risques de perdre le maillot sur des bonifications. Mais à mon avis, tout va se jouer au col d’Eze.
Je dois vraiment remercier l’équipe car ils ont fait un travail phénoménal toute la journée, et dans le final. Je suis content d’être allé chercher cette victoire car nous avons eu droit à une belle bagarre. Je pense à la victoire finale, mais je suis déjà satisfait d’avoir gagné ici. Ensuite, j’étais dans le bon groupe à l’avant de la course dans l’étape d’hier, et mes sensations depuis le début de la course sont maximales. Donc nous verrons.
1. Valverde (MOV)
2. Gerrans (GEC)
3. Meersman (LTB)
4. Sanchez (RAB)
5. Florencio (KAT)
Le leader de Movistar s’impose devant Simon Gerrans.
Lagutin a été repris par le peloton.
Rein Taaramae, 4ème de Paris-Nice en 2011, est également distancé par le peloton.
Carlos Barredo tente de rejoindre l’homme de tête, sans succès.
Chaque jour, Bernard Hinault donne son analyse sur les enjeux de l’étape à venir, sur les coureurs à suivre…
Hier Wiggins nous a montré qu’il était costaud, et totalement impliqué dans son sujet. Il était bien placé au moment où l’accélération a été placée par Omega Pharma Quick Step, il a ensuite contribué à la progression du groupe, et en plus il a profité de la situation pour aller chercher des bonifications. C’est typiquement le genre d’étape où il faut rester vigilant, extrêmement concentré, car il peut y avoir des surprises à chaque coin de rue.
Nous avons eu une belle leçon de course hier. D’ailleurs j’ai aussi vu que Jérôme Coppel n’était pas tout à fait au rendez-vous. Lorsqu’on est leader d’une équipe et qu’on a des ambitions au général, il faut toujours rester devant et se tenir prêt. Et si jamais il y a un problème, il faut réagir tout de suite.